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vendredi 16 octobre 2026

[Track of The Day] Persica 3 - That Life

La musique est pleine de trilogies - souvent mythiques - qui ont rythmé son histoire : l'électrique de Bob Dylan, la berlinoise de David Bowie, celle de The Cure (étalée quasiment vingt ans), la "no-synth" de The Magnetic Fields (dont il a souvent été question dans ces pages à l'époque, voir ici et là) et j'en oublie évidemment.

L'écho de celle que vient de construire Persica 3 ne rivalise sans doute pas (et n'aura jamais l'impact) que celles précitées, pourtant elle mérite d'être écoutée, choyée, aimée. Vous me direz, rien ne prouve que 'Cardinal' est le point final d'une trilogie commencée en 2022 avec 'Tangerine' et magnifiée avec 'Beauty in the Noise' en 2025. Mais à son écoute, il en ressort comme une évidence : toujours publié chez Hidden Bay Records, toujours avec une pochette au style iconographique très identifiable (comme les deux précédents, l'album est disponible uniquement aux formats cassette et numérique), toujours avec un mélange de pop et de psychédélisme très sixties, où si l'ombre de Brian Wilson n'est jamais très loin, celle de Panda Bear s'impose encore un peu plus.

Mais cette fois, pour 'Cardinal', Persica 3 a changé son mode de composition : il est allé fouiller dans les années 60 et 70 pour trouver et chiper des samples sur lesquels construire ses chansons. En résulte un disque solaire, ouaté à souhait, aux textures nombreuses, fourmillant de détails discrets qui ne cessent de se dévoiler au fil des écoutes. Pop psyché aux harmonies vocales aussi généreuses que lumineuses, 'Cardinal' se termine par deux petits bijoux : la chanson titre, où le piaillement d'un cardinal rouge fait office de métronome, et That Life (en écoute aujourd'hui), à la mélodie ample et superbe, que Persica construit autour de trois morceaux américains de la fin des années 60 : Yours Is The Life de Paul Martin, Our Love de The Grasshoppers et I'm a Little Boy de Jerry Solomon. Intemporelle pour le moins.

NB : Tous les samples utilisés sur 'Cardinal' sont à retrouver sur le bandcamp de Persica 3

Album : Cardinal
Année : 2026
Label : Hidden Bay Records

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, That Life de Persica 3 est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de ce nouvel album de Persica 3, la chanson titre, Cardinal :

mardi 13 janvier 2026

[Track of The Day] Tchotchke & The Lemon Twigs - Tchotchkes

Peut-on écouter une chanson ou un disque de Noël quand, justement, Noël est derrière nous ? Grande question, peut-être pas philosophique certes mais qui mérite d'être posée. Car tout de même, ce genre est très circonscrit à une période plutôt courte et devient désuet une fois le 25 décembre passé. Que fait-on alors quand on découvre une chanson de haute volée après les fêtes, quand foie gras, huitres et autres papillotes ont été digérées et que la routine a repris le pouvoir ? Hé bien, on s'en émerveille quand même.

Le morceau en question est Tchotchkes et est l’œuvre de Tchotchke, un trio féminin de New-York, et du duo des frères D'Addario The Lemon Twigs, groupe qui semble avoir retrouvé une nouvelle jeunesse depuis sa signature chez Captured Tracks. Deux groupes qui ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre, loin de là : Tchotchke a déjà ouvert la scène aux Lemon Twigs ; ces derniers ont produit et joué sur les deux albums de ces dames ; et, histoire de faire un point gossip, la bassiste Eva Chambers fréquente Michael D'Addario tandis que la batteuse Anastasia Sanchez est, elle, en couple avec Brian D'Addario. Une affaire d'amour et d'amitié donc.

Et Tchotchkes dans tout cela ? Bien qu'elle parle de Noël, de ces moments où on tient à acheter le plus beau et le plus cher cadeau du monde à celle/celui qu'on aime alors qu'il/elle ne souhaite rien de plus qu'un bibelot qui lui correspond, c'est avant tout une merveilleuse chanson pop, à la veine formidablement Beach Boys (la voix de Michael D'Addario sonne de plus en plus comme celle de Brian Wilson jeune), aux arrangements soignés, pleine d'harmonies vocales magnifiques - si propres aux auteurs de 'Pet Sounds' -, et à la mélodie emballante qu'on a envie de chanter à tue-tête. Aussi bien un 13 janvier, un 20 mars qu'en plein milieu de l'été. Des morceaux comme cela, ça se déguste tous les jours. 

