Affichage des articles triés par date pour la requête miossec. Trier par pertinence Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par date pour la requête miossec. Trier par pertinence Afficher tous les articles

vendredi 26 juillet 2019

Joseph Fisher - Chemin Vert [-]

'Eureka Street', excellent roman de Robert McLiam Wilson, sorte de mix entre le 'Tortilla Flat' de John Steinbeck et 'The Big Lebowski' des Frères Coen (mais à la sauce irlandaise), s'ouvre par ces mots : « Toutes les histoires sont des histoires d'amour ».

Et ce n'est pas 'Chemin Vert' de Joseph Fisher qui viendra contredire cette vérité. Premier album du parisien, ce disque est, comme l'indique son sous-titre, « une collection de chansons à propos des filles, des salauds et de l'amitié.»

Musicalement, évidemment, l'ensemble est très bien ficelé, avec un trio guitare, basse, batterie, plutôt brut, parfois ascète, d'où s'échappent de belles mélodies, montées sur des structures qui de temps à autres s'extirpent judicieusement du carcan traditionnel de la chanson.
Un tout très anglo-saxon (il ne cite pas sur Chemin Vert les Red House Painters pour rien, et ce n'est pas non plus un hasard qu'il ait tenu la guitare lors du concert de Michael Hiscock de The Field Mice au Paris PopFest l'an passé), au plus fort sur Désordre ; mais où l'on retrouve tout de même quelques traces du Miossec des débuts.

Toutefois, l'atout principal de 'Chemin Vert', ce sont les textes de Joseph Fisher. Car ils touchent au plus profond. Rarement il m'a été donné l'opportunité d'écouter un disque parlant aussi bien des affres de l'amour, des ruptures, des déceptions, parfois des joies, de la mise à mort d'un sentiment et de tous les questionnements inhérents à ce genre de relations humaines.

En trouvant souvent le mot juste, en ne sacrifiant jamais ses rimes à une facilité d'écriture, Joseph Fisher est brillant, qu'il évoque les sentiments non-réciproques (« Toi tu voudrais bien vieillir avec moi mais dans 20 ans, moi je voudrais que ça commence maintenant » sur Je Ne Suis Pas Gentil), les plans culs qui n’en sont jamais vraiment (« Pour un garçon si détaché tu as souvent les larmes aux yeux », « Mais je vois que ton cœur se serre quand je me vais au bras d’un autre », « Tu ne trompes personne - je suis partageur et partagé - tu sais que c’est faux - je suis partageur et partagé - ce ne sont que des mots », « Combien de temps encore faudra t-il faire comme si nous faisions fi des conventions? » sur Partageur et Partagé) ou les douleurs d’une séparation (« J’ai toute ma tête mais mon cœur saigne et vient mourir aux portes de ton corps » sur Désordre).

Mieux encore : de toutes les chansons parlant de la douleur de la séparation et de la douleur qui ne veut pas diminuer, c'est sans nul doute le Cup of Coffee de Garbage qui a toujours eu ma préférence, tant le titre écrit par Shirley Manson est d'une justesse folle. La chanson titre Chemin Vert est du même acabit. Sans doute apogée de l'album, Joseph Fisher y questionne au plus près le sentiment amoureux et surtout sa perte. L'histoire d'un homme qui revient sur les pas d'une ancienne relation, dont il se rappelle les débuts (« Tu me recevais nue et fumant dans ton lit. J’y restais le dimanche, parfois jusqu’au jeudi »), la passion qui s'emparait d'eux (« comme nos deux peaux faisaient des étincelles »), le bonheur qui irradiait (« même si cet été là il ne plut pas beaucoup, le ciel ne pleurait plus, il se calquait sur nous »), les projets qui s'amoncellent (« on rêvait aux enfants que l’on aurait plus tard, en voyant ceux des autres gambader dans les squares. Le bonheur pour une fois ne tombait pas des mains, on s’y croyait, on s’y voyait enfin »). Avant que l'on comprenne que c'est l'amour qu'il a perdu et non la compagne, qui elle, a changé (et Joseph Fisher l'explique bien dans l'interview donnée à Sun Burns Out, voir plus bas).

Trente-cinq minutes, neuf chansons : Joseph Fisher livre avec 'Chemin Vert' un panorama intense, plein de doutes, d'espoir, de renonciation, de souvenirs, de manque de courage aussi, le tout porté par de très belles mélodies qui n'arrivent pas à ne pas être mélancoliques. Et au-dessus de tout cela plane l'amour. Oui, décidément, toutes les histoires sont des histoires d'amour. (Sortie : 30 avril 2019)

Plus :
'Chemin Vert' est en écoute sur le bandcamp de Joseph Fisher
'Chemin Vert' est à l'achat sur le bandcamp de Joseph Fisher
'Chemin Vert' de Joseph Fisher est également en écoute sur Spotify et Deezer
La chronique de 'Chemin Vert' de Joseph Fisher par Mathieu Gandin pour Pop News

