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mercredi 12 novembre 2014

[Track of The Day] Aidan Moffat - Love Is Not a Game

Oui, cette semaine est très Arab Strap-ienne. Après Malcolm Middleton hier via son dernier projet en date avec David Shrigley, passons à Aidan Moffat et son accent à couper au couteau.

Un disque de vagabonds comme l'indique son nom, et qui ne verra le jour qu'au format digital, Aidan Moffat s'en excusant même sur sa page bandcamp, promettant que sa prochaine sortie sortirait normalement en vinyle.

Plus une collection de chansons qu'un album centré sur un même sujet, 'Vagrants_09_14' est un disque qui concentre des chansons écrites entre 2009 et 2014, certaines déjà sorties en face-b de tel single ou de tel split. Beaucoup de belles chansons ici, où l'on croirait presque que la vie sentimentale d'Aidan Moffat n'est pas au beau fixe tant tout ceci respire la sinistrose.

'Vagrants_09_14' est dans le plus pur esprit Aidan Moffat, cynique autant que drôle, fait de petits moments ravissant (l'interlude Waiting in The Car qui voit Moffat siffloter et tapoter sur son volant), de quelques reprises bien senties (au premier rang desquelles I Got You Babe de Sonny and Cher) et de chansons de haute volée (The World Around Us, le China Girl d'Aidan Moffat ou Love is Not a Game).

Ce 'Vagrants_09_14' est disponible pour £4.99. Comme le dit Moffat : « all for the price of a couple of pints! Some days life's just too good.» Tu m'étonnes John.


Album : Vagrants_09_14
Année : 2014
Label : -

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Love is Not a Game est également en écoute sur le bandcamp d'Aidan Moffat et ci-dessous :



La belle reprise de I Got You Babe de Sonny and Cher : 



mardi 6 mars 2018

[Track of The Day] Aidan Moffat & RM Hubbert - Cockcrow (feat. Siobhan Wilson)

La semaine dernière, nous fêtions les 17 ans de 'The Red Thread', somptueux album d'Arab Strap (s'il est besoin de le rappeler).

Quelques jours plus tôt, un des deux membres du feu-meilleur groupe de Glasgow se lançait dans une nouvelle aventure. Car si Arab Strap est mort de sa belle mort (quand bien même une tournée pour les 20 ans de leur formation est venu raviver leur souvenir), Malcolm Middleton et - donc - Aidan Moffat ne chôment pas depuis 2006.

Moins en vue que son compère rouquin (dont j'ai évoqué toutes les sorties je pense dans ces pages), Aidan Moffat et son accent écossais à couper au couteau continue de multiplier les collaborations, entrecoupées d'albums solos sortant dans un anonymat toujours sidérant. Cette fois, il s'associe avec RM Hubbert, autre pensionnaire du label Rock Action, pour un album à venir le 11 mai prochain qui s’appellera 'Here Lies The Body'.

Sur le premier extrait, Cockcrow (qui n'a aucun sens coquin vu que cela signifie « aube », mais on notera quand même que Aidan Moffat préfère ce mot à « dawn » ou « daybreak »), Aidan Moffat allie sa voix avec celle de Siobhan Wilson pour un duo aux paroles où la nostalgie est de mise. RM Hubbert quant à lui est s'occupe du reste, silencieusement et brillamment.

Parfaite mise en bouche pour un album très attendu par ici, Cockcrow est aussi la meilleure preuve qu'une chanson sympathique peut devenir somptueuse en quelques secondes.

Album : Here Lies The Body
Année : 2018
Label : Rock Action

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En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Cockcrow de Aidan Moffat & RM Hubbert, avec la voix de Siobhan Wilson, est en écoute via son clip ci-dessous. Un clip porté par Jack Webb, danseur de ballet de Dundee :



vendredi 5 août 2011

[Track of The Day] Aidan Moffat & Malcolm Middleton - Two Cousins 1999 (Slow Club cover)

Arab Strap avait fini son histoire par 'Ten Years of Tears', compilation de leurs 10 ans de carrière et de leurs six albums. En hidden track, ils avaient foutu une reprise de It's a Heartache de la blonde peroxydée Bonnie Tyler, pleine d'ironie, à l'image de leur carrière.

Depuis, les compères Malcolm Middleton et Aidan Moffat sont partis chacun oeuvrer dans leurs coins, avec des fortunes diverses, mais toujours avec ces voix et ce talent qui leur sied depuis bien longtemps.
Et puis les albums d'Arab Strap ont été réédités.
Et puis ils ont tous les deux découverts Twitter et s'échinent à faire de leurs comptes respectifs deux comptes pleins de verve et d'humour (et à suivre absolument ici et ).

Et puis arrive le duo anglais Slow Club qui un jour demande comme si de rien n'était à Aidan Moffat s'il veut bien remixer ou reprendre Two Cousins, le premier single de leur second album à paraitre, 'Paradise'. Après quelques oublis/hésitations (toute l'histoire est racontée et est à lire absolument chez The Quietus ici), Aidan Moffat appelle son compère de toujours et lui propose reprendre cette chanson. A la sauce Arab Strap, évidemment.
Le résultat n'est pas stupéfiant car on sait le talent des deux gus. Mais il est une très grande réussite.

Pour parler de cette reprise à deux, ils n'utilisent pas d'Arab Strap, qui est bien pour eux, en tout cas aujourd'hui, une histoire terminée. Mais ils n'empêche: cette reprise de Two Cousins (à laquelle Moffat et Middleton ont accolé un évident 1999) est un crève cœur de plus à savoir Arab Strap en retraite. Putain, cinq ans.

