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lundi 16 mars 2026

[Track of The Day] Olivia Rodrigo - The Book of Love (The Magnetic Fields cover)

En 1995, l'ONG War Child avait lancé lancé la compilation 'HELP' pour venir en aide aux population en guerre (c'est la guerre en ex-Yougoslavie qui avait déclenché le mouvement). Un disque de vingt morceaux, devenu mythique avec le temps sans doute plus pour son casting (une bonne partie de la britpop de l'époque, Massive Attack, Sinéad O'Connor, The Chemical Brothers) que pour la qualité de ses chansons (seul le merveilleux Lucky de Radiohead, alors totalement inédit, sortait du lot).

Trente ans plus tard, la période actuelle étant plus que jamais désespérante, War Child relance sa belle initiative avec la petite sœur de 'HELP', la simplement - et forcément - nommée 'HELP(2)'. Au générique, un éventail assez large d'artistes d'aujourd'hui (Young Fathers, Wet Leg, Nilüfer Yanya, Big Thief, The Last Dinner Party, Black Country, New Road, Kae Tempest, English Teacher, Fontaines D.C.) ou presque (Pulp, Depeche Mode, Anna Calvi, Bat For Lashes, Foals), dont une bonne tripotée déjà mentionnés dans ces pages.

A l'instar de sa devancière, 'HELP(2)' est alléchante sur le papier, mais le résultat est le même : il y a peu de choses à sauver dans cette compilation qui n'est pas loin d'être un supplice à écouter - un supplice d'ennui, mais un supplice quand même. Ce n'est pas que c'est laid ou raté, c'est juste que c'est insipide au possible, sans âme, sans intérêt. Un éventail de chansons qui ressemblent plus à des face-B à peine potables qu'autre chose (mention spéciale au morceau de Pulp) quand ce ne sont pas des reprises lénifiantes (Sunday Morning du Velvet Underground par Beth Gibbons, Lilac Wine de Jeff Buckley par Arooj Aftab et Beck), portées par une production lourdingue au possible.

Pas grand chose à sauver donc, à quelques exceptions près (Parasite de English Teacher et Graham Coxon, Sunday Light avec Anna Calvi, Nilüfer Yanya, Dove Ellis et Ellie Rowsell) et notamment la reprise de The Book of Love de The Magnetic Fields par Olivia Rodrigo (en écoute aujourd'hui). Parce que l'originale est merveilleuse (l'américaine prouve une nouvelle fois son très bon goût), et parce que cette version en apesanteur, tout en délicatesse, qu'Olivia Rodrigo chante très justement, est belle comme tout (bien aidée en cela par Graham Coxon à la guitare et Ed Harcourt au piano). C'est peu mais c'est déjà ça. Ah, qu'on est loin de 'Dark Was The Night' ...

NB : Malgré tous ses défauts, n'oublions pas le but de cette compilation : amasser des fonds pour aider les populations (et surtout les enfants) des pays en guerre. Et c'est plus que louable. On peut aider l'ONG War Child en achetant 'HELP(2)' ou en faisant des dons directement sur le site de War Child.

Album : HELP(2)
Année : 2026
Label : War Child Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de The Book of Love de The Magnetic Fields par Olivia Rodrigo, avec Ed Harcourt et Graham Coxon à la musique, est également en écoute ci-dessous :

lundi 20 janvier 2025

[Track of The Day] Van Houten - I Let You

Je m'étais déjà fait la réflexion il y a quelques années de cela et le constat s'est depuis plus que vérifié : Leeds n'est pas une cité à prendre à la légère dès que l'on parle de rock anglais. English Teacher, Yard Act, Treeboy & Arc, Lumer ou Mush, pour ne citer qu'eux, tous sont originaires de cette ville qui commença en 1992 à écrire la légende d'Eric Cantona outre-manche (« I love you, I don't know why, but I love you »).

