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mardi 26 décembre 2023

Bilan 2023 : Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »

 
Mardi 26 décembre. Je crois qu'il est plus que l'heure de mettre un terme à cette année 2023 qui, si je ne l'effacerai pas totalement de mon esprit comme 2022 et 2021, ne restera pas dans mes annales. Musicalement par contre, il y a des choses à dire. Beaucoup même. Alors tirons-en le bilan, en quatre temps comme le veut la tradition dans ses pages. Tout d'abord en listant les 45-tours, 12", Ep et autres rééditions ou compilations qui auront rythmé mes oreillles. Puis en classant les quarante albums qui auront animé mon année (en deux papiers, histoire que ce ne soit pas trop indigeste). Avant de finir, le jour de l'an, par les cinquante chansons 2023, toujours selon mes oreilles.

Toutefois, avant de s'épancher et de lancer la machine, allons jeter un oeil, là aussi comme le veut la tradition, chez les voisins pour voir ce qu'ils ont pensé eux de l'année musicale 2023 :
- Les meilleurs albums selon la rédaction d’Addict Culture
- Les Bilans individuels 2023 de Pop News
- Les 10 meilleurs albums de l’année selon Mind Riot Music
- La cuvée 2023 de Pinkushion
- La playlist de l’année de Sound of Violence
 

Première partie donc, consacrée aux formats hors-albums. Avec cette année de l'Ep, tu en veux tu en as, du 45-tours racés, des singles qui aurait mérité de connaître une version physique (mais qui sont tout de même comptabilisés dans la discographie des groupes concernés), des inédits de Sufjan Stevens, une réédition qui prouve à quel point Daniel Johnston était un sacré songwriter et enfin une compilation de chutes de studios d'un chef d'oeuvre.
Les treize disques dont il est question ici sont à découvrir ci-dessous. Mais comme lire de la musique c'est bien mais que l'écouter c'est encore mieux, au bas de ce billet se trouvent des lecteurs Spotify et Deezer compilant une chanson de chacun des disques présentés (ainsi qu'un lecteur pour une chanson de Sufjan Stevens, introuvable ailleurs). Bonne lecture et bonne écoute !

Bilan 2023 :
Top 50 « Chansons »
Top 40 « Albums » : 20-01
Top 40 « Albums » : 40-21


7" / Single numérique

The Beths / Pickle Darling / Car Seat Headrest - Brand New Colony / We Looked Like Giants 7" [Sub Pop]
En 2003, Ben Gibbard sortait avec ses Death Cab For Cutie 'Transatlanticism', formait avec Dntel l'éphémère The Postal Service et publiait 'Give Up', chef d’œuvre absolu (et accessoirement un des disques de ma vie). Vingt-ans plus tard, Sub Pop célèbre ces deux albums avec un 45-tours qui voit The Beths et Car Seat Headrest (accessoirement deux de mes groupes préférés actuels) reprendre une chanson de chacun de ces disques. Et c’est évidemment parfait.
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Nina Nastasia - This Is Love b/w You Were So Mad [Temporary Residence Limited]

N'ayant pas eu le succès qu’elle méritait avec l’album de son retour, Nina Nastasia continue de faire vivre 'Riderless Horse' et ses chansons. La preuve avec ce 45-tours numérique où elle reprend This Is Love et You Were So Mad avec Marissa Paternoster, guitariste et chanteuse des désormais feu Screaming Females. En s’éloignant de la version d'origine et en l'agrémentant d'une guitare électrique, de quelques légers larsen, d'un piano et donc de leur deux voix, le résultat est sincèrement sublime et pourrait toucher ceux que l'austérité de 'Riderless Horse' pouvait rebuter.
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The Telephone Numbers - Weird Sisters 7" [Meritorio Records / Prefect Records]
Deux chansons absolument parfaites, où la mélancolie se dispute avec une indie-pop et une jangle-pop d’excellente facture : ce 45-tours de The Telephone Numbers est impeccable de bout en bout. Il va falloir qu’on commence à parler beaucoup plus de ces jeunes gens.
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Weird Nightmare - She’s The One [Sub Pop]
Les mois passent et Alex Edkins (via son moniker de Weird Nightmare) continue son sans faute. Après un premier album très réussi, il enchaine les singles, dont cette reprise de She's The One de The Ramones à laquelle il donne un verni très sixties avec une prodcution comme d’époque et un piano clinquant. Une formidable reprise, qu’on dirait sortie du catalogue des Beatles. Son seul défaut ? N’exister qu’en digital.
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12"

Animal Collective - Defeat 12" [Domino Records]
En amont de la sortie de 'Isn’t It Fun?', Animal Collective a publié Defeat en single. Enfin, « single » plutôt. Vingt-deux minutes (beaucoup de groupes sortent des Ep moins longs) de folk psychédélique et expérimental, absolument prenant et qui résume toutes les facettes de ce groupe incroyable. Et comme si cela ne suffisait pas, en face-B, nos quatre amis déposent The Challenge, un morceau improvisé qui ouvrait les concerts de la tournée de 'Time Skiffs'. Dément lui aussi. Décidément, ces gens là ne feront jamais rien comme les autres.
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Sufjan Stevens - 5 Unreleased Songs 12" [Asthmatic Kitty Records]
En marge de 'Javelin' (on y reviendra), Sufjan Stevens et Asthmatic Kitty Records ont publié (en exclusivité pour « Rough Trade ») un disque de cinq chansons inédites en bonus, dont le magasin anglais vient de sortir la version vinyle (en édition limitée évidemment). Sans doute tirées des sessions de l’album, ces cinq morceaux, folk, acoustiques et moins travaillés sont d’une grande beauté, qui se termine par le sublime The Kiss of Niobe (en écoute exceptionnellement plus bas).
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EP
 
