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lundi 9 février 2026

[Track of The Day] Buck Meek - Ring Of Fire (feat. Adrianne Lenker)

Si elle est évidemment la tête de proue du projet Big Thief, Adrianne Lenker n'est pas la seule à s'offrir des escapades solo : les deux compères (car oui, ils ne sont plus que trois) de l'auteure de ce chef d’œuvre qu'est 'Bright Future' ne sont pas en reste. Aussi bien le batteur James Krivchenia que le guitariste Buck Meek, dont il avait déjà été question dans ces pages il y a six ans de cela (Roll Back Your Clocks, balade automnale de belle tenue).

C'est ce dernier qui nous intéresse aujourd'hui, lui qui s'apprête à publier le 27 février prochain 'The Mirror', son quatrième album (et son deuxième pour 4AD). Un disque qui s'annonce par deux premiers singles, Gasoline et surtout, Ring Of Fire (en écoute aujourd'hui). Une chanson qui n'est pas, précisons le tout de suite, une reprise du standard de Johnny Cash, mais qui elle aussi a une belle aura. D'où vient-elle ? Peut-être de sa rythmique qui vous embarque tout de go. Du chant de Buck Meek, très bien mis en avant, qui ne perd pas son temps en s'élevant dès la première seconde et qui capte d'emblée l'attention. A moins que ce soit les chœurs discrets mais bien présents d'Adrianne Lenker (qui sera sur tous les morceaux de 'The Mirror') ; cette production envoûtante autant que chaleureuse, confiée aux bons soins de James Krivchenia ; ces petites touches synthétiques/électroniques parsemées ici et là ; ou le fait que les trois Big Thief soient de la partie. C'est sans doute un peu tout cela à la fois qui rend ce Ring Of Fire si beau, si touchant.

Album : The Mirror
Année : 2026
Label : 4AD

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Ring Of Fire de Buck Meek, avec Adrianne Lenker aux chœurs, est également en écoute ci-dessous :
 

lundi 2 juin 2025

[Track of The Day] Edwyn Collins - Knowledge

Il y a des noms comme ça, croisés tout au long de notre vie de passionné de musique, sur lesquels on ne s'est jamais trop appesanti, et le plus souvent à cause d'une image négative construite sur du vent. Chez moi, Edwyn Collins fait partie de ces artistes là. J'ai beau connaitre le CV indie du monsieur, pour moi l'écossais ne se résume qu'à son tube phénoménal A Girl Like You (qui a bercé toute une génération et surtout saoulé toute mon adolescence), un look que je trouvais aussi m'as-tu-vu que ringard et une antipathie qui me semblait émerger de tout son être. En somme, tout un ramassis de ressentis idiots d'adolescents qui m'ont empêché de m'intéresser à son cas, même à ses Orange Juice des débuts dont on m'a souvent loué les qualités.

Alors la sortie d'un nouvel album du même Edwyn Collins en 2025 ne devrait pas m'émouvoir une seconde. Je ne vais quand même pas m'intéresser à un artiste de 65 ans sur le retour, qui ne m'a jamais plu quand il était à son top ? Hé bien figurez-vous que si. Tout cela à cause de Johan, ex chanteur et compositeur du Gulcher 2.0 (dont Without My Hat Records avait publié le 45-tours 'Johnny's Square' et l'unique album 'Cocktails'), critique régulier pour  Rock & Folk et qui a publié il y a quelques semaines une chronique très enthousiaste de 'Nation Shall Speak Unto Nation', le dixième album solo de l'écossais. 

Et il a bien raison. Car ce disque est de qualité, à la production tantôt ronde, tantôt plus sèche, aux effluves soul (superbe chanson d'ouverture Knowledge) où alternent chansons enlevées et balades plus intimistes superbes (The Bridge Hotel) qu'Edwyn Collins chante d'une voix plutôt fatiguée (mais laquelle ne le serait pas après deux AVC ?) aux intonations et au phrasé qui rappellent parfois le Johnny Cash période Rick Rubin (The Mountains Are My Home notamment). Une belle surprise en sommequi renvoie à la face de l'adolescent que je fus toutes ses certitudes idiotes et totalement fausses sur un artiste qu'il va me falloir commencer à découvrir. 

Album : Nation Shall Speak Unto Nation
Année : 2025
Label : Analogue Enhanced Digital

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Knowledge d'Edwyn Collins est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de 'Nation Shall Speak Unto Nation' d'Edwyn Collins, voilà A Little Sign :

Le clip de Knowledge d'Edwyn Collins, chanson d'ouverture de 'Nation Shall Speak Unto Nation' :

lundi 19 février 2024

[Track of The Day] Green Day - Bobby Sox

A quoi voit-on qu'on vieillit inexorablement, quand bien même on essaie de faire comme si de rien n'était ? Quand on se lève la nuit pour pisser. Quand il nous faut non pas une journée entière (ça c'est quand on a 35 ans) mais au moins deux pour se remettre d'une cuite. Et quand les disques qui ont fait notre adolescence fêtent leurs 30 ans.

Et autant vous dire que 1994 n'est pas exempte de grands disques. Il y a quelques jours, c'était 'Crooked Rain, Crooked Rain' de Pavement. Dans les prochains mis, on aura droit aux 30 ans 'Definitely Maybe' d'Oasis, 'Grace' de Jeff Buckley, 'Smash' de The Offspring, 'Dummy' de Portishead, j'en passe et certains meilleurs (mais découverts plus tard à l'âge adulte, du genre Low, Johnny Cash et consorts).