Album: -
Année: 2011
Label: Moshi Moshi


Exceptionnellement, cette reprise de Two Cousins 1999 de Slow Club par Aidan Moffat et Malcolm Middleton est uniquement en écoute dans le lecteur soundcloud ci-dessous, et pas (pour le moment) dans le lecteur grooveshark de droite. Enjoy ! (malheureusement plus en écoute)

lundi 15 juillet 2019

[Track of The Day] Aidan Moffat & RM Hubbert - Cut to Black

Certaines personnes sont douées pour faire des pâtes à la carbonara. D'autres pour retrouver leur chemin sans jamais utiliser un GPS.

Aidan Moffat lui sait mettre un point final à ses aventures discographiques. En 2006, avec son compère de toujours Malcolm Middleton, un « Best of » ('Ten Years Of Tears') avait clôt l'aventure Arab Strap. L'avant-dernière chanson du disque (cachée d'ailleurs) ? Une reprise formidable de It's a Heardache de Bonnie Tyler.

Treize ans plus tard, Aidan Moffat ferme son dernier chapitre en date, écrit à quatre mains avec RM Hubbert. Comme les deux écossais l'expliquent, après un album ('Here Lies The Body'), un Christmas Album ('Ghost Stories For Christmas') et même un disque live, le duo s'arrête, ferme boutique en laissant comme épitaphe un 45-tours, 'Cut to Black 7"', qui verra officiellement le jour le 16 août prochain.

Une bien belle chanson où beaucoup de personnages se frôlent sans jamais se croiser. La mélodie est belle, Aidan Moffat, comme souvent, alterne chant et parlé. Ils le disent eux-même : « It’s our closing scene, our emotive denouement; our last words and parting shot ». Et ils ont raison. Décidément, ces diable d'écossais savent soigner leurs sorties.

Album : Cut to Black 7"
Année : 2019
Label : Rock Action


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Cut to Black d'Aidan Moffat et RM Hubbert est également à écouter ci-dessous, paroles comprises :



mardi 27 novembre 2018

[Track of The Day] Aidan Moffat & RM Hubbert - Only You (Yazoo cover)

Dans quelques semaines (mais vous me direz, ça déjà commencé depuis fin octobre, va comprendre Charles), quand on tirera le bilan de l'année musicale 2018, il ne faudra pas oublier de mentionner 'Here Lies The Bodies', le très bel album d'Aidan Moffat et de RM Hubbert, dont je m'étais fait l'écho il y a quelques mois de cela.

Quelques mois plus tard, les deux compères écossais remettent le couvert pour un album de noël. Mais vu qu'on est en présence d'Aidan Moffat, c'est une certaine idée de ces célébrations. Le disque s'appelle 'Ghost Stories for Christmas' et il est défini comme ceci : « These are the ghosts of love, haunting happy homes and fairy-lit bars; these are the ghosts of memory, of haunted mirrors, pagan festivities, and unforgettable friends ».  

Deux morceaux ont jusque là vu le jour, A Ghost Story for Christmas (et ses grelots de noël) et une très belle reprise d'Only You de Yazoo. Un joli programme donc. Et puis de mieux qu'une voix écossaise pour bercer ses soirées hivernales ?

Album : Ghost Stories for Christmas
Année : 2018
Label : Rock Action


En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), Only You de Aidan Moffat & RM Hubbert est également en écoute ci-dessous :



A Ghost Story for Christmas d'Aidan Moffat & RM Hubbert est également à découvrir :



lundi 19 décembre 2022

Nyx Nótt - Themes From [Melodic Records]

Savez-vous qui sont Nyx et Nótt ? Toutes deux sont des déesses personnifiant la nuit, chacune dans leur mythologie propre, grecque pour la première, nordique pour la seconde. Aidan Moffat a décidé d'allier les deux dans sa nouvelle aventure solo avec Nyx Nótt, un nom qui lui sied à merveille - lancé en 2020 avec un premier album 'Aux pieds de la nuit' (oui, en français s'il vous plait), il y avait un côté obscur et nuiteux qui se dégageait de ses compositions.

'Themes From' ne déroge pas à la règle de ce projet totalement instrumental. Moins sombre que son prédécesseur, ce nouvel album de Nyx Nótt va chercher cette fois son inspiration dans la... télévision (la pochette rétro en diable donne une première indication). Et ce n'est pas une surprise quand on connaît le bonhomme : fut une époque où Aidan Moffat passait ses nuits à commenter sur Twitter ce qu'il voyait en direct à la TV. Et c'était piquant, corrosif et très souvent drôle.

A la base, 'Themes From' aurait du être une suite de courts morceaux (Moffat parle de 90 secondes) singeant les génériques de télévision. Mais l'idée s'avérant vite « too gimmicky and silly », ce deuxième album de Nyx Nótt part finalement sur des morceaux plus amples, plus longs en bouche, qui samplent - ou s'inspirent, ce n'est pas très clair - des thèmes existants que les moins de vingt ans, etc. Résultat, un album de huit titres qui retranscrit l'idée qu'Aidan Moffat se fait des musiques d'ambiance ou des génériques de différents genres d'émissions ou de films de télévisions ; du porno (Porno, langoureux et jazzy chic), au thriller (Thriller, aux violons tendus où on entendrait presque un peu de Silver Mt Zion) en passant par les émissions d'aventure (Swashbuckler et sa rythmique martiale), d'enquêtes criminelles (Hardboiled et son ambiance mystérieuse) ou de documentaires (épatant Docudrama, morceau merveilleux dans sa construction et son exécution, aux violons délicieusement enivrants). Un ensemble de qualité, presque d'une autre époque, qu'Aidan Moffat qualifie drôlement mais justement de « walk through a neon Soho after a few cocktails ».

