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mercredi 16 septembre 2026

[Track of The Day] Nia Archives - This Could Be...

On avait quitté 'Silence Is Loud' avec une Nia Archives photographiée en gros plan, pleine face, avec comme un début de grimace sur le visage, la bouche ouverte sur une dent en or, une autre aux motifs de l'Union Jack et un piercing au nez au premier plan. Et on la retrouve dix-huit mois plus tard sur la pochette de son deuxième album 'Emotional Junglist', couchée à l'intérieur d'un canapé, comme tentant de se protéger dont ne sait quoi avec les coussins du sofa, les yeux dans le vague, les cheveux noirs de jais et lissés, avec pour seuls bijoux des bagues moins clinquantes que fantaisies.

Que s'est-il passé entre ces deux pochettes ? L'amour, évidemment, le thème le plus central de l'histoire de la musique (et de la vie en général d’ailleurs). Sur 'Emotional Junglist', Nia Archives y raconte un coup de coeur, l'euphorie des débuts, la construction d'une histoire, puis, forcément, la rupture, les tourments et la tristesse qui vont avec, avant de parvenir à faire le deuil de cette relation, de vouloir de rebondir et de s'extraire de cette situation.

Est-ce tout ceci qui explique que la jeune anglaise, si elle se nourrit toujours autant de jungle, s'ouvre plus à d'autres styles et leur donne une place de choix ? Sans doute. Car ce deuxième album a beaucoup de pop et d'indie-rock en son sein et sans doute moins de beats furieux que par le passé. A nouveau produit en grande partie par Ethan P. Flynn, 'Emotional Junglist' est un disque qui, s'il ne manque pas de morceaux nerveux, enflammés et dansant (surtout dans une première partie, remarquable par ailleurs), est plus apaisé que par le passé sans pour autant tomber dans un sentimentalisme ou une mélancolie facile qu'auraient pu lui dicter son thème général. Et si l'on regrettera que l'album se perde un peu en longueur, voire se répète parfois, il a assez de bonnes chansons pour ne pas faire la fine bouche. Comme This Could Be... (en écoute aujourd'hui), morceau pop que Nia Archives chante merveilleusement bien et dont les nappes du refrains me font invariablement penser aux Cure.

Album : Emotional Junglist
Année : 2026
Label : Island Records

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, This Could Be... de Nia Archives est également en écoute ci-dessous :
 

Autre chanson extraite de 'Emotional Junglist' de Nia Archives, voilà Around Tha Bend :

lundi 3 août 2026

[Track of The Day] The Rolling Stones - Divine Intervention

Quel intérêt y a-t-il en 2026 à écouter le nouvel album des Rolling Stones, qu'on annonce être, comme à chaque fois d'ailleurs, leur meilleur depuis [insérer ici le dernier Stones qui vous a marqué] alors que la réalité est tout autre (il faut d'ailleurs absolument relire à ce propos le fabuleux papier de Fabrice Pliskin dans le Nouvel Obs en septembre 2023, voir plus bas) ? Pire, pourquoi chroniquer, encore plus dans ces pages, une chanson ou un album des Rolling Stones en 2026 ? Parce qu'il y a un côté malaisant qui s'en échappe.

'Foreign Tongues' donc, dernier album en date (voire dernier tout court, ces messieurs ne rajeunissant pas) de la bande à Jagger, soixante-quatre ans après leurs débuts - ce qui, ne nous mentons pas, force le respect. Un disque enlevé, qui sonne bien, qui sonne juste, avec quelques mélodies satisfaisantes (pour ne pas dire marquantes) et enjouées. Du rock'n'roll pas le plus finaud certes, mais moins old'n'roll que ce que l'on aurait pu croire, et qui a du caractère. Certes. Mais - car il y a un mais - tout ceci semble bien trop parfait pour un groupe d'octogénaires dont les chansons intéressantes depuis quarante ans se comptent sur les phalanges du pouce. Il flotte comme un air de tromperie sur la marchandise.

Il y a déjà la durée : une grosse heure, pour douze compositions originales et deux  reprises (de Amy Winehouse et Chuck Berry, sans aucun intérêt l'une comme l'autre), soit dans le top 5 des albums les plus longs de leur discographie. Étonnant ce regain d'inspiration non ? Il y a aussi la voix de Mick Jagger, qui vient de fêter ses 83 ans, qui sonne comme s'il en avait trente de moins ; le jeu de Keith Richards, qui entame pourtant sa dix-septième vie à 82 ans, qui ne semble pas avoir pris une ride ; et celui de Ron Wood, 79 printemps, qui se porte comme un charme. Ces gens là auraient-ils trouvé un élixir de jeunesse pour retrouver si ce n'est la verve de leurs vingt ans, au moins le dynamisme de leurs quarante ?

Mais plus globalement, il y a quelque chose de dérangeant à l'écoute de ce 'Foreign Tongues'. Tout sonne trop propre, trop juste, trop parfait, trop carré, trop énergique, trop sémillant et finalement, trop jeune, pour croire que ce ne soit que l'œuvre d'octogénaires. Alors on n'ira pas trop sur la partie intelligence artificielle, nouvelle donne qui commence déjà à infester la production actuelle entre des artistes peu scrupuleux prêts à tout pour retrouver le haut des charts, et des anonymes qui se croient (et se disent !) artistes juste parce qu'ils savent écrire un prompt : Jagger et Richards se défendent que l'IA ait été d'une façon ou d'une autre intégrée au processus de création (j'ai personnellement beaucoup de mal à y croire, mais bon, laissons leur le bénéfice du doute). Jetons alors un coup d’œil aux crédits de l'album. Et là, le constat est implacable : le personnel qui a œuvré en coulisse, que ce soit en studio ou derrière la console, est imposant. Et cela explique une bonne partie de ce sentiment de malaise à l'écoute du disque, tant on comprend que chaque chanson a du être décortiquée pour être ajustée au mieux, pour ne pas ternir l'image des Rolling Stones et de leurs 64 ans de carrière.

