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lundi 2 mars 2026

[Track of The Day] Heavenly - Deflicted

Si je regrette mes années parisiennes pour tout ce qu'elles signifiaient (jeunesse, insouciance, soirées à gogo, rencontres incroyables), je ne regrette pas une seconde de ne plus habiter là-bas, quand bien même je vivais en plein Paris. Pour autant, parfois, j'ai un petit pincement au cœur quand je vois tous les concerts intéressants à côté desquels je passe (et pourtant, on ne peut pas dire qu'on soit mal loti à Lyon).

Prochain exemple en date, le concert de ce vendredi 6 mars, prévu au Petit Bain dans le XXIIIè arrondissement. Parce qu'il présente deux fleurons de la pop anglaise. D'un côté, les petits nouveaux d'Autocamper, originaire de Manchester dont j'avais dit il y a quelques semaines le plus grand bien que je pensais de leur premier album 'What Do You Do All Day?' et de sa jangle-pop aux élans rock. De l'autre, les anciens d'Heavenly. Pas vraiment des petits jeunots vu que leur carrière se limite aux années 90. Enfin se limitait. Car après trente ans de pause suite au décès de leur batteur Mathew Fletcher en 1996, après plein de projets personnels à droite et à gauche, le groupe est de retour avec un cinquième album, 'Highway To Heavenly'.

Un disque qui vient de sortir chez Skep Wax Records, le label créé par Amelia Fletcher et Rob Pursey, respectivement chanteuse/guitariste et bassiste de Heavenly (d'ailleurs, une des chansons de l'album s'appelle tout simplement Skep Wax), qui prouve que si les cheveux blancs sont apparus sur bon nombre des têtes des membres du groupe, ceux-ci n'ont pas pour autant perdu leur talent de composition. Leur indie-pop, plus que jangle que twee, aux contours power-pop/rock voire punk, fait mouche, notamment sur une face-A absolument impeccable (Press Return ! Portland Town !), symbolisée par l'épatant Deflicted (en écoute aujourd'hui), indie-tube qui s'ignore dont l’énergie et les claviers aux nappes puissantes sont un régal.

Bref, c'est une affiche entre le passé, le présent et le futur de la pop music à l'anglaise qui s'annonce ce vendredi à Petit Bain. Pas étonnant que ce soit le Paris Pop Fest qui soit derrière tout ça. Gloire à eux !

NB : Plus d'infos sur le concert de Heavenly et Autocamper ce vendredi 6 mars à Petit Bain sont à retrouver sur l'event Facebook ou sur le site de Shotgun


Album : Highway To Heavenly
Année : 2026
Label : Skep Wax Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Deflicted de Heavenly est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de 'Highway To Heavenly' de Heavenly, voilà Press Return :

mardi 30 août 2011

Mister Heavenly - Out of Love [Sub Pop]

Dans le monde merveilleux des side-projects, il y a deux spécimen intéressants à étudier dans le monde du rock indépendant. Le premier est Spencer Krug, une des têtes pensantes de Wolf Parade qui, après avoir, pendant quelques années, semblé monter un nouveau groupe tous les six mois, s'est un peu calmé.

Et puis il y a Nick Thorburn, un des mecs derrière les géniaux Unicorns et derrière le tout aussi génial 'Return to the Sea' d'Islands.
On lui doit malheureusement aussi les deux albums suivants d'Islands, insupportables galettes remplies de guimauve à tous les étages responsables d'une de mes plus terribles indigestions musicales… en deux écoutes!
Mais Nick Thorburn ne s'arrête pas là. Il a aussi monté Human Highway (groupe sympathique mais déjà oublié), chante désormais sous son surnom Nick Diamonds ('I Am an Attic' est sorti en juin), et vient de monter Mister Heavenly, dont il est question ici.

Mister Heavenly est donc la dernière lubie de Nick Thorburn. Le genre de de super groupe, signé chez Sub Pop, excusez du peu, aux ambitions légères et plus rock que pop.
Au programme de ce trio, Thorburn donc, mais aussi Honus Honus de Man Man et Joe Plummer, batteur de, entres autres, The Shins, Black Heart Procession et surtout Modest Mouse. Histoire de rajouter un poil de glamour à l'affaire, l'acteur Michael Cera (le gentil quoiqu'un peu niais garçon qui met en cloque Ellen Page dans 'Juno') participe, à la basse, à quelques dates de la tournée de Mister Heavenly.