Difficile de ne pas voir dans ce 'Themes From' autre chose qu'un hommage appuyé à toutes ces compositions télévisuelles qui, sans que l'on s'en rende compte, habillent nos fin de journée, nos soirées, nos nuits, qui nous accompagnent tout au long de notre vie et font quelque-part partie de nous (qui n'a pas régulièrement en tête un générique de série, de jeu télévisé ou d'émissions de reportages ?). Mais au-delà de cela, loin d'Arab Strap (quoiqu'il y a quelques réminiscences ici de 'Monday at the Hug & Pint') ou de Gentle Sinners, le groupe qu'il a formé cette année James Graham, le chanteur de The Twilight Sad, 'Themes From' de Nyx Nótt s'avère surtout être un disque brillant, malin et sacrément bien composé. (Sortie : 2 décembre 2022)

Plus :
'Themes From'
de Nyx Nótt est en écoute sur bandcamp

'Themes From'
de Nyx Nótt est à l'achat sur bandcamp

'Themes From'
de Nyx Nótt est également à l'achat ici

'Themes From'
de Nyx Nótt est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer

Trois morceaux de 'Themes From' de Nyx Nótt en écoute aujourd'hui. Docudrama pour débuter, une des « chansons » de mon année assurément (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Thriller pour continuer. Et Swashbuckler pour finir :

Le clip de Thriller de Nyx Nótt :

vendredi 26 janvier 2024

[Track of The Day] Arab Strap - Bliss

Fin novembre dernier, Arab Strap était venu à l’Epicerie Moderne fêter les 25 ans de 'Philophobia', mais dans une version intimiste. Cela a beau être un des disques de ma vie, j'avais peur du résultat, vu que l'album n'est, de base, pas le plus arrangé du monde. Et puis on était dimanche soir. Et puis il faisait froid. Et puis, et puis… Et puis c’était incroyable. Comment avais-je pu en douter ?

Sur scène, les deux compères, et uniquement eux deux. Malcolm Middleton à la guitare, Aidan Moffat au chant, aux percu/cymbales et à la boîte à rythme. Et le duo de dérouler 'Philophobia' dans l’ordre et dans son entièreté, nous emmenant sans difficulté dans ce monde slowcore fait de biture, de plans cul foireux et de baises risibles.
Au moment du traditionnel rappel, ils étaient revenus pour jouer deux titres de 'As Days Get Dark' leur album de retour de 2021 ainsi qu’une version lente, sèche et sublime de The Shy Retirer. Et alors qu’ils s’apprêtaient à quitter la scène sous des applaudissements nourris d'un public encore estomaqué de leur prestation, Aidan Moffat balançaient au milieu des remerciements qu’ils reviendraient très prochainement nous voir, « full band » promettait-il, pour la tournée de leur nouvel album à venir en mai prochain.

Depuis cette semaine, on en sait plus sur ce fameux nouvel album. Il s’appellera 'I'm totally fine with it 👍don't give a fuck anymore 👍' (smileys inclus), sortira le 10 mai 2024, à nouveau chez Rock Action Records. Et il contiendra Bliss (en écoute ce jour), premier single à l'ancienne, dans une veine tout à fait Arab Strap-ienne. Une chanson qui démarre comme un morceau électro, plein de beats, le temps que la guitare de Malcolm Middleton vienne recentrer le débat et qu’Aidan Moffat débaroule avec son chant et sa voix reconnaissables entre mille, et un texte brillant sur cette vie numérique qui est la nôtre, pleine de bassesse, d'attaques gratuites (et notamment contre les femmes) et de solitude. Du grand Arab Strap.

Album : I'm totally fine with it 👍don't give a fuck anymore 👍
Année : 2024
Label : Rock Action Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Bliss d'Arab Strap est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Bliss d'Arab Strap :

 

dimanche 8 janvier 2012

Bilan 2011 - Top 50 Albums: 10-01



Avant d'en finir avec 2011 et de faire un petit bilan - rapide - de l'année, encore quelques top de fin d'année piochés dans la blogosphère musicale française (j'en ai sûrement oublié beaucoup. N'hésitez pas à donner vos tops/liens dans les commentaires) :
Derrière La Fenêtre
Le Naze Journal de Mbfsc2

Il donc temps pour moi de refermer l'année 2011. Pas dans l'idée de l'oublier, mais plus de voir ce que va pouvoir nous proposer 2012.

Parce que 2011 aura été une belle année, une nouvelle fois. Il est toujours délicat de classer des disques (au-delà du fait que cela a sans doute une utilité bien vaine). Mais cette année, ce fut bien complexe tant les disques (aux univers bien différents) qui m'auront fait vibrer auront été légions.

Mais au-delà de l'aspect musical de 2011, c'est du côté du graphisme que le monde de la musique aura retrouvé des couleurs. Il y aura eu à mes yeux profusions de très beaux artwork, très bien pensés. Souvent simple, parfois plus élaborés, ils ont tous en commun d'avoir Du 'Kaputt' de Destroyer en passant par le 'Ravedeath, 1972' de Tim Hecker, les albums de Craft Spells, Banjo or Freakout, Rivulets, Nicolas Jaar, Lykke Li, Sister Crayon, Wye Oak, Ensemble, ou Over The Rhine, la liste est longue des groupes qui auront su remettre cette année et plus que par le passé (récent) les beaux artwork au goût du jour.

Pour beaucoup des albums présentés ci-dessous, je n'ai pas évoqué la moindre ligne dans ces pages durant 2011. La faute à une année pourrie dans tous les sens du terme à un niveau personnel. La faute aussi à un manque d'idées pour traiter comme il se doit des albums si forts et si grands. Ainsi, vous trouverez (comme depuis le début de ces tops) un petit "+" vous renvoyant vers des chroniques éclairées, très bien écrites, et qui expliquent parfaitement à quels disques nous avons à faire ici.

En tout cas, le dix albums présentés ci-dessous ne sont pas des albums que je vais oublier de si tôt. Et comme ils l'auront fait toute l'année, ces dix disques vont encore tourner souvent sur ma platine.