Album : -
Année : 2025
Label : Captured Tracks

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Tchotchkes de Tchotchke & The Lemon Twigs est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Tchotchkes de Tchotchke & The Lemon Twigs :

mercredi 31 décembre 2025

Bilan 2025 : « Albums » (01-20)


Une première partie consacrée aux formats courts, compilations, rééditions et autres disques oubliés les années précédentes, lundi. Une seconde qui présente vingt premiers albums marquants de mon année, hier. Place aujourd'hui, logiquement, aux vingt albums les plus réussis selon mes oreilles en 2025. Et autant vous dire qu'il y a eu du choix et que l'année a été propice aux grands disques et belles découvertes.

Mais avant de détailler tout cela, comme le veut la tradition dans ces pages, allons faire un tour chez les voisins :
- Les meilleurs albums de l’année pour Raven Sings The Blues
- Les tops individuels de la rédaction de Pop News
- Le classement 2025 de la rédaction de Section 26
- Les disques de l'année par la rédaction d’Addict Culture
- Tous les top musique (et il y en a !) de Possible Music, le nouveau blog de Benoit Richard de Benzinemag


Vingt disques donc. Les vingt meilleurs après classement. Avec beaucoup de hip-hop (quatre albums, rien que ça) dont un patron qu'il est difficile de dépasser, du rock nerveux et de la pop vitaminée venus des États-Unis, un piano sombre mais magnifique, une confirmation et deux immenses coups de cœur français, de jeunes anglais qui confirment, du folk/blues électrique, de la country-pop d'une future star in the making, du jazz cosmique, de la power-pop à la belge, et un duo de tête presque évident, avec d'un côté l'indie-pop à son meilleur, de l'autre un disque ambitieux de pop ample et généreuse, touchant au possible. Tout est à découvrir ci-dessous, avec au bas du billet, comme à chaque fois, des liens vers des players Spotify, Deezer et Tidal pour écouter une chanson de chacun des disques évoqués. Bonne lecture et bonne écoute !


Et n'hésitez pas à suivre le blog le reste de l'année, ici mais aussi sur la playlist quotidienne "Track of The Day" de Spotify, Deezer, Tidal et/ou YouTube



Bilan 2025 :
Top « Albums » (40-21)
Top « 50 chansons »
Top « 7", Ep, Compilation, Réédition et Albums oubliés »



20. Legss - Unreal [-]

Mélange de post-rock, art-rock et post-punk, d'élans noise-rock et de quelques touches slowcore, ce premier album, consistant du début à la fin et remarquablement produit, alterne chaud et froid, calme et tempête, murmures et éclats de voix, et confirme tous les espoirs placés en Legss jusque-là.
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19. Kwoon - Odyssey [-]

Malgré vingt ans de carrière, 'Odyssey' n'est que le troisième album des français de Kwoon, le groupe mené par Sandy Lavallart. Et dont l'écoute me rappelle à quel point j'aime leur beauté et leur flamboyance. A l'instar de ses prédécesseurs, c'est un album magnifique, particulièrement cinématographique, parfois insaisissable, toujours délicat, qui sonne comme un voyage onirique, tout en apesanteur, où l'émotion est à fleur de peau.
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18. Preoccupations - Ill at ease [Born Losers Records]

Post-punk à l'inspiration 80s et plus pop que par le passé, porté par des guitares absolument superbes, un clavier profond, une drum-machine adéquate et un mix très soigné, 'Ill at ease' est un formidable nouvel album, sans doute le plus marquant de Preoccupations depuis qu'ils ne s'appellent plus Vietcong.
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17. Preservation & Gabe 'Nandez - Sortilège [Backwoodz Studioz]

Alors qu'on attend toujours le deuxième des trois albums qu'il a prévu de sortir avec CRIMPEAPPLE, Preservation s'est offert cette année un album de collaboration avec l'américain Gabe 'Nandez : 'Sortiège' (en français oui, avec un accent). Un disque d'abstrackt hip-hop, parfois expérimental, souvent conscient, toujours ambitieux, où les productions travaillées et profondes de Preservation font merveille, bien aidé par le flow de Gabe 'Nandez et les nombreux invités (au premier rang desquels Billy Woods, Armand Hammer et Benjamin Booker).
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16. The Tubs - Cotton Crown [Trouble In Mind Records]

Successeur du remarqué (et tout aussi remarquable) 'Dead Meat' en 2023, 'Cotton Crown' est un disque entre ombre et lumière, qui ne transpire pas de bonheur, avec ses chansons où il est question de relations amoureuses qui tournent à vide, de dénigrement de soi, d'interactions sociales compliquées, d'ennui et de lassitude à peine voilés. Pourtant, si la mélancolie est bien là, la jangle-pop énervée des Tubs, aux accents parfois punk, est toujours aussi savoureuses. Un disque à l’efficacité immédiate, qu'on pourrait situer quelque part au croisement des Smiths et de R.E.M.
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15. Jimi Tenor, Cold Diamond & Mink - July Blue Skies [Timmion Records]