'Out Of Love', premier (et unique?) album des Mister Heavenly est à classer dans le haut du panier des sorties discographiques de Nick Thorburn. Sur une base plus rock que pop et partant titiller un brin de soul (Diddy Eyes) voire de blues bien gras (Doom Wop) par moments, le groupe n'en rajoute pas des tonnes, la joue plutôt simplement, ne fait pas dans l’esbroufe ridicule comme sur 'Arm's Way' d'Islands, cadre et ne fait durer l'aventure plus que de raisons (12 chansons et 36 mns au compteur) et déploie un éventail de mélodies aussi facilement mémorisables que terriblement entêtantes.

Il y a dans ce 'Out of Love' un peu de la folie des Unicorns. De l'ambition des Islands des débuts. Jamais sur la longueur d'une chanson, certes, mais c'est déjà ça. Ce Mister Heavenly, sans être ébouriffant pour autant, vient de me réconcilier avec un artiste que je ne croyais plus capable de sortir quelque-chose de consistant, tout du moins à mes oreilles. Chouette! (sortie: 16 août 2011)

Son:
Myspace
Site officiel de Mister Heavenly

Deux chansons en écoute. Harm You, titre hésitant en rock nerveux et délicatesse pop, et Wise Men, potentiel tube et meilleure chanson de ce premier album des Mister Heavenly. (malheureusement plus en écoute)

 Un autre morceau, Bronx Sniper, qui ouvre 'Out of Love', au format soundcloud cette fois-ci (et à télécharger gratuitement en cliquant sur la petite flèche noire sur la droite). (malheureusement plus en écoute)

Et si vous voulez en savoir plus, vous pouvez écouter l'album des Mister Heavenly dans son entier. Sub Pop a bien fait les choses et propose d'écouter
'Out of Love' ci-dessous, certes en format youtube mais c'est déjà ca.


lundi 27 février 2023

[Track of The Day] Noble Rot - Casting No Light

L'insatiabilité d'Alex Edkins ne semble avoir aucune limite. Après METZ, après son projet solo Weird Nightmare (très aimé dans ces pages. Très très très même), voilà que notre homme s'est lancé dans une nouvelle aventure, celle de Noble Rot. Un tout nouveau groupe qu'il forme avec Graham Walsh, le clavier des canadiens de Holy Fuck. 

Au programme, un premier album, 'Heavenly Bodies, Repetition Control' (ah, que c'est agréable ces groupes qui ne teasent pas leur prochaine sortie pendant six mois), qui prendra son inspiration, selon ses auteurs, dans « film soundtracks, experimental noise, kosmiche muzik, ambient, psychedelia and more ». A l'écoute de Casting No Light, premier single répétitif, entêtant et maousse dans sa seconde partie, il ne devrait pas y avoir tromperie sur la marchandise. Réponse le vendredi 24 mars prochain.

Album : Heavenly Bodies, Repetition Control
Année : 2023
Label : Joyful Noise Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Casting No Light de Noble Rot est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Casting No Light de Noble Rot :

mardi 6 décembre 2011

[Track of The Day] Islands - This Is Not a Song

Alors que Nick Thorburn est en tournée en France avec Mister Heavenly, alors qu'il a pris dans ses bagages Michael Cera à la basse, Islands, le groupe phare - après The Unicorns - du bonhomme revient aux affaires avec une nouvelle chanson, This is Not a Song.

Une chanson qui en est bien une et qui est le premier extrait d''A Sleep and a Forgetting', le quatrième album d'Islands. Une chanson qui tranche avec les deux albums précédents, indigestes au possible. Nick Thorburn semble être revenu à la raison en décidant d'arrêter le trop plein de tout. Ici, Islands la joue calme, simple, posé en distillant beaucoup de mélancolie dans sa mélodie.

Car Nick Thorburn semble traverser une période un peu morose. Il suffit d'écouter les paroles de This is Not a Song, lire le titre de ce nouvel album 'A Sleep and a Forgetting', regarder sa pochette sombre, apprendre que le disque sortira le 14 février prochain et se rappeler que l'album de Mister Heavenly s'appelle 'Out of Love' pour s'en persuader.
Et comme chacun sait, c'est souvent dans les moments difficiles que les artistes se révèlent.