Mais plutôt que blablater à n'en plus finir, passons donc à ce top 10.
Une fin de bilan 2011 qui me donne l'occasion de vous remercier de venir lire dans ces pages quelques bafouilles musicales tout au long de l'année. Et de vous souhaiter à nouveau tout le meilleur pour 2012.
Bonne lecture et bonne(s) écoutes (au bas du billet, dans le lecteur grooveshark, mais vous commencez à avoir l'habitude).


Pour rappel:
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 50 'Chansons 2011'
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"'



10. The Roots - Undun [DefJam]
Vingt-cinq années de carrière derrière eux et pourtant une envie et une ambition sans cesse renouvelée: The Roots est une énigme. Car comment comprendre qu'un groupe aussi important et qui a déjà quasiment tout dit peut avoir l'idée d'un concept album contant les aventures de Redford Stephens, personnage fictif (inspiré du Redford de 'Greetings From Michigan, The Great Lake State' de Sufjan Stevens), jeune garçon noir d'un ghetto américain et à la destinée tragique?
Mieux, comment peut-il sortir avec 'Undun' un de ses plus beaux albums, plus soul qu'hip-hop, lorgnant un peu plus vers l'indie (la présence de Sufjan Stevens pour une reprise de Redford (For Yia-Yia & Pappou) donc), comme ça? Quoi? Le talent? Ah ouais tiens, le talent. Ça doit être ça.
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09. The Dears – Degeneration Street [DangerBird]
Je n’ai jamais été fan des Dears. Même de leur ‘No Cities Left’ loué ici et là. Mais il faut bien dire que j’aurais tout au long de 2011 lentement mais sûrement changé mon fusil d’épaule. ‘Degeneration Street’, ce cinquième album est peut-être l’album d’où s’échappe le plus la notion de plaisir. Des guitares (comme d’hab), une inspiration chopée – notamment – chez le Pulp de Jarvis Cocker, des mélodies à chanter à tue-tête et des chansons solides. Du tout bon tout du long.
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08. Puressence – Solid State Recital [Caserta Red]
Auteur d’un des disques les plus réussis des années 90 (je pense qu’on est deux à penser cela, avec Lyle), on avait un peu perdu de vue les Puressence. Car depuis ‘Only Forever’, je ne peux pas dire qu’ils m’avaient fait vibrer. Et j’ai été bien pris par surprise par ce ‘Solid State Recital’, album de brit-pop/rock d’une grande tenue, aux hymnes imparables. La voix de James Mudriczki est toujours pleine d’émotion. Et les mélodies ne sont pas en restes. Grand disque mélancolique pour grand groupe, méconnu ou mésestimé - c’est selon.
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07. Stranded Horse – Humbling Tides [Talitres]
Deuxième album pour l'ancien Encre, Yann Tambour. Et s’il perd son Thee, il ne perd pas sa kora, cet instrument malien qui rappelle la harpe et la mandoline. ‘Humbling Tides’ amène un poil de pop dans les circuits et quelques cordes pas piquées des vers. Pour un ensemble beau, langoureux, léger autant que pesant, que Stranded Horse sait rendre ample malgré le côté intimiste de la chose. En un mot comme en cent, sublime.
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06. Cold Cave – Cherish The Light Years [Matador]
Cet album de Cold Cave contient 9 chansons. Et autant de tubes. Beaucoup trouvent (ou trouveront) cet album putassier au possible, prenant autant à The Human League ou New Order qu'à la scène post-punk en général.
Mais il est pour moi un régal sans nom. ‘Cherish The Light Years’ ou l’album le plus efficace de 2011. A danser sans modération, le doigt collé au synthé.
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05. Hausckha – Salon des Amateurs [Fat Cat]
Un des très grands absents des tops de fin d’année à mes yeux. Hauschka a pourtant sorti là un album des plus électros et des plus fins qui soit. Tout en gardant une trame très classique (on ne se renie pas), Hausckha balance tout du long de ce ‘Salon des Amateurs’ des morceaux où la répétition des rythmes et l’empilage des sons donne à l’ensemble une folie que n’aurait pas renié Four Tet. Très grand album organique. Et splendide.
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04. Bill Wells and Aidan Moffat – Everything's Getting Older [Chemikal Underground]
Non content d’être un des comptes twitter les plus à suivre, Aidan Moffat m’aura soufflé cette année. Avec Bill Wells, jazzman de son état croisé ici ou là depuis quelques années, le plus cynique des écossais aura sorti un disque en tous points remarquables. ‘Everything's Getting Older’ est un mélange savoureux et délicat de musique jazzy de Bill Wells et la voix écossaise nonchalante d’Aidan Moffat, chantant et/ou débitant ses histoires bien sombres pour être honnêtes. Mieux, le duo s’amuse à pondre, au débotté, une chanson pop du meilleur effet, Glasgow Jubilee.
Et si l’écoute seulement de l’album se suffit à elle-même, elle prend encore une toute autre ampleur les paroles à la main. Entre la carrière solo de Malcolm Middleton et celle d’Aidan Moffat, je crois qu'Arab Strap peut reposer sur ses deux oreilles.
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03. Low – C’Mon [Sub Pop]
Les groupes pouvant se targuer d’avoir une discographie sans faille ne sont pas nombreux. Low est un de ceux là, qui plus est après ce ‘C’Mon’, clairement un des meilleurs albums du duo Sparhawk/Parker. Slowcore, pop, presque soul par moment, composé de chansons parmi leurs meilleures (Especially Me, tuante, et le blues-slowcore renversant de Nothing but Heart, pour ne citer que ces deux là), ‘C’Mon’ est un album bouleversant et qu’il faut avoir écouté en 2011.
Vu en concert il y a deux mois de cela à Lyon. 1h15 de show. Un régal. Un public figé et abasourdi par la classe de ce qu’il venait de recevoir.
Alors oui, il y a ‘Things We Lost in Fire’. Evidemment. Mais ce ‘C’Mon’ n’est pas si loin que cela du chef d’œuvre de Low. Quel groupe. Mais quel groupe!
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02. Tim Hecker – Ravedeath, 1972 [Kranky]
A mes oreilles, Tim Hecker a une discographie sans faille. Aussi bien en solo qu'avec d'autres (comme avec Aidan Baker en 2009).
Pour ‘Ravedeath, 1972’, Tim Hecker s’est inspiré d’une photo. Celle de l’artwork. Il s’agit d’étudiants du MIT qui, en 1972, s’était amusé à balancer du haut d’un immeuble un piano. Pourquoi ? Pour rien.
Il en résulte une musique entre ambiant/noise, sombre, que l’on pourrait qualifier de redondante si l’on passait rapidement mais qui est pleine d’aspérité. Une musique exigeante, bruitiste mais délicate, aux contours cotonneux et à l’ambiance mélancolique.
Je ne pensais que cela pouvait être possible de faire mieux, mais je pense que Tim Hecker vient de pondre là son meilleur album. C’est dire !
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01. Kieran Hebden, Steve Reid and Mats Gustafsson – Live at the South Bank [Smalltown Superjazzz]
Début décembre, au détour d’une chronique, j’apprends que dans un anonymat assez fou est sorti un live rassemblant Kieran Hebden (héros de ces pages), Steve Reid (batteur de génie disparu au printemps dernier) et Mats Gustafsson (saxophoniste suédois qui a collaboré avec une pléiade d’artistes, dont les plus célèbres se nomment Jim O’Rourke, Sonic Youth et The Ex).
Pour être franc, mon album de l’année devait se décider entre le ‘C’Mon’ de Low et le ‘Ravedeath, 1972’ de Tim Hecker. Et puis est arrivé ce live. Qui a mis les choses au point.
Enregistré en juin 2009, à Londres, ‘Live at the South Bank’ est un enregistrement live dantesque qui rendrait presque les collaborations Steve Reid/Kieran Hebden pour de gentils amuse-bouches.
Deux disques, 6 titres et plus d’1h20 de jam, de free jazz, de batterie démoniaque, d’electronica répétitive et de saxophone dévastateur. Sur ‘Live at the South Bank’, l’univers de ces trois protagonistes prend une ampleur folle pour créer une musique délirante, habitée, dérangeante et hypnotique. On ressort véritablement lessivé de l’écoute de cet album live. Mais il y a un tel souffle, une telle inventivité, un tel magnétisme qui s’en ressort qu’on y retourne aussitôt.
Bordel, la musique, c’est ça ! Et c’est pour des moments comme celui-ci qu’on en écoute.
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Comme à chaque fois, vous trouverez ci-dessous un lecteur grooveshark présentant une chanson ou un titre des 10 albums présentés au-dessus (il n'y en a que 9 pour le moment. Le 10è arrive très rapidement):