Si vous le voulez bien, ajoutons à cette liste un nouveau nom : Van Houten. Derrière ce patronyme très néerlandais et qui sent bon le cacao en poudre, se cache un sextet anglais (donc), qui fait dans le rock (donc) mais aussi dans le shoegaze et qui aime mettre des ambiances atmosphériques dans ses compositions. Comme dans I Let You (en écoute aujourd’hui), chanson de clôture de leur solide premier album 'The Tallest Room' (leur 'Van Houten' de 2019, présenté comme un album à la base ne semble plus être qu'un Ep vu que leur label parle de « debut album » pour celui-ci). Une sorte de rêverie de plus de huit minutes, impeccablement menée par une batterie métronomique, une voix effacée puis presque plaintive et surtout par une guitare qui monte et qui descend, qui descend et qui monte, avant qu'une autre ne rejoigne tout ce beau monde, se prenne pour un violon électrique très mélancolique sur la fin et l'étire à l'infini, de superbe marnière. Somptueuse et très grande chanson, I Let You est aussi un autre raté et oubli de 2024, heureusement désormais comblé.

Album : The Tallest Room
Année : 2024
Label : Clue Records / EMI North

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, I Let You de Van Houten est également en écoute ci-dessous :
 

lundi 30 décembre 2024

Bilan 2024 : « Albums » (20-01)


Après la partie 1 sur les formats courts, compilations et rééditions, la partie 2 consacrée aux albums classés de la 21è à la 40è place, passons au vingt disques qui auront fait chavirer mon petit coeur pendant les 365 jours de cette année pas si pire mais fondamentalement pas vraiment remarquable. Un classement toujours compliqué tant tous les disques présents ici ont tous compté à un moment ou l'autre de l'année.

Mais avant ça, faisons notre traditionnel détour vers le voisinage plus ou moins lointain pour voir les choix des blogs et autres sites, amis ou non :
- Le très complet bilan de Benzine (site, rédacteurs et lecteurs)
- Les 100 albums de l’année de The Quietus
- Le top album de "Sonne Qui Peut" de Sami
- Les meilleurs albums de 2024 selon Raven Sings The Blues
- Le bilan 2024 d’Esprits Critiques de Marc Mineur 

Avant de décliner les vingt albums qui auront fait mon année, je voudrais avoir une pensée d'abord pour tous ces disques à-côté desquels je suis passé, ceux à qui je n'ai pas donné une seconde chance alors qu'ils l'auraient sans doute mérité pendant que j'en donnais dix à certains qui ne le méritaient pas, ceux que je n'ai pas écouté car submergé par trop de sorties, partout, tout le temps ou coincé dans des disques sans intérêt. Mais vingt albums donc. La crème de la crème (selon mes oreilles en tout cas), avec de la prêtresse aux atours de reine, deux albums hip-hop miraculeux, de la soul avec un grand "S", du rock qui fricote avec le post-punk à moins que ce ne soit l'inverse, de la jangle-pop de très haute tenue, un disque français court mais si parfait, un autre à la pop cosmique, de la chanteuse folk à vous hérisser le poil, de l'électro absolument imparable et un numéro 1 absolument évident et le seul album qui m'a bouleversé à la première écoute. Tout est ci-dessous en vingt mini-chroniques avec au bas de ce billet, évidemment, un lecteur Spotify et un lecteur Deezer présentant une chanson de chacun de ces disques. Bonne lecture et bonne(s) écoute(s).



Bilan 2024 :
Top « 50 Chansons
»
Top « Albums » (40-21)
Top « 7", 12", Ep, Réédition & Compilation »