A7PHA - Many Headed Ep [Handsmade Records]
2023 aura signé le retour dans mes oreilles de toute la clique d’Anticon que j’avais délaissée depuis des années. Premier exemple, cet Ep de A7PHA, acronyme curieux derrière lequel on retrouve Mestizo et doseone. Pour bien faire, les deux ont invité sur les deux premiers titres d’anciens comparses Buck 65, Aesop Rock et WHY. Le résultat est aussi puissant que détonnant pour une sorte de grande messe abstract. Histoire de bien faire les choses, A7PHA finit ce 'Many Headed Ep' par un nouveau morceau, lui aussi parfait.
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FIDLAR - That's Life Ep [-]
A la sortie de 'Too' et surtout du formidable single 40oz on Repeat (dont le clip, s’il était sorti vingt ans plus tôt, serait resté dans toutes les mémoires), tous les feux étaient au vert pour FIDLAR. Le trio aurait du devenir énorme. Et puis non. Alors le groupe a continué, avec quelques Ep par ci, beaucoup de singles par là et quelques albums. Rien de bien transcendant à dire vrai, mais 'That's Life Ep' est un inattendu retour de flammes, punk (à roulettes aussi) et crétin à souhait, plein d’éclats de voix et de guitares.
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Le collage de France - Rue des Boulets Ep [Les Disques Pavillon]
Nouvelle itération de Rémi Nation, l’homme derrière Orouni : Le collage de France. Un groupe fourni, des chansons pop classieuses et léchées où cordes, claviers et autre flûte virevoltent sur quelques volutes synth-pop. Un ensemble jamais dans le clinquant, toujours beau et extrèmement prometteur (l’album est déjà dans les tuyaux).
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Dominique A - Reflets du monde lointain Ep [Cinq7 / Wagram]
Ecartées du tracklisting de 'Le Monde Réel', son album de l’an passé, les chansons de 'Reflets du monde lointain' ne sont pourtant pas de simples face-B. Des morceaux comme Les vagues et les regrets ou Chaque enfant dans son monde sont des chansons que n’importe quel auteur-compositeur rêverait d’écrire. Plus consistant que 'Le Monde Réel', cet Ep prouve comme s'il était besoin que Dominique A est un artiste incroyable, que nous prenons trop pour acquis.
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Legss - Fester Ep [The state51 Conspiracy]
Post-punk empreint de post-rock, pas exempt de balade mélancolique et de rage noise-rock/grunge, 'Fester' est un Ep (le troisième) plus que recommandable de la part Legss, encore un groupe londonnien qui est une énième preuve de la vivacité de la scène anglaise actuelle.
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REEDITION
 
Various Artists - I Killed the Monster: The Songs of Daniel Johnston [Shimmy]
Publiée en 2006 et rééditée cette année, cette compilation hommage à Daniel Johnston est bien plus qu’une très belle curiosité. Vingt-une chansons de l’américain sont au programme, de certaines de ses plus célèbres à d’autres plus obscures - comme une bonne partie du roster ici, même si on notera tout de même les présences d’un certain Sufjan Stevens ainsi que de Kimya Dawson, Jeffrey Lewis et Jad Fair d’Half Japanese). Dans une grande majorité, rien de lo-fi mais plutôt des versions amples, orchestrées et travaillées des chansons originales. Un disque de reprise tout à fait délicieux et qui prouve à quel point Daniel Johnston était un songwriter incroyable.
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COMPILATION


Bob Dylan - The Bootleg Series Vol. 17: Fragments – Time Out of Mind Sessions (1996–1997) [Columbia Records]
Bob Dylan a eu plusieurs vies. Et en a profité pour parsemer sa carrière d'innombrables chefs d'oeuvre. Le dernier en date est sans doute 'Time Out of Mind', disque noir sorti en 1997. Il était temps que les Bootleg Series que son label de toujours Columbia s'occupe de son cas. Le résultat est à la hauteur du disque en lui-même. Et à la hauteur des tous meilleurs Bootleg Series publiés jusque là (notamment 'The Bootleg Series Vol. 12: The Cutting Edge 1965-1966', 'The Bootleg Series Vol. 14: More Blood, More Tracks' ou 'The Bootleg Series Vol. 5: Live 1975 - The Rolling Thunder Revue'). Cinq disques, dont un premier qui propose un nouveau mix de l'album original. Et ensuite - et surtout !- quatre autres qui proposent des versions démos, des chutes de studio et d'autres versions alternatives. C'est absolument passionnant, ébouriffant la plupart du temps même, avec des versions délaissées que d'aucuns rêveraient avoir pu enregistrer. Décidément, cette collection "Bootleg Series" est un sans faute jusque là.
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lundi 27 octobre 2014

[Track of The Day] Kid Koala and Emiliana Torrini - Nightfall (Pale Blue)

Du réalisateur canadien Jason Reitman, on se souvient surtout de 'Juno', joli film indépendant, bien aidé par une BO de haute volée où se côtoyaient Kimya Dawson, Belle and Sebastian, The Velvet Underground ou encore Sonic Youth. Mais pour moi, il y a surtout 'In The Air', chef d’œuvre poignant qui m'avait totalement bouleversé à l'époque aussi bien par son histoire que la justesse du jeu d'acteur que de la réalisation.

