Si la découverte de 'Pratts & Pain'avait été un très grand coup de cœur où Royel Otis sonnait comme la réponse australienne à Will Toledo et ses Car Seat Headrest, sa suite '(hickey)' à peine dix-huit mois plus tard, avait été une petite douche froide tant il était quelconque, tournait à vide, et n'était même pas sauvé par quelques rares fulgurances bien senties (Say Something et Car).
Est-ce la signature du duo australien sur une major ? Est-ce parce que, toujours sur la route, Royel Maddell et Otis Pavlovic avaient enregistré ce deuxième album à la va vite, entre deux concerts ? Où est-ce juste qu'ils n'avaient tout simplement plus d'inspiration et n'avaient des chansons que pour un album (ce ne serait pas les premiers) ?
Si les deux premières hypothèses sont tout à fait plausibles (notamment la seconde), il semble qu'on puisse d'ores et déjà rayer la troisième. Car leur nouveau single Sweet Hallelujah (en écoute aujourd'hui) montre qu'ils en ont encore sous la pédale. Mieux, il voit le duo de Sydney changer de cap, s'échapper de son indie-rock et indie/jangle pop habituels pour passer à la balade mélancolique et ambitieuse, à la production ample, quasi symphonique, et qui n'est pas sans rappeler MGMT. Rien n'est donc perdu pour Royel Otis, loin de là.
Aussi loin que remonte la musique enregistrée, il y a à mon avis toujours eu des artistes qui au sein d'un même album faisaient revenir une mélodie ou une chanson pour en dévoiler la suite (parfois plusieurs). Certains s'amusent même parfois à mettre la partie deux d'un morceau avant la partie un dans le tracklisting (comme MGMT sur son dernier album avec Loss Of Life (Part 2) en chanson d'ouverture, Loss Of Lifeen chanson de clôture, formant ainsi une boucle infinie et très maligne).
Sur le dernier album de McKinley Dixon, on trouve le morceau Run, Run, Run Pt. II. Sauf qu'ici, la première partie ne se trouve pas sur 'Magic, Alive!', mais sur le disque précédent du rappeur de Virginie, 'Beloved! Paradise! Jazz!?' en 2023. Une chanson suite, dans un tout autre genre mais pas moins réussie (bien au contraire d'ailleurs), qui n'est pas sans rappeler 2 Pac à certains moments, où le flow rapide et fluide McKinley Dixon surfe à merveille sur une production hip-hop pleine de jazz, qu'on croirait sortie des ateliers d'Inflo.
Album : Magic, Alive! Année : 2025 Label : City Slang
2024 est donc terminé. Sans doute pas la meilleure des années mais vraiment pas la pire quand on pense à certaines de ses devancières. En tout cas, musicalement parlant, il y a une nouvelle fois eu de quoi faire. J'en veux pour preuve le bilan des formats courts, les quarante albums qui ont habillé mon année (partie 1 et partie 2). Et niveau chansons, 2024 n'est pas en reste, tant il y en a eu beaucoup qui m'ont marqué, pour plein de raisons et dans tous les styles. Car oui, c'est leur du traditionnel top 50 de mes chansons de l'année, à découvrir le 1er janvier, avec une petite balle qui passe doucement mais sûrement de gauche à droite dans votre crâne (en tout cas, je vous le souhaite).
Cinquante chansons. Et deux en bonus. Il faut dire que Céline Dion qui reprend L'Hymne à L'Amour en haut de la Tour Eiffel et le Parade de Victor Le Masne ne sont pas des morceaux qui m'auront laissé insensibles, l'un m'ayant totalement bouleversé un soir pluvieux de fin juillet en était l'apothéose d'une cérémonie d'ouverture incomparable, l'autre ayant habité mon imaginaire pendant les quinze jours suivants. Comme elles ont définitivement marqué mon année à leur manière, difficile de ne pas les inclure. Quand au reste, ce fut une sélection bien difficile tant il y avait beaucoup de candidats à cette liste dans une année prolifique en très beaux morceaux. Et il y en a beaucoup qui sont restés sur le carreau. Ici, vous trouverez tout ce qui m'a fait vibrer : de l'électro à danser et à chanter à tue-tête, des chansons langoureuses et pleines de riffs, du rock nerveux mais souvent ciselé, de la balade à tomber, quelques vieux de la vieille, de l'arrangement chiadé, de la belle ouvrage et un duo de tête très difficile à départager, qui se tient dans un mouchoir de poche. Évidemment, lire le nom de cinquante chansons aurait peu d'intérêt, donc au bas du billet se trouvent trois lecteurs Spotify, Deezer et YouTube pour écouter chacune d'entre elles. Bonne(s) écoute(s) et bonne année !