20. EggS - Crafted Achievement [Howlin Banana Records]
Si ce nouvel album d’EggS a de faux-airs d’Ep (24 minutes seulement), il n’en reste pas moins remarquable de bout en bout, enivrant, passionnant, plein de cuivres, de guitares énergiques, de rythmiques imparables, de chœurs qui sonnent comme des cerises sur le gâteau, et de chansons mémorables quand elles ne sont pas des tubes évidents. Un album très américain, au rythme échevelé et sur lequel la présence de nombreux invités (dont deux En Attendant Ana) n’est pas étrangère à sa grande classe.
19. Being Dead - Eels [Bayonet]
Passé la première mésentente (non, il ne s'agit pas d'un nouvel album de Mark Oliver Everett), 'Eels' du duo texan Being Dead s'avère vite être un album comme on les aime. De l'indie-rock un peu bringuebalant, à la vibe surf-rock, aux influences sixties, avec de la pop un peu de partout, dont chaque écoute se révèle meilleure que la précédente. Grand disque qui sonne comme un album de branleurs mais qui ne l'est pas. Reste plus qu'à savoir si, à l'instar d'un Nick Lowe qui avait sorti un 'Bowi Ep' au réponse au 'Low' du grand David Bowie, le prochain album d'Eels s’appellera 'Being Dead'.
18. Penny Arcade - Backwater Collage [Tapete Records]
Formé autour de James Hoare de The Proper Ornaments, Penny Arcade n’aura pas raté ses débuts discographiques avec 'Backwater Collage', disque de pop résolument fatiguée, dont les mélodies, le rythme, la voix comme effacée et une production ronde et cotonneuse vous bercent par leur langueur et leur beauté.
17. Nia Archives - Silence Is Loud [Island]
Album de jungle/drum'n'bass qui aurait pu n'être qu'un disque de genre si l'on n'y avait pas insufflé beaucoup de pop, de r'n'b et même d'indietronica pour lui donner une épaisseur toute autre, 'Silence Is Loud' est un premier album remarquable de la part de l’anglaise Nia Archives. Une sorte de rencontre improbable entre Ms. Dynamite, la britpop et le breakbeat des années 90.
16. Jessica Pratt - Here in the Pitch [Mexican Summer / City Slang]
'Here in the Pitch' est un disque hors du temps où la folk joliment ouvragée de Jessica Pratt, avec ses quelques touches de bossa-nova qui semblent flotter tout du long, fait merveille. Un disque à l’ambiance rétro, presque anachronique, mais d’une beauté immédiate et imparable.
15. Mannequin Pussy - I Got Heaven [Epitaph]
Porté par sa chanson titre et d'ouverture très représentative (construction dichotomique avec des couplets punk à souhait et un refrain entre shoegaze et pop), 'I Got Heaven' voit le gang de Philadelphie faire encore mieux que sur son album précédent 'Patience' (déjà vieux de cinq ans). Du rock, du punk, du hardcore à juste dose, le tout sur trente minutes resserrées : les Mannequin Pussy prouvent qu'ils sont un groupe qui compte.
14. Chelsea Wolfe - She Reaches Out To She Reaches Out To She [Loma Vista]
Produit par David Sitek de TV On The Radio qui lui donne une remarquable identité, 'She Reaches Out To She Reaches Out To She' est un disque gothique et puissant, plein de dark-wave, de trip-hop et de pincées de métal, avec des nappes profondes et des atmosphères industrielles, où flotte des ambiances comme malignes, possédées, d'où ressort - et contraste - la voix de Chelsea Wolfe, parfaitement - et sans doute jamais aussi bien - mise en valeur ici. Grande disque. Immense reine noire.
13. Irène Drésel - Rose Fluo [Room Records / Wagram Music]
Dernier album d'une trilogie voulue comme telle, 'Rose Fluo' est le disque qui m'aura fait découvrir la française Irène Drésel. Et quelle claque ! De la techno et de l'électro d'une efficacité dingue, prompte à faire danser n'importe qui, tout en jouant avec le tempo d'une manière imparable, est entourée d'une élégance et d'un raffinement dingues.
12. Tramhaus - The First Exit [Subroutine Records]
Une vibe Frank Black (plus que Pixies), un côté de Iceage/Bambara et même un soupçon de Swans : ce premier album des néerlandais de Tramhaus est une réussite de chaque instant. Un disque puissant, carré inspiré, avec une férocité sous-jacente qui ne demande qu’à exploser. Sans conteste un des très grands albums post-punk de l’année.
11. Sam Lee - songdreaming [Cooking Vinyl]
Poétique à bien des égards, centré sur la nature et tout ce que nous sommes en train de lui faire subir sans jamais ciller, qui est notamment porté par la chorale transgenre Trans Voices, 'songdreaming' est un album évanescent de folk et d’avant-folk, qui sait respirer et prendre son temps comme être sujet à quelques poussées de fièvre irrésistibles. Aussi enchanteur que touchant.
10. Friko - Where we've been, Where we go from here [ATO Records]