Cinq ans et deux films (que je n'ai pas vu) plus tard, Jason Reitman revient avec un nouveau long métrage, 'Men, Women and Children', nouvelle comédie dramatique, qui ne semble pas avoir les faveurs des critiques - ni du public - jusque là, mais qu'on pourra découvrir en France le 10 décembre prochain.

Sur la bande originale de 'Men, Women and Children' (film qui traite des rapports humains dans une société hyper-méga connectée comme la notre - la bande-annonce plus bas vous donnera une idée), on pourra retrouver un ancien ambianceur de nos oreilles dans les années 2000, Kid Koala, artiste perdu de vue depuis belle lurette, même si sa présence sur 'Deltron 3030 - Event II' l'avait rappelé à mon bon souvenir.

Cette fois, il s'allie avec la toujours sublime Emiliana Torrini pour un Nightfall (Pale Blue) très éthéré, vaporeux, atmosphérique et triste, que l'on aurait également pu imaginer dans les cordes vocales d'un crooner. Une chanson loin des scratchs et des productions qui ont surtout fait le succès de Kid Koala dans le passé.

Une chanson qui fermera la bande-originale du film, dans laquelle on pourra retrouver des morceaux de Four Tet (Unicorn) ou Bob Dylan (Wigwam) ainsi que des compositions originales de Bibio, qui semble être l'ordonnateur de l'emsemble. Et à lire le tracklisting, on a la confirmation de ce que l'on pouvait pressentir : on ne devrait pas rigoler des masses à regarder 'Men, Women and Children'.

Album : Men, Women and Children Original Soundtrack
Année : 2014
Label : Warner Bros

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Nightfall (Pale Blue) est également en écoute sur le soundcloud d'Emiliana Torrini. (malheureusement plus en écoute)


La bande-annonce de 'Men, Women and Children' est disponible quant à elle ici :



jeudi 9 octobre 2014

[Track of The Day] Fear of Men - Descent

Quatuor de Brighton, Fear of Men son deuxième album 'Loom'. Groupe à côté duquel j'étais passé l'année dernière. Et que j'aurais aimé découvrir sur scène lors de la première soirée de 'Heart of Glass, Heart of Glass' il y a quelques semaines de cela si un périphérique lyonnais embouteillé comme rarement m'en avait laissé la possibilité.

Fear of Men fait dans l'indie-pop pleine de guitare, mais qui a une chose que les autres n'ont pas : Jessica Weiss ; et surtout sa voix. Sa particularité ? Elle rappelle étrangement celle de Trish Keenan, chanteuse de Broadcast, disparue il y a bientôt quatre ans. D'ailleurs, Fear of Men, et cette similarité dans la voix aidant, me fait penser à un Broadcast pop, avec ce souci évident pour la mélodie, avec une rythmique d'une grande force, une production aux oignons et des guitares ne tombant jamais dans la surenchère. Sur certains passages, on jurerait presque entendre un croisement entre The Magnetic Fields et Broadcast (America).

Mieux, sur Atla, la toute dernière chanson de 'Loom', tout en acoustique, il y a ce côté anti-folk, comme si une version féminine de Jeffrey Lewis avait fricoté avec Kimya Dawson. Décidément, ces jeunes anglais ont tout pour plaire.

Album : Loom
Année : 2014
Label : Kanine

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Descent est également en écoute sur le soundcloud des Fear of Men et ci-dessous :




America, la chanson qui me fait penser à une rencontre entre les Magnetic Fields et Broadcast :



Luna, une des chansons de 'Loom', a également sa version française. Objectivement, on ne comprend pas grand chose à ce qu'elle peut raconter, mais c'est très mignon :


Enfin, Fear of Men s'est osé à une reprise de Ty Segall sur la face-b de leur single Tephra :



mardi 29 décembre 2009

Top 50 'Albums 2009': 10-01


Alors qu'on attend toujours que le Naze Journal fasse le sien, Pandaocarré et Mick ont commencé leurs tops albums pendant qu'Arbobo met la dernière touche au sien. The Civil Servant en est quand à lui déjà à la sixième partie de son Ceci n'est pas un classement des albums de 2009. Lyle et sa belle idée (sorte de tournoi pour élire la chanson de l'année) en est au stade des 1/4 de finale, *Kris sort enfin de sa réserve et De La Lune On Entend Tout la joue badge vintage. Et pendant ce temps là, Sonic Eric prouve à son fils que "oui, j'écoute pas que des artistes décédés"!

Et moi me direz-vous? Ben voilà la dernière partie. Après les Eps et autres 7", après le Top chansons, après les 40 premiers disques (ici et là), voilà donc les dix albums qui auront le plus touché mon petit coeur de jeune trentenaire durant cette année 2009. De vraies découvertes, de gros coup de cœur et le disque parfait pour entamer une nouvelle décennie, que l'on passera sans Vic Chesnutt.