Trois chansons de Joseph Fisher en écoute. A tout seigneur tout honneur, voilà donc la chanson Chemin Vert, dont j'ai évoqué la beauté juste au-dessus. Puis Partageur et Partagé, seule chanson en duo (avec Albane Honoré) où un couple qui se veut libre ne l'est finalement pas tant que cela. Et enfin le très beau Ville Nouvelle, plein de rêves évanouis :







mardi 14 février 2012

Top 6 "Break-Up" (Vol.2)

Aujourd'hui c'est la Saint Valentin. Ca sent bon les dessous délicats, les roses rouges, le plat spécial "14 février" à 30% plus cher qu'hier et que demain (foutue TVA!), des mains dans d'autres mains, les « vient poser ta tête sur mon épaule », les nuits d'amour enfiévrées, les sourires aux lèvres le lendemain et le debrief avec les copines. Bref, ça sent l'amour. Parce qu'on nous a dit que le 14 février, il fallait aimer. Alors aimons.

Il y a de cela quatre ans, j'avais fait un top 6 spéciale St Valentin déjà. Un top 6 qui parlait de désarroi, de cœurs brisés, d'amours perdus. Avec au programme The Cure, Bob Dylan, Miossec, Garbage, Lush et Spearmint (en écoute complète ici). En gros, des chansons plus belles les unes que les autres et déchirantes à souhait (Cup of Coffee et Dégueulasse me foutent à chaque fois des frissons).

Quatre années plus tard, remettons ça. Mais cette fois en s'ancrant dans la culture pop-fm. Vous savez le rendez-vous de ces bluettes qui font le sel des fins d'épisodes séries à l'eau de rose; ces chansons aux mélodies à siffloter, tire-larmes implacables, et aux paroles souvent faciles mais désespérées. Et ces groupes aux goût toujours douteux en ce qui concerne leur look et le choix de leurs artworks (voir plus bas).

Ces chansons là font partie de mes péchés mignons. Dans les six titres d'aujourd'hui, il y a de tout: des morceaux grandiloquents, des bluettes mélancoliques, des balades poignantes, de la power-pop efficace. Mais à chaque fois des histoires d'amours impossibles, de coucheries qui brisent un couple, des regrets éternels, des souffrances. Et toujours, oui toujours, de la pop, dans le sens le plus strict du terme.

Il serait finalement assez vain de nommer ici (mais vous les retrouverez plus bas) les six groupes et artistes qui composent ce top 6. Découverts pour la plupart dans les dernières minutes d'une série quelconque (ou non), il n'est pas dit que je plonge plus profondément dans leurs discographies respectives.
Mais ces six chansons sont réussies. Faciles oui. Écrites pour faire pleurer les filles (mais pas que), oui encore. Mais réussies.

Et c'est à l'écoute de ce genre de chansons qu'on se souvient de la tirade de Nick Hornby dans 'High Fidelity' (responsable de cette rubrique) :

« Les gens s’inquiètent de voir les gosses jouer avec des pistolets, les ados regarder des films violents ; on a peur qu’une espèce de culture du sang ne les domine. Personne ne s’inquiète d’entendre les gosses écouter des milliers – vraiment des milliers – de chansons qui parlent de cœurs brisés, de trahison, de douleur, de malheur et de perte. Les gens les plus malheureux que je connaisse, sentimentalement, sont ceux qui aiment la pop music par-dessus tout ; je ne sais pas si la pop music est la cause de leur malheur, mais je sais qu’ils ont passé plus de temps à écouter des chansons tristes qu’à vivre une vie triste. A vous de conclure. » Nick Hornby





Tracklisting:
Matthew Perryman Jones - Save You (Swallow the Sea - 2008)
Lifehouse - Broken (Who We Are - 2007)
Angels And Airwaves - Lifeline (I-Empire - 2007)
Vega4 - Life is beautiful (You and Others - 2006)
A Fine Frenzy - Ashes and Wine (One Cell in the Sea - 2007)
James Carrington - Ache (Ache single - 2005)
 















Nb: Tous les Top 6 de ce blog ont été mis à jour. Six chansons à chaque fois, sélectionnées pour leur appartenance aux thèmes suivants:
Top 6 "Eastern Europe"
Top 6 "Emilie"
Top 6 "Weather"
Top 6 "Break-up"
Top 6 "Madeleine"
Top 6 "R.I.P"
Top 6 "Drug"
Top 6 "London Baby, London"
Top 6 "Hot Songs"
Top 6 "Let The Sun Shine In"

En espérant agrandir cette liste plus régulièrement que ces derniers mois...


vendredi 30 décembre 2011

Bilan 2011: Top 50 'Chanson/Singles'



Après un premier billet consacré aux formats courts (lire ici), deuxième partie de mon bilan musical de l'année 2011 avec cette fois la partie Singles. Ou chansons. Ou morceaux. Ou titres. Ou tubes. Appelez ça comme vous le voulez.