Le premier février dernier, nous fêtions l’anniversaire de 'Dookie', l'album iconique de Green Day, avec son nom débile (littéralement « caca ») et son hit ultime Basket Case, une des chansons majeures des années 90. Sans doute le disque de punk-à-roulettes le plus vendu de tous les temps (plus de 20 millions d'exemplaires), genre musical qui leur colle à la peau et dont ils sont à jamais les icônes absolues.

Trente ans ont passé, et Green Day existe toujours, avec toujours le même line-up, avec toujours le même Billy Joe Armstrong au chant. Le trio qui vient même de publier un nouvel album, 'Saviors', quelque part entre 'Nimrod' et 'American Idiot', leur dernier disque marquant à ce jour.

Et la formule n'a pas changé. Du punk-à-roulettes très efficace, que d'aucuns diront pompier, et plutôt engagé (The American Dream Is Killing Me, Coma City entre autres) où ça crie, ça hurle, ça riff, ça tape. Alors certes, c'est sans doute un peu ridicule de voir Billie Joe Armstrong hurler « do you wanna be my girlfriend » à 50 ans bien tapés (sur Bobby Sox, excellent single, Green Day jusqu'au bout des ongles, en écoute aujourd'hui). Mais c'est tout aussi mignon de le voir chanter Father To A Son, preuve que lui et ses deux compères ne jouent pas qu'aux éternels adolescents qui veulent en découdre.

Et puis au final, qui s'en soucie ? Les Green Day ne se sont jamais pris pour d'autres, ont toujours suivi la même formule, faite de chansons rapides, de guitares énervées et de wouhou faciles. Et trente ans après 'Dookie', ils le font toujours aussi bien, avec un son bien à eux, reconnaissable entre mille et une voix qui ne semble pas avoir bougé en presque trente-cinq de carrière. Ils auraient d'ailleurs tort de vouloir faire autrement : c'est sans doute à cause de ça que je (et beaucoup d'autres avec moi) garde pour eux une tendre affection.

Album : Saviors
Année : 2024
Label : Reprise Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Bobby Sox de Green Day est également en écoute ci-dessous :

Autre extrait de 'Saviors' de Green Day, le punk-à-roulette par excellence 1981 :

Le clip de Bobby Sox de Green Day :

jeudi 12 mai 2022

[Track of The Day] Anna Calvi - Ain't No Grave

Perdue de vue depuis un premier album sympathique, revoilà l'anglaise Anna Calvi dans ces pages avec un nouvel Ep, le simplement nommé 'Tommy'. Tommy pour Tommy Shelby, un des héros de la série britannique Peaky Blinders, autour de laquelle ce disque est construit.

Quatre chansons au programme : une composition originale (Burning Down) et trois reprises : Red Right Hand, vieille chanson de Nick Cave & The Bad Seeds, devenue depuis le générique de la série anglaise citée plus haut, dont Anna Calvi s'acquitte honorablement mais sans faire oublier la version de l'Australien ; All The Tired Horses, morceau tiré du 'Self Portrait' de Bob Dylan en 1970, bien plus crépusculaire que l'originale aux cordes qui virevoltaient ; et Ain't No Grave, gospel traditionnel américain des années 30, qui a connu d'innombrables reprises dont celle de Johnny Cash, quelques mois avant sa mort. Et c'est cette relecture, qui ouvre d'ailleurs ce 'Tommy Ep', qui retient l'attention et qui est en écoute aujourd'hui tant Anna Calvi y est parfaite, pleine d'énergie et d'électricité.
 
Album : Tommy Ep
Année : 2022
Label : Domino Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Bandcamp, Ain't No Grave d'Anna Calvi est également en écoute ci-dessous :
 

Autre chanson extraite de ce 'Tommy Ep' d'Anna Calvi, voilà Burning Down :

lundi 30 décembre 2019

Bilan 2019 : Top 15 « 7", Ep, Compilations & Rééditions »



Parce qu'on est le 30 décembre. Parce que le futur est à portée de main (oui, 2020, c'est vraiment le futur. En tout cas pour le moi de 1990 qui n'allait pas tarder à découvrir le collège). Et parce que j'aime ces traditions de « tops annuel » où les classements se bousculent un peu de partout (et dans tous les domaines) et où, quoique peuvent bien en dire les grincheux, on y découvre beaucoup de choses (la preuve ici), il est temps de passer au bilan 2019 de cette année musicale, et une nouvelle fois, en quatre étapes : une première (aujourd'hui) consacrés aux formats courts et aux compilations/rééditions. Une seconde, mercredi au petit matin, avec les 50 chansons de l'année, pile pour se remettre de sa gueule de bois. Et enfin, vendredi et dimanche, avec le classement des 40 meilleurs albums sortis ces 365 derniers jours. Le tout en toute subjectivité, évidemment.