Album qui porte bien son nom (il sied très bien à de longues et douces soirées estivales), 'July Blue Skies' est un disque superbe de la part de Jimi Tenor et de ses compatriotes Cold Diamond & Mink. Une soul soul cosmique et synthétique, de jazz dub, de funk céleste, de flûte légère comme une plume et de groove tout en rondeur, le tout aux contours seventies.
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14. Persica 3 - Beauty in the Noise [Hidden Bay Records]

Mélodies chiadées et psychédélisme lumineux sur fond de production lo-fi, tout est absolument délicieux dans ce deuxième album du parisien Arthur Dubois, qui se produit sous le moniker Persica 3. Sorte de rencontre entre le génie de Brian Wilson (ou Panda Bear, choisissez votre camp), le doigté pop des Fab Four et les girls-group des années 60, avec un travail remarquable fait sur les voix et les chœurs, ce disque est du genre grand.
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13. Model/Actriz - Pirouette [Dirty Hit / True Panther Records]

Sorte de rejeton de toute la scène vibrante et effervescente anglaise actuelle, Model/Actriz est en réalité américain. Et 'Pirouette', leur deuxième album, est tout à fait remarquable, sorte de rock-industriel plein d'electro/dance-(post)punk, mais pas avare d'une bonne dose de pop qui permet aux chansons de faire mouche.
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12. McKinley Dixon - Magic, Alive! [City Slang]

Moins jazz-rap qu’on pourrait nous le faire croire, ce disque produit à la perfection (tout est à sa place et a de la place pour s’exprimer) est une réussite de chaque instant, où se mêlent le flow très sûr de McKinley Dixon et les orchestrations ultra-chiadées pleines de cordes, de cuivres etc, jouées par des musiciens et non par des machines. Un disque génial, dont le sujet ne l’est pourtant pas, et une des révélations de mon année (il était temps)
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11. clipping. - Dead Channel Sky Plus [Sub Pop]

Disque massif, foisonnant d'idées, pas évident de prime abord (comme toujours avec eux), mais qui petit à petit s’immisce dans votre esprit pour se révéler un peu plus passionnant à chaque écoute, le nouvel album des californiens de clipping. est une nouvelle grande réussite. Un disque hip-hop expérimental et indus quand il n'est pas abstract ou hardcore, où breakbeat, beat electro et acid-house sont légions mais où la destructuration est maîtresse de l'ensemble. Un disque dont on préfèrera d'ailleurs cette version, l'augmentée 'Dead Channel Sky Plus', qui ajoute quatre morceaux directement dans le tracklisting original. Et pour le meilleur.
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10. Freshberry - Diamond Files [Si Moiré Disques / Indie or Die Records / Hidden Bay Records]

Premier album absolument épatant de la part de ce duo parisiano-sudcoréen (lui de Paris, elle de Corée du Sud), entre krautrock, post-punk, synth-pop, ambiances hantées et sacrées chansons. La France prouve (une nouvelle fois) qu'elle est capable de sortir des albums inspirés, qui s'inventent tout du long, se réinventent même parfois, imposent un son, un style et proposent des compositions d'une qualité folle. Et qui en remontrent à leurs cousins anglo-saxons.
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09. Lùlù - Lùlù [Howlin Banana / Dangerhouse Skylab / Taken by Suprise]

Deux AVIONS, deux Irnini Mons et un Flathead / Pogy Et Les Kéfars aux commandes d'un des immenses coups de cœur de l'année. Leur credo ? Une power-pop à la française terriblement efficace, qui transpire d'insouciance, de fun et de sincérité. Un disque qui a l'urgence chevillée au corps, le cool en bandoulière, qui file à toute vitesse le long de riffs de guitares déchainées et de mélodies accrocheuses, où les tubes se ramassent à la pelle.
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08. Will Johnson - Diamond City [Keeled Scales]

Country/folk parfois contemplative, blues électrique ténébreux, mélodies enchantantes, fussent-elles déprimées, qui ne cessent se développer et de prendre de l'ampleur, ombre de Jason Molina et de ses Songs: Ohia qui plane tout du long : 'Diamond City' est un disque pas loin d'être merveilleux de la part de l'américain Will Johnson.
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07. Fortitude Valley - Part Of The Problem, Baby [Specialist Subject Records]