Mais avant de dévoilez tout cela, continuons dans le listing de blogs ayant tout comme moi fait un bilan de l'année écoulée (d'autres à venir lors des prochains billets) :
Do Not Touch My Crossfader (Top Singles)
Hot Fidélité
I Know You've Come to Take My Music Away (Ep/Singles)
La Blogothèque (Le Top de Clumsy)
La Musique à Papa (Top Chansons)
Funk You Dear
Le top des concerts pas vus en 2011 par La bUze


Cette année 2011 aura, à mes oreilles en tout cas, produit de grands morceaux. Des chansons dont je ne me lasse pas, loin de là.
Il y a un peu de tout sur ces 50 titres, peu de hip-hop c'est vrai, et une majorité de chansons prenant leurs influences directement dans les années 80, ce qui n'est pas pour me déplaire.
Mais plus que de longs discours, écoutons: en bas se trouve un lecteur Grooveshark compilant ces 50 chansons. A (re)découvrir.
Bonne(s) écoute(s). Et à ce week-end pour le top album!

Pour rappel :
Top 50 'Albums 2011' - 10-01
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"' 2011


50. Adele – Rolling in the Deep [XL]
49. Clap Your Hands Say Yeah – Same Mistake [Self-Released]

48. Francis – Here Is The Key [Strangers Candy]

47. The Decemberists – This Is Why We Fight [Rough Trade]

46. The Tallest Man on Earth – Weather of a Killing Kind [Adult Swim]

45. Mitten – Similar Sense [Self-Released]

44. British Sea Power – We Are Sound [Rough Trade]

43. Girls – Vomit [True Panther]

42. Metronomy – She Wants [Because]

41. Yellowcard – Life Of Leaving Home [Hopeless]

40. Lanterns on The Lake – If I've Been Unkind [Bella Union]

39. Ellen Allien – The Kiss [BPitch Control]

38. Kim Novak – New-York [Kütü Folk]

37. Vandaveer – Concerning Past & Future Conquests [Alter-K]

36. Buck 65 – She Said Yes [WEA]

35. Bright Eyes – Shell Games [Saddle-Creek]

34. Theophilus London – Love Is Real (Feat. Holly Miranda) [Reprise]

33. Botibol – Friends [HipHipHip]

32. Battles – Futura [Warp]

31. The National - Think You Can Wait (feat. Sharon Van Etten) [Self-Released]

30. Kwoon – The Last Trip Of A Drunken Man [Self-Released/Fin de Siècle]

29. L'Altra – Black Wind [Acuarela]

28. Radical Face – All is Well (Goodbye, Goodbye) [Self-Released]

27. Cheveu – Charlie Sheen [Born Bad]

26. 13 & God – Armored Scarves [Alien Transistor]

25. Those Dancing Days – Can't Find The Entrance [Wichita]

24. Aidan Moffat & Malcolm Middleton – Two Cousins (Slow Club cover) [Moshi Moshi]

23. Hal – Be With You [Self-Released]

22. Destroyer – Savage Night At The Opera [Merge]

21. Low – Nothing but Heart [Sub Pop]

20. Maria Taylor – Masterplan [Saddle-Creek]

19. Snow Patrol – Called out in the dark [Polydor]

18. Tapes n' Tapes – Freak Out [Ibid]

17. Sons and Daughters – Rose Red [Domino]

16. The Kills – Future Starts Slow [Domino]

15. Handsome Furs – Repatriated [Sub Pop]

14. Para One & Tacteel – Touch [Fool’s Gold]

13. M83 – Midnight City [Naïve]

12. The Dears – Galactic Tides [Dangerbird]

11. The Weeknd – The Birds Part. 1 [Self-Released]

10. Dum Dum Girls – There is a Light That Never Goes Out (The Smiths Cover) [Sub Pop]

09. Four Tet – Pyramid [Text]

08. The Pains of Being Pure at Heart – Tomorrow Dies Today [Slumberland]

07. Apparat – Black Water [Mute]

06. The Vaccines – Post Break-Up Sex [Columbia]

05. Miossec – Chanson Pour Les Amis [PIAS]

04. Lescop – La Forêt [Pop Noire]

03. Cold Cave – Villains of The Moon [Matador]

02. The Lonely Island – I Just Had Sex (feat. Akon) [Universal Republic]

01. dEUS – Ghost [PIAS]




















Comme prévu et promis, un lecteur grooveshark qui compile ces 50 chansons, dans l'ordre croissant :



Pour rappel :
Top 50 'Albums 2011' - 10-01
Top 50 'Albums 2011' - 30-11
Top 50 'Albums 2011' - 50-31
Top 15 'Mixtape, Ep, 12", (Ré)Édition et 7"' 2011

jeudi 29 septembre 2011

Miossec - Chansons Ordinaires [PIAS]

La première fois que j'ai rencontré Miossec (physiquement parlant), je venais de démarrer - le jour même - un stage de plus d'un an chez PIAS. Et le label fêtait dans un bar du IXè arrondissement de Paris la sortie de son nouvel album de l'époque, '1964', mon préféré du brestois.