Duo de Chicago qui est sonne comme un quatuor, Friko fait autant dans la pop que dans le noise, le rock et la chamber pop. Des chansons qui commencent comme une balade et qui finissent avec de la disto, des morceaux énervés au possible, une chanson d'ouverture qui résume bien notre affaire et quelques bluettes mélancoliques à tomber. Un sacré premier album qui sonne un deuxième ou troisième. A suivre de près.
09. Godfather Don - Thesis [HHV Records]
Hip-hop à la sauce boom-bap, qui sonne à l'ancienne mais qui ne fait pas daté pour autant, 'Thesis' est un album brillant et inspiré, même souvent imparable, où Godfather Don s'occupe de tout, du flow comme de la production et des samples, avec le touché de celui qui sait, qui a l'expérience de compositeur, de producteur et qui sait aller piocher dans tous les genres pour affirmer son propos. Disque de patron.
08. Jamie xx - In Waves [Young]
Électro et house, samples stylés (Astrud Gilberto, The Moody Blues), invités triés sur le volet (The Avalanches, Panda Bear), 'In Waves' est un disque d'une réjouissance continue et totale qui sonne comme un mix savoureux où tout découle naturellement, pour un résultat aussi dansant qu’euphorique de la part d'un membre de The XX, groupe je n'ai l'habitude pas grand-chose à faire.
07. Kelly Finnigan - A Lover Was Born [Colemine Records]
Guitares et basses savamment jouées, rythmique soyeuse, cuivres euphoriques et langoureux, cordes légères et promptes à soumettre le premier des hésitants, à d'autres plus tendus et aiguisées, piano qu'on aurait piqué à un club de jazz, chœurs propres à venir relever chacun de ses élans vocaux : cet album de l’américain Kelly Finnigan est tantôt Northern, Midwest, Pop, que sais-je encore et même tout ce que vous voulez. Mais c’est avant tout de la très grande Soul. Avec un « S » majuscule, oui.
06. Jess Ribeiro - Summer of Love [Poison City Records / Labelman]
Né dans la douleur, enregistré avec nombre d'artistes, pour la plupart à distance, porté par une excellente production, assez sombre, un rien étouffante parfois, et surtout la belle voix de Jess Ribeiro, presque discrète et qui semble ne vouloir chanter que pour nous, 'Summer of Love' fait partie de ces albums superbes et divinement mélancoliques où la vie n'est pas toujours belle, ni évidente, mais dont les mélodies et les chansons le sont, elles.
05. English Teacher - This Could Be Texas [Island Records]
Auréolé d'une production remarquable qui ne subit pas les chansons mais sait s'adapter à elles, d'un mix méticuleux, de basses terriblement soignées, de guitares qui jouent le feu et la glace, d'une rythmique impeccable, de textes pas anodins et bien dans leur époque, le tout soutenu par la voix toujours plus surprenante et belle de Lily Fontaine qui alterne entre spoken word et chant, 'This Could Be Texas' est un disque immense, aux compositions, à la construction et à l'unité éclatantes. Un album, un vrai, pensé comme tel, écrit comme tel, assemblé comme tel. La marque des très grands.
04. The Blue Herons - Go On [Subjangle]
Avec son indie et jangle-pop circa 80s, qui rappelle les univers C86 et de Sarah Records autant qu'il évoque The Luxembourg Signal, 'Go On' du duo suisso-américain The Blue Herons sonne de prime abord comme un disque de genre. Mais très vite, il transcende tout cela. Un album solaire, romantique, aux mélodies superbes, aux guitares exquises et à la voix toujours d’une très grande justesse. Immense album auquel l'immonde pochette générée par IA ne rend pas du tout justice.
03. Omega Violet - Hic Sunt Leones [Licorne Label]
Sorti au tout début du printemps, 'Hic Sunt Leones' (« Ici Sont Les Lions » en latin), le premier album du trio français Omega Violet est le disque que j'ai le plus écouté en 2024 en streaming (selon le Spotify Wrapped). La faute a une sortie uniquement numérique alors que ce voyage plutôt onirique, envoûtant au possible, fait de guitares et de claviers, où l'on se balade de riffs délectables en nappes superbes, dans un monde de rock progressif, de space pop et de balades toute floyd-ienne, mériterait une version physique. Mais quelle découverte !
02. CRIMEAPPLE & Preservation - El León [Manteca Music / Mon Dieu Music / RRC Music Co.]
Premier album d’une trilogie annoncée entre CRIMEAPPLE et Préservation, 'El Leon' est un disque aux ambiances 70s (la pochette est au diapason), à la production magistrale faite de jazz, de funk, de soul, de samples hispanisant merveilleux et d’un flow percutant. Un disque court, fin et mélodieux, qui respire la classe. Un classique instantané.
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01. Adrianne Lenker - Bright Future [4AD]