Album: A Sleep and a Forgetting 
Année: 2012
Label: ANTI-


dimanche 16 novembre 2008

[Track of The Day] Monkey - Heavenly Peach Banquet

Damon Albarn a parfois quelques bonnes idées, comme celle de créer Gorillaz (même s'il n'a rien inventé, Deltron 3030 était là avant) ou de mettre en veilleuse Blur (oui je suis méchant et c'est moche. Mais que voulez-vous).
Sa dernière en date, c'est Monkey et l'album 'Journey to The West': un opéra basé adaptation d'un roman chinois contant le voyage d'un roi singe. Un disque qui prend peut-être (et même sûrement) tout son sens sur scène, avec acteurs, danseurs et consorts.
Mais sans les images, ce disque est inutile, mauvais, raté, foiré. Je me demande encore pourquoi je parle de cet album. Ah oui, parce que dans cette mélasse insupportable à tous les niveaux, il reste un titre, Heavenly Peach Banquet, plutôt sympathique. Sinon? Sinon rien. Le néant.

Album: Journey to The West
Année: 2008
Label: XL

mardi 24 mars 2026

Railcard - Railcard [Skep Wax Records / Slumberland Records]

En 1967, sur 'Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band', Paul McCartney chantait When I’m Sixty-Four en s'imaginant vieillir auprès de son amour du moment, elle tricotant auprès d'un feu de cheminée, lui arrachant les mauvaises herbes du jardin, eux d'eux s'occupant de leurs petits enfants. 

Soixante-quatre ans, c'est l'âge de trois des quatre membres de Railcard, nouveau groupe qui vient de publier son premier album - du même nom. Et à les écouter, il n'est pas question de retraite et de couler des jours tranquilles dans un petit cottage de l'Île de Wight. Surtout que ces - plus si jeunes - joyeux drilles ne sont pas des inconnus de la scène musicale des trente dernières années : Rachel Love a été membre de Dolly Mixture, Do It Now! et Spelt, Ian Button a fait plus que ses gammes chez une pelletée de groupes et est le nouveau batteur de Heavenly, Peter Momtchiloff a tourné dans une ribambelles de formations (et notamment Heavenly, encore elle, ou Would-Be-Goods). Quant à Allison Thomson, la seule à ne pas être née en 1962, on a pu croiser sa trompette (mais pas que) ici et là, et surtout chez les anglais de Heist au début des années 2000.

Autant dire donc que l'on est plus sur un nouveau super groupe qu'autre chose. Et leur premier album, compilation de leurs deux premiers EP publiés l'an passé et de trois chansons inédites, est du même tonneau. Un disque qui s'ouvre par Narcissus et qui pose le décor : ce n'est pas le Londres des Clash qui appelle mais la pop, et dans toutes ses acceptions. Et les neuf chansons suivantes ne seront que confirmation, Railcard arrivant à encapsuler en trente-deux minutes autant de pop que d'esprit soul, de hooks irrésistibles que de mélodies chiadées, de voix qui se complètent ou se répondent en écho, de Beatles, d'Elliott Smith, de Belle and Sebastian que Burt Bacharach - pour ne citer qu'eux. Pas exempts de grandes et/ou de belles chansons (Narcissus, Born in '62, Railcard, Think About That, Revolutionary Calendar) ni de tubes (Northern Soul Dancing, sa production et sa rythmique si sixties, sa trompette divine, Disco Loadout), 'Railcard' est un disque du genre impeccable, délicieux et que bien des groupes, jeunes ou moins jeunes, rêveraient un jour pouvoir écrire. (Sortie : 6 février 2026)

Plus :
'Railcard' de Railcard est en écoute sur la page bandcamp du groupe
'Railcard' de Railcard est à l'achat sur la page bandcamp du groupe
'Railcard' de Railcard est à l'écoute un peu de partout, notamment sur Spotify, Deezer et Tidal


Trois chansons de 'Railcard' de Railcard en écoute aujourd'hui. Northern Soul Dancing pour ouvrir le bal, un des tubes de l'album 
(en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis Narcissus et sa vibe London Calling des Clash. Et enfin la bien belle balade Railcard :