En bas du papier, vous trouverez un lecteur grooveshark, comme le veut la tradition.
2009 se referme donc pour I Left Without My Hat. Passez de bonnes fins (déjà!) de fêtes, profitez-bien, portez bien vos masques de grippés A, et rendez-vous en janvier 2010.



10. Jeffrey Lewis & The Junkyard – 'Em Are I [Rough Trade]
Accompagné de The Junkyard (le groupe de son frère Jack), Jeffrey Lewis sort enfin l’album cohérent que l’on attendait depuis 'The Last Time I Did Acid I Went Insane'. S’il ne perd pas de vue l’esprit anti-folk qui est depuis le départ le sien (il est quand même une des pierres angulaires du mouvement), Jeffrey Lewis pond là un '‘Em Are I' qui sent bon le rock bruitiste et les balades country-pop. Cet album, délicieux en tous points, est peut-être d'ailleurs son meilleur.
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09. Dominique A – La Musique [Cinq7]
Dominique A est là et plus que jamais là. Nouvel album et nouvelle réussite. Son ‘La Musique’, plus intimiste et sobre que ses derniers élans, est un vrai manifeste de pop. On retrouve un Dominique A sur le fil, enchainant mélodies travaillées et rythme effréné. Surtout il compose une chanson, refusée par Bashung, peut-être la plus belle de son répertoire, Immortels. Et, en cadeau, il offre un deuxième album, 'La Matière', presque aussi bon, en bonus disque. Ce mec est grandiose.
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08. Fuck Buttons – Tarot Sport [ATP]
Si Surf Solar est indéniablement un des grands hymnes de cette année 2009 (dont il faut écouter la version longue plutôt que la trop courte version single. Voir là), il ne faut pas croire que ce n’est que l’arbre qui cache une forêt. Au contraire, après un ‘Street Horrsing’ redoutable, les Fuck Buttons changent de registre, appellent Andrew Weatherall (un des types derrière Two Lone Swordsmen) à la production, invoquent les claviers hypnotiques et rendent une copie impeccable. Mélange de M83, Animal Collective et Black Dice, ce ‘Tarot Sport’ est un incroyable album festif et exigeant.
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07. Emmy The Great – First Love [Close Harbour]
Guest-vocal du premier album de Lightspeed Champion, Emmy The Great s’est émancipée et sort un premier album doux et beau, qui décrit avec talent un quotidien pas toujours rose. Entre folk, americana et country, la grande Emmy invoque les âmes de Nina Nastasia, Kimya Dawson ou Jenny Lewis. Sacrée parolière, Emmy The Great est une songwriter qui devrait rapidement compter.
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06. Animal Collective – Merriweather Post Pavilion [Domino]
Je vais presque finir par en avoir marre de toujours mettre Animal Collective dans mes tops de fin d’année. Sauf que je ne peux pas faire autrement. La faute à une inventivité sans fin, une certaine idée de la pop et de la musique assez unique. Plus mélodique, fait de beats électro et de toujours autant de psychédélisme, ‘Merriweather Post Pavilion’ propose une nouvelle évolution dans le son du groupe. Une de plus. Avec une grande réussite. Une de plus là aussi.
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05. The Lonely Island - Incredibad [Universal Republic]
L’album le plus crétin de l’année, peut-être même de la décennie. Les tauliers du Saturday Night Live Show, mené par ce taré de Andy Samberg composent un album hip-hop dopé aux lyrics aussi drôles que bien senties. Emmenant dans leur voyage Justin Timberlake (hilarant dans Dick in a Box), Natalie Portman (immense Natalie’s Rap), Julian Casablancas (voir là) T-Pain ou Norah Jones, The Lonely Island réussissent leur pari du comedy-album malin. Hilarant, musicalement béton et complété par quelques clips déjà mythiques, cet album est tout sauf ‘Incredibad’.
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04. Dear Reader – Replace Why With Funny [City Slang]
Dear Reader ou la douceur de l’année venue d’Afrique du Sud. Une vraie révélation qui m’a explosé à la figure un soir où ils ouvraient pour Get Well Soon à la Salle du Kao de Lyon. Ce ‘Replace Why With Funny’ est un magnifique album pop, extrêmement bien arrangé, qui rappelle par moments Fiona Apple. Toutes les chansons respirent ici finesse et délicatesse. Immense coup de cœur.
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03. Mumford & Sons - Sigh No More [Gentlemen of The Road]
Attention gros morceau. Voilà l’album qui peut résumer à lui seul tout un pan de la musique des années 2000. Pop-folk dans la lignée d'Arcade Fire ou de Noah and The Whale, on sent même du Beirut par ci et même du Springsteen là. Il y a tout sur ce ‘Sigh No More’ : des hymnes héroïques et euphoriques, des passages plus touchants. Du banjo, de la mandoline, énergique, efficace, poétique et tout simplement beau, cet album est une collection de perles dont il est très dur de se défaire. Avec Dear Reader, la très grande révélation de l’année.
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02. Vic Chesnutt - At The Cut [Constellation]
Depuis qu’il s’était mis en tête de travailler avec toute la confrérie canadienne du label Constellation, Vic Chesnutt semblait avoir retrouvé une seconde jeunesse. Si ‘North Star Deserter’ était déjà un album sublime, ‘At The Cut’ est d’un autre niveau encore. Plus que jamais post-rock-folk, Vic Chesnutt est ici à son sommet. Les Guy Picciotto, Thierry Amar et autres Efrim sont plus que jamais au service d’un maître à son apogée. Poignant et désespérément beau; 'At The Cut' est une nouvelle bénédiction. Et on pourrait dire la même chose de 'Skitter On Take Off', l'autre album du bonhomme enregistré avec Jonathan Richman.
Bref, un des plus beaux compositeurs qui soit, et qui a préféré tirer sa révérence un soir de noël 2009, nous laissant là, pantois, frissonnant et pleurnichant à chaudes larmes. Heureusement, il nous reste ses 'Is the Actor Happy?', 'Drunk' ou ce 'At The Cut' dont les chansons prennent un sens bien plus terrible qu'il y a encore 1 mois.
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01. Current 93 – Aleph at Hallucinatory Mountain [Durtro Jnana]
Voilà un album terrifiant et incroyablement indispensable en cette année 2009. Current 93 compose ici la bande-son de la fin du monde, de la dévastation, de la destruction, du chaos, du néant. Dronesque, noisy, expérimental, acid-folk, avec guitares taillées en pointe et cordes brillantes mais lugubres, David Tibet et sa grande confrérie (de Rickie Lee Jones à James Blackshaw), pond là un chef d’œuvre dont on ne le pensait plus capable. Œuvre jubilatoire et exigeante, ‘Aleph at Hallucinatory Mountain’ est un bien bel album pour clore la décennie et ouvrir la suivante, sur des bases totalement nouvelles.
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Et comme à chaque fois, un lecteur Grooveshark reprenant un titre de chacun des albums présentés ci-dessus:

jeudi 22 octobre 2009

Jeffrey Lewis & The Junkyard - 'Em Are I [Rough Trade]

Voilà un jeune homme qui n'aura pas vraiment marqué son époque. Mais, j'en suis persuadé, dont on réévaluera ou découvrira l'oeuvre dans une décennie ou deux: Jeffrey Lewis.

Pourtant, à l'explosion (ou au retour sous les projecteurs, c'est selon) de la scène anti-folk au début des années 2000, il était là. Il en était même un des leaders. Une décennie plus tard, il est toujours là, un des seuls vrais survivants de ce mouvement, avec ses amis Kimya Dawson et Adam Green des Modly Peaches (et leur seconde vie Juno-esque).
Entre les deux, cinq albums: des marquants ('It's The Ones Who've Cracked That The Light Shines Through', au hasard) et d'autres juste bons, mais recelant tous des chansons et des textes ciselés (ce mot est totalement cliché mais il convient bien à ses compositions), la plupart du temps excessivement drôles.

Cette année, Jeffrey Lewis est de retour avec un nouvel opus, ''Em Are I'. Un disque dans la continuité des précédents, où Lewis continue de trancher avec son passé. Car depuis ses débuts, notre homme abandonne peu à peu ce côté Do It Yourself qui l'a fait connaitre. Et cet album est le disque qu'enfin on était en droit d'attendre d'un tel artiste.

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit: 'The Last Time I Did Acid I Went Insane' reste un très grand disque. Mais Jeffrey Lewis a une telle finesse d'écriture, un tel second degré, un tel humour, que c'est vraiment un grand plaisir de le voir enfin arriver à quitter presque entièrement ce côté lo-fi/bricolo/à la ramasse qui a fait son personnage pour mieux mettre en valeur ses textes et ses compositions.

Accompagné de The Junkyard, le groupe de son frère Jack, présent depuis le début de son aventure discographique, Jeffrey Lewis confirme une fois de plus qu'il est un songwriter de tout premier plan, évoluant ici entre rock bruitiste, country songs et balade acoustique et pop.

Et même si l'on sent sur certains passages l'envie d'un retour à des chansons j'm'enfoutiste (quand il balance en plein morceau, comme ça, "This song was written by Jack. It's called The Upside-Down Cross" par exemple), s'il garde ce côté DIY (la pochette est une fois de plus signée de sa main),''Em Are I' reste un disque fin, intelligent et bien écrit, de bout en bout.

Limite canalisé, ne partant pas dans tous les sens, Jeffrey Lewis sort un nouvel album très cohérent, rempli de jolies chansons et de rock brut. D'ailleurs, histoire que cela soit bien clair pour tout le monde, disons le tout de go: notre homme vient (peut-être) de sortir son meilleur album à ce jour. (sortie: 19 mai 2009)

NB: Vu que c'est elle qui en mai dernier avait attiré mon attention sur ce nouvel album de Jeffrey Lewis, rendons à Cécile ce qui lui appartient (surtout avec une belle chronique comme celle-ci).


Son:
Myspace (Deux chansons de ce ''Em Are I' en écoute)
Site officiel

Deux titres en écoute aujourd'hui. The Upside-down Cross, la chanson écrite par Jack Lewis, psychée-punky comme il faut, et la superbe balade Bugs & Flowers qui se passe de commentaires (malheureusement plus en écoute).