Produit à la perfection, 'Bright Future' est un disque qui m'a pris par surprise alors que je n'en attendais rien. Pour tout dire, c'est même le seul disque de 2024 qui m'a totalement soufflé et bouleversé dès la première écoute. Un album qui s'ouvre par Real House (dont il est honnêtement difficile de se remettre) et qui tout du long transpire de sincérité, de textes brillants, de petits vers d'une beauté folle (« You have my heart, I want it back »), de petits détails mélodiques (un violon grinçant par-ci, un piano discret par là, quelques voix en soutien), avant de venir briser notre cœur en mille morceaux, pour peu qu'on ne l'ait pas déjà en miettes après les onze premiers morceaux, avec Ruined, apothéose de ce sublime album. En un mot comme en cent, un chef d’œuvre comme on en voit peu dans une année. Une reine est définitivement née le 22 mars dernier.



Histoire de savoir de quoi l'on parle, vous trouverez ci-dessous deux players (Spotify et Deezer) proposant chacun une chanson des vingt albums chroniqués ci-dessus :

lundi 2 décembre 2024

[Track of The Day] Nia Archives - So Tell Me...

Alors qu'on attaque la dernière ligne droite de 2024, les bilans annuels sont déjà légions. Mais trente-un jours dans une année, ce n'est pas rien, surtout quand on voit le nombre de disques toujours plus grand qui sortent chaque jour (une étude qui vient de paraître estime même qu'en 2023, plus de chansons ont été publiées en une journée que dans toute l'année 1989 !). Alors avant de tirer le bilan de 2024, attachons-nous à essayer d'en conter encore l'histoire.

Comme celle de Nia Archives, jeune anglaise originaire du West Yorkshire, dont le premier album 'Silence Is Loud' accompagne beaucoup de mes journées depuis sa sortie en avril dernier. Un disque qu'on pourrait résumer à un sorte de mélange entre Ms. Dynamite, britpop et breakbeat des 90. Pour le dire autrement, 'Silence Is Loud' est un album de jungle/drum'n'bass qui aurait pu n'être qu'un disque de genre si l'on n'y avait pas insufflé beaucoup de pop, de r'n'b et même d'indietronica (la chanson de clôture So Tell Me..., très Postal Service) pour lui donner une épaisseur toute autre.

Écrit et produit par Nia Archives (avec l'aide notamment d'une vieille connaissance de ces pages, Ethan P. Flynn), 'Silence Is Loud' est un disque remarquable de bout en bout, dans lequel l'anglaise à l'incisive aux couleurs de l'Union Jack passe par beaucoup d'émotions, le beat toujours surexcité en bandoulière, aussi prête à emballer les foules (la chanson titre en ouverture, F.A.M.I.L.Y, Unfinished Business) qu'à toucher son monde (Blind Devotion, So Tell Me... en écoute aujourd'hui). Pas étonnant que Nia Archives ait été nommée au Mercury Prize 2024 (finalement remporté par l'épatant 'This Could Be Texas' d'English Teacher) : 'Silence Is Loud' est un des grands albums, et pas qu'anglais, de l'année.