Mais comme le veut la coutume, partageons quelques tops de blogs/sites amis (ou non) qui ont de belles choses à partager ou à découvrir :
Le top albums de la rédaction de Benzine
Le top album de La Musique à Papa
Le top 50 de Benoit, le créateur de Benzine, chez Hop-Blog

Cette année 2019 aura été une grande année pour les Ep, ces extended-play, trop courts pour être des albums, trop longs pour être des singles. J'ai l'impression qu'on revient un peu à ce format, assez parfait à mon sens (mon morceau musical préféré se trouve sur un Ep), et c'est tant mieux. D'ailleurs, comme je l'explique plus bas, si je m'entêtais moins à différencier les formats, nul doute qu'un des disques de la sélection ci-dessous se serait retrouvé quasiment tout en haut de mon top général. Quinze disques se trouvent ci-dessous, quelques beaux singles, des Ep renversants et une triplette de compilations/rééditions à écouter sans jamais s'en lasser. 
Au bas de ce papier se trouve, comme toujours, un lecteur pour écouter une chanson de chacun des disques chroniqués, histoire de se faire une idée de ce dont il est question. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (20-01)
Top 40 « Albums » (40-21)


7"

Olivier Rocabois - Ship of Women / Somewhere in a Nightmare 7" [-]
Un des 45-tours les plus romantiques de l’année qui soit. Olivier Rocabois, leader de All If, se lance en solo sous son propre nom et balance deux très belles chansons, pleines de cordes et de mélodies pop ouvragées, et Bowie en diable. Ouaté tout plein.


Sufjan Stevens - Love Yourself / With My Whole Heart 7" [Asthmatic Kitty]
Parce qu’on ne se refait pas. Parce qu'un top sans Sufjan Stevens serait surprenant dans ces pages. Parce que les mélodies sont là. Parce que Sufjan Stevens ne sort que rarement des 45-tours. Parce que la bonne cause (les profits sont reversés à la cause LGBTQ+). Parce que Love Yourself (chanson écrite en 1996) est sans doute une des chansons de l’année.


Extended Play (Ep)


Accident - Dernier Voyage Ep [Little John]
Duo composé des cousins de Romain Guerret d’Aline, Accident est un charmant voyage synthétiques, hypnotique et qui a une certaine idée de la pop à la française, avec de belles guitares qui viennent embellir le tout.


Daphni - Sizzling Ep [Jiaolong]
Alors que Caribou devrait revenir avec un nouvel album en 2020, il ne fallait pas passer à côté de 'Sizzlin', nouvel Ep de Daphni (son « moi électro »), remix à l’efficacité folle de Paradise, obscur groupe des Bermudes de 1981. Daphni augmente le rythme et transforme le groove, le funk voire le disco de Paradise en un ensemble dancefloor, presque house, auquel il est difficile de résister

Dry Cleaning - Boundary Road Snacks and Drinks Ep [It’s Ok]
Post-punk un peu arty, qui ne fait pas dans l'épate et qui ne recherche pas le tube à tout prix, porté par une voix qui chante moins qu’elle ne parle, presque détachée, Dry Cleaning est une des révélations anglaises de l’année. Deux Ep à ce jour, l’album ne devrait plus tarder.
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Hold Your Horses - Datsusara Ep [-]
Découvrir Hold Your Horses par leur dernier Ep avant fermeture, c’est tout de même ballot. Parce ce 'Datsusara Ep' est en tout point charmant, ambitieux, orchestré, presque orchestral par moments, aux petits détails ravissants, aux mélodies, chœurs et voix attachantes, lorgnant autant vers Silver Mt Zion que Modest Mouse ou le Arcade Fire des débuts. RIP.


Jaune - La Promesse Ep [-]
Il m’aura fallu un état comateux pour rentrer dans ce disque du batteur de Frànçois And The Atlas Mountains. Anodin au premier abord, il s’avère d’une classe folle avec son électronica mélancolique, ses trouvailles mélodiques et ce chant en français rappelant celui d’Albin de la Simone. Un des disques les plus écoutés de l'année par ici.


Papercuts - Kathleen Says Ep [Slumberland Records]
Parce que Kathleen Says était une des chansons les plus réussies de 'Parallel Universe Blues', leur album de 2018. Parce Comb In Your Hair est une nouvelle composition à la classe folle. Parce que la reprise de Blues Run The Game de Jackson C. Frank est un joli tour de force, mettant à jour la version qu'aurait pu sortir le Velvet Underground s'il s'était attelé à la tâche à l'époque. Tous ces « parce que » vous donne un des plus beaux Ep de l’année.


Satellite Jockey - Modern Life Vol. 3 Ep [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records]
Les lyonnais de Satellite Jockey finissent leur triptyque 'Modern Life' (voir ici et ) avec un dernier Ep de haute volée, qui plonge la tête la première dans les années 70, rend hommage à Olivia Tremor Control, amène un soupçon de musique du monde, tout en ne perdant rien de sa musicalité. Une des aventures discographiques les plus parfaites de ces dernières années.


Richard Youngs & Raül Refree - All Hands Around the Moment Ep [Soft Abuse]
Si Richard Youngs a sorti un album solo cette année, c’est vers cet Ep réalisé avec Raül Refree qu’est allé tout mon intérêt. Sans doute parce que plus voluptueux et arrangé, 'All Hands Around The Moment' est un magnifique voyage folk très habillé, où les cordent de chaque instrument vivent comme jamais.


Wych Elm - Rat Blanket Ep [Post Mortem Records]
Si je ne m’entêtais pas à différencier les « formats courts » des « formats longs » dans ces billets de bilan annuel, nul doute que ce premier Ep des anglais de Wych Elm aurait figuré sur mon podium 2019, tant son Pixies meets Breeders meets l’indie/alt rock fin-80s/début-90s est formidable. Alors, à défaut de mieux, on parlera de la plus grande révélation de l’année. Mais quel disque !