Trois clips de 'Railcard' de Railcard : Disco Loadout, Day Dream et Narcissus :

vendredi 5 juin 2020

[Track of The Day] Hatchie & The Pains of Being Pure at Heart - Sometimes Always (The Jesus and Mary Chain cover)

Il y aura donc bien eu un ultime chant du cygne. On ne pouvait pas se satisfaire pour tout adieu d'une relecture du premier album solo de Tom Petty ('Full Moon Fever' en 2018) ou du quelconque 'The Echo of Pleasure' l'année précédente. Non, il fallait une fin en bonne est due forme à The Pains of Being Pure at Heart, un des plus formidables groupes de ces 15 dernières années.

Mais rendons avant tout à César ce qui lui appartient. Car c'est à Hatchie que l'on doit ce dernier single pour la route. L'Australienne a convié Kip Berman et sa bande sur la face-A de son nouveau single pour reprendre avec elle le Sometimes Always de The Jesus & Mary Chain, paru en 1994, qu'eux mêmes partageaient avec Hope Sandoval. Une belle relecture, sans doute plus nerveuse et fuzzy que l'originale, mais tout aussi délectable. Un ultime soubresaut très réussi en guise d'adieu pour The Pains of Being Pure at Heart. Merci Hatchie.

Album :  Sometimes Always 7"
Année : 2020
Label : Double Double Whammy / Heavenly Recordings


En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Qobuz, la reprise de Sometimes Always de The Jesus and Mary Chain, repris par Hatchie et The Pains of Being Pure at Heart, est en écoute ci dessous :



mardi 4 octobre 2022

[Track of The Day] Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce - Oiseau (feat. Bertrand Belin)

Si j'avais découvert ce Oiseau durant l'été qui vient de s'achever, nul doute qu'il m'aurait accompagné tout au long de ces semaines de canicule sans fin. Il faut dire que cette chanson a tout pour elle : une rythmique douce, légèrement chaloupée, un saxophone câlin et délicieux, des choeurs soulful au possible, et la voix de Bertrand Belin qui, s'il m'agace à toujours plus singer Alain Bashung et son héritage, est parfaitement dans son élément ici - à tel point qu'on a du mal à envisager une autre voix.

Oiseau clôt 'Hymne au Soleil', l'album de Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce sorti à la fin du mois de janvier dernier. Un disque essentiellement instrumental où l'on notera que la chanson du jour est une version chantée (dont les paroles ont été écrites par Bertrand Belin) de Oh Yeah, le titre d'ouverture. Et sans contexte son climax.

Album : Hymne au Soleil
Année : 2022
Label : Heavenly Sweetness

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En plus des playlists Spotify, Deezer, YouTube et Bandcamp, Oiseau de Laurent Bardainne, Tigre d'Eau Douce et Bertrand Belin est également en écoute ci-dessous :
 
 
Le clip de Oiseau de Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce, avec Bertrand Belin au chant :
 

jeudi 24 octobre 2024

[Track of The Day] Tapir! - Broken Ark

Si l'on veut être tout à fait précis, la chanson du jour n'est pas de 2024 mais d'août 2023. A l'époque, les anglais de Tapir! (avec un point d'exclamation, oui) viennent de publier leur second Ep, et Broken Ark est avec Gymnopédie (qui verra le jour en single) la pièce maitresse du disque. Oui mais voilà, six mois plus tard, en janvier dernier, Broken Ark se retrouvait sur le premier album du sextet londonien, 'The Pilgrim, Their God and The King Of My Decrepit Mountain'. Forcément, celui-ci est en fait la compilation des deux premiers Ep du groupe, auquel Tapir! a adjoint une troisième partie inédite, elle aussi de quatre morceaux (dont My God, une chanson qui n'est pas, comme on pourrait le croire, une relecture détournée du célébrissime My Guy de Mary Wells, mais qui s'en inspire très fortement).

Des douze chansons de ce plutôt joli album, Broken Ark (en écoute aujourd'hui) est celle qui saute en premier aux oreilles. Un titre où calme et tempête se disputent la mène. Où le feu gronde sous la glace. Où des guitares gorgées de riff viennent opposer la contradiction à quelques accords de guitare acoustique et de cordes discrètes. Une chanson mélancolique et pas loin d'être sublime, et qui n'est pas sans rappeler quelques élans de Damien Rice.