Pour rappel:
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 50 'Chansons 2011'
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"'

mercredi 2 septembre 2020

[Track of The Day] Arab Strap - The Turning of Our Bones

S'il y a une chose qu'on peut porter au crédit de la COVID-19, c'est bien les Tim's Twitter Listening Party de Tim Burgess (chanteur de The Charlatans), lancées au début du confinement et proposant une nouvelle façon d'écouter des disques. Rien de révolutionnaire évidemment ici (Tim sélectionne un album majeur - ou non - de l'histoire de la musique, donne une heure de rendez-vous ; à l'heure dite et à son "go", tout le monde chez soi lance le disque dans sa platine et suit sur Twitter l'histoire entourant la production, l'enregistrement ou l'écriture de chacune des chansons de l'album concerné, distillée par un ou plusieurs membres du groupe en question) mais une formidable idée pour (re)découvrir des disques que l'on connaît, ou non, par cœur.

Arab Strap y a eu droit en juin dernier pour 'Philophobia', un de ses chefs d’œuvre (elle est à revivre ici). Aidan Moffat et Malcolm Middleton y ont été brillants, plein d'humour et d'anecdotes, prouvant par la même qu'ils ont beau avoir perdu des cheveux, gagné en barbe ou pris du poids, ces deux zigues n'avaient pas vraiment changé en 22 ans. Ni en 15 ans d'ailleurs. 

Quinze ans, c'est l'écart qui sépare leur dernier morceau et le tout nouveau The Turning of Our Bones, révélé hier après-midi. On savait depuis quelques années qu'une reformation d'Arab Strap, autrement que pour quelques concerts, était sur les rails, Malcolm Middleton l'ayant clairement évoqué dans une interview. Mais le lancement il y a quelques mois de cela d'un Bandcamp compilant raretés, versions live ou de démos jamais sorties, me faisait penser que les deux compères n'en avaient finalement pas l'intention, préférant cultiver leur discographie passée tout en continuant à vaquer à leurs occupations musicales, chacun de leur coté. 

Et puis il y a quelques jours, un visuel en mode "slasher movie des années 80" est apparu, annonçant « They're back from the grave and ready to rave. Arab Strap lives ! ». Et donc hier, une nouvelle chanson, face-A d'un quarante-cinq tours à venir fin octobre chez Rock Action Records. Rien de bien nouveau me direz-vous, tant les reformations sont à la mode depuis plus d'une décennie. Mais avait-on vraiment envie de les voir tenter la chose, tant les reformations médiocres et sans intérêts écrasent de par leur nombre celles qui ont un sens ? Ne pouvaient-ils pas tomber du mauvais côté et gâcher une discographie à la qualité qui ne se dément pas après toutes ces années ?