50 +2. Victor Le Masne - Parade 50 + 1. Céline Dion - Hymne à l'Amour (Edith Piaf cover - Live aux Jeux Olympiques de Paris 2024)
50. Cola - Pulling Quotes 49. Savage Mansion - Total Colombia 48. Kishi Bashi - Make Believe (feat. Linqua Franqa) 47. The Libertines - Night Of The Hunter 46. OldBoy Rhymes, Sage Francis, Rituals of Mine, Alxndrbrwn - Master Cleanse
45. Antenna - Antenna State 44. Monobloc - Where Is My Garden 43. The Decemberists - Oh No! 42. Ella Thompson - Let There Be Nothing 41. Oneida - Reason to Hide
40. Edna Million - Barking Dogs (feat. Ernst Molden) 39. Lily Seabird - Waste 38. Nap Eyes - Feline Wave Race 37. Bashy - How Black Men Lose Their Smile 36. Beak> - Hungry Are We
35. Phosphorescent - Impossible House 34. Kid Loco - The Crown (feat. Louise Quinn) 33. Adrianne Lenker - Ruined 32. Mercury Rev - There's Always Been A Bird In Me 31. Middle Kids - Highlands
30. Laura Marling - Patterns 29. Sam Lee - Bushes and Briars 28. Metz - Entwined (Street Light Buzz) 27. The Lemon Twigs - My Golden Years 26. Green Day - Bobby Sox
25. Snowy Band - Weeks & Months 24. Moreish Idols - Pale Blue Dot 23. Flower Face - Biblical Love 22. The Vaccines - Another Nightmare 21. The Miserable Rich - Crows
20. Jess Ribeiro - The Trees and Me 19. Chappell Roan - Good Luck, Babe! 18. MGMT - Loss of Life 17. Bill Ryder-Jones - This Can't Go On 16. Joe Goddard - Ghosts (feat. Tom McFarland)
15. King Hannah - Somewhere Near El Paso 14. Omega Violet - Island N°2 13. Mannequin Pussy - I Got Heaven 12. Jamie xx - All You Children (feat. The Avalanches) 11. Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce - Meilleur (feat. Jeanne Added)
10. Mammoth Penguins - Here 09. Geordie Greep - Holy, Holy 08. Maxwell Farrington & Le SuperHomard - Begging’s Not My Business 07. The Rhythm Method - I Love My Television 06. Corridor - Mourir Demain
05. Junior Varsity - Cross The Street 04. EggS - At The End Of The Road 03. MJ Lenderman - She's Leaving You 02. Lady Blackbird - Like a Woman 01. Father John Misty - I Guess Time Just Makes Fools of Us All
Je ne sais pas trop quoi penser de 'Loss Of Life', le nouvel album de MGMT. Grand cru en devenir ou disque joliment exécuté mais qui rejoindra leur 'MGMT' de 2013 au rang des albums mineurs d'un groupe pourtant majeur des quinze dernières années ('Oracular Spectacular', 'Congratulations', 'Little Dark Age') ? L'avenir nous le dira tant la musique et les compositions du duo Benjamin Goldwasser / Andrew VanWyngarden ne se dévoilent pas toujours aux premières écoutes (je fais partie de ces gens qui n'ont pas saisi le génie de 'Congratulations' immédiatement).
Quoiqu'il en soit, 'Loss of Life' est un de prime abord un disque réussi. MGMT va chercher son inspiration dans les années 80, pour le meilleur (Nothing Changes qu'on pense longtemps être une balade à la Cure, le parfait People In The Streets) comme pour le pire (le duo sans grand intérêt avec Christine and The Queens Dancing In Babylon, toutes ces guitares dégoulinantes marquées du sceau d'une époque un peu trop pompière et qui a plutôt mal vieilli, que Brian May n'aurait pas reniées) ; mais aussi dans les années 90 (évident Bubblegum Dog, le brit-pop Mother Nature, sorte de rencontre entre Oasis et Sophia).
Pas dénué de grands moments, c'est pourtant à la toute fin de l'album que MGMT vient composer un véritable miracle : Loss of Life. La chanson qui clôture le disque du même nom, alors que sa partie 2 l'ouvrait ; comme si l'album ne devait être qu'une boucle infinie. Un morceau sur notre impréparation à la mort d'un être cher (« You can sail off the edges of the earth, greet the workers of the universe, still nothing prepares you for loss of life »), qui sonne comme du Beach Boys époque 'Pet Sounds' qui aurait été produit par Air. Un titre somptueux et qui voit des cuivre s'avancer peu à peu, prendre de la place et de l'ampleur, qui ont moins à voir avec les trompettes de l'Apocalypse du Nouveau
Testament qu'avec les trompettes de la déesse Pheme dans
la mythologie grecque, qui déifiait les héros par ses chants de Renommée et qui sonnent ici comme une sorte de célébration du défunt et d'une porte d'entrée vers le Monde d'après.