Entre inspirations 90s mais auxquelles ils apportent leur touche, power-rock et indie-pop à guitares - avec un zeste de jangle-pop, ce deuxième album des anglo-australiens Fortitude Valley est un disque remarquable, plein d'urgence autant que d'élégance pop où les tubes sont nombreux. Très conseillé, notamment à tous les déçus des derniers The Beths.
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06. Willow Avalon - Southern Belle Raisin' Hell [Assemble Sound / Atlantic]
Fille de Jim White, à la jeunesse compliquée, Willow Avalon surprend et séduit son monde avec son premier album. Un disque de country, souvent pop, parfois folk, aux relents rock et mélancoliques, qui ne manque ni de grandes mélodies ni de textes malins, où l'américaine parle d'amour, de ruptures et d'abandon, d'alcool, de conneries de jeunesse, et chante d'une voix belle, lumineuse et un rien kinky. Future star in the making.
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05. James Felice - The Little Ones [Million Stars]

Enregistré presque en secret lors de chaudes nuit de l'été 2024, 'The Little Ones' est un album intime de la part d'un des deux frères Felice. Un disque construit autour d'un piano délicat qui, sous ses airs jazzy et quelques atours soul, se retrouve à la croisée des chemins de Leonard Cohen, Randy Newman, David Gray, Fiona Apple, Tom Waits et Bob Dylan. Un premier album solo saisissant, touchant, désenchanté et d'une beauté rare. Rien de moins qu'un petit chef d’œuvre noir dont l'immensité prend encore plus de sens la nuit.
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04. Billy Woods - Golliwog [Backwoodz Studioz]

En 2023, pour évoquer de 'Maps' qu’il avait sorti avec Kenny Segal, j’avais écrit « j'ai comme dans l'idée que Billy Woods va devenir un habitué de mes bilans de fin d'année ». Et si l’an passé il n’en a rien été (forcément, il n’a rien publié), revoilà Billy Woods. Avec peut-être son meilleur album solo à ce jour, 'Golliwog' - ou en tout cas au coude à coude avec 'Aethiopes'. Un album aussi sombre qu’ambitieux, politique aussi, à l’ambiance pesante, poisseuse, hantée et dérangeante, où les invités de renoms se succèdent tour à tour auprès d’un des (si ce n’est le) meilleurs rappeurs actuels - comprendre « depuis dix ans ».
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03. Marble Sounds - Core Memory [Mayway Records]

Extrêmement bien construit, sombre autant que lumineux, pas avare de grands moments, rappelant plus souvent qu'à son tour les Postal Service autant que Wolf Parade de 'Cry Cry Cry', 'Core Memory' de Marble Sounds fait partie de ces disques immédiats et parfaits, qui placent les mélodies et la mélancolie au-dessus de tout et s'y tiennent. Un coup de cœur immense, à la très belle pochette, et assurément un des très grands albums de 2025.
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02. The Telephone Numbers - Scarecrow II [Slumberland Records]

Deuxième album des californiens de Telephone Numbers, qui recèle de merveilles, qui n'ont de cesse de se réinventer, comme si elles ne voulaient jamais tomber dans la redite ou l'ennui. Un disque porté par des chansons cinq étoiles comme Pulling Punchlines ou Be Right Down, à la beauté et l'efficacité folle. Je sais qu'on utilise ce mot à tort et à travers - moi le premier - mais 'Scarecrow II' est un vrai chef d’œuvre. De pop. D'indie-pop. De jangle-pop. De power-pop. De The Telephone Numbers. De musique en général. Et de 2025 en particulier.
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01. Richard Sallis - Felix [-]


Le premier coup de cœur de l'année aura donc été le plus fort de 2025. 'Felix', c'est un voyage musical dans la parentalité de l'australien Richard Sallis, qui s'ouvre par le désespoir et se termine par la lumière. Un album ambitieux et qui se donne les moyens de son ambitions, entre grandes et belles orchestrations, des chœurs renversants, une production d'une justesse folle, et une musicalité qui semble traverser toute les strates de la pop comme du rock. Il y a ici autant de Get Well Soon que de Okkervil River, de Black Heart Procession que de Team Me, de The National que du Arcade Fire des débuts ou de Fanfarlo, avec même un rien de Sufjan Stevens. Oui, 'Felix' de Richard Sallis, c'est un peu tout cela à la fois, une sorte de synthèse d'une certaine pop de ce nouveau siècle, qui emporte tout - et avec talent - sur son passage. Un album sublime, souvent bouleversant, habité même. Et celui qui m'a le plus touché en 2025.
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Bilan 2025 :
Top « Albums » (40-21)
Top « 50 chansons »
Top « 7", Ep, Compilation, Réédition et Albums oubliés »


Vous trouverez ci-dessous un lecteur Spotify pour écouter une chanson des vingt albums évoqués ci-dessus. Toute cette sélection est également disponible dans des playlists dédiées sur Deezer et Tidal.
 