Bref, c'est tout cela qui m'empêche de prendre trop au sérieux ce 'Foreign Tongues', possible disque de chant du cygne d'un des grands groupes de l'histoire. Un album à la première écoute épatante mais qui très vite devient dérangeante (voire gênante) tant il me semble moins être des Rolling Stones que celui de techniciens de studios - très - doués. Et quand bien même la formidable chanson qu'est Divine Intervention (en écoute aujourd'hui), morceau que je n'arrive pas à ne pas adorer, enregistré avec le concours de Robert Smith (à la guitare) et Steve Winwood (au piano), qui est d'une efficacité folle (que voulez-vous, je ne suis pas à un paradoxe près). C'est dommage de ne pas accepter de vieillir.

NB : On relira avec gourmandise le magistral papier de Fabrice Pliskin paru dans le Nouvel Obs en septembre 2023, "Comment faire la critique du nouvel album des Rolling Stones (sans se fâcher avec Mick)"

Album : Foreign Tongues
Année : 2026
Label : Polydor

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Divine Intervention de The Rolling Stones, avec la participation de Robert Smith de The Cure à la guitare et de Steve Winwood au piano est également en écoute ci-dessous :
 

jeudi 5 mars 2026

[Track of The Day] Soft Kill - Bullet

On n'en sait pas trop sur ce Bullet, nouvelle chanson de Soft Kill apparue sur les plateformes début février : prémices d'un nouvel album ? Quand bien même leur dernier en date est paru en septembre dernier, ce ne serait pas si étonnant : le groupe a prouvé dernièrement qu'il était très productif (quatre albums en autant d'années). A moins que ce ne soit un simple nouveau single ou une chute de studio de - donc - 'Watch It Burn' ? Très possible aussi.

Le groupe a été peu disert sur le sujet, balançant ce nouveau morceau au détour d'un post Instagram. Mais il précise toutefois « some news surrounding that soon ». On va donc être patient et attendre de savoir ce que cela annonce. D'ici là, reste donc Bullet (en écoute aujourd’hui), chanson post-punk mélancolique, où affleure toujours ce côté The Cure/Robert Smith qui tenaille Soft Kill, au gimmick qui ne fait que monter et redescendre.

Album : -
Année : 2026
Label : Lamer World

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Bullet de Soft Kill est également en écoute ci-dessous : 
 

vendredi 24 octobre 2025

The Telephone Numbers - Scarecrow II [Slumberland Records]

Une fois n'est pas coutume, évoquons un album déjà discuté dans ces pages. Enfin, « album ». Disons plutôt qu'en juillet dernier, le disque en question, 'Scarecrow II' de Telephone Numbers, n'était qu'un album à venir de plus dans une année encore une fois très chargée en nouveautés. Mais l'annonce avait éveillé mon intérêt. Le premier album du groupe de Thomas Rubenstein, Morgan Stanley (The Umbrellas), Phil Lantz (Chime SchoolNeutrals) et Charlie Ertola m'avait charmé en 2021 ; leur Ep de 2023 encore plus. En bonus, les californiens annonçaient avoir signé chez Slumberland Records, gage de qualité s'il en est. Et cerise sur le gâteau, voilà que leur premier single Be Right Down était du genre « wahou », une chanson racée et incroyablement catchy, indie/jangle-pop infernale que quelques cordes venaient embellir sur le refrain. Un morceau parmi les tous meilleurs écoutés cette année - et même au-delà pour ainsi dire.

Début octobre, 'Scarecrow II' est finalement sorti. Dix titres, 37 minutes. Et ce qui est fascinant avec lui, c'est que Be Right Down n'est même pas sa meilleure chanson. Car oui, les titres majeurs se bousculent au portillon de cet album des Telephone Numbers. De Goodbye Rock n Roll en ouverture avec sa mélodie qui nous ferait presque chanter « I want to see my family, My wife and child waiting for me » tant elle a du Love Vigilantes de New Order en elle, à la douce beauté de The Job Is Killing Me, de la mélancolie comme Velvet-ienne de Falling Dream à Ebb Tide et ses arpèges de guitare dans sa conclusion, il y a des concurrents sérieux. Et le principal est Pulling Punchlines. Positionné en cinquième position de 'Scarecrow II', il a tout ce qu'on attend d'un morceau pop. Une basse en intro qu'on dirait piquée aux Cure, un rythme soutenu, une énergie à revendre et à la fin du deuxième refrain, comme si elle sentait que notre journée manquait de cuivres, voilà que la trompette d'Anna Hillburg envoie la chanson dans une autre sphère. Mieux, plutôt que de s'arrêter là, les Telephone Numbers renchérissent avec la guitare de Tony Molina, venu lui aussi prêter main forte au gang californien. Cela ne suffit pas ? Ajoutons un peu d'orgue d'Andy Pastalaniec de Chime School pour finir dans une sorte d'orgie pop qui ne semble pas jamais vouloir s'arrêter (et qui rappelle le REM des débuts), où les chants de Thomas Rubenstein et Morgan Stanley se croisent, se joignent, se répondent et se renvoient des « wouhou » irrésistibles.