NB :
Vous noterez que Tapir! Est en tournée européenne actuellement et qu’ils passent par chez nous :
12 novembre - Le Grand Mix (Tourcoing)
13 novembre - Le Pop Up du Label (Paris)
14 novembre - Marché Gare (Lyon)
15 novembre - Antipode (Rennes)
16 novembre - La Vapeur (Dijon)
17 novembre - La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)

Album : The Pilgrim, Their God and The King Of My Decrepit Mountain
Année : 2024
Label : Heavenly Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Broken Ark de Tapir! est également en écoute ci-dessous :

Autre curiosité de 'The Pilgrim, Their God and The King Of My Decrepit Mountain' de Tapir!, voilà My God : 

mercredi 30 décembre 2020

Bilan 2020 : Top 15 « 7", 12", Ep, Compilations & Rééditions »


Alors oui, cette année fut a bien des égards détestable. Fatiguante aussi. Et carrément éreintante. Ces deux confinements, ces couvre-feux, cette peur qui s'insinue de toute part, ces gens qu'on ne peut plus prendre dans ses bras, ces apéros qu'il vaut mieux faire virtuellement qu'autour d'une table baignée de bière renversée, ces soirées sans dj, sans musique, sans transpiration et sans danse, ces salles de concerts irrémidablement closes et sans doute pour encore longtemps, ces rassemblements interdits.
Mais parce qu'il faut toujours essayer de tirer quelque-chose de postif d'une situation déprimante, célébrons ce qui m'aura fait tenir tout au long de cette année 2020 et m'aura empêché de sombrer dans la folie ou la dépression. Et tirons donc le bilan de cette année musicale, en quatre étapes comme le veut la tradition.
 
Avant de détailler cette première partie du bilan annuel consacrée aux formats courts (Ep, 7", 12") et autres compilations et rééditions, et comme le veut la coutume, allons voir chez les voisins ce qui se trame pour voir ce qu'ils tirent eux de cette si particulière année 2020 :
Les 10 albums de l'année chez Benzine
Les 10 albums de l'année chez La Musique à Papa
Les 20 Ep de l'année chez les précieux For The Rabbits
Les choix de la rédaction de Section 26
Les 50 albums de l'année selon la rédaction de Stereogum 
 
Quinze disques au programme donc pour cette première partie du bilan annuel. Quinze disques parmi les meilleurs écoutés cette année, avec quelques futurs grands, un retour et un départ attendus, des classiques qui retrouvent ces pages à chaque fois (on ne se refait pas), un album de 2019 qui à quelques mois près aurait fini sans doute très près du haut de mon top albums et quelques sexagénaires qui accèdent à une reconnaissance méritée mais quarante années trop tard. Tout est détaillé ci-dessous et, pour bien faire les choses, en bas de page, se trouve des lecteurs Spotify et Deezer pour écouter un morceau de chacun des disques présentés. Bonne lecture et bonne écoute !

Bilan 2020 :
Top 50 Chansons
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21


7"