 

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mardi 29 juillet 2025

[Track of The Day] C Duncan - Lucky Today

Si 'It's Only A Love Song', le nouvel album de l’écossais C Duncan, n'a pas toute mes faveurs à cause de son trop plein d'orchestrations, de son manque de finesse et du sentiment qu'il tourne trop vite en rond, on y trouve tout de même Lucky Today. Elle y occupe la deuxième position, et, n'y allons pas par quatre chemins, dans le genre beauté rare, elle se pose là.

Dans Lucky Today, rien n'est superfétatoire, tout y est à sa place, tout y est juste, de sa basse discrète mais câline, à la voix de C Duncan d'une grande vérité, de ses arrangements fournis mais jamais larmoyants qui débarquent toujours au bon moment, de son emphase contrôlée qui vient et qui va, à ces quelques « wouhou » qu'aurait aimé Brian Wilson. Une véritable beauté clinique qu'on dirait tirée d'une bande originale de film et qu'auraient parrainé les Beach Boys. Superbe de bout en bout.

Album : It's Only A Love Song
Année : 2025
Label : Bella Union

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Lucky Today de C Duncan est également en écoute ci-dessous :
 

mercredi 11 juin 2025

[Track of The Day] The Beach Boys - God Only Knows


On savait qu'il était fatigué. On savait qu'il n'était plus vraiment parmi nous depuis bien longtemps, sans doute depuis la fin des années 60 et l'enregistrement inachevé de 'SMiLE', le disque de sa vie qu'il avait dans sa tête mais qu'il n'a jamais su entièrement mettre sur bandes. On savait que la mauvaise nouvelle n'allait pas tarder à tomber, surtout à plus de 80 ans, surtout après le décès de sa femme l'an passé. On y était préparé. 

Et pourtant, l'annonce du décès de Brian Wilson m'a ému. Beaucoup ému. Il faut dire que dire un adieu définitif à un des deux plus grands génies de l'histoire de la pop a de quoi toucher. Un homme responsable d'avoir écrit un des plus beaux disques de l'histoire de la musique, considéré par des générations entières comme un chef d’œuvre absolu (lisez ce qu'en disait ?uestlove hier soir), disque qui a peut-être fait des Beatles ce qu'ils sont devenus, qui a influencé plus qu'une époque, et dont les versions « a cappella » des 13 chansons (sur le coffret 'The Pet Sounds Sessions') est une des choses les plus merveilleuses au monde.

Un compositeur qui a élevé au rang d'art la pop music comme personne d'autre avant lui. Et le seul artiste qui peut s'asseoir à la table de tous les autres (pop ou non) des soixante dernières années et dire « qui a écrit une plus belle chanson que God Only Knows ? ». Personne, évidemment. 
Merci pour tout génie, car Dieu seul sait où la musique serait et où nous serions si nous n'avions pas croisé votre route.

mardi 22 avril 2025

[Track of The Day] Persica 3 - Teach Me

« Beauty in the Noise » annonce et promet le deuxième album du parisien Arthur Dubois, l'homme qui se cache derrière le projet Persica 3. Et soyons clairs, il ment éhontément. Car si de beauté il est beaucoup question ici, peu ou pas de bruit à proprement parler. Non, ici, tout est absolument délicieux, de ses mélodies chiadées à son psychédélisme lumineux, de cette ambiance sixties à souhait à cette production lo-fi d'une grande justesse, en passant par ce travail sur les voix et les chœurs, comme démultipliés.

Il y a dans cet album autant de Beach Boys que de Panda Bear (à moins que ce ne soit l'inverse) et de  Beatles, autant de pop, de soupçon de soul que de chansons diaboliquement mélodique et psyché. Avec en point d'orgue, une doublette tout à fait irrésistible en tout fin de 'Beauty in the Noise' : Angel Falls, chanson de clôture, pleine de cordes merveilleuses, et surtout sa prédécesseure Teach Me (en écoute aujourd'hui), sorte de rencontre entre le génie de Brian Wilson, le doigté pop des Fab Four et les girls-group des années 60.

Album : Beauty in the Noise
Année : 2025
Label : Hidden Bay Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Teach Me de Persica 3 est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de ce très recommandé 'Beauty in the Noise' de Persica 3, voilà Angel Falls :

vendredi 30 décembre 2022

Bilan 2022 : « Albums » (20-01)


Il y en avait vingt. Et voilà les vingt autres. La crème de la crème pour mes oreilles en cette année 2022. Loin de moi l'idée de dire qu'il s'agit là des meilleurs albums de l'année et que cette sentence est irrévocable. Car ce sont uniquement les albums que j'ai le plus écoutés de l'année. Ceux qui m'auront émerveillés, émus, enthousiasmés plus que de raison.