Pulling Punchlines est l'apothéose de 'Scarecrow II', disque déjà inoubliable dont les grands moments ne manquent pas. Si l'on voulait motiver le débat, on pourrait dire Telephone Numbers Theme tranche presque avec ses neuf congénères et sonne plus comme The Umbrellas (c'est d'ailleurs Morgan Stanley qui chante ici) que comme The Telephone Numbers. Mais ce serait ergoter pour pas grand chose, tant la chanson est belle et ne dépareille pas avec le reste. 

Ce qui est sûr et certain, c'est qu'on a ici à faire à de la pop de haute volée, si ce n'est de haute-voltige tant elle est maitrisée de bout en bout, nerveuse comme mélancolique, au touché mélodique incomparable et au chant de Thomas Rubenstein qui rappelle celui de Kip Berman de The Pains of Being Pure at Heart. Un disque qui recèle de merveilles, qui n'ont de cesse de se réinventer, comme si elles ne voulaient jamais tomber dans la redite ou l'ennui. Je sais qu'on utilise ce mot à tort et à travers - moi le premier - mais 'Scarecrow II' est un vrai chef d’œuvre. De pop. D'indie-pop. De jangle-pop. De power-pop. De The Telephone Numbers. De musique en général. Et de 2025 en particulier. (Sortie : 10 octobre 2025)

Plus :
'Scarecrow II' de The Telephone Numbers est à l'écoute sur bandcamp
'Scarecrow II' de The Telephone Numbers est à l'achat sur bandcamp
'Scarecrow II' de The Telephone Numbers est à l'achat et à l'écoute un peu de partout

Trois chansons de 'Scarecrow II' de The Telephone Numbers sont en écoute aujourd'hui. Pulling Punchlines, dont j'ai dit au-dessus tout l'amour déjà que j'avais pour elle (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Ensuite Goodbye Rock n Roll, à sa mélodie qui n'est pas sans rappeler Love Vigilantes de New Order. Et enfin, pour le plaisir, Be Right Down, déjà publié dans ces pages en juillet dernier, et toujours aussi imparable :

mercredi 6 novembre 2024

[Track of The Day] EggS - At The End Of The Road

Mardi, j'évoquais 'Night Palace' de Mount Eerie via I Saw Another Bird. Un disque qui a eu le « malheur » de sortir le même jour que le premier album de The Cure depuis seize ans. Mais il n'est - évidemment - pas le seul. Le nouvel album des français de EggS fait partie de ceux-ci.

Il s'appelle 'Crafted Achievement' et confirme toutes les promesses - plus qu' - entrevues sur leurs premiers singles et Ep et sur leur premier album ('The Glitter Year' en 2022). Un disque très américain, au rythme échevelé, et qui voit les EggS prendre une épaisseur nouvelle avec un son plus ample, des mélodies toujours plus fournies. Pas étonnant quand on apprend à la lecture de la chronique de Section 26 que le quintet de base a invité sur 'Crafted Achievement' la Special Friend Erica Ashleson, Cyprien Vandenbussche, Come Ranjard et deux En Attendant Ana Margaux Bouchaudon et Camille Fréchou (et cela s'entend d'ailleurs) à venir jouer et chanter avec eux.

Tous ces invités font la force de ce 'Crafted Achievement', disque absolument remarquable de bout en bout, enivrant, passionnant, plein de cuivres, de guitares énergiques, de rythmiques imparables, de chœurs qui sonnent comme des cerises sur le gâteau, et de chansons mémorables quand elles ne sont pas des tubes évidents (Head In Flames ou At The End Of The Road, pour ne citer qu'eux, deux morceaux immenses qui en d'autres lieux et d'autres époques seraient déjà des tubes certifiés).

Sans doute quelques esprits chagrins regretteront la durée de ce 'Crafted Achievement' (huit titres pour à peine 24 minutes). Mais ils auront tort. Car si on aurait évidemment bien pris quelques chansons en plus de cette indie-pop exaltée, ce nouvel album d'EggS aux faux-airs d'Ep se suffit à lui même. Pour tout dire, cela le rend même encore plus addictif et parfait tant il n'y a strictement, mais vraiment strictement rien, à jeter. Assurément un des disques de l'année.

Album : Crafted Achievement
Année : 2024
Label : Howlin Banana Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, At The End Of The Road de EggS est également en écoute ci-dessous :

Autre très grande chanson voilà Head In Flames, qui ouvre de manière splendide ce nouvel album d'EggS 'Crafted Achievement' :

Le clip de At The End Of The Road de EggS :

mardi 5 novembre 2024

[Track of The Day] Mount Eerie - I Saw Another Bird

Vendredi 1er novembre, le monde entier n'avait d'yeux et d'oreilles que pour le dernier album de The Cure, 'Song Of A Lost World', leur premier en seize ans. N'étant pas ni un immense fan, ni même un grand connaisseur de The Cure, et mes deux seules écoutes m'ayant laissé sur ma faim, je laisserais les spécialistes évoquer bien mieux que moi ce disque que beaucoup considèrent comme un des meilleurs de la bande à Robert Smith, pour mieux embrayer sur un autre album sorti vendredi dernier : 'Night Palace' de Mount Eerie, le successeur du divin 'Lost Wisdom pt. 2' réalisé en compagnie de Julie Doiron en 2019.