Et pour finir, deux vidéos, pour le plaisir. Tout d'abord le clip de To Be Objectified, chanson présente sur ''Em Are I':




Et une biographie dessinée et chantée de Barack Obama, filmée avant les élections de 2008:


mercredi 14 octobre 2009

[Track of The Day] Adam Green - What Makes Him Act So Bad

Et Lou Reed se transporta dans le corps d'Adam Green. Enfin surtout dans ses cordes vocales. L'ami de Carl Barat, découvert via The Moldy Peaches et son amie Kimya Dawson, et auteur de fameux albums aux paroles drôles et amères, revient le 8 janvier prochain avec un nouvel album 'Minor Love'.
Et sur le premier extrait disponible, What Makes Him Act So Bad, on se croirait revenu dans les années 70 de Lou Reed: ambiance, grain de voix, tout y est. Très encourageant après deux albums décevants où son piquant et ses mélodies semblaient avoir disparus. Il règne cependant une atmosphère assez austère sur toute cette chanson: pas dit qu'on rigole beaucoup sur ce 'Minor Love'. 

Album: Minor Love 
Année: 2010 
Label: Rough Trade

Aujourd'hui, pas de titres dans le lecteur grooveshark (un petit problème technique) mais dans le lecteur ci-dessous. Mais vu que ca plante quelques pages de mozilla (il faut en fait updater votre version), voilà uniquement le lien où vous pouvez télécharger, légalement, la chanson:

mardi 10 mars 2009

Emmy The Great – First Love [Close Harbour]

Si j’ai souvent fait l’éloge d’artistes féminines dans la partie Oldies (de Millie Jackson à Evie Sands en passant par Syreeta), je n’ai que trop rarement évoqué (au moins à mon gout et à quelques Nina Nastasia, Rosie Thomas, Delphine Dora ou Mira Calix près) dans ces pages des albums récents d’artistes du, soit disant, sexe faible.

Alors quand je suis tombé sur le premier album d’Emmy The Great (de son vrai nom Emma-Lee Moss), je me suis dit qu’il était temps de rattraper mon retard en la matière. Car cette anglaise de 25 ans a du talent à revendre et son premier album, ‘First Love’, un sacré charme qui ne cesse croître au fur et à mesure des écoutes.

Emmy The Great, pour peu que l’on ait suivi l’actualité musicale de début 2008, n’est pas une nouvelle venue. Elle était en effet une des guests vocales du premier album de Lightspeed Champion, ‘Falling Off the Lavender Bridge’.

Après une presque dizaine de singles, la belle brunette saute donc le pas et sort son premier album, ‘First Love’. Un disque apparemment anodin au départ mais qui s’avère rapidement bien plus que cela. Car derrière son apparence épurée, cet album est un voyage au pays du doux et du beau, entre folk, americana et country, porté par des accords de guitare acoustique, des chœurs doucereux, des cordes et une mandoline délicates; et surtout par cette voix délicieuse, presque timide par moment, qui a le bon goût de ne jamais s’échapper dans d’improbables montées lyriques chères à tant de ses consœurs.

‘First Love’ n’est pas à proprement parler un disque qui respire la joie de vivre. On sent derrière quelques élans enjoués une tension, de vraies déchirures et de grandes souffrances, symbolisées par des paroles douce-amères et d’excellentes tenues.

Sorte de mélange de Nina Nastasia, Kimya Dawson, Jenny Lewis et Nickel Creek, Emmy The Great est une songwriter qui possède un talent fou pour dépeindre un quotidien pas toujours rose et des souffrances qui ne veulent pas s’atténuer. Et quand elle rend hommage ou simplement évoque Bob Dylan, MIA ou Leonard Cohen (et son Hallelujah via un vibrant First Love: «Now the thought of you is burnt // on my body from the first time you did rewind that line from Hallelujah // The original Leonard Cohen version»), elle n’en est que plus touchante. (sortie: 2 février 2009)


Son :
Myspace (un titre de ce ‘First Love’ en écoute)
Site officiel
Deux titres en écoute, très représentatif de l’album. Absentee, qui ouvre ce ‘First Love’, et son refrain divin, et Dylan, une chanson qui évoque le grand Bob de façon inhabituelle («And you say Dylan is a sentiment // That no one else will ever understand // And you say Dylan is a sentiment to you // But you are only just a man»), malheureusement plus en écoute.


Trois beaux clips de la demoiselle à regarder également : First Love (où elle s’amuse à rendre hommage à l’Hallelujah de Leonard Cohen), Easter Parade (qui rappelle Nina Nastasia) et un We Almost Had A Baby qui semble avoir été composé dans les années 60 :


Emmy the Great- First Love 



Emmy The Great - Easter Parade




Emmy The Great - We Almost Had A Baby


jeudi 25 décembre 2008

Top 50 'Albums 2008': 30-11


Afin de rendre le tout plus lisible et moins lourd, voilà la partie 2, les albums classés de la place 11 à la place 30.
Et toujours, en bas, un lecteur qui reprend un titre de chaque album présenté ci-dessous.