Mais avant d'aller plus loin dans l'exposé des disques en question, continuons notre traditionnel tour pour voir ce qui est ressorti de l'année 2022 chez les voisins - plus ou moins proches :
- Le bilan 2022 de Marc d’Esprits Critiques
- Les 50 meilleurs albums de 2022 selon The Revue
- Des artistes, des réalisateurs, des écrivains donnent leur bilan 2022 : c'est le très cool "Année des VIP" de Pop News
- Le best of 2022 de la rédaction de Stars Are Underground
- Le bilan de la rédaction d'Another Whisky For Mister Bukowski

Ils sont donc vingt à composer cette deuxième partie de mes albums de l'année. Vingt albums entre pop à chanter à plein poumons, mélancolie à tous les étages, folk bien ouvragé, rock et post-punk épatants, pop en équilibre précaire, quand elle ne voyage pas dans un expérimental cristallin, hip-hop sans frontière, chansons ethérées et vaporeuses, légende du néo-folk, garage à la sauce pop et en haut, tout en haut, un disque à la simplicité folle mais tellement puissant.
Et comme à chaque fois, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs Deezer et Spotify dans lesquels vous trouverez une chanson de chacun des albums cités ci-dessous, ainsi qu'un lecteur bandcamp pour le seul morceau absent des plateformes de streaming. Bonne lecture, bonne(s) écoute(s) et à dimanche pour le Top 50 singles (et la bonne année aussi).


 

20. Courting - Guitar Music [Pias Recordings]
Non, Courting n’est pas un énième groupe lambda de post-punk. Comme le laissaient présager leurs premiers singles, ils sont plus que cela. Car 'Guitar Music', son post-punk aux quelques échappées belles vers un rock marqué 90s et sa production maligne, cinglante et métallique, a tout pour leur permettre de s'inviter à la table de la nouvelle génération anglaise.
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19. Cloud Cult - Metamorphosis [Earthology Records]
Six ans après 'The Seeker', Craig Minowa et ses Cloud Cult ont fait leur retour. Et avec ce qu’ils savent faire le mieux : des chansons qui respirent la pop par tous les pores, les mélodies attachantes, les orchestrations qui s’emballent. Et la mélancolie, toujours cette mélancolie qui s’immisce, s’étend et vous étreint.
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18. Micah P. Hinson - I Lie to You [Ponderosa]
Micah P. Hinson a toujours l’air aussi malheureux, mais dieu sait qu’il connaît l’art de la belle composition comme personne. 'I Lie to You' est sans doute un de ses albums les plus aboutis de toute sa discographie, un disque très beau où les chansons amples côtoient des titres plus simplement folk - et pas les moins réussis d’ailleurs.
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17. Marmalade Mountain - Strange Angels [Magic Nothing]
Découvert l’an passé avec un 'Ditties' purement folk, Zack Fischmann sous son alias Marmalade Mountain prend ses aises sur 'Strange Angels' son nouvel album. Un disque bien plus orchestré et produit que le précédent, qu’il n’aborde pas seul et où ses chansons folk sont magnifiées par une joyeuse bande de troubadours autour de lui.
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16. Surf Curse - Magic Hour [Atlantic Records]
En signant chez les pas vraiment indie Atlantic Records, le duo Surf Curse est devenu un quatuor. Et le résultat est imposant. Porté par quelques titres ébouriffants (Lost Honor ou Fear City notamment), une production qui sait mettre en valeur autant leurs mélodies que l’énergie de leurs compositions, 'Magic Hour' s’avère vite être un de ces petits bonheurs du quotidien, avec sa pop riffeuse, énervée et un rien slacker.
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15. Pumice - Phylis [Soft Abuse]
Amateurs de pop en équilibre précaire, le trentième album de Pumice est fait pour vous. Avec sa voix étouffée, ses instruments qui flemmardent sans jamais s'ennuyer, grincent sans jamais agacer, enivrent sans jamais étourdir, Pumice crée ici des structures faites de plusieurs strates et divers niveaux d'écoute pour un ensemble cohérent dans son instabilité.
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14. Porridge Radio - Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky [Secretly Canadian]
'Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky' est le disque qui aurait du faire exploser Porridge Radio. Ce n’est pas encore vraiment le cas (la faute à l’absence d’un titre aussi puissant que Long ?) et pourtant, plus consistant que son prédécesseur (pourtant déjà très réussi), il est un disque d’une grande qualité, plein de passion et de rage, très bien écrit, avec pour tête de proue Dana Margolin, femme aussi incroyable sur disque que sur scène et une future star assurément.
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13. Tomberlin - I don’t know who needs to hear this... [Saddle Creek]
Merveilleusement produit, 'I don’t know who needs to hear this...' est un disque délicat et touchant, aussi aérien que vaporeux, langoureux et gracile, où la voix de Tomberlin coule, comme lovée dans l'air, sur des mélodies qui semblent sur le point de s'évaporer. « Je ne sais pas qui a besoin d'écouter ça... » se demande-t-elle en une de ce disque. Beaucoup de monde Sarah Beth. Le plus de monde possible.
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12. Little Simz - No Thank You [Age 101 Music]
Ce qui frappe d'emblée à l'écoute de 'No Thank You', c'est qu'il semble transpirer de colère. Une colère froide, sourde, que Little Simz contient du mieux qu'elle peut pour éviter qu'elle n'explose, mais qu'elle n'hésite pas à afficher clairement dans des textes pugnaces et qui ne transigent pas. Et puis il y a les productions d'Inflo chiadées, les compositions solides et ce flow inimitable. Dix chanson et cinquante minutes qui oscillent en rap, hip-hop, soul/neo-soul qu'elle agrémente de chœurs gospel à faire frissonner le plus sévère des hommes. Si 'Sometimes I Might Be Introvert' était le côté pile de Little Simz, 'No Thank You' semble être son côté face. A la chaleur des compositions du premier, il y a un sentiment plus froid, plus sombre sur le second. A l'image de la pochette : extravagante et pleine de couleur d'un côté, sérieuse et aux tons noir et blanc de l'autre. Mais dans les deux cas, une grande œuvre d'une artiste qui compte. Qui fait ce qu'elle veut. Comme elle le veut. Quand elle le veut.
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11. Pascal Comelade - Le non-sens du rythme [Because Music]
Sur 'Le non-sens du rythme', Pascal Comelade fait avancer puis reculer (et l'inverse est aussi vrai) ses mélodies, les détourne pour mieux les pousser dans quelques retranchements, leur faire faire un pas de côté pour mieux les voir prendre de longs raccourcis, quand il ne leur fait pas faire la grande traversée. Tout à la fois pop, rock, psyché, il intrigue, épate et parfois même émeut, que ce soit par la constructions de ses morceaux, pleins de couches et sous-couches qui s'empilent, s'emboitent, se répondent et se complètent, ou par ses mélodies sublimes. Le tout sans jamais perdre une seconde l'auditeur. Du grand Art.
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10. Richard Dawson - The Ruby Cord [Weird World]
Sur 'Peasant', Richard Dawson posait ses valises dans l’Angleterre du Moyen-Âge. Sur '2020', dans la même Angleterre mais à l’époque actuelle. Avec 'The Ruby Cord', il clôt son triptyque en se projetant dans un futur lointain. Et comme à chaque album, il le fait avec un incroyable sens de la composition folk, qu’elle soit longue et torturée (le premier titre fait plus de 40 mns !), ou qu'il s’engage dans des territoires plus orchestrés - qui rappelleraient presque par moment Sufjan Stevens - et aux choeurs majestueux. Une trilogie monumentale.
 