Je ne sais donc pas si 'Loss Of Life' de MGMT va s'imposer dans mes oreilles cette année. Si chaque écoute va lui faire prendre une autre dimension. Ce qui est sûr par contre, c'est qu'il n'est pas dit qu'on écoute une chanson de clôture plus belle et plus touchante que Loss Of Life en 2024. (Sortie : 23 février 2024)
Trois chansons de 'Loss Of Life' de MGMT en écoute aujourd'hui. A tout seigneur tout honneur, ouvrons le bal avec le sublime Loss Of Life dont j'ai beaucoup parlé au-dessus (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Enchaînons avec People In The Streets. Et terminons par le très brit-pop Mother Nature :
Les clips de Bubblegum Dog et de Nothing To Declare, deux des singles extraits de 'Loss Of Life' de MGMT :
Parce qu'il faut bien finir. Parce que tous ces tops, ça commence à bien faire. Parce que, ça y est, 2022 est très officiellement dans le rétro (et on ne la regrettera pas). Pour tout ça, mettons un point final à cette année avec le traditionnel Top 50 "chansons" (ou morceaux, ou singles, c'est vous qui voyez), ou plus simplement les cinquante titres qui auront fait de ces douze derniers mois
Il est donc question de cinquante chansons aujourd'hui pour conclure ce top 2022 et ouvrir l'année 2023 (que je vous souhaite par ailleurs la plus belle). Cinquante titres qui m'auront autant enthousiasmé que touché. Avec des balades belles à pleurer, des morceaux qui ne demandent qu'à être que des hymnes rock, des chansons françaises sans frontière, de la soul mâtinée de hip-hop, du post-punk d'excellent aloi, du suédois, du grec, de l'algérien avec un zeste gallois, des choeurs fameux, de la power-pop à tomber. Et un numéro un totalement instrumental, à la mélodie et aux cordes merveilleuses. Bonne(s) écoute(s) !
50. Whitney K - Song For a Friend 49. Animal Collective - Strung With Everything 48. Swami John Reis - Ride The Wild Night 47. Lewsberg - Six Hills 46. !!! - Storm Around The World (feat. Maria Uzor)
45. Sports Team - Unstuck 44. Imarhan - Adar Newlan (feat. Gruff Rhys) 43. Lightning In A Twilight Hour - Leaf Fall Is Over 42. Oneida - I Wanna Hold Your Electric Hand 41. Disq - Prize Contest Life
40. Sea Power - Two Fingers 39. Teletype - Everything Everything 38. The Lounge Society - No Driver 37. Body Type - Buoyancy 36. Cloud Cult - One Way Out of a Hole
35. Pete Astor - English Weather 34. MGMT - Tell It to Me Like It Is 33. Black Country, New Road - Bread Song 32. Jockstrap - Greatest Hits 31. Courting - Famous
30. Cheekface - You Wanna Bomb The Middle East 29. Porridge Radio - Birthday Party 28. Pusha T - Dreaming of The Past (feat. Kanye West) 27. Moddi - Tranøy fyr 26. Jane Weaver - Oblique Fantasy
25. Beyonce - Alien Superstar 24. San Fermin - Tired of Loving You 23. Danger Mouse & Black Thought - Belize (feat. MF DOOM) 22. Weird Nightmare - Lusitania 21. Kevin Morby - A Random Act of Kindness
20. CMAT - No More Virgos 19. Surf Curse - Lost Honor 18. La Maison Tellier - Atlas 17. BAMBARA - Little Wars 16. Bill Callahan - Naked Souls
15. The Beths - Knees Deep 14. Crack Cloud - Please Yourself 13. Panda Bear & Sonic Boom - Livin’ In The After 12. Bazooka - Δικιά Μου Αλήθεια (Dikia Mou Alithia) 11. Little Simz - Heart on Fire
10. Hudson Mohawke - Is It Supposed 09. Florent Marchet - Freddie Mercury 08. Anna Tivel - Black Umbrella 07. Team Me - Every Little Dream 06. Sprints - Literary Mind
05. Laurent Bardainne & Tigre d’Eau Douce - Oiseau (feat. Bertrand Belin) 04. Pascal Comelade - Cimetière de la photographie 03. U.S. Girls - So Typically Now 02. Get Well Soon - I Love Humans 01. Nyx Nótt - Docudrama
Vu que lire ce top sans écouter les chansons en question n'aurait qu'un intérêt très limité, ci-dessous, vous trouverez non pas un, non pas deux mais trois lecteurs ! Un chez Spotify, un chez Deezer et un chez Youtube. Bonnes écoutes !
Après les Ep, 45-tours et autres rééditions, continuons à dérouler les disques qui auront fait mon année 2022 en passant par la case albums. Comme chaque année, ils sont quarante au programme publiés en deux temps : ceux classés de la place 40 à 21 et vendredi, les vingt premiers.
Mais avant de plonger la tête la première dans ces albums là, comme le veut la coutume, voilà quelques liens à cliquer pour aller voir ce que d'autres ont tirés de 2022 :
Vingt albums disais-je donc. Vingt disques brillants, avec de vraies découvertes, des coups de coeur gros comme ça, du revenant, des chansons cachées depuis 11 ans, des réponses australienne au buzz du moment, des collaborations de légende, entre autres. Des disques de qualité qu'il a été difficile de ne pas classer plus haut (pour autant que ceci ait une quelconque importance) et qui m'auront accompagnés de longs moments en 2022 - et même quotidiennement pour certains. Et comme lire c’est bien mais écouter c’est mieux, en bas de ce papier se trouvent deux lecteurs Deezer et Spotify dans lesquels vous trouverez une chanson de chacun des albums cités ci-dessous. Bonne lecture, bonne(s) écoute(s) !