30. Why? – Alopecia [Anticon]
J’ai du mettre huit mois à comprendre ce disque. Tout du moins à l’aimer. Restant sur l’exceptionnel ‘Elephant Eyelash’ (pour moi un des plus grands disques pop des années 2000), je ne m’attendais surement pas à autant de lenteur et de noirceur. C’est sûrement cela. Car mis à part un ou deux singles, le tout m’ennuyait. Et puis là, ces derniers temps, j’ai retenté ma chance. Et force est de constater que j’avais totalement tort. Non, Yoni Wolf n'est pas mort et continue de sortir de grandes compositions. Ce disque n’a peut-être pas à mes yeux la grandeur de son prédécesseur, mais il n’en est pas loin. Très habité, torturé, Why? gagne en profondeur et sort une sorte de synthèse entre le côté volontairement bancal d’’Oaklandazulasylum’ et le côté pop d’’Elephant Eyelash’. Grand album.
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29. Pumice – Quo [Soft Abuse]
Voilà à quoi cela sert de ne pas aller trop vite en besogne en fin d'année. Découverte de fin d’année, le nouvel album Pumice, artiste néo-zélandais, dont j’avais adoré le précédent ‘Peebles’, est une nouvelle fois une réussite. Pop déglingo, rock 60s noisy, le tout lo-fi à mort, avec un côté mélodieux plus prononcé que sur le disque précédent. Un régal.
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28. Tobacco – Fucked Up Friends [Anticon]
Un peu de lo-fi, beaucoup de synthés, du sample, des sons analogiques comme s'il en pleuvait, un background hip-hop mais une ambition pop, un délire psyché, un Aesop Rock qui vient poser - alors que ce 'Fucked Up Friends' est essentiellement instrumental, un album sacrément euphorisant, des clips qui démoulent. Bref, dans la galaxie hip-hop, Anticon reprend du poil de la bête avec ce Tobacco. Et sacrément même.
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27. Styrofoam – A Thousand Words [Nettwerk]
Depuis le premier et unique album des Postal Service, il me manquait mon apport annuel d’electro-pop-cheap. 2008 m’aura apporté mon palliatif avec Styrofoam, belge de son état, ami de Ben Gibbard et Dntel (avec qui il a déjà collaboré). Un disque qui a de nombreuses accointances avec ‘Give Up’ et qui fait plaisir à entendre. Du tubes à tous les étages et une cohérence tout du long.
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26. Titus Andronicus – The Airing of Grievances [Troubleman Unlimited]
Alors qu'XL s'apprête à rééditer l'album et lui faire connaître une sortie mondiale, il faut que je dise tout le bien que je pense de cet album: ce 'The Airing of Grievances' a de faux-airs des premiers albums de Bright Eyes - quand Conor Oberst composait des titres à fleur de peau surlesquels il appréciait éructer - voire même de Kimya Dawson sur une chanson. De l'indie rock-punk-folk en gros. Et de bon aloi.
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25. ¡Forward, Russia! - Life Processes [Cooking Vinyl]
Deuxième (et dernier, le groupe a splitté depuis) album des ¡Forward, Russia!, moins brutal que le premier. Un disque qui prend son temps pour amener l'auditeur à point avant de le prendre à la gorge à coups de déferlantes de riffs et de ne plus le lâcher. Un album qui s'autorise quelques dérapages réussis vers le post-rock. Un 'Life Processes' qui, sans une production aussi "lisse" sur Welcome to the Moment (the rest of your life), le titre qui ouvre l'album, aurait fini tout en haut des charts de fin d'année. Il n'en est finalement pas très loin.
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24. Foals – Antidotes [Transgressive]
Sorte de mix entre The Rapture, Battles et les !!!, les Foals sortent un premier album absolument irrésistible, qui fait lever la tête et donne envie de bouger beaucoup plus. Les titres s'enchaînent, la basse sautille, la rythmique est implacable: Ça sonne ça sonne ça sonne. Et ça envoie sévère. Ces anglais sont des dj à gratte.
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23. Fleet Foxes - st [Sub Pop]
J'ai mis du temps à rentrer dedans. Je ne trouvais pas ce que, justement, tout le monde leur trouvait. Et j'estimais que la hype était démesurée. Et puis un soir, les yeux embrumés, la voix rocailleuse, un mouchoir à la main, j'ai retenté ma chance, une dernière fois. Juste pour voir. Et j'ai vu la lumière. Cet album est somptueux, ce groupe est divin. En fait, c'est juste magistral, produit à la perfection. Rien d'extraordinaire de prime abord. Mais en fait, si c'est à tomber par terre et à la renverse... Du folk pastoral à vous rendre fou de dieu.
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22. Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Angles [Sunday Best]
L’un ressemble à un geek à rouflaquettes. L’autre a de faux-airs de Will Oldham et de Sage Francis avec sa longue barbe. Ils viennent tous deux d’Angleterre et forment Dan Le Sac Vs Scroobius Pip, duo un peu taré, très ironique, aux idées barjots et aux textes saisissants, où, entre pop, electro et hip-hop, leurs cœurs balancent.
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21. Noah and The Whale - Peaceful, The World Lays Me Down [Cherrytree]
Un album de pop folk, entre Beirut, Micah P. Hinson, Jens Lekman et Adam Green (pour la voix). Beau disque, mélodieux dans tous les coins, de ces londoniens de Twickenham, pleins de clapping, chœurs et cordes qui pleurent. Clairement une de mes découvertes de l'année.
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20. Son Lux - At War With Walls And Mazes [Anticon]
La musique de Son Lux (Ryan Lott pour les intimes) est pesante, oppressante, doit autant à la pop qu'au hip-hop, mais est surtout d'une beauté froide. Très mélodique, masquée par un brouillard de basses, la musique de Son Lux se révèle au fur et à mesure des écoutes. Et prouve qu'elle a tout d'une grande.