Je me souviens d'un homme qui, quand je fumais une clope, en fumait deux. Et qui, quand je descendais une bière, avait déjà deux dans le gosier.
Mais ce soir là, j'avais découvert, principalement du coin de l’œil, un Miossec bien loin de l'image que certains aimaient à dépeindre à l'époque de la tournée de 'Brûle' où il avait fait beaucoup parler de lui: un mec sympathique, timide, incroyablement gentil et aussi intéressé qu'intéressant. Et presque gêné de voir tout ce monde présent pour lui.

Deux ans plus tard, je l'avais recroisé à l'After des PIAS Nites, à Bruxelles où Vitalic venait de donner un set d'anthologie (et qui donnera lieu à la première chronique écrite pour ce blog, toujours à lire ici). Moins stressé, moins timide, mais toujours charmant.
Alors qu'un ordinateur de bar passait de la musique inutile, j'avais voulu, un brin aviné que j'étais, discrètement changer la playlist, histoire de mettre plus d'ambiance dans une soirée qui ne demandait que ça. Miossec avait semble t-il eu la même idée. En m'approchant de l'ordinateur il était déjà là.
Il m'a demandé ce que je foutais là, je lui ai expliqué ce que je voulais faire, m'a gentiment repoussé en se marrant et en me disant que non c'était lui qui allait s'en charger en mettant truc et machin. Et devant mon insistance m'avait foutu une claque, avant de s'excuser hilare.

J'aurais peut-être du répondre, lui rendre la monnaie de sa pièce. Je suis même sur que ça l'aurait fait marrer encore plus. Mais j'avoue que j'étais aussi estomaqué (une baffe par Miossec!) qu'hilare.

Et puis Miossec quoi! Je le suivais à sur ses premiers albums, je le suivais encore en 2006, je le suis toujours en 2011. Je ne suis pas objectif sur ce mec. J'ai aimé ses chansons d'écorchés vifs, le calme apparent de 'L’Étreinte' (disque éreinté ici et là), la beauté et la douleur qui se dégageaient de '1964' et de la production des Valentins et de Joseph Racaille, ou le très beau 'Finistériens' avec Yann Tiersen.

Christophe Miossec sort ce mois-ci son nouvel album, 'Chansons Ordinaires'. Son huitième. Un disque qui retrouve la fougue et le rock d'antan et oublie majoritairement ses bluettes pop et très arrangées de ses derniers albums qui me touchaient beaucoup mais qui semblent en avoir lassés certains.

'Chansons Ordinaires' est une sorte de mélange entre 'Boire'/'Baiser' et 'Brûle'. On trouvera à redire sur quelques mélodies qu'il nous semble - mais où c'est la question - avoir entendu ici ou là (Chanson Pour un Homme Couvert) ou presque carrément pompée (Chanson Pour Les Amis c'est Wake Up d'Arcade Fire, même si Miossec arrive à faire sienne la mélodie). On pourra revenir sur quelques rimes faciles, mais ça serait oublier que Miossec s'est souvent amusé à ça. On pourra même dire que 'Chansons Ordinaires' n'est pas un album irrésistible.

Mais on dira surtout que ce disque a du coffre, des mélodies nerveuses, de bien belles chansons. Des à déguster sans détour (Chanson du Bon Vieux Temps), d'autres à pleurer (Chanson Qui Laisse Des Traces). Avec toujours cette voix même pas fatiguée par trop d'excès. Et c'est déjà beaucoup. Des artistes comme ça, après 16 ans de carrière, on les compte sur les doigts d'une main. Profitons en. (Sortie: 19 septembre 2011)

(A lire, d'autres chroniques notamment chez Benoit, Blake et Papa)


Site officiel

Deux chansons en écoute. Chanson du Bon Vieux Temps, un des tubes évidents de 'Chansons Ordinaires' et le douloureux Chanson qui laisse des Traces. (malheureusement plus en écoute)
 
A voir aussi, le clip de Chansons Pour Les Amis, à la mélodie qui fait plus que rappeler Arcade Fire, avec Gustave Kervern à la réalisation et, si la génétique ne ment pas, papa Miossec en guest-star:




Pour finir, l'EPK d'avant-album qui présente Chanson d'un Fait Divers :



lundi 3 janvier 2011

Top 50 'Albums 2010': 50-31



Après une semaine de noël et de réveillon à bourlinguer d'Ardèche en Bretagne, suite et fin des traditionnels top de fin d'année. Des tops qui ont continué d'affluer pendant la semaine, notamment celui de Dans Le Mur du Son (auquel je n'aurais pas participé, perdu que j'étais au fin fond des Côtes d'Armor), de Feu à Volonté (singles cette fois), de Francky de Muzik&Cultures ou de La tête à Toto. Et pendant ce temps là, Des Chibres et des Lettres nous aura pondu pour sa part un Flop 2010.

Quant à ce blog, après le top Ep et autres 7", après un top 50 singles, place maintenant au top 50 albums, comme chaque année, divisé en trois parties.
Il est à noter qu'au bas de chaque article, vous retrouverez un lecteur grooveshark proposant une chanson de chacun des albums évoqués au-dessus. Et au bas de chaque chronique, un petit plus vous emménera vers une chronique, d'ici ou d'ailleurs, si vous voulez en savoir plus.