'Night Palace' est un disque fleuve (quatre-vingt une minutes pour vingt-six chansons), dense, à la structure exigeante à passer par tant d'états à la fois (Mount Eerie sait se faire autant discret dans une balade folk que noisy et bruitiste dans l'instant suivant) et dont il est difficile de faire le tour en seulement quelques écoutes (même si les avis à son égard sont plutôt dithyrambiques). Alors plutôt que donner un avis tranché que je n'ai toujours pas, écoutons I Saw Another Bird, la chanson qui ouvre la seconde partie de 'Night Palace'. Un morceau qui dès la première écoute m'a titillé l'oreille, aiguisé ma curiosité et rassasié, malgré sa courte durée, mon désir de guitares lourdes et nerveuses. C'est un - très - bon début.

Album : Night Palace
Année : 2024
Label : P.W. Elverum & Sun

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, I Saw Another Bird de Mount Eerie est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson immédiatement marquante de 'Night Palace' de Mount Eerie, voilà la chanson de clôture I Need New Eyes :

mercredi 9 octobre 2024

[Track of The Day] The Umbrellas - Blue

La fin d'année approchant à grands pas et 2025 pointant déjà doucement mais sûrement le bout de son nez, il est plus que temps d'évoquer un disque qui, à l'instar de 'Hic Sunt Leones' d'Omega Violet et de 'Where we've been, Where we go from here' de Friko, autres disques dont j'aurais parlé bien trop tardivement, aura bercé mon année 2024 : 'Fairweather Friend'. Sorti en janvier dernier, il est signé par The Umbrellas, groupe californien remarqué en 2021 à la sortie de leur premier album éponyme.

S'il est dans la lignée de son prédécesseur, 'Fairweather Friend' fait tout en mieux, en plus fort. Les deux pieds enfoncés dans une indie et de jangle-pop fin 80s/début 90s, cet album catchy à souhait et rempli de tubes (Gone, Goodbye, Games ou encore PM et son côté très Boys Don't Cry de The Cure), à la durée parfaite (trente-cinq minutes, emballé, c'est pesé) voit The Umbrellas passer un cap et prendre une envergure que je ne les soupçonnais pas être capables de prendre.

Pourtant, et peut-être à cause de cette entrée dans un automne qui promet d'être très humide, de tous les indie tubes disséminés ici et là on préfèrera mettre en avant aujourd'hui Blue, superbe balade mélancolique sur la fin d'une amitié (le thème de l'album), presque cachée en fin d'album, au petit gimmick absolument savoureux.

Album : Fairweather Friend
Année : 2024
Label : Slumberland Records / Tough Love Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Blue de The Umbrellas est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très réussie de 'Fairweather Friend' de The Umbrellas, voilà Say What You Mean :

lundi 2 septembre 2024

[Track of The Day] MJ Lenderman - She's Leaving You

Alors que les années s'accumulent sans qu'on nous ait prévenus au démarrage qu'il en serait ainsi, prenons en cette rentrée « officielle » de 2024-2025 une petite cure de jouvence adolescente (en tout cas la mienne) le temps des 4'38" de She's Leaving You, un des singles du quatrième album solo (à sortir ce vendredi) de MJ Lenderman, le guitariste de Wednesday.

Une chanson nineties à bien des égards, que ce soit dans sa mélodie, ses éclats de voix, le mix autour de celle-ci, ses paroles, la voix de Karly Hartzman, chanteuse de Wednesday, qui joue ici les choeurs de luxe, sa production et évidemment ses guitares qui semblent tout droit venir de 1994.

Un morceau qui a un je ne sais quoi de Pavement et de Jason Molina à la fois, mais qui malgré sa patine n'a rien d'un pastiche. Chanson remarquable, She's Leaving You est surtout incroyablement cool, touchante et dont la mélancolie me rendrait presque nostalgique d'une époque que je ne suis pourtant pas vraiment sûr de regretter.

Album : Manning Fireworks
Année : 2024
Label : ANTI-

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, She's Leaving You de MJ Lenderman est également en écoute ci-dessous :

 Le clip de She's Leaving You de MJ Lenderman :

jeudi 29 février 2024

MGMT - Loss Of Life [Mom + Pop / MGMT Records]

Je ne sais pas trop quoi penser de 'Loss Of Life', le nouvel album de MGMT. Grand cru en devenir ou disque joliment exécuté mais qui rejoindra leur 'MGMT' de 2013 au rang des albums mineurs d'un groupe pourtant majeur des quinze dernières années ('Oracular Spectacular', 'Congratulations', 'Little Dark Age') ? L'avenir nous le dira tant la musique et les compositions du duo Benjamin Goldwasser / Andrew VanWyngarden ne se dévoilent pas toujours aux premières écoutes (je fais partie de ces gens qui n'ont pas saisi le génie de 'Congratulations' immédiatement).