Arab Strap - The Turning of Our Bones 7" [Rock Action Records]
Après 15 ans passés loin de l’autre, Malcolm Middleton et Aidan Moffat ont décidé de réveiller la bête Arab Strap et de s’offrir un nouveau tour de chant. Avant un nouvel album prévu pour le printemps 2021, les deux compères ont relancé l’affaire avec un 45-tours qui aura confirmé que malgré les années, le duo n’a rien perdu de son talent mélodique et de son humour. Un disque tout Arab Strapien, porté par sa face-A, The Turning of Our Bones, son ambiance sombre, sa mélodie implacable, la guitare de Malcolm, la voix si écossaise d'Aidan, ses arrangements délicats, ce pont parfait et ses paroles noires, brillantes, pleine d'allusions sexuelles, d'alcool et de retour à la vie. « Back from the dead » comme ils disent !
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Hatchie & The Pains of Being Pure at Heart - Sometimes Always 7" [Double Double Whammy / Heavenly Recordings]
Ultime chant du cygne pour The Pains of Being Pure at Heart, un des groupes qui aura le plus marqué mes années 2000. Et il leur est offert par Hatchie. L’australienne a invité la bande à Kip Berman sur la face-A de son dernier single qui la voit reprendre Sometimes Always de The Jesus and Mary Chain. Une belle relecture, sans doute plus nerveuse et fuzzy que l'originale, mais tout aussi délectable. Un point final savoureux. Merci pour tout.
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King Creosote - Susie Mullen 7" [Domino Records]
Retour de King Creosote pour un 45-tours épatant. Si la face-B est une très belle balade mélancolique et totalement dans une veine qu’on connait à l’écossais, Susie Mullen est une chanson sidérante de sa part. Une sorte d'orgie de synthé, de rythmiques et de pop, presque électro, de près de 5 mns, pied au plancher, à la très grande efficacité, où les cris répétés en fond resteront longtemps dans votre tête. Tube, point.
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Caleb Landry Jones - I’m On Top of The World 7" [Sacred Bones]
Absentes de 'The Mother Stone', les deux chansons de ce 45-tours n’y auraient pourtant pas fait tâche. On retrouve toute cette pop-psyché et baroque que Caleb Landry Jones adore. Deux morceaux qui partent dans un sens, sont sur le point de trébucher avant de répartir vers l'avant, plus généreux que jamais. De la pop grandiloquente, aux accents de cabaret, et une nouvelle fois renversante.
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12"

Sufjan Stevens - America 12" [Asthmatic Kitty]
'The Ascension' de Sufjan Stevens aura cette année totalement divisé les fans de l’américain. Une grande partie sera passé à côté. L’autre aura succombé. Mais il y a une chose sur laquelle tous s’accordent : ce 45-tours/12-inch maousse (24 mns). Peut-être pas pour la chanson titre America, qui termine 'The Ascension', mais pour My Rajneesh, sa face-B, chanson issue des sessions de 'Carrie & Lowell' de Sufjan Stevens, et sans conteste un des plus grands morceaux qu’il a écrit jusque là.
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EP

Do Nothing - Zero Dollar Bill Ep [Exact Truth]
Premier Ep pour ce quatuor de Nottingham. Du post-punk-pop-punk aux faux airs de Maximo Park, et au chanteur incroyable, grande force de ce 'Zero Dollar Bill Ep', capable de passe du chant au spoken-word en un vers, d'hurler comme d'être touchant en quelques notes. Un Ep prometteur et preuve d’un très gros potentiel.
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Floating Room - Tired and True Ep [-]
Sur ce 'Tired and True Ep', Floating Room fait parler l'indie-rock tout en ayant quelques airs de slow-core. De belles mélodies, de belles guitares, de beaux cuivres pour mieux relever le tout et une production aux petits oignons qui met autant en valeur les guitares que la voix de Maya Stoner, la femme derrière ce projet.
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Hobby - Hobby Ep [Hidden Bay Records / RDS REC HH]
Anciennement Deaf Parade, Hobby est un quintet venu de partout et installé à Paris. Leur Ep est un quatre titres en anglais d'une très grande qualité, entre rock à la Pavement et jangle pop, aux mélodies qui font mouche à chaque fois et où les guitares se disputent fureur et accords lumineux.
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Hotel Lux - Barstool Preaching Ep [Nice Swan Records]
Originaire de Southampton, voilà un quintet qui ne se prend pas au sérieux : entre rock et post-punk blasé, voix qui oscille entre le chant et un parlé lad plein de charme, cet Ep d’Hotel Lux est une sacrée révélation de 2020, qui se termine par Ballad of You & I, une des meilleures chansons de l’année, pop cette fois, entre orgue, guitares et trompettes.
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Jeanines - Things Change Ep [Where It’s A Is Where You Are]
Auteur d'un joli premier album court et charmant en 2019, le duo new-yorkais Jeanines n’aura pas mis beaucoup de temps à donner de ses nouvelles avec cet Ep sorti à la fin de l’hiver. Un disque moins jangle que son prédécesseur, plus brut mais délicieux à bien des égards, notamment sur Less and Less, chanson où plane l'ombre du Velvet Underground des débuts, quand la bande à Lou Reed s'était entichée de Nico.
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Nightshop - The Fountain Ep [Salinas Records]
Je ne sais pas ce que j'ai, mais plus mon intérêt pour Kevin Morby diminue (il est quasiment inexistant désormais), plus celui pour les membres de son groupe augmente. L'an passé il y eut Hand Habits, le beau projet de Meg Duffy. Et cette année il y a la découverte de Nightshop, ou le projet de Justin Sullivan, qui a officié comme batteur chez l'américain. Difficile d'ailleurs de ne pas croiser dans ce fort bel Ep l'influence certaine de Kevin Morby que ce soit dans le chant ou dans les mélodies. Mais le Kevin Morby, emballant et inspiré de l'époque de 'Singing Saw'.
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Peel Dream Magazine - Moral Panics Ep [Tough Love]
Non content d’avoir sorti un des meilleurs albums de l’année (on y reviendra), les Peel Dream Magazine (quel formidable nom) auront publié dans la foulée ce 'Moral Panics Ep', aux chansons tirées de sessions de 'Agitprop Alterna'. Un disque à la personnalité sensiblement différente, moins rageuse et plus calme mais pas moins mélodique.
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REEDITION