40. Swami John Reis - Ride The Wild Night [Swami Records] Swami John Reis, sa carrière longue comme le bras comme leader d'une pelleté de groupes post-hardcore et rock, a décidé de se lancer en solo. En résulte un disque de trente minutes qui ne s'embarrasse pas de détails entre garage et power-rock, plein d’énergie, de fougue et de tubes à la pelle (la chanson titre pour ne citer qu’elle). Un album « continue à fond, on freinera quand on pourra toucher le virage du doigt », aussi immédiat qu'addictif. En savoir plus
39. Peel Dream Magazine - Pad [Slumberland Records / Tough Love Records]Il y a dans les quinze chansons de 'Pad' un peu de Kings of Convenience pour la délicatesse de la voix, pas mal de pop des 60/70s (la pochette étant là pour le confirmer) et beaucoup de Beach Boys. Un très bel album aux airs d'un Burt Bacharach minimaliste, et qui évoque une sorte de sunshine pop rêveuse de fin d'été, quand le soleil tape moins fort, que les jours commencent à raccourcir et les soirées à rafraîchir
38. A Place to Bury Strangers - See Through You [DedStrange] 'See Through You' est le sixième album d’A Place to Bury Strangers et voit le trio de Brooklyn redevenir on ne peut plus intransigeant et bruyant au possible, avec une production au couteau, mais sans délaisser totalement ses élans « pop » récents. Un grand cru, noisy à souhait, évidemment.
37. Animal Collective - Time Skiffs [Domino Records] Loin de la hype de leurs débuts, Animal Collective prouve avec 'Time Skiffs' à quel point le groupe a toujours ce petit truc en plus de composition, cette folie qui n'appartient qu'à eux - quand bien même beaucoup se sont inspirés de leurs travaux. Un album qui est une sorte de retour aux sources, un melting pot de 'Spirit They're Gone Spirit They've Vanished', 'Sung Tongs', 'Feels' et 'Strawberry Jam'. De la folk-pop sous acide, que l'on imagine dirigée par un Panda Bear, réel patron de l'organisation animale, d'où s'échappent encore des petits bijoux, si ce n'est bricolés, au moins tordus dans tous les sens.
36. Nyx Nótt - Themes From [Melodic Records] Voilà un énième disque brillant par une des deux têtes pensantes d’Arab Strap. Un concept album totalement instrumental, centré autour de la télévision, où les huits morceaux retranscrivent l'idée qu'Aidan Moffat se fait des génériques d'émissions ou de films de télévision. Un ensemble de qualité, presque d'une autre époque, dont le meilleur résumé vient d’Aidan Moffat lui-même : « a walk through a neon Soho after a few cocktails ».
35. Field Medic - Grow your hair long if you’re wanting to see something that you can change [Run For Cover Records] Sans conteste la plus belle « touche » (comme on disait quand j’étais ado) de l’année. Un très joli disque de folk, de pop et de folk-pop, bien achalandé (c’est la première fois qu’il a un groupe avec lui), triste mais beau, beau mais triste.
34. Jockstrap - I Love You Jennifer B [Rough Trade]
Premier album pour le duo Ellery/Skye et première réussite. Un disque d'avant-garde, d'art-pop, de glitch-pop (si tant est que ce terme existe), de balades sublimées, de r&b et d'électronica, plutôt fourre-tout mais à la cohérence remarquable.
33. Marie-Flore - Je sais pas si ça va [6&7] Totalement inconnue à mes oreilles jusque là, beau coup de coeur que la découverte de la parisienne Marie-Flore et de son troisième album. Difficile de résister à cette voix qui semble autant désabusée, trainante que sûre de ce qu’elle exprime, de ces mélodies mélancoliques et aux atours déprimés, et de ces textes souvent amers sur l’amour, les relations, la vie.
32. Steph Green - Thanks for That [Mashed Potato Records] Une des très belles pochettes de 2022 pour ce disque qui a tout du mini-album (9 chansons, quelques 20 minutes) de la part de l’américaine Steph Green. Un 'Thanks for That' entre folk et rock à l'aura lo-fi délicieuse et qui rejoint le haut de la scène de songwriteuse qui ne cesse d’exploser depuis quelques années.
31. The Mountain Goats - Bleed Out [Merge Records] Avec pour pierre angulaire les films d’actions en tout genre et de toute époque qu’il a consommé en grande quantité au moment des confinements, John Darnielle a écrit un nouveau disque brillant pour ses Mountain Goats. Un concept-album sur les anti-héros, qui voyage entre pop joliment troussée, balades belles à pleurer et élans rock sacrément efficaces.
30. Hudson Mohawke - Cry Sugar [Warp] De l'électro-trash à des sonorités qu'on dirait composées par Vangelis tout en faisant plus que flirter avec le rap, 'Cry Sugar' vous trimballe dans tous les sens, passe du tout au tout constamment, et n'en reste pas moins passionnant à bien des égards tout au long de ses 73 minutes et 16 morceaux. Un disque qui ne vous met jamais dans le confort et vous prend à défaut à chaque titre.