C'était oublier bien trop vite que depuis 15 ans, Malcolm Middleton et Aidan Moffat n'ont jamais cessé d'être intéressants en solo. Que leur séparation n'a jamais signifié la fin de leur amitié. Et qu'ils n'ont rien perdu de leur talent, de leur humour et de ce recul sur la chose musicale.
The Turning of Our Bones vient confirmer tout ceci de façon éclatante ! Toute Arab Strap-ienne (deuxième partie de carrière), avec cette ambiance sombre, cette mélodie implacable, cette guitare de Malcolm, cette voix si écossaise d'Aidan, ces arrangements délicats (ces cordes qui arrivent, ce piano qui déboule), ce pont parfait et ces paroles noires, brillantes (« Let's sing the sighs from our souls »), pleine d'allusions sexuelles (« All I care about right now is that wee mole inside your thigh »), d'alcool (« So if Bacchus is a friend to Love then take this cup of kindness. Just one sip, one chug, one kiss could cure us of our blindness ») et de retour à la vie (« We've been down among the dead men, now you're coming up with me »), cette chanson est un petit miracle à elle seule. Un titre comme eux seuls savent en composer. 

Arab Strap est donc de retour parmi les vivants. Ou plutôt, back from the dead, vu que c'est la ligne directrice de ce premier morceau. Rarement la mort n'a paru aussi belle.

Album : The Turning of Our Bones / The Jumper 7"
Année : 2020
Label : Rock Action Records


En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, The Turning of Our Bones d'Arab Strap est à écouter via son clip :



jeudi 11 juin 2009

Malcolm Middleton – Waxing Gibbous [Full Time Hobby]

Il y a des artistes dont on attend plein d’angoisse le premier pas de travers, la première vautre. Fébrilement. Car on sait que ça doit arriver un jour ou l’autre. C'est mathématique. Tous y sont passés.

C’est le cas pour moi avec Malcolm Middleton. J’aime tellement ce qu’il a pu faire avec Arab Strap, je suis tellement enthousiaste à l’écoute de ses albums solos que cette peur m’étreint à l’annonce de chaque nouvel album. Et à chaque fois, l’écossais repousse l’échéance avec un talent incroyable.

Car ce n’est pas avec ce ‘Waxing Gibbous’ que l’heure du déclin est arrivée pour Malcolm Middleton. On pensait qu’il allait s’assagir et rester dans la lignée de ‘Sleight of Heart’, album acoustique (ou presque) de haute volée, contenant une merveille de balade (Love Comes in Waves). On le croyait d’autant plus à l’écoute de Carry Me, le premier extrait ayant filtré, douceur pop rappelant un peu Sufjan Stevens (toujours en écoute ici)

Et puis non : Red Travellin' Socks, premier single de ‘Waxing Gibbous’ et qui postule déjà au titre de chanson de l’année, pose un décor rock au rythme endiablé et aux guitares de partout. Enfin «semble poser» serait plus juste. Car ‘Waxing Gibbous’ n’est pas un album rock. C’est un album… disons éclectique, dans la lignée de ‘A Brighter Beat’, capable d’aligner bluettes et balades aux conclusions parfois tonitruantes (Stop Doing Be Good, Box and Knife), morceaux pop enlevés (Shadows, Kiss At The Station) et d'insérer ici et là quelques touches d’électroniques (on dira ça pour simplifier). Le tout toujours empreint de mélancolie, de tristesse et de sinistrose, comme à l'accoutumée.

Et encore une fois, tout est d’une homogénéité folle, avec un tracklisting intelligent et bien pensé. Comme à chaque fois, et en tout cas chez moi, l’ami Malcolm Middleton emporte l’adhésion. Ce mec là est un robinet à mélodies. Ce mec là est un songwriter hors-norme. Ce mec là est surtout bourré de talent: il l’a prouvé pendant plus de dix avec son compère Aidan Moffat. Et il continue de le faire en solo. God Bless Scotland. (sortie : 1 juin 2009)

Pour info, 'Waxing Gibbous' est disponible en édition limitée LP + 7" bonus sur le site de Full Time Hobby, et pour £15 (frais de port compris), ce qui nous fait un petit 17€. Il vous suffit de cliquer ici.


Son :
Myspace (4 chansons de ce ‘Waxing Gibbous’ en écoute)
Site officiel


Parmi les deux titres en écoute, il fallait forcément commencer par Red Travellin' Socks tant il donne une énergie incroyable. Et puis, histoire d'être logique et dans la continuité, Kiss At The Station, chanson qui suit Red Travellin' Socks dans le tracklisting (malheureusement plus en écoute ici. Mais et ).
Et pour finir, l'EPK de ce 'Waxing Gibbous'. Onze minutes avec, notamment, Malcolm Middleton, Aidan Moffat et son accent à couper au couteau, et pleins de jolies chansons. A voir, vraiment:


mercredi 25 novembre 2020

[Track of The Day] Arab Strap - Compersion, Pt. 1

Les reformations ne sont jamais signe de grande réussite et peu peuvent se targuer d'avoir transformé l'essai depuis que l'évènement est devenu mode (seuls Dinosaur Jr. et Swans me viennent à l'esprit là tout de suite). Pour autant, il n'est pas absurde de penser que la reformation d'Arab Strap sera faite de ce bois là.

Car oui, Arab Strap est de retour. Oui, 'The Turning of Our Bones 7"' n'aura pas été qu'une simple récréation - horrifique - entre deux de leurs projets respectifs. Plutôt une rampe de lancement vers un nouvel album. Le septième en tout et le premier depuis 15 ans et 'The Last Romance'. Enfin 16 ans plutôt vu que 'As Days Get Dark' sortira le 5 mars prochain chez Action Records.