Quoiqu'il en soit, 'Loss of Life' est un de prime abord un disque réussi. MGMT va chercher son inspiration dans les années 80, pour le meilleur (Nothing Changes qu'on pense longtemps être une balade à la Cure, le parfait People In The Streets) comme pour le pire (le duo sans grand intérêt avec Christine and The Queens Dancing In Babylon, toutes ces guitares dégoulinantes marquées du sceau d'une époque un peu trop pompière et qui a plutôt mal vieilli, que Brian May n'aurait pas reniées) ; mais aussi dans les années 90 (évident Bubblegum Dog, le brit-pop Mother Nature, sorte de rencontre entre Oasis et Sophia).

Pas dénué de grands moments, c'est pourtant à la toute fin de l'album que MGMT vient composer un véritable miracle : Loss of Life. La chanson qui clôture le disque du même nom, alors que sa partie 2 l'ouvrait ; comme si l'album ne devait être qu'une boucle infinie. Un morceau sur notre impréparation à la mort d'un être cher (« You can sail off the edges of the earth, greet the workers of the universe, still nothing prepares you for loss of life »), qui sonne comme du Beach Boys époque 'Pet Sounds' qui aurait été produit par Air. Un titre somptueux et qui voit des cuivre s'avancer peu à peu, prendre de la place et de l'ampleur, qui ont moins à voir avec les trompettes de l'Apocalypse du Nouveau Testament qu'avec les trompettes de la déesse Pheme dans la mythologie grecque, qui déifiait les héros par ses chants de Renommée et qui sonnent ici comme une sorte de célébration du défunt et d'une porte d'entrée vers le Monde d'après.

Je ne sais donc pas si 'Loss Of Life' de MGMT va s'imposer dans mes oreilles cette année. Si chaque écoute va lui faire prendre une autre dimension. Ce qui est sûr par contre, c'est qu'il n'est pas dit qu'on écoute une chanson de clôture plus belle et plus touchante que Loss Of Life en 2024. (Sortie : 23 février 2024)

Plus :
'Loss Of Life' de MGMT est à l'écoute sur leur page bandcamp
'Loss Of Life' de MGMT est à l'achat sur leur page bandcamp
'Loss Of Life' de MGMT est également
en écoute et à l'achat ici

Trois chansons de 'Loss Of Life' de MGMT en écoute aujourd'hui. A tout seigneur tout honneur, ouvrons le bal avec le sublime Loss Of Life dont j'ai beaucoup parlé au-dessus (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Enchaînons avec People In The Streets. Et terminons par le très brit-pop Mother Nature :

Les clips de Bubblegum Dog et de Nothing To Declare, deux des singles extraits de 'Loss Of Life' de MGMT :

mardi 21 novembre 2023

[Track of The Day] Jerry David DeCicca - New Shadows

Quelqu'un a dit un jour que le saxophone était la pire chose qui soit arrivée au rock'n'roll. Quand bien même, Jerry David DeCicca n'en a cure et en a mis sur son nouvel album, l'intriguant 'New Shadows'. Intriguant parce qu'il prend le contre pied de son disque de 2018, le très beau et apaisant 'Time The Teacher'. Et parce qu'il a un côté « mauvais goût » (totalement assumé) avec des moments cheap au possible et des sonorités datées que Jerry David DeCicca chante d'une voix trainante et pâteuse qui hésite entre le chant et le parlé.

Et pourtant ? Hé bien ça marche. Sans doute trop calme dans l'ensemble pour véritablement emballer totalement (alors que New Shadows, en écoute aujourd'hui, est une sacrée chanson d'ouverture), tout se tient tout de même ici, dans une sorte de mélange entre les moments soft de Dire Straits et les Bob Dylan et Leonard Cohen des années 80, où se côtoient saxophone, trompette - pas des plus vilaines d'ailleurs, trombone, clarinette, synthé et la toute la panoplie liée aux eighties.

Quelqu'un a dit un jour que le saxophone était la pire chose qui soit arrivée au rock'n'roll. Jerry David DeCicca n'est pas de cet avis. Et très franchement, il a plutôt raison.  

Album : New Shadows
Année : 2023
Label : -

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, New Shadows de Jerry David DeCicca est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson réussie de 'New Shadows' de Jerry David DeCicca, voilà Sing et ses riffs so années 80 : 

Le clip de New Shadows, single de l'album du même nom de Jerry David DeCicca :

vendredi 22 septembre 2023

[Track of The Day] Stéphane Milochevitch - Mustang du 26

Après trois albums (dont deux, 'Le Tunnel Végétal' et 'Au Paradis', peuvent être qualifiés d'immenses) sous le nom de scène Thousand, Stéphane Milochevitch a décidé d'amorcer un virage dans sa carrière et d'abandonner son pseudo de toujours pour se lancer sous son vrai patronyme. Mais, soyez rassurés, le changement n'est finalement qu'administratif, tant les qualités de compositeur et de parolier de notre homme n'ont pas bougé.

C'est en tout cas ce que laissent à penser les deux premiers extraits de 'La Bonne Aventure' (le 13 octobre prochain, évidemment chez Talitres), dont Mustang du 26 (en écoute aujourd'hui). Sans doute la première chanson française depuis Je T'aime Le Lundi d'Edouardo à énumérer les jours de la semaine, tout en étant dans le genre infiniment plus proche du Friday I'm In Love de The Cure (fort heureusement).

Mais au-delà du clin d’œil, Mustang du 26 est un morceau qui voit Stéphane Milochevitch continuer à creuser son sillon d'une très belle pop à la française, où se côtoient mélodies accrocheuses et arrangements fins et léchés, sur lesquels vient se poser cette voix presque éraillée et éteinte, qui parle plus qu'elle ne chante, et des textes toujours riches et lettrés, où chaque mot semble soupesé et où aucune rime n'est laissée au hasard, et d'où émane une belle poésie.

