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jeudi 21 mai 2026

[Track of The Day] Arab Strap - You You You

Dire qu'Arab Strap fait un sans faute depuis sa reformation est un doux euphémisme tant ces -désormais - vieux briscards de Moffat et de Middleton ont publié deux albums qui s'inscrivent dans le haut du panier d'une discographie qui ne manque pourtant pas de grands moments. Deux ans après le dernier en date, 'I'm Totally Fine With It 👍 Don't Give A Fuck Anymore 👍', revoilà les deux écossais avec un nouvel album, 'Half-Told Tales', prévu pour septembre prochain, que le duo promet à la croisée des chemins de beaucoup d'influences (disco, métal, post-rock, spoken word, folk, électro).
 
Un disque qui commence à se dévoiler avec You You You, premier single où, sur fond de mélodie mélancolique pleine de beats et d'une guitare qui se la joue hero sur la dernière partie, Aidan Moffat déclame ses vers de son accent écossais si délicieux où il est question de temps qui passe, de corps qui s'affaissent (« I’ve got pills for breakfast every day, to keep my pains and fears at bay »), d'ennui (« I’m always bored, it seems nothing excites me – my own limbic system fights me! ») , et de peur de l'avenir pour soi et ses enfants, d'un ressentiment contre beaucoup de choses qui font notre société d'aujourd'hui mais que nous alimentons bien malgré nous (« And if you’re streaming this song on Spotify, then we both fund weapons-grade AI »), avec comme seule échappatoire, « lui », « elle »  ou plus sûrement « nous », comme semble vouloir le dire l'index qui jaillit de la pochette. Bref, You You You ou le retour des patrons.

Album : Half-Told Tales
Année : 2026
Label : Rock Action Recordings

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, You You You de Arab Strap est également en écoute ci-dessous :

Le clip de You You You, premier extrait de 'Half-Told Tales', le nouvel album à venir d'Arab Strap :

vendredi 26 janvier 2024

[Track of The Day] Arab Strap - Bliss

Fin novembre dernier, Arab Strap était venu à l’Epicerie Moderne fêter les 25 ans de 'Philophobia', mais dans une version intimiste. Cela a beau être un des disques de ma vie, j'avais peur du résultat, vu que l'album n'est, de base, pas le plus arrangé du monde. Et puis on était dimanche soir. Et puis il faisait froid. Et puis, et puis… Et puis c’était incroyable. Comment avais-je pu en douter ?

Sur scène, les deux compères, et uniquement eux deux. Malcolm Middleton à la guitare, Aidan Moffat au chant, aux percu/cymbales et à la boîte à rythme. Et le duo de dérouler 'Philophobia' dans l’ordre et dans son entièreté, nous emmenant sans difficulté dans ce monde slowcore fait de biture, de plans cul foireux et de baises risibles.
Au moment du traditionnel rappel, ils étaient revenus pour jouer deux titres de 'As Days Get Dark' leur album de retour de 2021 ainsi qu’une version lente, sèche et sublime de The Shy Retirer. Et alors qu’ils s’apprêtaient à quitter la scène sous des applaudissements nourris d'un public encore estomaqué de leur prestation, Aidan Moffat balançaient au milieu des remerciements qu’ils reviendraient très prochainement nous voir, « full band » promettait-il, pour la tournée de leur nouvel album à venir en mai prochain.

Depuis cette semaine, on en sait plus sur ce fameux nouvel album. Il s’appellera 'I'm totally fine with it 👍don't give a fuck anymore 👍' (smileys inclus), sortira le 10 mai 2024, à nouveau chez Rock Action Records. Et il contiendra Bliss (en écoute ce jour), premier single à l'ancienne, dans une veine tout à fait Arab Strap-ienne. Une chanson qui démarre comme un morceau électro, plein de beats, le temps que la guitare de Malcolm Middleton vienne recentrer le débat et qu’Aidan Moffat débaroule avec son chant et sa voix reconnaissables entre mille, et un texte brillant sur cette vie numérique qui est la nôtre, pleine de bassesse, d'attaques gratuites (et notamment contre les femmes) et de solitude. Du grand Arab Strap.

Album : I'm totally fine with it 👍don't give a fuck anymore 👍
Année : 2024
Label : Rock Action Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Bliss d'Arab Strap est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Bliss d'Arab Strap :

 

mercredi 28 décembre 2022

Bilan 2022 : « Albums » (40-21)


Après les Ep, 45-tours et autres rééditions, continuons à dérouler les disques qui auront fait mon année 2022 en passant par la case albums. Comme chaque année, ils sont quarante au programme publiés en deux temps : ceux classés de la place 40 à 21 et vendredi, les vingt premiers.