COMPILATIONS / REEDITIONS


Bob Dylan - The Rolling Thunder Revue: The 1975 Live Recordings [Columbia/Legacy]
Bob Dylan - Travelin’ Thru, 1967 – 1969: The Bootleg Series Vol. 15 [Sony/Legacy]
Cette année, deux coffrets ont permis de plonger à nouveau dans le passé glorieux de l'américain. Tout d'abord celui consacré à la tournée de 1975. De cette période, Sony avait déjà sorti en 2002 un Bootleg Series, le numéro 5, absolument génial, retranscrivant à merveille cette période où Dylan embarqua avec lui toute une ribambelle de musiciens, de chanteurs, d'amis (Joan Baez, Allen Ginsberg, Joni Mitchell, Mick Ronson, entre beaucoup d'autres) et plus largement tout ceux qui voulaient bien se joindre à lui, pour écumer les scènes des Etats-Unis avec un spectacle moins concert traditionnel que véritable spectacle de music-hall. Dix-sept plus tard, et à l'occasion de la sortie du film de Martin Scorsese sur cette tournée de 1975 ('Rolling Thunder Revue: A Bob Dylan Story'), Sony publie l'ensemble des concerts enregistrés à l'époque, soit 14 disques. C'est faramineux oui, vertigineux aussi, et sans doute réservé aux fans, mais le résultat est très enivrant.
Le second coffret est plus folk/country et moins exhubérant, mais tout aussi intéressant car il s'agit des enregistrements de Dylan à Nashville, entre 1967 et 1969. Et sur trois disques s'étalent des sessions pour 'John Wesley Harding' et 'Nashville Skyline' ainsi que beaucoup de morceaux en duo avec Johnny Cash. Des moments d'histoire, forcément brillants. Ah, qu'il est doux d'être fan de Bob Dylan.



The Springfields - Singles 1986-1991 [Slumberland Records]
Totalement inconnu à mes oreilles, voilà The Springfields, groupe américain dont la courte carrière (de 1986 à 1991 donc) se voit compilée dans son entièreté par Slumberland Records. De l’indie-pop de la fin des années 80, tantôt jangle, tantôt power, toujours mélodique et dont on ne s’étonnera pas qu’elle fut le temps d’un single publiée par Sarah Records. Ca fait un trésor caché de moins et ce n’est pas le plus médiocre, loin de là.



Various Artists - Come On Up to the House: Women Sing Waits [Dualtone]
Evidemment, je ne suis pas le mieux placé pour considérer si cette compilation a du sens ou pas : je ne connais pas l'oeuvre de Tom Waits. Pour autant, porté par la version incroyable de justesse de Georgia Lee par Phoebe Bridgers, ce disque de 12 reprises - exclusivement féminines donc - aura commencé à m'entrouvrir les portes de l'univers de l'américain. Les puristes trouveront peut-être à redire, mais l'ensemble a une sacrée gueule.


Comme promis, voilà quelques players vous permettant d'écouter une chanson issue des quinze disques présentés ci-dessus : Spotify et Deezer. Bonne(s) écoute(s) ! 





Bilan 2019 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » (20-01)
Top 40 « Albums » (40-21)


mardi 24 octobre 2017

Micah P. Hinson - Presents The Holy Strangers [Full Time Hobby]

Comme tout le monde, je me souviens exactement ce que je faisais le 11 septembre 2001. Comme tout le monde, je sais exactement où j’étais et avec qui lors des attentats contre Charlie Hebdo ou au Bataclan. 
Moins comme tout le monde, je sais exactement où je me trouvais lorsque j’ai appris la mort d’Yves Montand (je ne sais pas par contre pourquoi son décès m’a autant marqué) ou celle de Bérégovoy (ça, c’est parce qu’un épisode de Beverly Hills 90210 avait été coupé par un flash spécial de TF1 pour annoncer la nouvelle).

Encore moins comme tout le monde, je sais exactement où j’étais le soir où j’ai découvert Micah P. Hinson. C’était un soir de septembre 2004, rue de Dunkerque à Paris. J'étais dans ma chambre et grâce à saint Souleek, j’avais récupéré ‘The Gospel of Progress’, le premier album du texan. Et aussi ‘Funeral’ d’Arcade Fire. Les deux le même soir. Et deux artistes dont je n'avais jamais entendu parler. J’avais enchainé l’écoute de ces disques, qui venaient de sortir à une semaine d’intervalle. Une soirée comme on peut en connaitre parfois où la foudre s’abat sur vous alors que vous n’avez rien demandé. Je me souviens m’être dit que les deux groupes allaient forcément connaitre le succès - oui, même Micah P. Hinson. Il se dégageait tellement de choses de ses compositions qu'il ne pouvait en aller autrement.

Treize ans plus tard, Arcade Fire est une des têtes de proue de l’industrie musicale actuelle, rempli des salles toujours plus grandes en moins de temps qu’il faut pour le dire. Et ‘Funeral’ est considéré (à juste titre) comme un des disques marquant des années 2000 (et plus largement encore).
De l'autre côté, ‘The Gospel of Progress’ ne fera parler de lui que lorsque l'on s'amusera à réviser les années 2000. Et Micah P. Hinson, s’il sort des albums à un rythme régulier, est très loin des têtes d’affiches des festivals et unes des magazines.