Pourquoi être confiant me demanderez-vous ? Parce qu'Aidan Moffat et Malcolm Middleton ont depuis 15 ans continué leurs aventures chacun de leur côté et avec brio. Parce qu'Aidan Moffat et Malcolm Middleton sont deux personnalités à part et qu'ils semblent avoir assez de recul sur la chose discographique et l'industrie musicale. Parce que Malcolm Middleton avait précisé qu'ils ne referaient un album que si musicalement cela faisait sens. Parce que The Turning of Our Bones était un sacré ballon d'essai (et qui ouvrira d'ailleurs 'As Days Get Dark'). Parce que le titre de l'album et sa pochette montrent qu'ils n'ont rien perdu de leur humour, de leur humeur et de leur causticité.

Mais surtout parce le premier extrait de 'As Days Get Dark', Compersion, Pt. 1, donne envie d'en savoir plus. Une chanson toute Arab Strap s'il en est (disons de seconde partie de carrière), à la mélodie sombre comme on les aime et où il est question de sexe, de sentiments, de pinte de bière et de plan à quatre sinistre dans une chambre d'hôtel avec un jeune couple marié. Tout ceci promet.

Album : As Days Get Dark
Année : 2021
Label : Rock Action

Acheter

En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, Compersion, Pt. 1 d'Arab Strap est également en écoute ci-dessous :

Le clip sensuel, poisseux et en même temps coquin de Compersion, Pt. 1 d'Arab Strap. Ci-dessous dans sa version non-censurée, même si on ne peut pas dire que ce soit bien scandaleux. Mais j'imagine qu'ils n'ont pas voulu tenter le coup sur youtube et se faire striker leur vidéo (la version "PEGI 12" est disponible sur youtube) :

 

jeudi 3 janvier 2019

Bilan 2018 : « Albums » (40-21)


Après les formats courts et autres compilations et rééditions (voir ici), le Top 50 de mes chansons de l'année (en écoute là), passons aux albums. Et autant le dire de suite, l'année fut belle. Mais avant cela, regardons un peu les choix des sites et autres blogs amis ou voisins :

Quarante disques, répartis en deux parties. Voilà donc la première avec les albums classés de la 40è à la 20è place. Avec de bien jolis disques, du folk français, des popeux lyonnais, des vieilles de la vieille, un retour d'un écossais à la mélancolie intouchable, des confirmations et des espoirs. Ce n'est que le début, mais quelle année, je pense qu'on peut le dire et le redire.

Et comme il vaut mieux mettre quelques notes sur quelques mots, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs, un Spotify, un Deezer, proposant une chanson tirée de chacun des albums présentés ci-dessous (et dans l'ordre croissant). Bonne(s) écoute(s) !

Bilan 2018 : 
Top « Albums » (20-01)
Top 50 « Chansons »
Top 15 « Ep, 7", Compilations & Rééditions »

40. Malcolm Middleton - Bananas [Triassic Tusk Records]
Après s’être essayé à différentes choses, avec plus ou moins de réussite, Malcolm Middleton retrouve ses premières amours, ses mélodies pop pleines de rock et accouche avec 'Bananas' du petit frère de 'Waxing Gibbous', avec chansons à tiroirs et textes aussi drôles que mélancoliques. Et il n'est jamais aussi parfait que lorsqu'il écrit et chante des chansons tristes.


39. Dr. Octagon - Moosebumps: An Exploration Into Modern Day Horripilation [Bulk]
Totalement déconnecté de la réalité hip-hop du moment, qu’elle soit française ou américaine (il faudra que je me plonge un jour dedans), la sortie d’un nouvel album de Dr. Octagon reste un évènement pour moi, surtout quand il est aussi réussi. Kool Keith, Dan the Automator et DJ QBert pondent là un disque « à l’ancienne », mais diablement efficace. 


38. Julien Ledru - Along The Road I Had Traveled [–]
Fan de Godspeed (entre beaucoup d’autres), graphiste, batteur de The Ready Mades, Julien Ledru passe au projet solo avec un album plein de fingerpicking, et d’un peu de field recording, l'ombre de John Fahey n'étant jamais bien loin. Mieux, sorti uniquement au format numérique, et vu sa qualité, le disque se voit offrir un pressage vinyle (venez participer au crowdfunding !). Précieux.


37. Courtney Barnett -  Tell Me How You Really Feel [Milk! Records]
L’an dernier, l’ennui qu’avait provoqué chez moi le disque de Kurt Vile et Courtney Barnett était assez dingue. Mais qui donc avait plombé au final cet album ? La question trouve sa réponse en 2018, vu que les deux protagonistes ont sorti chacun de leur côté un nouvel album. Résultat, l’un est d’un ennui complet, le second est brillant et confirme tout le bien que je pense de la demoiselle depuis sa découverte.


36. Satellite Jockey - Modern Life vol.2 [Another Record / AB Records / Montagne Sacrée Records]
Pop chiadée aux belles mélodies montées en épingles à coups de clavecin, cuivres, d'un trio guitare-basse-batterie et autre orgue, ce 'Modern Life Vol.2' reprend là où les lyonnais de Satellite Jockey avaient laissé le volume 1, en ancrant cette fois leur univers dans une pop plus 70s. Cette collection commence à avoir une sacrée gueule.


35. The Breeders - All Nerve [4AD]
Passé une première écoute décevante, le dernier album des Breeders de Kim Deal s’est révélé à moins et s'est avéré être un sacré disque. Indie-rock échappé d’une décennie révolue mais qu’on remet au goût du jour, et que le groupe maitrise mieux que personne.


34. FACS - Negative Houses [Trouble In Mind]
Premier album d’ex-Disappears, ce disque n’est pas à mettre dans les oreilles du premier dépressif venu, tant rien ne vient éclairer ce post-punk aux atours très cold. Minimal sans l'être vraiment, langoureux, noisy, porté par une basse profonde et une guitare aiguisée comme jamais, il est en tout cas brillant. Ce qui est plutôt pas mal pour un disque aussi sombre vous en conviendrez.