09. Freundliche Kreisel - Freundliche Kreisel [Stroom]
Très bien construit, évitant la redite et tenant son auditoire par des mélodies souvent cristallines que la voix de Karie Rich habille à merveille, voilà un album souvent minimaliste, plein de langueur et empreint d'expérimentations légères de la part d’un trio pour qui la scène expérimentale, ambiante et d’avant-garde n’a pas de secret. Un disque somptueux, captivant et enchanteur, à l’immédiateté assez folle.
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08. Team Me - Something In The Making [Propeller Recordings]

Avec Into The Wild et surtout Song For a Drummer lancés en éclaireurs l’an passé, il était presque sûr que les Team Me, de retour aux affaires, allaient satisfaire tous les amoureux de pop qui se respectent. Et de fait, avec ses mélodies en pagaille, ses refrains chantés à chœur plein et sa mélancolie doucereuse, 'Something In The Making' a souvent été un refuge pop ensoleillée tout au long de cette année 2022 pleine de grisaille. Un grand album dont il n’est pas facile de se passer.
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07. Panda Bear & Sonic Boom - Reset [Domino Records]

Entre titres de leurs compositions et samples à foison (Randy & The Rainbows, Everly Brothers, Eddie Cochran), Panda Bear et Sonic Boom plongent dans la pop et le rock de la fin des années 50 et du début des années 60, où trames répétitives, reverb, loops, clappings et autres touches synthétiques se tutoient, se mélangent, se complètent ou s'évitent tout à la fois, toujours avec justesse, sans que cela ne semble jamais forcé. Avec toujours cette ombre de Brian Wilson qui plane sur les élans vocaux de Panda Bear, en un peu moins de quarante minutes, le duo réussit sa première grande collaboration. 'Reset' est un disque qu'on qualifiera de pudiquement formidable, rétro dans ses fondations mais actuel dans ses finitions. Un album simple, lumineux à bien des égards, superbement produit - et sans doute le plus facile d'accès de la discographie de Panda Bear.
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06. Billy Woods - Aethiopes [Backwoodz Studioz]