Mais avant de plonger la tête la première dans ces albums là, comme le veut la coutume, voilà quelques liens à cliquer pour aller voir ce que d'autres ont tirés de 2022 :
- Le top 100 des albums de 2022 selon les précieux The Quietus
- Les choix de la rédaction et des lecteurs de Benzine
- Les 10 albums de Mind Riot Music
- Les 24 albums de l’année selon Bandcamp Daily
- Le top albums de la rédaction d'Addict Culture

Vingt albums disais-je donc. Vingt disques brillants, avec de vraies découvertes, des coups de coeur gros comme ça, du revenant, des chansons cachées depuis 11 ans, des réponses australienne au buzz du moment, des collaborations de légende, entre autres. Des disques de qualité qu'il a été difficile de ne pas classer plus haut (pour autant que ceci ait une quelconque importance) et qui m'auront accompagnés de longs moments en 2022 - et même quotidiennement pour certains. Et comme lire c’est bien mais écouter c’est mieux, en bas de ce papier se trouvent deux lecteurs Deezer et Spotify dans lesquels vous trouverez une chanson de chacun des albums cités ci-dessous. Bonne lecture, bonne(s) écoute(s) !



 
40. Swami John Reis - Ride The Wild Night [Swami Records]

Swami John Reis, sa carrière longue comme le bras comme leader d'une pelleté de groupes post-hardcore et rock, a décidé de se lancer en solo. En résulte un disque de trente minutes qui ne s'embarrasse pas de détails entre garage et power-rock, plein d’énergie, de fougue et de tubes à la pelle (la chanson titre pour ne citer qu’elle). Un album « continue à fond, on freinera quand on pourra toucher le virage du doigt », aussi immédiat qu'addictif.
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39. Peel Dream Magazine - Pad [Slumberland Records / Tough Love Records]Il y a dans les quinze chansons de 'Pad' un peu de Kings of Convenience pour la délicatesse de la voix, pas mal de pop des 60/70s (la pochette étant là pour le confirmer) et beaucoup de Beach Boys. Un très bel album aux airs d'un Burt Bacharach minimaliste, et qui évoque une sorte de sunshine pop rêveuse de fin d'été, quand le soleil tape moins fort, que les jours commencent à raccourcir et les soirées à rafraîchir


38. A Place to Bury Strangers - See Through You [DedStrange]

'See Through You' est le sixième album d’A Place to Bury Strangers et voit le trio de Brooklyn redevenir on ne peut plus intransigeant et bruyant au possible, avec une production au couteau, mais sans délaisser totalement ses élans « pop » récents. Un grand cru, noisy à souhait, évidemment.


37. Animal Collective - Time Skiffs [Domino Records]

Loin de la hype de leurs débuts, Animal Collective prouve avec 'Time Skiffs' à quel point le groupe a toujours ce petit truc en plus de composition, cette folie qui n'appartient qu'à eux - quand bien même beaucoup se sont inspirés de leurs travaux. Un album qui est une sorte de retour aux sources, un melting pot de 'Spirit They're Gone Spirit They've Vanished', 'Sung Tongs', 'Feels' et 'Strawberry Jam'. De la folk-pop sous acide, que l'on imagine dirigée par un Panda Bear, réel patron de l'organisation animale, d'où s'échappent encore des petits bijoux, si ce n'est bricolés, au moins tordus dans tous les sens.

36. Nyx Nótt - Themes From [Melodic Records]

Voilà un énième disque brillant par une des deux têtes pensantes d’Arab Strap. Un concept album totalement instrumental, centré autour de la télévision, où les huits morceaux retranscrivent l'idée qu'Aidan Moffat se fait des génériques d'émissions ou de films de télévision. Un ensemble de qualité, presque d'une autre époque, dont le meilleur résumé vient d’Aidan Moffat lui-même : « a walk through a neon Soho after a few cocktails ».