29. Pusha T - It’s Almost Dry [Def Jam Recordings / Getting Out Our Dreams] Hip-hop, soul, funk sont au programme de cet album de Pusha T, disque incongru par sa durée (35 minutes, aucun remplissage) mais tellement délicieux de bout en bout. Un 'It's Almost Dry' venant avec son lot de featuring cinq étoiles (Kid Cudi, Jay-Z, Clipse) et une chanson majuscule, Dreaming of The Past, qui utilise un sample de la reprise de Jealous Guy de John Lennon par Donny Hathaway en 1972 et sur lequel Pusha T et Kanye West (compositeur du morceau) viennent rapper.
28. Bill Callahan - YTI⅃AƎЯ [Drag City] Si les disques de Bill Callahan sont souvent de bonne facture, cela faisait presque dix ans que l’ancien Smog ne m’avait pas retourné à ce point. Un disque sublime, sans doute un de ses meilleurs, parcouru de titres majuscules (Naked Souls !), aux orchestrations léchées et à la poésie vibrante.
27. Body Type - Everything Is Dangerous But Nothing's Surprising [Poison City Records] Power-indie-pop aux accents punk, 'Everything Is Dangerous But Nothing's Surprising' est une sorte de réponse australienne à Wet Leg, de la part d’un quatuor féminin actif depuis six ans et qui ne s’en laisse pas compter. Gros coup de coeur.
26. Oceanator - Nothing's Ever Fine [Big Scary Monsters / Polyvinyl Record / Plastic Miracles] Plein de petits hook pour relancer ses chansons, malin et jamais passéiste, 'Nothing's Ever Fine' est un disque qui fuzz, qui pop, aux guitares belles comme tout. Finalement, son seul vrai défaut sa pochette, lambda au possible et qui ne rend pas justice à cet excellent album qui dévoile une sacrée artiste dont on n'avait pas soupçonné jusque là tout le talent.
Troisième volet de la série 'King’s Disease', cet album de Nas est en quelque sorte mes retrouvailles avec celui qui aura ambiancé ma fin d’adolescence. Un disque où tout est net et précis, où le flow est percutant et les productions classieuses, engageantes et même jubilatoires.
24. Rosalía - Motomami [Columbia Records] Pas vraiment la cible première de ce genre d’albums, j’ai été totalement happé par la folie Rosalía. Il faut dire qu’il y a de quoi dans ce 'Motomami' où se mêlent autant de r&b que de hip-hop, de trap, de reggaeton que de flamenco revisité et servi à la sauce 2022. Un album pas loin d’être gigantesque et qui est brillant de bout en bout.
23. Sea Power - Everything Was Forever [Golden Chariot Records] Sans doute un peu zappé par tout le monde en cette période de bilan car sorti très tôt en 2022, ce retour des désormais Sea Power (ils ont abandonné le « British ») est pourtant grandiose. Nerveux à souhait, mélancolique comme jamais, aux deux voix toujours aussi complémentaires, 'Everything Was Forever' est un des meilleurs album du groupe jusque là. Quel retour !
22. Danger Mouse & Black Thought - Cheat Codes [BMG] Une association qui sur le papier faisait rêver : d’un côté Danger Mouse, producteur touche à tout. De l’autre Black Thought, patron avec ?uestlove de The Roots. Le résultat est sans appel : c’est évidemment brillant, produit à la perfection, au flow précis de Black Thought et aux invités de prestige (A$AP Rocky, Raekwon, Run the Jewels, Michael Kiwanuka, Joey Bada$$) dont MF Doom pour un featuring venu de l’au-delà.
21. MGMT - 11•11•11 [MGMT Records] Les disques « live » font rarement recettes chez moi. Et quand ils le font, ils n’atterrissent pas dans cette partie là du bilan. Sauf que ce live de MGMT y a toute sa place - et c’est dire sa qualité tant la réputation des new-yorkais est plutôt piteuse en matière de concert. Enregistré il y a onze ans, il ne contient QUE des inédits du groupe, jamais rejoués depuis, et composés spécialement pour une rétrospective consacrée au plasticien italien Maurizio Cattelan. Psyché, souvent hallucinatoire, '11•11•11' est un voyage aérien - parfois sous psychotropes que l'on prendrait par plaques de douze - que l'on ferait affalés dans des nuages douillets.
Petite curiosité que ce live de MGMT que vient de publier le groupe sur son propre label (après avoir quitté Columbia). De un parce que MGMT en concert n'a pas une grand réputation sur scène (vu une seule fois en 2008. Je n'avais pas tenu vingt minutes avant de prendre mes cliques et mes claques). De deux parce que le live date du 11 novembre 2011. Onze ans pour sortir un concert des cartons ? Vraiment ? Oui vraiment. Car celui-ci est particulier.
En 2011, le Guggenheim Museum demande à MGMT s'ils veulent bien venir jouer lors d'une rétrospective consacrée à Maurizio Cattelan, plasticien italien alors célébré par le musée new-yorkais. Le groupe accepte mais plutôt que de venir jouer quelques uns de leurs nombreux tubes, il décide de composer un set spécial de 45 minutes avec uniquement des chansons inédites
Et puis plus rien. Jusqu'au 11 novembre dernier où, onze ans pile après la seconde des deux dates prévues, MGMT a décidé de publier '11•11•11', l'enregistrement officiel de cette soirée, mixé par le groupe et Dave Fridmann. Le résultat ? Brillant. Et ce n'est pas franchement une surprise, MGMT sortant de 'Congratulations' et étant alors à l'apogée de sa créativité (assertion qui n'est en rien une critique sur la suite de leur carrière). Psyché, souvent hallucinatoire, '11•11•11' est un voyage aérien - parfois sous psychotropes que l'on prendrait par plaques de douze - que l'on ferait affalés dans des nuages douillets.