Avec Preservation derrière la console qui amène autant de boucles répétitives, de samples que de productions venues de tous les continents sans que cela ne soit un frein à l'unité du disque, ramenant en studio quelques invités de prestige ne tirant jamais la couverture à eux (El-P, Quelle Chris), 'Aethiopes' de Billy Woods se révèle vite être un disque de hip-hop, souvent abstract, à la finesse et l'écriture impeccables. Très grand album.
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05. CMAT - If My Wife New I'd Be Dead [AWAL Recordings]

Souvent doo-wop, un rien cheesy, rappelant ces girl band des années 60, et avec une voix qui sait monter dans de belles hauteurs, l'Irlandaise CMAT (pour les initiales de son nom: Ciara Mary-Alice Thompson) aura été une des révélations de mon année. Avec son canevas country pop, elle alterne ici tubes, balades country et petites douceurs mélancoliques, avec de belles orchestrations qu'elle agence joliment en y cachant moult détails, des textes bien écrits, pas dénués d'humour (grinçant) et où se cachent souvent beaucoup de souffrances passées.
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04. Current 93 - If A City Is Set Upon A Hill [HomAleph]
Perdu de vue depuis 2014 et un 'I Am the Last of All the Field That Fell' sombrement beau et qui m’avait enchanté, Current 93 et David Tibet auront fait un retour remarqué dans mes oreilles en 2022. 'If A City Is Set Upon A Hill' est un disque somptueux, qui a les atours d’un disque neo-folk mais qui est bien plus que ça, et où ses mélodies lumineuses sur lesquelles David Tibet vient raconter ses histoires, font merveille.
 
 

03. Weird Nightmare - Weird Nightmare [Sub Pop]
Projet solo du leader de METZ, Alex Edkins, Weird Nightmare aura été un des disques qui aura le plus tourné cette année. Loin de la fureur de son groupe d’origine, on est ici entre garage-rock et indie où la pop a son mot à dire. Des compositions soignées, de la guitare en veux-tu, en voilà, des hymnes à chanter à tue-tête (Lusitania), ce premier album est impeccable de bout en bout. Immense coup de coeur.
 
02. Black Country, New Road - Ants From Up There [Ninja Tune]
Février 2022 ou « vie et mort d'un groupe ». Voilà ce qui pourrait être épitaphe de ce 'Ants From Up There' de Black Country, New Road, deuxième album mais le dernier avec son chanteur Isaac Wood qui, peu de temps après sa sortie, décidait pour des raisons de santé psychologiques de quitter ses six amis. Un choc tant sa voix en forme de montagnes russes, qui rappelle Bowie par moment, se marrie tellement bien avec ces compositions qui ici délaissent les guitares de 'For The First Time' (leur premier album) pour mieux exposer un côté folk-pop, aussi arty, orchestral que post-rock. Disque ambitieux et superbement composé, 'Ants From Up There' est en tout cas la mort d’un groupe. Son épitaphe. A lui de trouver leur nouvelle route pour ses aventures futures.
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01. Nina Nastasia - Riderless Horse [Temporary Residence]
 

C'est par quelques simples mots que Nina Nastasia est revenue aux affaires en avril dernier. Un texte pas loin d'être poignant qui explique les raisons de son absence pendant douze longues années. Elle y revient sur ses malheurs et sa très longue relation avec son producteur et compagnon qui n'a fait que de se détériorer au fil des ans, devenir malsaine, la coupant du monde, pour se terminer dans le drame, Nina Nastasia décidant finalement de le quitter, lui, préférant dans la foulée mettre un terme à ses jours.
Deux ans après les faits, l'américaine publie 'Riderless Horse', son septième album, et celui de mon année. Un disque très simple (elle est seule avec sa guitare) mais aux textes aussi touchants que durs, joyeux, tristes, bouleversants à bien des égards ; qui reviennent sur sa vie d'avant autant que sur ce qui s'ouvre devant elle. Comme elle le dit elle même : « Riderless Horse documents the grief, but it also marks moments of empowerment and a real happiness in discovering my own capability ». 
Produit par son ami de toujours Steve Albini, enregistré dans le plus simple appareil dans un phare, 'Riderless Horse' est l'album le plus dépouillé et à la fois le plus puissant de l'année. Sur Afterwards, le morceau qui clôt l'album, elle finit par ces mots : « Oh, how I wanna live ». Oh oui, vous pouvez madame. Vous devez même. Votre retour est une bénédiction. Bon retour à la vie Nina.
 
 
 
 
Comme promis, vous trouverez une chanson de chacun des disques présentés dans les lecteurs Spotify et Deezer et ci-dessous, avec également un lecteur bandcamp pour le morceau extrait de l'album de Current 93, absent des plateformes de streaming (de la place 01 à 20) :