La première partie débute maintenant, en tout cas, juste après vous avoir souhaité mes meilleurs vœux pour l'année qui s'ouvre.

Pour rappel:
Top 'Albums 2010': 10-01
Top 'Albums 2010': 30-11
Top 50 'Chansons/Singles 2010'
Top 20 'Ep, 7", 12", Compilations et Rééditions' 2010


50. Clogs – The Creatures in the Garden of Lady Walton [Brassland]
'The Creatures in the Garden of Lady Walton' est un disque aussi réussi que les précédents de la part de Clogs mais qui voit le groupe évoluer sans se fourvoyer en invitant un instrument très rare jusque là chez eux : la voix. Résultat très convaincant où les guests n'accaparent pas l'attention mais mettent encore plus en lumière la musique, la chose primordiale chez Clogs.
+


49. Canasta – The Fakeout, the Tease and the Breather [-]
Découvert grâce à feu Bopper, Canasta est un groupe de Chicago qui aura sorti en 2010 son deuxième album... toujours à sa façon vu que le groupe n’est incroyablement pas signé. Pourtant leur pop qui sait être aussi épique qu’intimiste a de quoi ravir plus d’une oreille. Car il y a ici plus d’une belle chanson et de refrains à fredonner que sur beaucoup d'albums encensés ici et là.
+


48. The Bamboos – 4 [Tru-Throughs]
Originaire de Melbourne, The Bamboos aligne, dans un déluge de cuivres, des titres aussi bien uniquement instrumentaux que chantés par la belle voix de Kylie Auldist. Naviguant entre soul et funk, tirant son inspiration de décennies cultes pour le genre (Like Tears In Rain n’aurait pas fait tâche sur les compilations 'Motown Dance Party', tant son rythme est une euphorique invitation à la danse) est une belle découverte qui ne s'estompe pas malgré les écoutes.
+


47. Cabins – Bright Victory [Ivy League]
Quatuor australien, les Cabins auront fait pour leur premier sortie discographique, dans le court mais l’incisif. Un album à la basse bien présente et qui n'hésite pas à aller autant dans le rock que dans le blues pour mieux imposer une ambiance lourde dans ses morceaux. Avec toujours un vrai souci.
+


46. Avi Buffalo – st [Sub Pop]
Premier album pour Avi Buffalo, groupe originaire de Long Beach. Un disque alternant entre chansons pop-folk plutôt classique et pop capable d'élans inattendus, presque à tiroirs (notamment sur les deux derniers morceaux). Un groupe qui fait penser, notamment à cause de la voix qui survole l’album, à une version pop-folk de MGMT. Belle découverte.
+


45. Allo Darlin’ – st [Fortuna Pop!]
Cette découverte, je la dois à Discobloguons qui aura su se montrer suffisamment persévérant. Et il aura bien eu raison. Pas ébouriffante aux premières écoutes mais rapidement rafraichissante comme tout, leur twee-pop (c’est l’année) est quand même du meilleur effet, portée qu’elle est par une bien jolie voix.
+


44. Laura Veirs – July Flame [Bella Union]
C’est qu’on aurait presque oublié que Laura Veirs a publié un album en 2010. Et pourtant, il mérite le détour. Un album simple, globalement acoustique bien que largement arrangé. Alors certes, un album de miss Veirs, c’est peu ou prou la même chose que les précédents. Mais ‘July Flame’ est, justement, un beau retour de flamme de la part de l’américaine. Et puis pouvons nous décemment nous plaindre d’avoir à disposition autant de belles compositions ? Non. Donc on prend. Et plutôt deux fois qu’une.
+


43. Erik Arnaud – L'Armure [Matrice]
Copain de cordée de Florent Marchet, Erik Arnaud reprend sa carrière discographique personnelle. Tout au long des 10 chansons de l'album, très sombres, Erik Arnaud rappelle à nos oreilles autant l’univers d’une certaine idée de la chanson/du rock français (Dominique A, Miossec) que la voix de Bertrand Cantat (certaines intonations de Nous Sommes sont saisissantes), tout en gardant une proximité artistique avec Florent Marchet (une mélodie par-ci, un texte par là).
+


42. Eluvium – Similes [Temporary Residence]
Après un coffret aussi hors de prix que magnifique, Eluvium, un des maitres des chansons éthérées et ambiantes, revient avec un nouvel album qui marque une rupture avec ses précédentes livraisons. Matthew Cooper se met effectivement à chanter, et il le fait plutôt bien d’ailleurs. Mais loin de s’enorgueillir de cette nouvelle orientation, Eluvium laisse ici la musique au centre de tout, sa voix n’étant qu’un ajout et un atout de plus à apporter aux chansons de ce décidément talentueux bonhomme.
+


41. Tom McRae – The Alphabet of Hurricanes [Cooking Vinyl]
Pendant longtemps, le seul album vraiment valable de Tom McRae a été son premier. Depuis, le britannique allait de déception en déception, édulcorant chaque fois un peu plus ce qui faisait le sel de ses compositions. ‘The Alphabet of Hurricanes’ casse la spirale infernale dans laquelle Tom McRae s’était installé et prouve que notre homme a du talent. Sombre et mélancolique, cet album montre un Tom McRae inspiré, triste comme la pluie et qui semble avoir retrouvé son stylo magique.
+