Évoquant plus souvent qu'à son tour Air (Forest Elf époque 'Moon Safari', Unfriend époque '10000hz Legend'), MGMT livre ici un live très cohérent à tel point qu'il est difficile de ressortir une chanson plutôt qu'une autre (mais tout de même, on notera Tell It To Me Like It Is, longue et lente montée hypnotique et psychée qu'un gimmick pop des plus délicieux vient parachever)
Le public présent au Guggenheim Museum les 10 et 11 novembre 2011 était-il au courant que MGMT n'allait pas jouer Time To Pretend, Kids, Flash Delirium, Siberian Breaks et autres Electric Feel mais dix chansons inédites et, les fans confirmeront ou pas, jamais rejouées depuis ? Sans doute pas, mais à en croire les applaudissements qui éclatent quand Under The Porch et sa country psychédélique prennent fin, ils n'ont pas été déçus de la surprise. Onze ans plus tard, moi non plus. (Enregistrement : 11 novembre 2011 - Sortie : 11 novembre 2022)
'11•11•11' de MGMT est en écoute, notamment, sur Spotify et Deezer
Pour commander la version vinyle de '11•11•11' de MGMT, cliquez ici
Trois chansons de '11•11•11' de MGMT en écoute aujourd'hui. Tell It To Me Like It Is, le meilleur morceau de l'album (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer et Youtube). Puis Forest Elf, tout de Air vêtu. Et enfin, Under The Porch, country sous cachetons :
Après vingt premiers albums, et avant le top 50 des meilleurs chansons de l’année, comme le veut la tradition le premier jour de l’année, finissons donc d’établir la liste de quarante albums qui auront animé mon année avec, comme disent les anglais, la crème de la crème, en tout cas selon mes oreilles.
Mais avant ça, allons faire un tour du voisinage :
- Pop News a demandé à quelques artistes de marque (Julien Ribot, Pascal Bouaziz, Olivier Rocabois, Maxwell Farrington & Le SuperHomard, Raoul Vignal et d’autres) de venir faire un bilan de l’année écoulée - Les 100 albums de l'année des indispensables The Quietus
Revenons donc à nos moutons. Vingt nouveaux albums. Et assurément les meilleurs que j'ai pu écouter tout au long de cette année très riche. Une année pleine de coups de cœur, de disques mémorables et qui vont m'accompagner longtemps. Vingt disques avec un artiste de plus en plus habitué de ces tops, de belles découvertes pop, un disque merveilleux où l'ombre d'Elliott Smith plane tout du long, du jazz qui s’acoquine à la pop, des disques enregistrés au débotté, des vieux de la vieille de retour et pas pour faire semblant, et l'album de l'année dantesque et foisonnant. Entre autres. C'est tout cela qu'il y aura eu au programme de mon année 2021.
Et pour mieux découvrir ces vingt albums, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs (Spotify et Deezer) vous proposant un morceau de chacun des disques chroniqués. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !
20. Dummy - Mandatory Enjoyment [Trouble In Mind Records] Premier album du quatuor californien Dummy, 'Mandatory Enjoyment' est un disque épatant, dans lequel on décèlera du Stereolab, mais pas que. Trop Trouble In Mind pour être résumé à cela, il fait aussi la part belle à la noise-pop, à l’indie-pop et au psyché, tout en laissant planer l’ombre de Broadcast. Avec toujours ces guitares qui ne semblent jamais en avoir marre.
19. Clap Your Hands Say Yeah - New Fragility [CYHSY, Inc] Les années passent et Alec Ounsworth continue d’emballer son monde. Désormais seul à la tête du groupe dont tout le monde parlait il y a quinze ans, il aura sorti un des tous meilleurs albums de Clap Your Hands Say Yeah (si ce n’est le meilleur). 'New Fragility' est un disque ambitieux, au chant toujours aussi affecté (mais qui est une des forces et signatures du groupe) très bien arrangé, à la production parfaite, où l’émotion affleure sur chaque chanson.
18. Torres - Thirstier [Merge] Entre tubes pop et rock, bluette irrésistible et balade rock tuante, 'Thirstier' est le genre d’album brillant qui n’aurait pas dépareillé dans la production d’il y a 25 ans. Chansons aux élans mainstream et rock estampillé nineties, le tout saupoudré de pop, la floridienne rend une copie parfaite avec ce disque séduisant de bout en bout.
17. Danny George Wilson - Another Place [Loose Music] Avec un timbre et un chant où l'on jurerait entendre Bob Dylan, Jonathan Donahue de Mercury Rev et surtout le regretté Vic Chesnutt, Danny George Wilson aura réussi son retour pour son deuxième album solo, le premier en seize ans. Pop où country et folk ne s'en laissent jamais compter, 'Another Place' est un vrai beau voyage où les mélodies volettent au bras tantôt de guitares électriques nerveuses, tantôt de guitares acoustiques et délicates, où violoncelle, piano et bruits en tous genres sont de la partie.