Pour autant, l’homme à lunettes qu’il est continue de jouer sur scène. Il passait d’ailleurs par Lyon samedi soir au Groom, nouvelle petite salle lyonnaise (confirmant par la même la folle vitalité actuelle de l’offre musicale entre Rhône et Saône), pour venir défendre son dernier album, le neuvième, ‘Micah P. Hinson Presents The Holy Strangers’.

Il arrive sur scène, devant une salle très remplie. Il commence à parler avec elle, d’une voix trainante, raconte quelques anecdotes tout en s’accordant, puis lance le concert. Il déroule ses chansons à la guitare, qu’il porte de sa belle voix, et n’en est que très touchant. Entre chaque morceau, il s’adresse à l’audience, raconte d’autres histoires. On sent que notre homme n’est pas en très grande forme, qu’il a sûrement un peu bu, sans doute trop, et qu’il ne respire pas la joie de vivre.

Et rapidement, le côté touchant des débuts se transforme en vrai malaise. Parlant autant qu’il joue, devisant sur June Carter, enchaînant sur, littéralement, l’arrivée au monde de son enfant, avant d’évoquer Trump ou encore les armes à feu, Micah P. Hinson semble en avoir gros sur la patate et en vouloir à la terre entière. Pire, pas épatant musicalement, le texan n'arrive pas à noyer cette psychanalyse improvisée en quelque-chose d’autre que gênant.

Dommage, car ‘Micah P. Hinson Presents The Holy Strangers’ est une des très jolies choses écoutées en 2017. Un vrai bel album, qu’il porte de sa voix profonde et reconnaissable entre mille, entre chant, (quelques) parties parlées et plages instrumentales. Un « modern folk opera » (l’expression est de lui) qui raconte les histoires d’une famille, entre vie, mort, moments de bonheur et tragédies. Mais surtout un disque délicatement mis en musique (cordes et piano surtout), produit avec une finesse impeccable ; un bonheur de mélodies tristes en somme.
Et surtout, un album qui méritait mieux que cette prestation. Ceci dit, vu le talent qu’il a dans les mains, les mélodies simples mais belles qu’il sait créer et un chef d’œuvre à son crédit, Micah P. Hinson lui aussi aurait sans aucun doute mérité mieux. Foutue destinée. (Sortie : 8 septembre 2017)

Plus :
'Presents The Holy Strangers' est en écoute sur le bandcamp de Micah P. Hinson
'Presents The Holy Strangers' est à l'achat sur le bandcamp de Micah P. Hinson
'Presents The Holy Strangers' de Micah P. Hinson est en écoute sur Spotify et Deezer

Trois chansons en écoute tirées de ce 'Presents The Holy Strangers' de Micah P. Hinson. The Darling, bijou de chanson folk presque susurrée (également en écoute dans les lecteurs Deezer et Spotify de la colonne gauche de ce blog). Puis Lover's Lane, entre Johnny Cash et Lee Hazlewood. Puis le bel instrumental qu'est The Years Tire On :





mercredi 11 octobre 2017

[Track of The Day] Michael Chapman - The Prospector

Samedi dernier, le Sonic de Lyon avait invité une légende. Oui, une légende du folk : Michael Chapman, vieux monsieur de 76 ans à la casquette bien vissée sur la tête, et les doigts d'une dextérité folle.

Il fallait le voir sur scène, seul, éteignant tous les murmures d’une péniche pourtant assez bien remplie. Il fallait le voir dérouler ses accords de guitare, les répéter et étirer ses chansons sur près de 10 mns, sans jamais lasser son auditoire, avec un jeu aussi envoûtant que merveilleux.

Né en 1941 à Leeds, Michael Chapman m’était jusqu’alors totalement inconnu. Pourtant il semble être considéré comme l'égal d'un Bert Jansch, d'un Nick Drake, d'un Richard Thompson et d'un Jackson C. Frank ; est encensé par, au choix, David Bowie (qui lui piquera Mick Ronson) et autres Thurston Moore (la légende veut qu'un des albums de Chapman aurait été le déclencheur pour la formation de Sonic Youth). Et a une carrière riche et fournie, avec plus de 50 albums à son actif - et autant d'années de carrière derrière lui.

Le dernier en date s'appelle justement '50' et est là aussi bien pour marquer le coup que pour remettre en lumière un artiste trop méconnu. Pris en main par Steve Gunn, très entouré dans l'enregistrement de cet album, il est difficile ici de ne pas penser à Johnny Cash lorsque Rick Rubin décida de donner à l'homme en noir une seconde vie; voire à Okkervil River ressuscitant Roky Erickson.

Pour Michael Chapman, '50' est son premier « american record ». Il propose 10 chansons pour près d'1h de musique folk où ses compositions (tantôt de nouveaux titres, tantôt des relectures de ses plus beaux morceaux) sont soit nues comme des vers (quand bien même son jeu fait croire le contraire), soit habillées d'électricité, de banjo, de cordes ou de chœurs.
Mais une chose frappe à l'écoute de cet album sublime et de cette voix nullement fatiguée : ce sont bien 50 années de folk qui nous contemple. Et de quelle manière !

NB : Découvrant l'artiste, difficile d'en dire plus. Mais la chronique très complète de Pinkushion saura combler les nombreux vides !