Album : La Bonne Aventure
Année : 2023
Label : Talitres

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Mustang du 26 de Stéphane Milochevitch est également en écoute ci-dessous :

Quitte à bien faire les choses, voilà le premier single de 'La Bonne Aventure' de Stéphane Milochevitch, Comme Un Aigle :

jeudi 24 février 2022

[Track of The Day] Moddi - Tranøy fyr

Après le mélange arabo-gallois de mardi avec Adar Newlan d'Imarhan et Gruff Rhys, continuons sur notre lancée de « chansons dont on ne comprend pas un traître mot mais où la mélodie est si belle qu'on n'en a cure » avec cette fois du norvégien. La chanson s'appelle Tranøy fyr et est l’œuvre de Moddi, artiste très recommandable découvert en 2019 via son album 'Like in 1968'.
 
Sur ce disque là, Moddi chantait en anglais. Sur Tranøy fyr en revanche (et cela sera sans doute le cas sur l'ensemble de 'Bråtebrann', album à venir dont ce single est extrait), il chante dans sa langue maternelle - d'ailleurs si peu commune à mes oreilles que je la croirait inventée.

Mais si l'ensemble est incompréhensible, la mélodie, elle, est immédiate et ne nécessite pas d'avoir fait dix ans de norvégien pour la savourer tant elle respire la beauté et la mélancolie. Mieux, en s'entourant de chœurs absolument vibrants, Moddi donne une ampleur incroyable à l'ensemble ; le tout sans esbroufe, en préférant finesse et justesse à l'excès et la surenchère qui pourtant lui tendaient les bras. Comme s'il voulait tenir sa composition à hauteur d'homme, alors que plus les secondes s'égrènent, plus il lui fait tutoyer le paradis. Vous avez dit divin ?

Album : Bråtebrann
Année : 2022
Label : Propeller Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Tranøy fyr de Moddi est également en écoute ci-dessous :

 
Le clip de Tranøy fyr qui suit Moddi dans l'enregistrement de la chanson à Alta, une petite ville située tout au nord de la Norvège :

 

jeudi 30 décembre 2021

Bilan 2021 : « Albums » (20-01)


Après vingt premiers albums, et avant le top 50 des meilleurs chansons de l’année, comme le veut la tradition le premier jour de l’année, finissons donc d’établir la liste de quarante albums qui auront animé mon année avec, comme disent les anglais, la crème de la crème, en tout cas selon mes oreilles.

Mais avant ça, allons faire un tour du voisinage :
- Pop News a demandé à quelques artistes de marque (Julien Ribot, Pascal Bouaziz, Olivier Rocabois, Maxwell Farrington & Le SuperHomard, Raoul Vignal et d’autres) de venir faire un bilan de l’année écoulée
- Les 100 albums de l'année des indispensables The Quietus
- "The Year's Essential Releases" de Bandcamp Daily
- Les 50 albums de 2021 pour The Revue
- Les 10 meilleurs albums de 2021 chez La Musique à Papa
 
Revenons donc à nos moutons. Vingt nouveaux albums. Et assurément les meilleurs que j'ai pu écouter tout au long de cette année très riche. Une année pleine de coups de cœur, de disques mémorables et qui vont m'accompagner longtemps. Vingt disques avec un artiste de plus en plus habitué de ces tops, de belles découvertes pop, un disque merveilleux où l'ombre d'Elliott Smith plane tout du long, du jazz qui s’acoquine à la pop, des disques enregistrés au débotté, des vieux de la vieille de retour et pas pour faire semblant, et l'album de l'année dantesque et foisonnant. Entre autres. C'est tout cela qu'il y aura eu au programme de mon année 2021.
Et pour mieux découvrir ces vingt albums, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs (Spotify et Deezer) vous proposant un morceau de chacun des disques chroniqués. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s) !



20. Dummy - Mandatory Enjoyment [Trouble In Mind Records]

Premier album du quatuor californien Dummy, 'Mandatory Enjoyment' est un disque épatant, dans lequel on décèlera du Stereolab, mais pas que. Trop Trouble In Mind pour être résumé à cela, il fait aussi la part belle à la noise-pop, à l’indie-pop et au psyché, tout en laissant planer l’ombre de Broadcast. Avec toujours ces guitares qui ne semblent jamais en avoir marre.


19. Clap Your Hands Say Yeah - New Fragility [CYHSY, Inc]

Les années passent et Alec Ounsworth continue d’emballer son monde. Désormais seul à la tête du groupe dont tout le monde parlait il y a quinze ans, il aura sorti un des tous meilleurs albums de Clap Your Hands Say Yeah (si ce n’est le meilleur). 'New Fragility' est un disque ambitieux, au chant toujours aussi affecté (mais qui est une des forces et signatures du groupe) très bien arrangé, à la production parfaite, où l’émotion affleure sur chaque chanson.
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18. Torres - Thirstier [Merge]

Entre tubes pop et rock, bluette irrésistible et balade rock tuante, 'Thirstier' est le genre d’album brillant qui n’aurait pas dépareillé dans la production d’il y a 25 ans. Chansons aux élans mainstream et rock estampillé nineties, le tout saupoudré de pop, la floridienne rend une copie parfaite avec ce disque séduisant de bout en bout.