35. Field Medic - Grow your hair long if you’re wanting to see something that you can change [Run For Cover Records]

Sans conteste la plus belle « touche » (comme on disait quand j’étais ado) de l’année. Un très joli disque de folk, de pop et de folk-pop, bien achalandé (c’est la première fois qu’il a un groupe avec lui), triste mais beau, beau mais triste.
34. Jockstrap - I Love You Jennifer B [Rough Trade]

Premier album pour le duo Ellery/Skye et première réussite. Un disque d'avant-garde, d'art-pop, de glitch-pop (si tant est que ce terme existe), de balades sublimées, de r&b et d'électronica, plutôt fourre-tout mais à la cohérence remarquable.
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33. Marie-Flore - Je sais pas si ça va [6&7]

Totalement inconnue à mes oreilles jusque là, beau coup de coeur que la découverte de la parisienne Marie-Flore et de son troisième album. Difficile de résister à cette voix qui semble autant désabusée, trainante que sûre de ce qu’elle exprime, de ces mélodies mélancoliques et aux atours déprimés, et de ces textes souvent amers sur l’amour, les relations, la vie.


32. Steph Green - Thanks for That [Mashed Potato Records]

Une des très belles pochettes de 2022 pour ce disque qui a tout du mini-album (9 chansons, quelques 20 minutes) de la part de l’américaine Steph Green. Un 'Thanks for That' entre folk et rock à l'aura lo-fi délicieuse et qui rejoint le haut de la scène de songwriteuse qui ne cesse d’exploser depuis quelques années.
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31. The Mountain Goats - Bleed Out [Merge Records]

Avec pour pierre angulaire les films d’actions en tout genre et de toute époque qu’il a consommé en grande quantité au moment des confinements, John Darnielle a écrit un nouveau disque brillant pour ses Mountain Goats. Un concept-album sur les anti-héros, qui voyage entre pop joliment troussée, balades belles à pleurer et élans rock sacrément efficaces.


30. Hudson Mohawke - Cry Sugar [Warp]

De l'électro-trash à des sonorités qu'on dirait composées par Vangelis tout en faisant plus que flirter avec le rap, 'Cry Sugar' vous trimballe dans tous les sens, passe du tout au tout constamment, et n'en reste pas moins passionnant à bien des égards tout au long de ses 73 minutes et 16 morceaux.  Un disque qui ne vous met jamais dans le confort et vous prend à défaut à chaque titre.
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29. Pusha T - It’s Almost Dry [Def Jam Recordings / Getting Out Our Dreams]

Hip-hop, soul, funk sont au programme de cet album de Pusha T, disque incongru par sa durée (35 minutes, aucun remplissage) mais tellement délicieux de bout en bout. Un 'It's Almost Dry' venant avec son lot de featuring cinq étoiles (Kid Cudi, Jay-Z, Clipse) et une chanson majuscule, Dreaming of The Past, qui utilise un sample de la reprise de Jealous Guy de John Lennon par Donny Hathaway en 1972 et sur lequel Pusha T et Kanye West (compositeur du morceau) viennent rapper.


28. Bill Callahan - YTI⅃AƎЯ [Drag City]

Si les disques de Bill Callahan sont souvent de bonne facture, cela faisait presque dix ans que l’ancien Smog ne m’avait pas retourné à ce point. Un disque sublime, sans doute un de ses meilleurs, parcouru de titres majuscules (Naked Souls !), aux orchestrations léchées et à la poésie vibrante.
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27. Body Type - Everything Is Dangerous But Nothing's Surprising [Poison City Records]

Power-indie-pop aux accents punk, 'Everything Is Dangerous But Nothing's Surprising' est une sorte de réponse australienne à Wet Leg, de la part d’un quatuor féminin actif depuis six ans et qui ne s’en laisse pas compter. Gros coup de coeur.


26. Oceanator - Nothing's Ever Fine [Big Scary Monsters / Polyvinyl Record / Plastic Miracles]

Plein de petits hook pour relancer ses chansons, malin et jamais passéiste, 'Nothing's Ever Fine' est un disque qui fuzz, qui pop, aux guitares belles comme tout. Finalement, son seul vrai défaut sa pochette, lambda au possible et qui ne rend pas justice à cet excellent album qui dévoile une sacrée artiste dont on n'avait pas soupçonné jusque là tout le talent.
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25. Nas - King's Disease III [Mass Appeal]
Troisième volet de la série 'King’s Disease', cet album de Nas est en quelque sorte mes retrouvailles avec celui qui aura ambiancé ma fin d’adolescence. Un disque où tout est net et précis, où le flow est percutant et les productions classieuses, engageantes et même jubilatoires.