Kiwi Jr. - Football Money [Mint Records / Persona Non Grata]
Si j’avais découvert cet album de Kiwi Jr. plus tôt, nul doute qu’il aurait fini très haut de mon Top Albums 2019. Mais soyons précis : bien qu’arrivé dans nos contrées européenes en janvier 2020, 'Football Money' est en réalité sorti en 2019 chez Mint Records. Et se retrouve donc dans la partie « réédition » de ce bilan annuel.
Il y a sur ce premier album des canadiens de Kiwi Jr. tout ce que l'indie-rock et l'indie-pop, qu'elle soit power ou jangle, ont de meilleur : des hymnes à fredonner, des mélodies qui accrochent l'oreille, de l'énergie à revendre, des couplets épatants, des refrains qui le sont doublement, des arrivées impromptues de gimmick qui font repartir chaque chanson encore plus haut. Et puis il y a ces paroles ubuesques, délirantes et brillantes, cyniques et sarcastiques, avec ses références à la pop culture (sans que cela soit forcé), avec un vers d'ouverture drôle, qui donne le ton de l'album (« When the SS crashed the party, my favorite band was setting up onstage») et qui n'est pas sans rappeler les premiers mots de We Dance sur 'Wowee Zowee'. La suite arrive dans quelques semaines, chez Sub Pop cette fois.
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Jason Molina - Eight Gates [Secretly Canadian]
Sans doute que ce disque aurait mérité d’être dans le top album. Mais il est toujours délicat de savoir si l’oeuvre présentée ici est bien celle qu’aurait souhaité voir publiée Jason Molina s’il avait été encore parmi nous. Donc, insérons la dans cette partie réédition, même si 'Eight Gates' n’en est pas véritablement une non plus.  Ce qui est toutefois sûr, c’est que cet album est le premier posthume. Un disque de neuf chansons, les dernières que Jason Molina a enregistrées, et qui prend ses racines dans un long séjour effectué à Londres dans la deuxième moitié des années 2000. Une période assez hallucinée qui verra l'américain prétendre s'être fait piquer par une araignée très venimeuse et, en plein repos forcé, faire la connaissance de perruches vertes (on les entend sur le disque) qui, dit-on, seraient ni plus ni moins que les descendantes de celles que Jimi Hendrix, un jour d'ennui, relâcha dans le ciel de Londres. Un disque proprement habité.
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COMPILATION

Various Artists - Strum & Thrum: The American Jangle Underground 1983-1987 [Captured Tracks]
Toujours à la pointe, Captured Tracks aura lancé une nouvelle série de compilation cette année, 'Excavations'. La première est consacrée à la scène indie américaine du milieu des années 80. Le label a sélectionné parmi les meilleurs de ces groupes qui n’auront pas passé le cut et seront restés toute leur carrière de simples outsiders. Vingt-huit groupes, vingt-huit morceaux, de la guitare dans tous les sens et quelques groupes qui auraient mérité un autre futur que celui d’attendre 40 ans pour faire vraiment parler d’eux.
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Bilan 2020 :
Top 50 Chansons
Top Albums : 20-01
Top Albums : 40-21


Pour mieux découvrir les 15 disques dont il est question ci-dessus, un morceau de chacun se trouve dans les lecteurs Spotify et Deezer ci-dessous :

lundi 29 septembre 2008

Track of The Day (23-29 septembre 2008)

Replongée dans les années 2000, 2008 exceptée. (et toujours en écoute dans le deezer).