17. Danny George Wilson - Another Place [Loose Music]

Avec un timbre et un chant où l'on jurerait entendre Bob Dylan, Jonathan Donahue de Mercury Rev et surtout le regretté Vic Chesnutt, Danny George Wilson aura réussi son retour pour son deuxième album solo, le premier en seize ans. Pop où country et folk ne s'en laissent jamais compter, 'Another Place' est un vrai beau voyage où les mélodies volettent au bras tantôt de guitares électriques nerveuses, tantôt de guitares acoustiques et délicates, où violoncelle, piano et bruits en tous genres sont de la partie.


16. The Notwist - Vertigo Days [Morr Music]

Quatrième album en vingt ans (et le premier pour Morr Music), 'Vertigo Days' voit The Notwist continuer son quasi sans-faute. Un vrai beau voyage, à la diversité certaine et à l'unité impeccable, où les chansons entrelacées s'enchaînent avec une classe folle tout en oubliant ni la mélancolie, ni les mélodies accrocheuses. Un disque mis en orbite par un trio d’ouverture parfait, sans doute le meilleur de 2021.


15. Amyl and the Sniffers - Comfort To Me [Rough Trade Records]

Il y aura eu peu de disques aussi immédiats que celui d’Amyl and the Sniffers en 2021. Démarrant pied au plancher, sans jamais ralentir le tempo. A fond tout le temps, du punk dans l'esprit, du garage dans l'exécution, du gabba gabba hey aussi et surtout, des guitares qui n'aiment rien de plus que riffer dans tous les sens, descendre des manches et festoyer avec rage en déballant des tubes par poignées.


14. Middle Kids - Today We’re The Greatest [Lucky Number]

Sans doute la face-A la plus réussie de l’année. Tout dans les six premiers titres de cet album des australiens de Middle Kids confine à la perfection avec notamment, deux des chansons de mon 2021, Questions et R U 4 Me. De la pop ultra-efficace à prendre en intraveineuse, avec des cuivres à faire fondre en bandoulière et un rythme souvent échevelé.


13. Painted Shrines - Heaven and Holy [Woodsist]

Premier album de Painted Shrines (duo composé de Jeremy Earl de Woods et Glenn Donaldson de The Reds, Pinks And Purples), 'Heaven and Holy' fait dans le folk-rock pysché lové dans les bras d'une indie-pop de belle facture, où les guitares s'en donnent à cœur joie sur un tempo lent et où les élans de voix sont saisissants de beauté. Une sorte de parenthèse enchantée. Un petit délice d'indie-pop. Et un des disques les plus écoutés cette année.


12. Rien Virgule - La Consolation des Violettes [La République Des Granges / Murailles Music / Permafrost / Zamzam Records]
Ce troisième album de Rien Virgule (et le premier sur mes oreilles) est un voyage dans un monde brinquebalant, inquiétant, où ça craque, ça crispe, ça martèle et où ça part ici pour mieux finir là. Mais le (désormais) trio ne laisse jamais les mélodies en chemin ou en retrait, fussent-elles concassées. Pour ainsi dire, celles-ci sont même fascinantes de beauté.
 
11. Arab Strap - As Days Get Dark [Chemikal Underground]

Il y a des groupes qui se reforment parce qu’ils sont en manque de liquidités, et préfèrent tabler sur leur passé pour vendre de nouvelles chansons pas abouties mais qui feront mouche en usant de la carte nostalgie jusqu'à la lie. Et puis il y a Arab Strap. Malcolm Middleton avait annoncé que s’ils refaisaient un album, c’est qu’ils auraient les chansons pour. Spoiler alert : ils ont tenu parole. Préparé à être déçu de voir deux idoles se brûler les ailes dans une reformation convenue, j’en suis pour mon argent tant Arab Strap avec 'As Days Get Dark' aura publié un de ses tous meilleurs albums (ce qui n’est pas rien vu leur discographie), influencé par leurs diverses collaborations (Aidan Moffat) et expériences solos (Malcolm Middleton). Quels hommes !


10. Jack Ingram, Miranda Lambert & Jon Randall - The Marfa Tapes [Vanner Records]

Trois acteurs phares de la country music américaine actuelle se sont donnés rendez-vous dans un vieux ranch perdu dans le désert, autour d’un feu de camp ou l’arrière d’un pickup pour enregistrer un des albums les plus simples de l’année. Deux guitares, trois voix, des chansons belle à pleurer, et une ambiance incroyable qui s’en dégage. Un disque au temps suspendu et touché par la grâce.


09. Airelle Besson - Try! [Papillon Jaune]

Avec la trompette d'Airelle Besson en maîtresse du temps et du tempo, 'Try!' fait partie de ces albums dont la beauté vous explose à l'oreille instantanément. Jazz dans sa couleur et sa conception, il respire la pop par tous les pores. Un voyage gracile et élégant, aérien et sensuel, ardent et allègre. Le genre de disque qui vous fait vous demander pourquoi vous ne mettez pas plus de jazz dans votre vie.