24. Rosalía - Motomami [Columbia Records]

Pas vraiment la cible première de ce genre d’albums, j’ai été totalement happé par la folie Rosalía. Il faut dire qu’il y a de quoi dans ce 'Motomami' où se mêlent autant de r&b que de hip-hop, de trap, de reggaeton que de flamenco revisité et servi à la sauce 2022. Un album pas loin d’être gigantesque et qui est brillant de bout en bout.
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23. Sea Power - Everything Was Forever [Golden Chariot Records]

Sans doute un peu zappé par tout le monde en cette période de bilan car sorti très tôt en 2022, ce retour des désormais Sea Power (ils ont abandonné le « British ») est pourtant grandiose. Nerveux à souhait, mélancolique comme jamais, aux deux voix toujours aussi complémentaires, 'Everything Was Forever' est un des meilleurs album du groupe jusque là. Quel retour !
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22. Danger Mouse & Black Thought - Cheat Codes [BMG]
Une association qui sur le papier faisait rêver : d’un côté Danger Mouse, producteur touche à tout. De l’autre Black Thought, patron avec ?uestlove de The Roots. Le résultat est sans appel : c’est évidemment brillant, produit à la perfection, au flow précis de Black Thought et aux invités de prestige (A$AP Rocky, Raekwon, Run the Jewels, Michael Kiwanuka, Joey Bada$$) dont MF Doom pour un featuring venu de l’au-delà.
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21. MGMT - 11•11•11 [MGMT Records]

Les disques « live » font rarement recettes chez moi. Et quand ils le font, ils n’atterrissent pas dans cette partie là du bilan. Sauf que ce live de MGMT y a toute sa place - et c’est dire sa qualité tant la réputation des new-yorkais est plutôt piteuse en matière de concert. Enregistré il y a onze ans, il ne contient QUE des inédits du groupe, jamais rejoués depuis, et composés spécialement pour une rétrospective consacrée au plasticien italien Maurizio Cattelan. Psyché, souvent hallucinatoire, '11•11•11' est un voyage aérien - parfois sous psychotropes que l'on prendrait par plaques de douze - que l'on ferait affalés dans des nuages douillets.
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Comme promis, vous trouverez une chanson de chacun des disques présentés dans les lecteurs Spotify et Deezer et ci-dessous (de la place 21 à 40) :


lundi 19 décembre 2022

Nyx Nótt - Themes From [Melodic Records]

Savez-vous qui sont Nyx et Nótt ? Toutes deux sont des déesses personnifiant la nuit, chacune dans leur mythologie propre, grecque pour la première, nordique pour la seconde. Aidan Moffat a décidé d'allier les deux dans sa nouvelle aventure solo avec Nyx Nótt, un nom qui lui sied à merveille - lancé en 2020 avec un premier album 'Aux pieds de la nuit' (oui, en français s'il vous plait), il y avait un côté obscur et nuiteux qui se dégageait de ses compositions.

'Themes From' ne déroge pas à la règle de ce projet totalement instrumental. Moins sombre que son prédécesseur, ce nouvel album de Nyx Nótt va chercher cette fois son inspiration dans la... télévision (la pochette rétro en diable donne une première indication). Et ce n'est pas une surprise quand on connaît le bonhomme : fut une époque où Aidan Moffat passait ses nuits à commenter sur Twitter ce qu'il voyait en direct à la TV. Et c'était piquant, corrosif et très souvent drôle.

A la base, 'Themes From' aurait du être une suite de courts morceaux (Moffat parle de 90 secondes) singeant les génériques de télévision. Mais l'idée s'avérant vite « too gimmicky and silly », ce deuxième album de Nyx Nótt part finalement sur des morceaux plus amples, plus longs en bouche, qui samplent - ou s'inspirent, ce n'est pas très clair - des thèmes existants que les moins de vingt ans, etc. Résultat, un album de huit titres qui retranscrit l'idée qu'Aidan Moffat se fait des musiques d'ambiance ou des génériques de différents genres d'émissions ou de films de télévisions ; du porno (Porno, langoureux et jazzy chic), au thriller (Thriller, aux violons tendus où on entendrait presque un peu de Silver Mt Zion) en passant par les émissions d'aventure (Swashbuckler et sa rythmique martiale), d'enquêtes criminelles (Hardboiled et son ambiance mystérieuse) ou de documentaires (épatant Docudrama, morceau merveilleux dans sa construction et son exécution, aux violons délicieusement enivrants). Un ensemble de qualité, presque d'une autre époque, qu'Aidan Moffat qualifie drôlement mais justement de « walk through a neon Soho after a few cocktails ».