Lundi 29 septembre 2008:
* Carl Barat and Pete Doherty - A Day in a Life (a The Beatles' cover) [BBC Radio 2]
Les deux anciens acolytes des Libertines se retrouvent en studio pour enregistrer une reprise assez (très?) convenue (mais pas risible) de A Day In The Life, un des titres majeurs des Beatles, à l'occasion des quarante ans de 'Sgt. Pepper's Lonely Heart Club Band' l'an passé. La BBC paye les petits fours. Les autres rendent hommage au Fab Four. Classe. Surtout avec ce titre qui se termine par un hello des quatre fantastiques.
(disponible sur Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band 40th Anniversary Album, 2007)

Dimanche 28 septembre 2008:
* Radiohead - I Want None of This [Independiente]
En 2005, pour le charity album 'Help: A Day In The Life', Radiohead enregistre ce I Want None of This, tout au piano, avec quelques choeurs derrière, histoire de. Un titre somptueux, comme ils savent en écrire. Mais pourquoi dieu s'entêtent-ils à sortir des albums chiants comme la pluie depuis bientôt cinq ans?
(disponible sur Help, A Day In The Life, 2005)

Samedi 26 septembre 2008:
* Camera Obscura - Happy New Year [Andmoresound]
En Ecosse, il fait froid. Il pleut. Mais il y a la pop qui respire à chaque coin de rue. Les Camera Obscura ne sont peut-être pas les plus célèbres du lot. Ils laissent ça aux grands frères Belle & Sebastian. Mais s'engouffrent dans la même brèche, de l'indie pop classieuse comme tout, avec corde et tout le toutim. Stuart Murdoch, de Belle & Seb, produit le disque. Et ça se sent. 'Biggest Bluest Hi-fi' est toujours aujourd'hui le chef d'œuvre du groupe. Et il s'ouvre par ce splendide Happy New Year.
(disponible sur Biggest Bluest Hi-fi, 2001)

Vendredi 26 septembre 2008:
* Viktor Vaughn - A Dead Mouse [Sound Ink]
En parallèle avec la chronique du 'Madvillainy 2: The Madlib Remix' de jeudi, réécoutons avec ce plaisir non feint, un morceau 'Vaudeville Villain', l'album de 2003 de Viktor Vaughn (aka MF Doom) et notamment ce tuant A Dead Mouse. Bon, évidemment, perdu au milieu de toute cette pop... mais bon, rien que pour la prod...
(disponible sur Vaudeville Villain, 2003)

Jeudi 25 septembre 2008:
* Cherry Ghost - Thirst For Romance [Heavenly]
L'autre jour, je faisais les bacs à soldes. Et je tombe sur ce disque, d'occasion. La pochette était belle et je croyais me souvenir en avoir lu du bien sur quelques forums internet. Bien m'en a pris, car ce disque est très beau. Entre The Veils et Coldplay. La preuve avec le titre éponyme, Thirst For Romance. Un jeudi pop pop quoi.
(disponible sur Thirst For Romance, 2007)

Mercredi 24 septembre 2008:
* The Dears - Bandwagoneers [Maple Music]
Il y a quelques jours, sur un forum musical, on pouvait lire les diverses réactions des fans au contact du nouveau The Dears, 'Missiles'. Et tout le monde de briser sans grande raison le précédent, 'Gang of Losers'. Un disque qu'il faut réhabiliter. Donc à défaut d'un titre du nouvel album, voilà un des grands morceaux de ce 3è album, Bandwagoneers, injustement critiqué et franchement toujours aussi bon.
(disponible sur Gang of Losers, 2006)

Mardi 23 septembre 2008:
* Florent Marchet - Je M'en Tire Pas Mal (feat. Miossec) [Barclay]
Reprenons un peu de Florent Marchet, le mec qui avait sorti cet album merveilleux qu'est 'Rio Baril' l'an passé. Avec un extrait de son premier disque, 'Gargilesse', ou l'ami Miossec vient poser sa voix. Toujours aussi attachant, beau, parlant.
(disponible Gargilesse, 2004)