40. Black Mountain – Wilderness Heart [Jagjaguwar]
Produit, entre autres, par Randall Dunn (producteur notamment de Sunn o))), Boris ou Earth), 'Wilderness Heart', troisième album des Black Mountain, aura été une bonne surprise tant leur second disque m’avait déçu. Jouant moins la carte de l’exercice de style comme avant, le combo de Vancouver séduit immédiatement avec son rock stoner et psychédélique. Une sorte de rencontre entre les Queens of The Stone Age et les Stooges, les claviers vintage en plus.
+


39. Math and Physics Club – I Shouldn't Look As Good As I Do [Matinée]
Coincés et à l’étroit dans leur coccinelle bleue, Math and Physics Club est le type de groupe pour lequel il est très facile de tomber sous le charme : bluettes genre Belle and Sebastian, folk-pop innocente et légère, compositions optimiste et lumineuses. Mais ne croyez pas qu’il s’agit ici d’un disque facile et interchangeable : on ne tombe pas aussi fou d’un album de ce genre là comme ca.
+


38. Johnny Cash – American VI: Ain't No Grave [American]
Sixième et dernière sortie des collaborations entre Johnny Cash et Rick Rubin, ‘American VI: Ain't No Grave’ est tout sauf le raclage de fonds de tiroir de trop. Car, bien que très proche de ses dernières heures, Johnny Cash dans son style inimitable, arrive par le biais de nouvelles compositions ou de reprises opportunes, à faire vibrer les cœurs. La mort n’est pas loin et rôde autour de cet album. Et pourtant il semble qu’elle n’arrivera jamais à son but tant la force des interprétations de Cash est inaltérable.
+


37. Le Futur Pompiste – st [Shelflife]
Derrière ce nom un peu idiot se cache un groupe finlandais que j’avais découvert un soir de discussion dans un salon plein d’oiseaux bleus en 2003. Depuis cette époque et malgré la qualité de leur premier album, rien. Sept ans plus tard, je retombe sur ce groupe au hasard d’une news quelconque. Le Futur Pompiste n’a rien perdu de sa qualité de compositions, sorte de Stereolab a-like. Bien au contraire.
+


36. Florent Marchet – Courchevel [Nodiva]
Allongé sur une peau de bête, affublé d’une fine moustache que n’auraient pas reniés certains footballeurs allemands des années 80, Florent Marchet serait-il tombé du côté obscur de la force, à n’être qu’une caricature de ce qu’il souhaite se moquer ?
Que neni ! Disque court, ‘Courchevel’ est empreint à nouveau de belles chansons aussi touchantes que grinçantes, au-dessus desquelles plane toujours cette vision désabusée (ou presque) de la vie. Et prouve s’il en était besoin que Florent Marchet reste un artiste majeur français.
+


35. Ólafur Arnalds – ... And They Have Escaped The Weight Of Darkness [Erased Tapes]
Ólafur Arnalds aura été en 2010 une découverte. Un soir de journée ratée, je suis tombé chez Kris sur une chanson de cet album et j’ai été subjugué : compositions mélancoliques et déchirantes sur lit de cordes, le tout menées par un piano aussi omniprésent que discret. ‘... And They Have Escaped The Weight Of Darkness’ est un album sublime mais triste. Et Ólafur Arnalds le pendant pop de Max Richter.
+


34. Laura Marling - I Speak Because I Can [Virgin]
Faisant tourner les têtes de pas mal de groupes (Noah and The Whale il y a quelques années, Mumford and Sons aujourd'hui), Laura Marling n’est en rien une arriviste. Mais une artiste accomplie dont les diverses sorties discographiques de cette année m’auront stupéfié un peu plus. ‘I Speak Because I Can’ a été la première de celles ci. Un album fade de prime abord mais qui se dévoile rapidement, porté par la voix forte de Laura Marling. Et puis quelqu’un qui ose reprendre avec tant de justesse Jackson C. Frank ne peu être que quelqu'un de bien.
+


33. Baths - Cerulean [anticon]
Si l’on met de côté Why ?, ca faisait presque un moment que je n’avais pas été touché par un disque de chez anticon. Nouvelle signature d’anticon, Baths est en tout cas le genre de disque qui donne envie de se lover dans une piscine de coton. Et, accessoirement, la rencontre de Daedelus et de The Avalanches, avec un brin d'Animal Collective au-dessus de tout ca.
+


32. Villagers - Becoming a Jackal [Domino]
A l'époque, première écoute, je n’avais pas du tout été emballé. Et puis devant des avis dithyrambiques, j’ai ressayé. Et je suis tombé plus que sous le charme. Le premier album de Villagers (Conor O'Brien à la ville, irlandais de son état, aperçu chez The Immediate) est vraiment superbe. Des compositions et des mélodies touchantes qui ne tombent jamais dans le pathos, le tout entouré d’une production bien ronde comme il faut. Sacrés débuts !
+