Difficile de ne pas voir dans ce 'Themes From' autre chose qu'un hommage appuyé à toutes ces compositions télévisuelles qui, sans que l'on s'en rende compte, habillent nos fin de journée, nos soirées, nos nuits, qui nous accompagnent tout au long de notre vie et font quelque-part partie de nous (qui n'a pas régulièrement en tête un générique de série, de jeu télévisé ou d'émissions de reportages ?). Mais au-delà de cela, loin d'Arab Strap (quoiqu'il y a quelques réminiscences ici de 'Monday at the Hug & Pint') ou de Gentle Sinners, le groupe qu'il a formé cette année James Graham, le chanteur de The Twilight Sad, 'Themes From' de Nyx Nótt s'avère surtout être un disque brillant, malin et sacrément bien composé. (Sortie : 2 décembre 2022)

Plus :
'Themes From'
de Nyx Nótt est en écoute sur bandcamp

'Themes From'
de Nyx Nótt est à l'achat sur bandcamp

'Themes From'
de Nyx Nótt est également à l'achat ici

'Themes From'
de Nyx Nótt est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer

Trois morceaux de 'Themes From' de Nyx Nótt en écoute aujourd'hui. Docudrama pour débuter, une des « chansons » de mon année assurément (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Thriller pour continuer. Et Swashbuckler pour finir :

Le clip de Thriller de Nyx Nótt :

lundi 17 octobre 2022

[Track of The Day] Arab Strap - We See You

En ce jour déprimant qu'est le lundi, ne faisons pas dans la gloriole et restons dans le thème avec un inédit d'Arab Strap. Une chanson que le duo vient de gracieusement offrir à Eat Your Own Ears Recordings, tout nouveau label poussé par le promoteur indépendant de tournée anglais du même nom qui fête cette année ses 20 ans.

Pour promouvoir tout cela, Eat Your Own Ears Recordings a donc décidé de publier quatre Ep, uniquement en K7 et qui regroupent des inédits, des raretés ou des démos de groupes avec lesquels ils ont collaboré au cours des vingt dernières années. Et jusque là, le casting a de quoi séduire : Four Tet, Sylvain Esso, Mount Kimbie, James Yorkston (époque « & The Athletes ») pour 'EP 1'. Et donc... Arab Strap (notamment) pour 'EP 2'.

La chanson s'appelle We See You et était (à les en croire) dans les tiroirs depuis quelques temps. L'occasion faisant le larron, nos deux écossais préférés en ont enregistré une vraie et belle version, et qui n'est pas exactement là pour rigoler : un tempo lent, la voix roulante d'Aidan Moffat sur le devant, un piano déprimé, un rien lugubre, pas très loin, et la guitare électrique de Malcolm Middleton derrière, qui s'impose peu à peu. La petite douceur noire du lundi.
 
Album : EP 2
Année : 2022
Label : Eat Your Own Ears Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, We See You d'Arab Strap est également en écoute ci-dessous :
 

jeudi 13 janvier 2022

[Track of The Day] Arab Strap - Aphelion

Comme pour mieux prolonger l'histoire de leur retour discographique très réussi l'an passé, Malcolm Middleton et Aidan Moffat vont publier en mars prochain un 45-tours avec deux chansons évincées au dernier moment de 'As Days Get Dark'. Deux titres qui n'ont pas passé le cut final mais qui valent le détour, comme le dit joliment Aidan : « a couple of black sheep who might not click with the rest of the family but, even though they aren't very happy, are still worth a cuddle » (« deux moutons noirs qui dénotent sur la photo de famille mais qui, bien que pas très heureux, méritent tout de même un petit câlin »)

Un premier morceau vient d'être dévoilé. Il s'appelle Aphelion et à dire vrai, il aurait effectivement un peu dénoté dans 'As Days Get Dark', avec ses accents slowcore qui appelle plus au Arab Strap des débuts. Pour autant, il est sacrément réussi. Et sombre comme on aime.

Album : Aphelion /Flutter 7"
Année : 2022
Label : Rock Action Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Aphelion d'Arab Strap est également en écoute ci-dessous :
 

jeudi 30 décembre 2021

Bilan 2021 : « Albums » (20-01)


Après vingt premiers albums, et avant le top 50 des meilleurs chansons de l’année, comme le veut la tradition le premier jour de l’année, finissons donc d’établir la liste de quarante albums qui auront animé mon année avec, comme disent les anglais, la crème de la crème, en tout cas selon mes oreilles.