33. Parquet Courts - Wide Awake [Rough Trade]
Porté par des paroles aussi drôles qu'engagées, 'Wide Awake!' confirme que Parquet Courts continue d'être un acteur essentiel de la scène indé actuelle. Et prouve s’il en était besoin qu’ils sont capables d’écrire des compositions posées et pop comme beaucoup plus punk, mais toujours foutraques et incroyablement cool.


32. En Attendant Ana - Lost and Found [Montagne Sacrée / Buddy Records]
Pop garage sur production presque agressive, guitares dans tous les sens, formidablement relevées par une trompette qui confirme leurs idées mélodiques, ce 'Lost and Found', en plus d’une qualité indéniable, vient de se voir offrir une carrière internationale avec la distribution de l’album outre-Atlantique chez Trouble In Mind Records. Excusez du peu.


31. Numb.er - Goodbye [Felte]
Projet de David Fribourg entouré de cinq musiciens crédités, Numb.er plonge les deux mains, les bras, et finalement le corps tout entier dans un mélange de post-punk, de shoegaze, de cold-wave et de distorsions sombre mais réjouissant.


30. Advance Base - Animal Companionship [Run For Cover]
Il a beau avoir changé de nom de scène, Owen Ashworth, autrefois derrière Casiotone For The Painfully Alone, ne change pas. Évoluant désormais sous le pseudonyme d'Advance Base, sa voix reste reconnaissable entre mille. Comme ses chansons d'ailleurs, souvent langoureuses quand elles ne sont pas tristes, toujours dans un ensemble synthétique-pop qu’il maitrise à merveille.


29. 王若琳 - 摩登悲劇 (Joanna Wang - Modern Tragedy) [Sony]
Pop déguindée, entièrement chantée en anglais, qui part dans tous les sens, entre cabaret, skits qui voient une Joanna Wang chanter une bluette en faisant la vaisselle, chansons pop-rock à tiroir, douces mélodies mélancoliques et autres titres comme enregistrés avec du matériel des années 20 : ce 'Modern Tragedy' est de la belle ouvrage assurément. Et également la rencontre de beaucoup de choses, notamment des Fiery Furnaces et des Starlight Mints, le tout contant l'amour, la déception, l'espoir, les cœurs-brisés, les ruptures souhaitées ou subies et les sempiternelles erreurs que nous répétons dès qu'il s'agit de sentiments.


28. Shannon & The Clams - Onion [Easy Eye]
Produit par Dan Auerbach, 'Onion' retourne aux sources de la pop musique actuelle. Rappelant aussi bien les Beatles - et assimilés - que les girls group de l'époque, il est une franche réussite, nostalgique mais pas rétrograde tant les titres qui s'y trouvent sont de qualité. 



27. Starcrawler - Starcrawler [Rough Trade]
Court premier album pour ce quatuor californien mené par la voix de la jeune Arrow de Wilde (qui a terminé le lycée il y a un peu plus d’un an) et nouvelle signature Rough Trade. Vingt-sept minutes au compteur pour un disque qui fait dans le rock, qu’il soit hard ou grunge. Prometteur.


26. MGMT - Little Dark Age [Columbia]
Un jour on se retournera sur la discographie de MGMT, et on se dira sans doute « ouais, quand même hein ». Parce qu’à l’exception d’un peu passionnant 'MGMT' en 2013, que lui reprocher ? Rien. La preuve avec ce 'Little Dark Age', inspiré, inspirant, rempli de tubes (mais ces types savent-ils écrire autre chose ?) et de sonorités eighties mélodiquement imparables.


25. jeremy messersmith - Late Stage Capitalism [Glassnote]
Cinquième album de l’américain et sans doute le plus plus arrangé de sa discographie. Mais aussi le plus sombre et sarcastique (lire cet excellent papier à ce propos), malgré ses intentions mélodiques et musicales toutes Burt Bacharach-iennes, sa très belle voix et ses orchestrations pétaradantes (voir ici).


24. Jerry David DeCicca - Time The Teacher [Impossible Ark]
Un piano, quelques cuivres discrets, des chœurs presque soul : voilà comment résumer ce disque. Mais il faudrait ajouter qu'il rappelle aussi bien Leonard Cohen, le premier Chris Garneau qu'Over The Rhine et permet d'imaginer la rencontre entre Bob Dylan et Nick Cave. 'Time The Teacher' ou un bien bel album, apaisant et touchant.


23. Aidan Moffat & RM Hubbert - Here Lies The Body [Rock Action]
Alors qu’un nouvel album d’Arab Strap serait sur les rails (lire ici), Aidan Moffat s’est associé en 2018 avec son collègue de label RM Hubbert. Un disque d’une très grande beauté où les mélodies de RM Hubbert se marient à merveille avec l’accent à couper au couteau d’Aidan Moffat. Et s'il avait enfin trouvé son Malcolm Middleton 2.0 ?


22. Gruff Rhys - Babelsberg [Rough Trade]
Très mélodieux, ambitieux (toute l'orchestration est l'oeuvre du BBC National Orchestra of Wales), 'Babelsberg' est sans doute le plus beau disque de Gruff Rhys à ce jour (c’est dire), le plus seventies de tous et où il sonne plus souvent qu'à son tour comme un Lee Hazlewood gallois.


21. Spiritualized - And Nothing Hurt [Bella Union]
On pourra ergoter que Jason Pierce a ressorti ses vieilles formules et a sorti un album plus que jamais Spiritualized. Oui, certes. Mais vu que les chansons, l’inspiration et les mélodies sont là, que demander de plus ? Rien. Petit-frère de 'Ladies & Gentlemen We Are Floating In Space', duquel ressort, notamment, une sublime Damage (voir ici).


Bilan 2018 : 
Top « Albums » (20-01)


Et comme prévu, voilà donc un lecteur Spotify et un lecteur Deezer avec une chanson extraite de chacun des albums présentés ci-dessus. Et disposées dans l'ordre croissant. Bonne(s) écoute(s) !