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19. Autistic Daughters - Uneasy Flowers [Kranky]
Très bel album que celui-là. Une sorte d'histoire racontée avec en fond musical une musique expérimentale qui ne l'est pas tant que ça, guidée qu'elle est par une idée directrice et quelques belles mélodies. Un album court (36' pour 7 titres), une ambiance sombre et pesante mais un résultat des plus touchant et enivrant et qui rappelle beaucoup Tanakh par moments.
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18. Get Well Soon – Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon [City Slang]
Premier album d'un multi-instrumentiste de talent, Konstantin Gropper, 'Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon' est un disque d'une richesse folle, aussi bien au niveau des influences (il y en a beaucoup, mais elles ne sont pas un obstacle à la qualité de ce disque), des arrangements (divins!) que des mélodies troussées à merveille. Pop, rock, post-rock, mâtiné de musiques de l'Est: c'est un vrai régal. Un des grands disques, inspirés, de 2008.
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17. Okkervil River - The Stand-Ins [Jagjaguwar]
Ce qui ressort à l'écoute de ce nouvel album des Okkervil River c'est qu'on a enfin retrouvé la bande à Will Sheff. Vraiment je veux dire. Non pas que les quelques précédents albums soient mauvais. Juste qu'ils manquaient un petit quelque chose pour que je sois totalement convaincu. Suite de 'The Stage Names', 'The Stand-Ins' est un concentré de folk-rock (géant Lost Coastlines) de folk, de pop et d'Americana. Peut-être rarement aussi inspirés les Okkervil River.
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16. Girl Talk – Feed The Animals [Illegal Art]
Gregg Gillis est plus connu sous le nom de Girl Talk. Son style? Une utilisation sur-massive de samples de tous bords (pop, rock, electro, hip-hop, mainstream) et un mash-up de tout cela. Sur son quatrième album, ils utilisent plus de 300 (!!) samples très courts; et il y en a pour tous les gouts: du Sexy Boy de Air au Gimme More de Britney, du Purple Haze de Jimi Hendrix au Paranoid Android de Radiohead en passant par Ice Cube, Spank Rock, The Cure, Queen, Of Montreal, The Velvet Underground ou Prince. Le mix de l'année, une relecture originale et euphorique de l'histoire de la musique contemporaine; et l'album le plus bandant de l'année, largement.
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15. Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band – 13 Blues for Thirteen Moons [Constellation]
Ce n’est pas avec leur tout nouveau ‘13 Blues for Thirteen Moons’ que je vais changer d’avis sur Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band et cracher sur leurs longues mélopées enflammées. Non, bien au contraire car ce disque, s’il suit la ligne directrice du groupe depuis (plus ou moins) ses débuts, se pare d’une couleur noire assez saisissante, d'un noise destructeur et d'une tension à couper au couteau. Plus que jamais un des groupes essentiels des années 2000.
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14. Aidan Baker & Tim Hecker – Fantasma Parastasie [Alien8]
Aidan Baker et ses 113 sorties discographiques en 8 ans (!) s'acoquine avec Tim Hecker le temps d'un album à la texture sonore incroyable et qui a pour but de construire une cathédrale sonique absolue. 'Fantasma Parastasie' est un disque tout en apesanteur, fait de déluge de riffs, de drones contemplatifs et d’électro ambiante. Un chef d'œuvre du genre.
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13. Cloud Cult – Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes) [Rebel]
Un an presque jour pour jour après ‘The Meaning of 8’, le groupe mené par le couple Minowa revient avec un sixième album, ‘Feel Good Ghosts (Tea-Partying Through Tornadoes)’, qui tranche avec son (voire même ses) prédécesseur. Si Cloud Cult restent les mêmes (pop tourmentée, baroque, endiablée, déjantée aux passages lo-fi, aux pointes d’électro, et ces contre-pieds constants dans chaque morceau), ils la jouent cette fois plus simple. Semblant s’éloigner de la mort du fils Minowa qui pèse tant dans les paroles du groupe et sortant une pochette moins hideuse que ses devancières, Cloud Cult pond un disque d’une petite quarantaine de musique pour treize titres et ramène le piano sur le devant de la scène. En resserrant le tout, il devrait convaincre ceux qui avaient (les fous !) trouvé l’album trop long, trop plein. Cette fois, tout est clair, concis : chaque titre est un single possible. Et l’album est d’une qualité une nouvelle fois étonnante.
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12. Pivot – O Soundtrack My Heart [Warp]
Mix entre une electro à la Autechre, Battles et les !!!. Le tout, uniquement instrumental. De la batterie, une basse bien funky (froide) et des nappes. Voilà en gros 'O Soundtrack My Heart', premier album sur Warp de Pivot. Un disque très cohérent et homogène. Totalement euphorisant, assurément addictif, il faut écouter Pivot.
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11. Malcolm Middleton – Sleight of Heart [Full Time Hobby]
Loin de son électrique ‘A Brighter Beat’, Malcolm Middleton met les choses à plat et au calme, presque en acoustique, convie Paul Savage (feu Delgados) à la batterie, Barry Burns (Mogwai) au piano, rappelle Jenny Reeve pour les chœurs féminins, reprend joliment Jackson C. Frank et pond une des chansons d'amour déçu les plus déchirantes qu'il m'a été donné d'entendre (Love Comes In Waves). Somptueux de bout en bout.
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Ci-dessous, un lecteur reprenant une chanson de chacun des albums cités ci-dessus. Classées de 30 à 11. Bonne(s) écoute(s)!