Mais avant ça, allons faire un tour du voisinage :
- Pop News a demandé à quelques artistes de marque (Julien Ribot, Pascal Bouaziz, Olivier Rocabois, Maxwell Farrington & Le SuperHomard, Raoul Vignal et d’autres) de venir faire un bilan de l’année écoulée
- Les 100 albums de l'année des indispensables The Quietus
- "The Year's Essential Releases" de Bandcamp Daily
- Les 50 albums de 2021 pour The Revue
- Les 10 meilleurs albums de 2021 chez La Musique à Papa
 
Revenons donc à nos moutons. Vingt nouveaux albums. Et assurément les meilleurs que j'ai pu écouter tout au long de cette année très riche. Une année pleine de coups de cœur, de disques mémorables et qui vont m'accompagner longtemps. Vingt disques avec un artiste de plus en plus habitué de ces tops, de belles découvertes pop, un disque merveilleux où l'ombre d'Elliott Smith plane tout du long, du jazz qui s’acoquine à la pop, des disques enregistrés au débotté, des vieux de la vieille de retour et pas pour faire semblant, et l'album de l'année dantesque et foisonnant. Entre autres. C'est tout cela qu'il y aura eu au programme de mon année 2021.
Et pour mieux découvrir ces vingt albums, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs (Spotify et Deezer) vous proposant un morceau de chacun des disques chroniqués. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !



20. Dummy - Mandatory Enjoyment [Trouble In Mind Records]

Premier album du quatuor californien Dummy, 'Mandatory Enjoyment' est un disque épatant, dans lequel on décèlera du Stereolab, mais pas que. Trop Trouble In Mind pour être résumé à cela, il fait aussi la part belle à la noise-pop, à l’indie-pop et au psyché, tout en laissant planer l’ombre de Broadcast. Avec toujours ces guitares qui ne semblent jamais en avoir marre.


19. Clap Your Hands Say Yeah - New Fragility [CYHSY, Inc]

Les années passent et Alec Ounsworth continue d’emballer son monde. Désormais seul à la tête du groupe dont tout le monde parlait il y a quinze ans, il aura sorti un des tous meilleurs albums de Clap Your Hands Say Yeah (si ce n’est le meilleur). 'New Fragility' est un disque ambitieux, au chant toujours aussi affecté (mais qui est une des forces et signatures du groupe) très bien arrangé, à la production parfaite, où l’émotion affleure sur chaque chanson.
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18. Torres - Thirstier [Merge]

Entre tubes pop et rock, bluette irrésistible et balade rock tuante, 'Thirstier' est le genre d’album brillant qui n’aurait pas dépareillé dans la production d’il y a 25 ans. Chansons aux élans mainstream et rock estampillé nineties, le tout saupoudré de pop, la floridienne rend une copie parfaite avec ce disque séduisant de bout en bout.


17. Danny George Wilson - Another Place [Loose Music]

Avec un timbre et un chant où l'on jurerait entendre Bob Dylan, Jonathan Donahue de Mercury Rev et surtout le regretté Vic Chesnutt, Danny George Wilson aura réussi son retour pour son deuxième album solo, le premier en seize ans. Pop où country et folk ne s'en laissent jamais compter, 'Another Place' est un vrai beau voyage où les mélodies volettent au bras tantôt de guitares électriques nerveuses, tantôt de guitares acoustiques et délicates, où violoncelle, piano et bruits en tous genres sont de la partie.


16. The Notwist - Vertigo Days [Morr Music]

Quatrième album en vingt ans (et le premier pour Morr Music), 'Vertigo Days' voit The Notwist continuer son quasi sans-faute. Un vrai beau voyage, à la diversité certaine et à l'unité impeccable, où les chansons entrelacées s'enchaînent avec une classe folle tout en oubliant ni la mélancolie, ni les mélodies accrocheuses. Un disque mis en orbite par un trio d’ouverture parfait, sans doute le meilleur de 2021.


15. Amyl and the Sniffers - Comfort To Me [Rough Trade Records]

Il y aura eu peu de disques aussi immédiats que celui d’Amyl and the Sniffers en 2021. Démarrant pied au plancher, sans jamais ralentir le tempo. A fond tout le temps, du punk dans l'esprit, du garage dans l'exécution, du gabba gabba hey aussi et surtout, des guitares qui n'aiment rien de plus que riffer dans tous les sens, descendre des manches et festoyer avec rage en déballant des tubes par poignées.