Album : 50
Année : 2017
Label : Paradise of Bachelors

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En plus des lecteurs Deezer et Spotify, The Prospector de Michael Chapman est également en écoute ci-dessous, aux accents Neil Young-ien :


Autre chanson tirée de ce '50' de Michael Chapman, That Time of Night



Et pour finir le trailer de ce '50' de Michael Chapman :



lundi 28 avril 2014

[Track of The Day] Sage Francis - Vonnegut Busy

Quatre années sans nouvelle et le voilà qui débarque à nouveau pour embellir l'été qui s'annonce. "Le", c'est Sage Francis, rappeur barbu au débit dingue, aux paroles prouvant un engagement politique sans faille et aux productions lorgnant allégrement vers le rock et la pop plutôt que vers un hip-hop classique (notre homme ne vient pas de chez Anticon pour rien) : pas pour rien que le meilleur hommage musical rendu à feu Johnny Cash vient de sa plume (en écoute ici).

Son dernier disque en date 'Li(f)e' voyait Sage Francis s'acoquiner avec bons nombre de belles plumes pop, de Califone à Calexico en passant par Yann Tiersen (sublime The Best of Times) et encore Jason Lytle. Emballant sur le papier, le résultat n'était finalement pas à la hauteur, loin de ses précédents albums, dont son chef d’œuvre 'Healthy Distrust' (dont la classe ne se dément pas, même dix ans plus tard).

C'est donc de pied ferme que j'attendais son retour. Et comment vous dire à quel point celui-ci est percutant et me parle énormément. Déjà parce que Sage Francis ouvre Vonnegut Busy, le premier single de 'Copper Gone' (le nouvel album donc qui comprendra notamment des productions d'Alias, de Buck 65 ou Reanimator)  par les mots suivants : « Of all the words of Mice and Men, the saddest are "It might have been" ». Vu que John Steinbeck est mon écrivain préféré et 'Des Souris et des Hommes' un de mes livres de chevet, je ne peux qu'adhérer.

Ensuite parce qu'une fois de plus, son texte est très engagé et parle beaucoup en ces temps de crises infinies où l'on recommence décennie après décennie les mêmes erreurs du passé.

Enfin parce que comme souvent avec Sage Francis, on n'écoute pas une chanson pour rien. Et j'aurais donc appris des choses après quelques recherches (d'avance mes excuses pour le paragraphe suivant à ceux qui connaissent la référence).
Prenons donc le titre, Vonnegut, Busy. Kurt Vonnegut est un écrivain américain contemporain (1922-2007) et pacifiste convaincu. Dans son roman 'Cat's Cradle' (1963), en plus d'écrire la phrase d’ouverture de ce nouveau single de Sage Francis, Kurt Vonnegut crée une religion fictive, le Bokonisme dont le principal précepte est de (je vous le mets en anglais, je n'arrive pas à traduire ça de façon adéquate) « Live by the foma that make you brave and kind and healthy and happy ».
Et « Busy, busy busy » sont des mots que murmurent les bokonistes quand ceux-ci réfléchissent à la complexité et au côté imprévisible de nos vies.

Tout cela pour dire que d'ici juin, il me reste donc à lire 'Cat's Cradle' de Kurt Vonegut, me replonger une nouvelle fois 'Des Souris et des Hommes' de Steinbeck. Pour finalement écouter ce 'Copper Gone' qui promet, mais alors beaucoup.

Album : Copper Gone
Année : 2014
Label : Strange Famous Records

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Vonnegut Busy de Sage Francis est en écoute également sur le soundcloud de Strange Famous Records :



Ce même Vonnegut Busy, mais cette fois avec les paroles. Et vu que Sage Francis a un débit très difficile à suivre et des références dans tous les sens, c'est plutôt pratique :



Pour finir, un deuxième extrait de 'Copper Gone'. Une version live enregistrée chez Daytrotter. Ce disque est définitivement sur de bons rails :


lundi 3 janvier 2011

Top 50 'Albums 2010': 50-31



Après une semaine de noël et de réveillon à bourlinguer d'Ardèche en Bretagne, suite et fin des traditionnels top de fin d'année. Des tops qui ont continué d'affluer pendant la semaine, notamment celui de Dans Le Mur du Son (auquel je n'aurais pas participé, perdu que j'étais au fin fond des Côtes d'Armor), de Feu à Volonté (singles cette fois), de Francky de Muzik&Cultures ou de La tête à Toto. Et pendant ce temps là, Des Chibres et des Lettres nous aura pondu pour sa part un Flop 2010.

Quant à ce blog, après le top Ep et autres 7", après un top 50 singles, place maintenant au top 50 albums, comme chaque année, divisé en trois parties.
Il est à noter qu'au bas de chaque article, vous retrouverez un lecteur grooveshark proposant une chanson de chacun des albums évoqués au-dessus. Et au bas de chaque chronique, un petit plus vous emménera vers une chronique, d'ici ou d'ailleurs, si vous voulez en savoir plus.

La première partie débute maintenant, en tout cas, juste après vous avoir souhaité mes meilleurs vœux pour l'année qui s'ouvre.