16. The Notwist - Vertigo Days [Morr Music] Quatrième album en vingt ans (et le premier pour Morr Music), 'Vertigo Days' voit The Notwist continuer son quasi sans-faute. Un vrai beau voyage, à la diversité certaine et à l'unité impeccable, où les chansons entrelacées s'enchaînent avec une classe folle tout en oubliant ni la mélancolie, ni les mélodies accrocheuses. Un disque mis en orbite par un trio d’ouverture parfait, sans doute le meilleur de 2021.
15. Amyl and the Sniffers - Comfort To Me [Rough Trade Records] Il y aura eu peu de disques aussi immédiats que celui d’Amyl and the Sniffers en 2021. Démarrant pied au plancher, sans jamais ralentir le tempo. A fond tout le temps, du punk dans l'esprit, du garage dans l'exécution, du gabba gabba hey aussi et surtout, des guitares qui n'aiment rien de plus que riffer dans tous les sens, descendre des manches et festoyer avec rage en déballant des tubes par poignées.
14. Middle Kids - Today We’re The Greatest [Lucky Number] Sans doute la face-A la plus réussie de l’année. Tout dans les six premiers titres de cet album des australiens de Middle Kids confine à la perfection avec notamment, deux des chansons de mon 2021, Questions et R U 4 Me. De la pop ultra-efficace à prendre en intraveineuse, avec des cuivres à faire fondre en bandoulière et un rythme souvent échevelé.
13. Painted Shrines - Heaven and Holy [Woodsist] Premier album de Painted Shrines (duo composé de Jeremy Earl de Woods et Glenn Donaldson de The Reds, Pinks And Purples), 'Heaven and Holy' fait dans le folk-rock pysché lové dans les bras d'une indie-pop de belle facture, où les guitares s'en donnent à cœur joie sur un tempo lent et où les élans de voix sont saisissants de beauté. Une sorte de parenthèse enchantée. Un petit délice d'indie-pop. Et un des disques les plus écoutés cette année.
12. Rien Virgule - La Consolation des Violettes [La République Des Granges / Murailles Music / Permafrost / Zamzam Records] Ce
troisième album de Rien Virgule (et le premier sur mes oreilles) est un
voyage dans un monde brinquebalant, inquiétant, où ça craque, ça
crispe, ça martèle et où ça part ici pour mieux finir là. Mais le
(désormais) trio ne laisse jamais les mélodies en chemin ou en retrait,
fussent-elles concassées. Pour ainsi dire, celles-ci sont même
fascinantes de beauté.
11. Arab Strap - As Days Get Dark [Chemikal Underground] Il y a des groupes qui se reforment parce qu’ils sont en manque de liquidités, et préfèrent tabler sur leur passé pour vendre de nouvelles chansons pas abouties mais qui feront mouche en usant de la carte nostalgie jusqu'à la lie. Et puis il y a Arab Strap. Malcolm Middleton avait annoncé que s’ils refaisaient un album, c’est qu’ils auraient les chansons pour. Spoiler alert : ils ont tenu parole. Préparé à être déçu de voir deux idoles se brûler les ailes dans une reformation convenue, j’en suis pour mon argent tant Arab Strap avec 'As Days Get Dark' aura publié un de ses tous meilleurs albums (ce qui n’est pas rien vu leur discographie), influencé par leurs diverses collaborations (Aidan Moffat) et expériences solos (Malcolm Middleton). Quels hommes !
10. Jack Ingram, Miranda Lambert & Jon Randall - The Marfa Tapes [Vanner Records] Trois acteurs phares de la country music américaine actuelle se sont donnés rendez-vous dans un vieux ranch perdu dans le désert, autour d’un feu de camp ou l’arrière d’un pickup pour enregistrer un des albums les plus simples de l’année. Deux guitares, trois voix, des chansons belle à pleurer, et une ambiance incroyable qui s’en dégage. Un disque au temps suspendu et touché par la grâce.
09. Airelle Besson - Try! [Papillon Jaune] Avec la trompette d'Airelle Besson en maîtresse du temps et du tempo, 'Try!' fait partie de ces albums dont la beauté vous explose à l'oreille instantanément. Jazz dans sa couleur et sa conception, il respire la pop par tous les pores. Un voyage gracile et élégant, aérien et sensuel, ardent et allègre. Le genre de disque qui vous fait vous demander pourquoi vous ne mettez pas plus de jazz dans votre vie.
08. Richard Dawson & Circle - Henki [Domino Records]
Richard
Dawson est fan de Circle, groupe finlandais de trente ans d’âge, depuis
longtemps. C’est donc sans doute un rêve d’adolescent qu’il a réalisé en
publiant 'Henki' avec eux. Et quel album ! Baroque, rock et
folk, métal dans l'inspiration, très habillé et porté par des choeurs et
la voix qui part dans tous les sens de Richard Dawson. Un Dawson qui
confirme album après album qu'il est un des artistes les plus
passionnants de ces dernières années.