Album : Silence Is Loud
Année : 2024
Label : Island Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, So Tell Me de Nia Archives est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable extraite de 'Silence Is Loud' de Nia Archives, voilà Tell Me What It’s Like? :

Le clip d'un des tubes évidents de 'Silence Is Loud' de Nia Archives, Unfinished Business :

jeudi 12 septembre 2024

[Track of The Day] Moreish Idols - Pale Blue Dot

Cela désormais onze ans que le label Speedy Wunderground s'est fait une spécialité de dénicher les groupes de demain qui feront vibrer ou danser la Perfide Albion. La liste des artistes passés par le label de Dan Carey et ayant ensuite connu une ascension fulgurante sont légions, de Squid à English Teacher, en passant par Black Country, New Road, Black Midi, Kate Tempest sans oublier Treeboy & Arc, Pynch et autres The Lounge Society. Mieux, certaines anciennes gloires viennent toquer à la porte du label londonien (A Certain Ratio début juillet).

Depuis 2013, Speedy Wunderground a publié quarante-neuf 45-tours. Toujours avec le même design, toujours avec une grande ambition artistique, et avec toujours Dan Carey à la production. Le 1er octobre, c'est le quintet londonien de Moreish Idols qui viendra s'ajouter à la liste et être donc le cinquantième single du label avec Pale Blue Dot. Une chanson remarquablement produite, très mélodique, aux belles harmonies vocales, à la rythmique essentielle, et comme construit sur plusieurs strates mais qui s'agencent avec bonheur les unes aux autres. Un morceau qui fait plus qu'honneur à Speedy Wunderground, label ô combien indispensable.

Album : Pale Blue Dot 7"
Année : 2024
Label : Speedy Wunderground

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Pale Blue Dot de Moreish Idols est également en écoute ci-dessous :

mardi 23 avril 2024

English Teacher - This Could Be Texas [Island Records]

Est-ce la hype anglaise qui m'a fait venir à reculons à ce 'This Could Be Texas', premier album de English Teacher ? Sans doute. Il faut dire que depuis le temps qu'on la suit, on s'est habitué à ses lubies et à ses emballements aussi éruptifs que sans lendemain. Pourtant, le quatuor de Leeds avait plus qu'éveillé ma curiosité l'an dernier avec Nearly Daffodils, épatant single à l'immédiateté dingue. J'aurais dû être le premier à me jeter sur ce disque. Mais trop de louanges, ça questionne, forcément. Alors, même si la première écoute de 'This Could Be Texas' a été plutôt convaincante, ça ne m'a pas bouleversé et j'ai remisé l'album de côté, convaincu qu'on était sur quelque-chose de finalement quelconque de la part groupe aussitôt apparu et qu'il allait aussitôt être oublié.

Quel sot je fus. Car j'ai évidemment donné une autre chance à ce premier album des English Teacher. Déjà parce que la première écoute avait été au débotté (c'est le souci quand on fait autre chose pendant ce temps là et qu'on est à moitié à son affaire). Et puis toutes ces dithyrambes, ça interpelle, ça interroge. C'est perturbant. On a envie d'être sûr de son coup. Mais plus d'hésitation : sachez-le, sûr, je le suis désormais. 'This Could Be Texas' n'est pas un bon premier album. 'This Could Be Texas' n'est pas un très bon premier album. Non, 'This Could Be Texas' est un excellent premier album, du genre qui a une autre période aurait fait date, marqué son temps et son époque. Mais quel disque en 2024 fait date, noyé qu'il est dans un nombre toujours plus grands de sorties hebdomadaires - quand elles ne sont pas quotidiennes ?