Pour rappel:
Top 'Albums 2010': 10-01
Top 'Albums 2010': 30-11
Top 50 'Chansons/Singles 2010'
Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations et Rééditions' 2010


50. Clogs – The Creatures in the Garden of Lady Walton [Brassland]
'The Creatures in the Garden of Lady Walton' est un disque aussi réussi que les précédents de la part de Clogs mais qui voit le groupe évoluer sans se fourvoyer en invitant un instrument très rare jusque là chez eux : la voix. Résultat très convaincant où les guests n'accaparent pas l'attention mais mettent encore plus en lumière la musique, la chose primordiale chez Clogs.
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49. Canasta – The Fakeout, the Tease and the Breather [-]
Découvert grâce à feu Bopper, Canasta est un groupe de Chicago qui aura sorti en 2010 son deuxième album... toujours à sa façon vu que le groupe n’est incroyablement pas signé. Pourtant leur pop qui sait être aussi épique qu’intimiste a de quoi ravir plus d’une oreille. Car il y a ici plus d’une belle chanson et de refrains à fredonner que sur beaucoup d'albums encensés ici et là.
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48. The Bamboos – 4 [Tru-Throughs]
Originaire de Melbourne, The Bamboos aligne, dans un déluge de cuivres, des titres aussi bien uniquement instrumentaux que chantés par la belle voix de Kylie Auldist. Naviguant entre soul et funk, tirant son inspiration de décennies cultes pour le genre (Like Tears In Rain n’aurait pas fait tâche sur les compilations 'Motown Dance Party', tant son rythme est une euphorique invitation à la danse) est une belle découverte qui ne s'estompe pas malgré les écoutes.
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47. Cabins – Bright Victory [Ivy League]
Quatuor australien, les Cabins auront fait pour leur premier sortie discographique, dans le court mais l’incisif. Un album à la basse bien présente et qui n'hésite pas à aller autant dans le rock que dans le blues pour mieux imposer une ambiance lourde dans ses morceaux. Avec toujours un vrai souci.
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46. Avi Buffalo – st [Sub Pop]
Premier album pour Avi Buffalo, groupe originaire de Long Beach. Un disque alternant entre chansons pop-folk plutôt classique et pop capable d'élans inattendus, presque à tiroirs (notamment sur les deux derniers morceaux). Un groupe qui fait penser, notamment à cause de la voix qui survole l’album, à une version pop-folk de MGMT. Belle découverte.
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45. Allo Darlin’ – st [Fortuna Pop!]
Cette découverte, je la dois à Discobloguons qui aura su se montrer suffisamment persévérant. Et il aura bien eu raison. Pas ébouriffante aux premières écoutes mais rapidement rafraichissante comme tout, leur twee-pop (c’est l’année) est quand même du meilleur effet, portée qu’elle est par une bien jolie voix.
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44. Laura Veirs – July Flame [Bella Union]
C’est qu’on aurait presque oublié que Laura Veirs a publié un album en 2010. Et pourtant, il mérite le détour. Un album simple, globalement acoustique bien que largement arrangé. Alors certes, un album de miss Veirs, c’est peu ou prou la même chose que les précédents. Mais ‘July Flame’ est, justement, un beau retour de flamme de la part de l’américaine. Et puis pouvons nous décemment nous plaindre d’avoir à disposition autant de belles compositions ? Non. Donc on prend. Et plutôt deux fois qu’une.
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43. Erik Arnaud – L'Armure [Matrice]
Copain de cordée de Florent Marchet, Erik Arnaud reprend sa carrière discographique personnelle. Tout au long des 10 chansons de l'album, très sombres, Erik Arnaud rappelle à nos oreilles autant l’univers d’une certaine idée de la chanson/du rock français (Dominique A, Miossec) que la voix de Bertrand Cantat (certaines intonations de Nous Sommes sont saisissantes), tout en gardant une proximité artistique avec Florent Marchet (une mélodie par-ci, un texte par là).
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42. Eluvium – Similes [Temporary Residence]
Après un coffret aussi hors de prix que magnifique, Eluvium, un des maitres des chansons éthérées et ambiantes, revient avec un nouvel album qui marque une rupture avec ses précédentes livraisons. Matthew Cooper se met effectivement à chanter, et il le fait plutôt bien d’ailleurs. Mais loin de s’enorgueillir de cette nouvelle orientation, Eluvium laisse ici la musique au centre de tout, sa voix n’étant qu’un ajout et un atout de plus à apporter aux chansons de ce décidément talentueux bonhomme.
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41. Tom McRae – The Alphabet of Hurricanes [Cooking Vinyl]
Pendant longtemps, le seul album vraiment valable de Tom McRae a été son premier. Depuis, le britannique allait de déception en déception, édulcorant chaque fois un peu plus ce qui faisait le sel de ses compositions. ‘The Alphabet of Hurricanes’ casse la spirale infernale dans laquelle Tom McRae s’était installé et prouve que notre homme a du talent. Sombre et mélancolique, cet album montre un Tom McRae inspiré, triste comme la pluie et qui semble avoir retrouvé son stylo magique.
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40. Black Mountain – Wilderness Heart [Jagjaguwar]
Produit, entre autres, par Randall Dunn (producteur notamment de Sunn o))), Boris ou Earth), 'Wilderness Heart', troisième album des Black Mountain, aura été une bonne surprise tant leur second disque m’avait déçu. Jouant moins la carte de l’exercice de style comme avant, le combo de Vancouver séduit immédiatement avec son rock stoner et psychédélique. Une sorte de rencontre entre les Queens of The Stone Age et les Stooges, les claviers vintage en plus.