31. Madlib – Madlib Medecine Show [Madlib Invazion]
Producteur émérite et défricheur musical professionnel, Madlib s’est lancé à la fin 2009 dans un projet un peu fou : sortir douze compilations/mix-tapes à sa sauce, traitant à chaque fois d’un thème musical défini : musique brésilienne, africaine, reggae, disco, etc… le tout, à la sauce Madlib, forcément.
S’il ne réussit pas son pari d’en sortir douze (neuf compilations ont «seulement» vu le jour pour le moment), artistiquement c’est de haut niveau. Pas tout le temps certes, mais globalement ces compilations ‘Madlib Medecine Show’ sont ambitieuses, détonantes, rarement ennuyeuses et proposent là un véritable voyage musical. Et dans le genre GO de luxe, on ne pouvait rêver mieux que Madlib.
+



Et pour finir donc, un lecteur permettant d'écouter un morceau de chacun des 20 albums présentés ci-dessus :




jeudi 25 février 2010

Erik Arnaud - L'Armure [Matrice]

Erik Arnaud est un homme qui prend son temps. Entre son deuxième album 'Comment Je Vis' et ce 'L'Armure' s’est écoulé 8 ans. Huit longues années durant lesquelles il n'aura pas fait que roupiller à poil sur un matelas dégueulasse avec Neil Young en guise de Jiminy Cricket, mais plutôt à passer de l’autre côté de la vitre pour travailler, notamment, avec Karl-Alex Steffen (un mec bourré de talent, dont le premier ‘Billet Express’ avait beaucoup tourné dans mes oreilles) ou 
avec son vieux compère Florent Marchet sur ‘Rio Baril’ et le livre-disque ‘Frère Animal’ (sur lequel il viendra également poser sa voix).



Huit longues années pour se reconstruire en tant qu’en artiste et pour se remettre de son éviction de chez les affreux Labels en 2004.
Et comment se remettre sur les rails? En deux temps: tout d'abord en créant sa propre structure, Matrice, nommée en hommage à Gérard Manset dont Erik Arnaud est grand fan; puis en signant un deal avec les toujours très surs Monopsone (on leur doit des albums de Laudanum, de Giardini di Mirò ou le premier Abstrackt Keal Agram) pour la sortie de 'L'Armure'. Trois étapes donc et qui sont à l’origine de ce nouvel album très réussi.

Ne connaissant alors que la partie émergée de l’iceberg, ‘L’Armure’ est ma première rencontre avec Erik Arnaud, . Et quelle belle rencontre!
Sur un disque assez court (même pas 35 mns), il propose un album rock mais à la géométrie variable. Car si Rocco, Cheval (sublime chanson d’entrée), Combat ou la reprise de Vies Monotones de Manset sont bien des morceaux rock, Erik Arnaud en profite aussi pour la jouer plus pop. Une pop aussi bien enthousiasmante (excellent Richard Cordoba, Nous Vieillirons Ensemble) ou plus introspective et déprimée (Nous Sommes, Abigaël), voire carrément éthérée (L’Armure, qui clôt l’album).

Tout au long de ses 10 chansons, Erik Arnaud rappelle à nos oreilles autant l’univers d’une certaine idée de la chanson/du rock français (Dominique A, Miossec) que la voix de Bertrand Cantat (certaines intonations de Nous Sommes sont saisissantes), tout en gardant une proximité artistique avec Florent Marchet (une mélodie par-ci, un texte par là).

Un univers que l’on retrouve également dans ‘C’est Pas L’Enfer Ep’, un mini-album sorti l’an passé, déjà chez Matrice et Monopsone et disponible gratuitement sur le site officiel d’Erik Arnaud, et qui se veut le parfait complément de ce ‘L’Armure’.

On pourra lui reprocher (je suis taquin) de parfois en faire un peu trop vocalement parlant. Mais oubliera vite ce petit détail, pour retenir surtout qu'Erik Arnaud (en tout cas quand on vient de le découvrir comme moi) est aussi doué derrière les manettes qu’aux commandes d’un album de rock français, aux textes intelligents et noirs.

J’espère en tout cas qu’il ne me fera pas mentir avec la sortie de ‘Courchevel’, nouvel album de Florent Marchet à venir, où il est une de fois de plus impliqué. (sortie : 1er Février 2010)

Bien que l’album doit se trouver en vente un peu partout, vous pouvez également le commander ici. Histoire de soutenir Monopsone, petit label aux choix artistiques gros comme ça.

Son :
Myspace (un mash-up de ‘L’Armure’ en écoute)
Site officiel (3 chansons de 'L'Armure' en écoute)

Deux chansons en écoute. Cheval, qui ouvre ‘L’Armure’, un tube en devenir, et le presque acoustique et rapidement entêtant Abigaël (malheureusement plus en écoute).

vendredi 18 décembre 2009

[Track of The Day] Benjamin Biolay - Brandt Raphsodie (feat. Jeanne Cherhal)

Même si je lui reconnais un talent certain, je dois avouer ne pas être le plus grand fan de Benjamin Biolay. Je trouve toujours ses albums plutôt réussi, mais il y a toujours selon moi des chansons vraiment en deçà, qui viennent gâcher l'homogénéité du tout. Je crois surtout que je le préfère quand il couvre ses chansons de cordes que lorsque qu'il part dans trip rock. Cela vient peut-être de là aussi.