14. Middle Kids - Today We’re The Greatest [Lucky Number]

Sans doute la face-A la plus réussie de l’année. Tout dans les six premiers titres de cet album des australiens de Middle Kids confine à la perfection avec notamment, deux des chansons de mon 2021, Questions et R U 4 Me. De la pop ultra-efficace à prendre en intraveineuse, avec des cuivres à faire fondre en bandoulière et un rythme souvent échevelé.


13. Painted Shrines - Heaven and Holy [Woodsist]

Premier album de Painted Shrines (duo composé de Jeremy Earl de Woods et Glenn Donaldson de The Reds, Pinks And Purples), 'Heaven and Holy' fait dans le folk-rock pysché lové dans les bras d'une indie-pop de belle facture, où les guitares s'en donnent à cœur joie sur un tempo lent et où les élans de voix sont saisissants de beauté. Une sorte de parenthèse enchantée. Un petit délice d'indie-pop. Et un des disques les plus écoutés cette année.


12. Rien Virgule - La Consolation des Violettes [La République Des Granges / Murailles Music / Permafrost / Zamzam Records]
Ce troisième album de Rien Virgule (et le premier sur mes oreilles) est un voyage dans un monde brinquebalant, inquiétant, où ça craque, ça crispe, ça martèle et où ça part ici pour mieux finir là. Mais le (désormais) trio ne laisse jamais les mélodies en chemin ou en retrait, fussent-elles concassées. Pour ainsi dire, celles-ci sont même fascinantes de beauté.
 
11. Arab Strap - As Days Get Dark [Chemikal Underground]

Il y a des groupes qui se reforment parce qu’ils sont en manque de liquidités, et préfèrent tabler sur leur passé pour vendre de nouvelles chansons pas abouties mais qui feront mouche en usant de la carte nostalgie jusqu'à la lie. Et puis il y a Arab Strap. Malcolm Middleton avait annoncé que s’ils refaisaient un album, c’est qu’ils auraient les chansons pour. Spoiler alert : ils ont tenu parole. Préparé à être déçu de voir deux idoles se brûler les ailes dans une reformation convenue, j’en suis pour mon argent tant Arab Strap avec 'As Days Get Dark' aura publié un de ses tous meilleurs albums (ce qui n’est pas rien vu leur discographie), influencé par leurs diverses collaborations (Aidan Moffat) et expériences solos (Malcolm Middleton). Quels hommes !


10. Jack Ingram, Miranda Lambert & Jon Randall - The Marfa Tapes [Vanner Records]

Trois acteurs phares de la country music américaine actuelle se sont donnés rendez-vous dans un vieux ranch perdu dans le désert, autour d’un feu de camp ou l’arrière d’un pickup pour enregistrer un des albums les plus simples de l’année. Deux guitares, trois voix, des chansons belle à pleurer, et une ambiance incroyable qui s’en dégage. Un disque au temps suspendu et touché par la grâce.


09. Airelle Besson - Try! [Papillon Jaune]

Avec la trompette d'Airelle Besson en maîtresse du temps et du tempo, 'Try!' fait partie de ces albums dont la beauté vous explose à l'oreille instantanément. Jazz dans sa couleur et sa conception, il respire la pop par tous les pores. Un voyage gracile et élégant, aérien et sensuel, ardent et allègre. Le genre de disque qui vous fait vous demander pourquoi vous ne mettez pas plus de jazz dans votre vie.


08. Richard Dawson & Circle - Henki [Domino Records]
Richard Dawson est fan de Circle, groupe finlandais de trente ans d’âge, depuis longtemps. C’est donc sans doute un rêve d’adolescent qu’il a réalisé en publiant 'Henki' avec eux. Et quel album ! Baroque, rock et folk, métal dans l'inspiration, très habillé et porté par des choeurs et la voix qui part dans tous les sens de Richard Dawson. Un Dawson qui confirme album après album qu'il est un des artistes les plus passionnants de ces dernières années.
07. Julien Ribot - Do You Feel 9? [December Square]
Entièrement chanté en anglais, composé autour de la personnalité et de l'histoire d'un certain Neon Juju, 'Do You Feel 9?' est un disque qui va puiser son inspiration chez David Bowie, Air, MGMT ou Foxygen. De la pop orchestrale, léchée et lettrée, du glam-rock, pour un résultat ambitieux et grandiose. Un album majuscule de la part d’un compositeur génial.
 