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39. Math and Physics Club – I Shouldn't Look As Good As I Do [Matinée]
Coincés et à l’étroit dans leur coccinelle bleue, Math and Physics Club est le type de groupe pour lequel il est très facile de tomber sous le charme : bluettes genre Belle and Sebastian, folk-pop innocente et légère, compositions optimiste et lumineuses. Mais ne croyez pas qu’il s’agit ici d’un disque facile et interchangeable : on ne tombe pas aussi fou d’un album de ce genre là comme ca.
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38. Johnny Cash – American VI: Ain't No Grave [American]
Sixième et dernière sortie des collaborations entre Johnny Cash et Rick Rubin, ‘American VI: Ain't No Grave’ est tout sauf le raclage de fonds de tiroir de trop. Car, bien que très proche de ses dernières heures, Johnny Cash dans son style inimitable, arrive par le biais de nouvelles compositions ou de reprises opportunes, à faire vibrer les cœurs. La mort n’est pas loin et rôde autour de cet album. Et pourtant il semble qu’elle n’arrivera jamais à son but tant la force des interprétations de Cash est inaltérable.
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37. Le Futur Pompiste – st [Shelflife]
Derrière ce nom un peu idiot se cache un groupe finlandais que j’avais découvert un soir de discussion dans un salon plein d’oiseaux bleus en 2003. Depuis cette époque et malgré la qualité de leur premier album, rien. Sept ans plus tard, je retombe sur ce groupe au hasard d’une news quelconque. Le Futur Pompiste n’a rien perdu de sa qualité de compositions, sorte de Stereolab a-like. Bien au contraire.
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36. Florent Marchet – Courchevel [Nodiva]
Allongé sur une peau de bête, affublé d’une fine moustache que n’auraient pas reniés certains footballeurs allemands des années 80, Florent Marchet serait-il tombé du côté obscur de la force, à n’être qu’une caricature de ce qu’il souhaite se moquer ?
Que neni ! Disque court, ‘Courchevel’ est empreint à nouveau de belles chansons aussi touchantes que grinçantes, au-dessus desquelles plane toujours cette vision désabusée (ou presque) de la vie. Et prouve s’il en était besoin que Florent Marchet reste un artiste majeur français.
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35. Ólafur Arnalds – ... And They Have Escaped The Weight Of Darkness [Erased Tapes]
Ólafur Arnalds aura été en 2010 une découverte. Un soir de journée ratée, je suis tombé chez Kris sur une chanson de cet album et j’ai été subjugué : compositions mélancoliques et déchirantes sur lit de cordes, le tout menées par un piano aussi omniprésent que discret. ‘... And They Have Escaped The Weight Of Darkness’ est un album sublime mais triste. Et Ólafur Arnalds le pendant pop de Max Richter.
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34. Laura Marling - I Speak Because I Can [Virgin]
Faisant tourner les têtes de pas mal de groupes (Noah and The Whale il y a quelques années, Mumford and Sons aujourd'hui), Laura Marling n’est en rien une arriviste. Mais une artiste accomplie dont les diverses sorties discographiques de cette année m’auront stupéfié un peu plus. ‘I Speak Because I Can’ a été la première de celles ci. Un album fade de prime abord mais qui se dévoile rapidement, porté par la voix forte de Laura Marling. Et puis quelqu’un qui ose reprendre avec tant de justesse Jackson C. Frank ne peu être que quelqu'un de bien.
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33. Baths - Cerulean [anticon]
Si l’on met de côté Why ?, ca faisait presque un moment que je n’avais pas été touché par un disque de chez anticon. Nouvelle signature d’anticon, Baths est en tout cas le genre de disque qui donne envie de se lover dans une piscine de coton. Et, accessoirement, la rencontre de Daedelus et de The Avalanches, avec un brin d'Animal Collective au-dessus de tout ca.
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32. Villagers - Becoming a Jackal [Domino]
A l'époque, première écoute, je n’avais pas du tout été emballé. Et puis devant des avis dithyrambiques, j’ai ressayé. Et je suis tombé plus que sous le charme. Le premier album de Villagers (Conor O'Brien à la ville, irlandais de son état, aperçu chez The Immediate) est vraiment superbe. Des compositions et des mélodies touchantes qui ne tombent jamais dans le pathos, le tout entouré d’une production bien ronde comme il faut. Sacrés débuts !
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31. Madlib – Madlib Medecine Show [Madlib Invazion]
Producteur émérite et défricheur musical professionnel, Madlib s’est lancé à la fin 2009 dans un projet un peu fou : sortir douze compilations/mix-tapes à sa sauce, traitant à chaque fois d’un thème musical défini : musique brésilienne, africaine, reggae, disco, etc… le tout, à la sauce Madlib, forcément.
S’il ne réussit pas son pari d’en sortir douze (neuf compilations ont «seulement» vu le jour pour le moment), artistiquement c’est de haut niveau. Pas tout le temps certes, mais globalement ces compilations ‘Madlib Medecine Show’ sont ambitieuses, détonantes, rarement ennuyeuses et proposent là un véritable voyage musical. Et dans le genre GO de luxe, on ne pouvait rêver mieux que Madlib.
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Et pour finir donc, un lecteur permettant d'écouter un morceau de chacun des 20 albums présentés ci-dessus :