'La Superbe' confirme mon impression. Loin de moi de penser que cet album est raté. Non. Bien au contraire, il est très beau. Des chansons comme La Superbe, Ton Héritage, Night Shop, Sans Viser Personne sont franchement à tomber à la renverse.

Le hic, et il y en a deux, c'est que le tout est bien trop long (plus d'une heure) et que l'on perd le fil dès qu'une chanson moyenne vient s'insérer entre deux petites merveilles.
Le second problème c'est que j'entends dans cet album beaucoup d'autres artistes. De Jean-Louis Murat sur Raté (on dirait la chanson Mustango) à Miossec (sur Night Shop) en passant Florent Marchet (sur Brandt Raphsodie) et bien d'autres (dont je n'arrive plus à retrouver le nom).

Mais (et voyez comme je suis schizo!), c'est justement ce dernier Brandt Raphsodie qui est en écoute aujourd'hui. Avec Jeanne Cherhal, Benjamin Biolay raconte la vie amoureuse d'un couple (sur un dialogue bien rythmé), d'un coup d'une nuit qui se transforme en coup d'une vie, avec ses messages doux, ses premiers mois de vie commune puis ses déchirures, ses ignorances. Biolay la joue soft, pudique, sans couvrir sa chanson de cordes ou de cuivre. Sublime morceau caché dans un album qui contient quelques vrais bijoux. Si seulement ce 'La Superbe' était moins long de vingt minutes... 

Album: La Superbe 
Année: 2009 
Label: Naïve

Et histoire de profiter d'un peu plus de cordes et d'une bien belle vidéo, voilà le clip de La Superbe, premier single de l'album du même nom:


mardi 7 avril 2009

Dominique A – La Musique [Cinq7]

En ces temps où l’on perd un de nos plus grands artistes français dévoré par un crabe vorace, le retour de Dominique A sur le devant de la scène est une excellente nouvelle. Premièrement parce qu’il n’a jamais déçu, et deuxièmement parce qu’ils sont rares les chanteurs français à posséder une telle écriture pop.

Signé chez Cinq7, Dominique A débarque donc avec le sobrement intitulé ‘La Musique’, un disque aux mélodies incisives et aux textes plus directs que sur ‘L’Horizon’, album flamboyant par ailleurs.

Enregistré à la maison (on ne dirait pas et pourtant!), mené par une boite à rythme tout du long, ‘La Musique’ est un manifeste de pop music, rien de moins. De Le Sens qui ouvre l’album (avec son côté langoureux et la voix de Dominique A sur un fil) à La Fin du Monde (aux premières secondes enregistrées au dictaphone qui le feraient presque passer pour un Piaf au masculin), en passant par Hasta (Que el cuerpo aguante) (dont je ne cesse de me dire au fil des écoutes qu’un texte comme celui-ci aurait été merveilleux dans la bouche de Jacques Brel) ou des titres hargneux comme Je Suis Parti Avec Toi ou Hôtel Congress, tout n’est qu’enchaînement de mélodies travaillées, de rythmes presque effrénées et d’écriture parfaite.

Un titre ressort particulièrement du lot : Immortels. Une de ses plus belles compositions, portées par un texte fort et déchirant. Une chanson sur la perte d’un être aimé, à la manière d’un C’est Dégueulasse de Miossec, d’une pudeur et d’une limpidité rare, et à la mélodie bouleversante.

Ne vous méprenez pas: ‘La Musique’ ne se pose pas là en donneur de leçon, malgré son titre. A aucun moment, Dominique A n’y prétend détenir la vérité sur comment composer une belle chanson. Non, il écrit juste à sa manière, perpétuant ce qu’il s’entête à faire avec beaucoup de bonheur depuis près de 20 ans.
Pourtant, et quoiqu’il en dise, à l’heure actuelle, c’est assurément lui – à quelques exceptions près comme Florent Marchet – qui porte la chanson et la musique française sur ses solides épaules de Nantais. Et, mais on ne vous l’a peut-être jamais dit, comme il semblerait que Dominique A soit immortel, on peut tranquillement voir venir. (sortie : 6 avril 2009)

(Nb: La chronique de 'La Matière', addendum de l'édition limitée de 'La Musique', se trouve ici)

Son :
Myspace (Trois titres de ‘La Musique’ en écoute)
Site Officiel
Site Officiel (bis)

Comment ne pas mettre en ligne Immortels et Nanortalik ? Impossible. J’ai beau tourner le problème dans tous les sens, vouloir vous faire découvrir d’autres chansons (elles le méritent toutes) de cet album, je n’y arrive pas : ces deux titres sont tellement sublimes qu’ils s’imposent d’eux-mêmes (malheureusement, plus en écoute).

Et pour finir, le clip d’Immortels, où Dominique A court, court, court… :