06. James Yorkston and The Second Hand Orchestra - The Wide, Wide River [Domino Records]

'The Wide, Wide River' est un disque absolument majestueux. Du genre de ceux qui respirent le talent, évidemment, le plaisir aussi. Et surtout la liberté. Un album incroyablement généreux et vivant, genre de miracle inattendu, enregistré sans idée préconçue, live et au débotté (en trois jours, l’affaire était pliée). Et qui est plein de superbes chansons que The Second Hand Orchestra habille avec un doigté rare. Comme le dit James Yorkston : « this fast-footed, free-wheeling album ». En roue libre. Mais quelle belle roue libre.


05. Tele Novella - Merlynn Belle [Kill Rock Stars]

Vintage sans être en rien daté, pas vraiment d'aujourd'hui sans être totalement d'hier, 'Merlynn Belle' du duo Tele Novella est un des disques que j’aurais le plus écouté en 2021. Mélodies pop soignées qui se baladent au bras d’une country-folk de cent ans d’âge quand ce n’est pas à celui de Stephin Merritt des Magnetic Fields ; chant divin de Natalie Ribbons, conteuse et pleine d’harmonies dans la voix ; tout est réuni pour en faire un des disques les plus beaux de l’année. Un album hors du temps et pour autant incroyablement moderne.


04. Floating Points, Pharoah Sanders & The London Symphony Orchestra - Promises [Luaka Bop]

Avec pour canevas sept notes de piano jouées et répétées tout du long, comme un mantra, cet album et ses neuf titres n’en formant qu’un est le disque le plus cohérent de tous ceux que j’ai pu écouter cette année. L’alchimie entre le « trio » Floating Points, Pharoah Sanders et The London Symphony Orchestra est évidente et le résultat totalement envoûtant. Une petite merveille onirique et quasiment instrumentale de quarante-six minutes.


03. Sam Forrest - Aeroplane Days [Hidden Bay Records]
Une âme toute Elliott Smith-ienne se promène de par en par de ce 'Aeroplane Days' de l'anglais Sam Forrest. Un album qui aligne les chansons soyeuses, mélancoliques, élancées. En un mot comme en cent merveilleuses. Et même lorsqu'il s’échappe vers des horizons plus synthétiques, Sam Forrest séduit son monde. Sans doute un des plus beaux disques de l’année 2021 et un très grand album.
02. Little Simz - Sometimes I Might Be Introvert [Age 101]

Alors qu’il aurait du être écrasé par Introvert, sa chanson d’ouverture, 'Sometimes I Might Be Introvert' arrive à se départir de ce titre majuscule pour mieux s’en servir comme rampe de lancement. Car la suite ne va pas baisser la garde et laisser filer. Entre hip-hop, jazz, soul/neo-soul, r'n'b, pop, rap et afrobeat, le tout sous couvert d’orchestrations chiadées et ambitieuses, et d'un flow puissant, Little Simz tape fort et juste avec cet album grandiose. Pour ainsi dire, même la pochette est splendide ici. Masterpiece, ni plus ni moins.


01. Kìzis - Tidibàbide / Turn [Tin Angel Records]
 

Sans conteste possible, l’album monstre de l’année. 3h23 de musique au programme. 'Tidibàbide / Turn' s’ouvre et se referme par un chant traditionnel. Au milieu, 34 autres morceaux protéiformes qui balaient tout un pan de la musique (actuelle ou non), du folk shamanique à la pop, du trip-hop à la techno, du spoken-word au jazz, du r'n'b aux chants traditionnels (donc) en passant par l'electro-pop ou d’ambiance plus techno, que Kìzis mêle de voix célestes, de violons qui volettent comme du néo-classique, et d'arrangements soyeux - quand ils ne sont pas bricolés.
Alors oui, tenir la longueur sur 3h23 n’est pas que difficile, c’est impossible. Et il faut reconnaître que le cœur de l’album est un peu moins emballant. Pour autant, Kìzis n’en a cure, tient son cap et arrive au final à faire passer les titres plus faibles pour des respirations pour mieux continuer d’embarquer son monde.
Et de toutes façons, cela ne change rien à notre affaire. S'il n'est pas sans défauts, 'Tidibàbide / Turn' est assurément l'album le plus passionnant de l’année, lui qui arrive à ne pas s’écrouler sous le poids de son ambition démesurée. Un disque monde, rien de moins.
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Et comme promis, ci-dessous (ou sur les liens ci-contre), vous trouverez dans les lecteurs Spotify et Deezer une chanson de dix-neuf albums chroniqués ci-contre. Le vingtième extrait, celui de 'La Consolation des Violettes' de Rien Virgule (absent des plateformes de streaming), il est disponible via bandcamp :