08. Richard Dawson & Circle - Henki [Domino Records]
Richard Dawson est fan de Circle, groupe finlandais de trente ans d’âge, depuis longtemps. C’est donc sans doute un rêve d’adolescent qu’il a réalisé en publiant 'Henki' avec eux. Et quel album ! Baroque, rock et folk, métal dans l'inspiration, très habillé et porté par des choeurs et la voix qui part dans tous les sens de Richard Dawson. Un Dawson qui confirme album après album qu'il est un des artistes les plus passionnants de ces dernières années.
07. Julien Ribot - Do You Feel 9? [December Square]
Entièrement chanté en anglais, composé autour de la personnalité et de l'histoire d'un certain Neon Juju, 'Do You Feel 9?' est un disque qui va puiser son inspiration chez David Bowie, Air, MGMT ou Foxygen. De la pop orchestrale, léchée et lettrée, du glam-rock, pour un résultat ambitieux et grandiose. Un album majuscule de la part d’un compositeur génial.
 
06. James Yorkston and The Second Hand Orchestra - The Wide, Wide River [Domino Records]

'The Wide, Wide River' est un disque absolument majestueux. Du genre de ceux qui respirent le talent, évidemment, le plaisir aussi. Et surtout la liberté. Un album incroyablement généreux et vivant, genre de miracle inattendu, enregistré sans idée préconçue, live et au débotté (en trois jours, l’affaire était pliée). Et qui est plein de superbes chansons que The Second Hand Orchestra habille avec un doigté rare. Comme le dit James Yorkston : « this fast-footed, free-wheeling album ». En roue libre. Mais quelle belle roue libre.


05. Tele Novella - Merlynn Belle [Kill Rock Stars]

Vintage sans être en rien daté, pas vraiment d'aujourd'hui sans être totalement d'hier, 'Merlynn Belle' du duo Tele Novella est un des disques que j’aurais le plus écouté en 2021. Mélodies pop soignées qui se baladent au bras d’une country-folk de cent ans d’âge quand ce n’est pas à celui de Stephin Merritt des Magnetic Fields ; chant divin de Natalie Ribbons, conteuse et pleine d’harmonies dans la voix ; tout est réuni pour en faire un des disques les plus beaux de l’année. Un album hors du temps et pour autant incroyablement moderne.


04. Floating Points, Pharoah Sanders & The London Symphony Orchestra - Promises [Luaka Bop]

Avec pour canevas sept notes de piano jouées et répétées tout du long, comme un mantra, cet album et ses neuf titres n’en formant qu’un est le disque le plus cohérent de tous ceux que j’ai pu écouter cette année. L’alchimie entre le « trio » Floating Points, Pharoah Sanders et The London Symphony Orchestra est évidente et le résultat totalement envoûtant. Une petite merveille onirique et quasiment instrumentale de quarante-six minutes.


03. Sam Forrest - Aeroplane Days [Hidden Bay Records]
Une âme toute Elliott Smith-ienne se promène de par en par de ce 'Aeroplane Days' de l'anglais Sam Forrest. Un album qui aligne les chansons soyeuses, mélancoliques, élancées. En un mot comme en cent merveilleuses. Et même lorsqu'il s’échappe vers des horizons plus synthétiques, Sam Forrest séduit son monde. Sans doute un des plus beaux disques de l’année 2021 et un très grand album.
02. Little Simz - Sometimes I Might Be Introvert [Age 101]

Alors qu’il aurait du être écrasé par Introvert, sa chanson d’ouverture, 'Sometimes I Might Be Introvert' arrive à se départir de ce titre majuscule pour mieux s’en servir comme rampe de lancement. Car la suite ne va pas baisser la garde et laisser filer. Entre hip-hop, jazz, soul/neo-soul, r'n'b, pop, rap et afrobeat, le tout sous couvert d’orchestrations chiadées et ambitieuses, et d'un flow puissant, Little Simz tape fort et juste avec cet album grandiose. Pour ainsi dire, même la pochette est splendide ici. Masterpiece, ni plus ni moins.


01. Kìzis - Tidibàbide / Turn [Tin Angel Records]
 

Sans conteste possible, l’album monstre de l’année. 3h23 de musique au programme. 'Tidibàbide / Turn' s’ouvre et se referme par un chant traditionnel. Au milieu, 34 autres morceaux protéiformes qui balaient tout un pan de la musique (actuelle ou non), du folk shamanique à la pop, du trip-hop à la techno, du spoken-word au jazz, du r'n'b aux chants traditionnels (donc) en passant par l'electro-pop ou d’ambiance plus techno, que Kìzis mêle de voix célestes, de violons qui volettent comme du néo-classique, et d'arrangements soyeux - quand ils ne sont pas bricolés.
Alors oui, tenir la longueur sur 3h23 n’est pas que difficile, c’est impossible. Et il faut reconnaître que le cœur de l’album est un peu moins emballant. Pour autant, Kìzis n’en a cure, tient son cap et arrive au final à faire passer les titres plus faibles pour des respirations pour mieux continuer d’embarquer son monde.
Et de toutes façons, cela ne change rien à notre affaire. S'il n'est pas sans défauts, 'Tidibàbide / Turn' est assurément l'album le plus passionnant de l’année, lui qui arrive à ne pas s’écrouler sous le poids de son ambition démesurée. Un disque monde, rien de moins.
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Et comme promis, ci-dessous (ou sur les liens ci-contre), vous trouverez dans les lecteurs Spotify et Deezer une chanson de dix-neuf albums chroniqués ci-contre. Le vingtième extrait, celui de 'La Consolation des Violettes' de Rien Virgule (absent des plateformes de streaming), il est disponible via bandcamp :