07. Julien Ribot - Do You Feel 9? [December Square]
Entièrement chanté en anglais, composé autour de la personnalité et de l'histoire d'un certain Neon Juju, 'Do You Feel 9?' est un disque qui va puiser son inspiration chez David Bowie, Air, MGMT ou Foxygen. De la pop orchestrale, léchée et lettrée, du glam-rock, pour un résultat ambitieux et grandiose. Un album majuscule de la part d’un compositeur génial.
06. James Yorkston and The Second Hand Orchestra - The Wide, Wide River [Domino Records] 'The Wide, Wide River' est un disque absolument majestueux. Du genre de ceux qui respirent le talent, évidemment, le plaisir aussi. Et surtout la liberté. Un album incroyablement généreux et vivant, genre de miracle inattendu, enregistré sans idée préconçue, live et au débotté (en trois jours, l’affaire était pliée). Et qui est plein de superbes chansons que The Second Hand Orchestra habille avec un doigté rare. Comme le dit James Yorkston : « this fast-footed, free-wheeling album ». En roue libre. Mais quelle belle roue libre.
05. Tele Novella - Merlynn Belle [Kill Rock Stars] Vintage sans être en rien daté, pas vraiment d'aujourd'hui sans être totalement d'hier, 'Merlynn Belle' du duo Tele Novella est un des disques que j’aurais le plus écouté en 2021. Mélodies pop soignées qui se baladent au bras d’une country-folk de cent ans d’âge quand ce n’est pas à celui de Stephin Merritt des Magnetic Fields ; chant divin de Natalie Ribbons, conteuse et pleine d’harmonies dans la voix ; tout est réuni pour en faire un des disques les plus beaux de l’année. Un album hors du temps et pour autant incroyablement moderne.
04. Floating Points, Pharoah Sanders & The London Symphony Orchestra - Promises [Luaka Bop] Avec pour canevas sept notes de piano jouées et répétées tout du long, comme un mantra, cet album et ses neuf titres n’en formant qu’un est le disque le plus cohérent de tous ceux que j’ai pu écouter cette année. L’alchimie entre le « trio » Floating Points, Pharoah Sanders et The London Symphony Orchestra est évidente et le résultat totalement envoûtant. Une petite merveille onirique et quasiment instrumentale de quarante-six minutes.
03. Sam Forrest - Aeroplane Days [Hidden Bay Records]
Une âme toute Elliott Smith-ienne se promène de par en par de ce 'Aeroplane Days' de l'anglais Sam Forrest. Un album qui aligne les chansons soyeuses, mélancoliques, élancées. En un mot comme en cent merveilleuses. Et même lorsqu'il s’échappe vers des horizons plus synthétiques, Sam Forrest séduit son monde. Sans doute un des plus beaux disques de l’année 2021 et un très grand album.
02. Little Simz - Sometimes I Might Be Introvert [Age 101] Alors qu’il aurait du être écrasé par Introvert, sa chanson d’ouverture, 'Sometimes I Might Be Introvert' arrive à se départir de ce titre majuscule pour mieux s’en servir comme rampe de lancement. Car la suite ne va pas baisser la garde et laisser filer. Entre hip-hop, jazz, soul/neo-soul, r'n'b, pop, rap et afrobeat, le tout sous couvert d’orchestrations chiadées et ambitieuses, et d'un flow puissant, Little Simz tape fort et juste avec cet album grandiose. Pour ainsi dire, même la pochette est splendide ici. Masterpiece, ni plus ni moins.
Sans conteste possible, l’album monstre de l’année. 3h23 de musique au programme. 'Tidibàbide / Turn' s’ouvre et se referme par un chant traditionnel. Au milieu, 34 autres morceaux protéiformes qui balaient tout un pan de la musique (actuelle ou non), du folk shamanique à la pop, du trip-hop à la techno, du spoken-word au jazz, du r'n'b aux chants traditionnels (donc) en passant par l'electro-pop ou d’ambiance plus techno, que Kìzis mêle de voix célestes, de violons qui volettent comme du néo-classique, et d'arrangements soyeux - quand ils ne sont pas bricolés. Alors oui, tenir la longueur sur 3h23 n’est pas que difficile, c’est impossible. Et il faut reconnaître que le cœur de l’album est un peu moins emballant. Pour autant, Kìzis n’en a cure, tient son cap et arrive au final à faire passer les titres plus faibles pour des respirations pour mieux continuer d’embarquer son monde.
Et de toutes façons, cela ne change rien à notre affaire. S'il n'est pas sans défauts, 'Tidibàbide / Turn' est assurément l'album le plus passionnant de l’année, lui qui arrive à ne pas s’écrouler sous le poids de son ambition démesurée. Un disque monde, rien de moins.
Et comme promis, ci-dessous (ou sur les liens ci-contre), vous trouverez dans les lecteurs Spotify et Deezer une chanson de dix-neuf albums chroniqués ci-contre. Le vingtième extrait, celui de 'La Consolation des Violettes' de Rien Virgule (absent des plateformes de streaming), il est disponible via bandcamp :