Alors plutôt que de vouloir le faire entrer de force dans un panthéon qui n'existe pas, félicitons nous de cette œuvre remarquable des English Teacher. Treize chansons pour cinquante minutes, au fil d'Ariane post-punk mais qui n'en fait pas pour autant un disque post-punk. Car il y a tellement plus ici : de l'indie-rock (I'm Not Crying You're Crying) aux relents slowcore (Albatross, parfaite entrée en matière), de la pop belle à tomber (This Could Be Texas) ou plus synthétique (Sideboob) de balades majestueuses (Mastermind Specialism, You Blister My Paint ou Albert Road, chanson de conclusion à la fin brutale, comme pour rappeler qu'ils viennent du post-punk), de points d'exclamations presque free-jazz (Broken Biscuits), et même de simili R’n’B (sublime The Best Tears of Your Life).

Auréolé d'une production remarquable qui ne subit pas les chansons mais sait s'adapter à elles, d'un mix méticuleux, de basses terriblement soignées, de guitares qui jouent le feu et la glace, d'une rythmique impeccable (élément moteur de l'album), de textes pas anodins et bien dans leur époque, le tout soutenu par la voix toujours plus surprenante et belle de Lily Fontaine qui alterne avec subtilité spoken word et chant, 'This Could Be Texas' est un disque immense, aux compositions, à la construction et à l'unité éclatantes. Un album, un vrai, pensé comme tel, écrit comme tel, assemblé comme tel. La marque des très grands. Ce que sont les English Teacher, assurément. La perfide Albion ne s'est pas trompée. (Sortie : 12 avril 2024)

Plus :
'This Could Be Texas' de English Teacher est à l'écoute sur bandcamp
'This Could Be Texas' de English Teacher est à l'achat sur bandcamp
'This Could Be Texas' de English Teacher est disponible à l'achat et à l'écoute un peu partout


Trois chansons de 'This Could Be Texas' de English Teacher en écoute aujourd'hui. I'm Not Crying You're Crying pour ouvrir le bal, entre post-punk et indie-rock (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis la chanson de conclusion Albert Road, belle et ample comme tout. Et enfin le superbe The Best Tears of Your Life, R’n’B en diable et qui a tout d'un tube :

Beaucoup de singles ont été tirés de 'This Could Be Texas' de English Teacher. Et donc beaucoup de clips. Comme on ne va pas tous les publier, optons pour ceux de The Best Tears of Your Life et Albert Road :

lundi 1 janvier 2024

Bilan 2023 : Top 50 « Chansons »


Ca y est : 2024. Mon moi de 2005 n'y croit toujours pas. 2024. C'est quand même dingue quand on y pense. C'est donc vrai : la veillesse n'est donc pas que l'apanage des autres. Très bien, c'est noté. Alors faisons style de rien. Après le top listant les 45-tours et autres compilations de l'année, après le top album en deux parties (ici et ), voilà donc, pour fêter la nouvelle année, les cinquante chansons qui n'auront pas arrêté de tourner chez moi. Peut-être pas les meilleures (ça je n'en sais rien, c'est à vous de juger) mais en tout cas, celles qui m'auront le plus marqué. Le tout en ayant une pensée pour tous ces disques trop vite écoutés, trop vite catalogués « ratés » ou « pas intéressants » et qui à un autre moment se seraient peut-être révélés comme essentiels.

Mais avant de dévoiler ce Top 50 traditionnel, allons visiter les voisins. Et cette fois, pas cinq mais pas moins de dix liens à découvrir. Au cas où vous manqueriez de chansons à écouter !
- La playlist 2023 du toujours de très bon goût La Discothèque de l’Amateur (à retrouver ici ou )
- Les 75 chansons de 2023 selon The Quietus
- Les 50 chansons de Barlch (qu’on retrouve ici ou )
- Le traditionnel mix « Rewind » de Starsky
- Le mix 2023 de Rom
- Le traditionnel et toujours indispensable Top 100 chansons de Said The Gramophone
- Les 100 titres essentiels de l'année selon Stars Are Underground
- La playlist 2023 de la globetrotteuse Beatrix (à retrouver ici ou )
- L'année vue par les invités "VIP" de Pop News
- Le mix 2023 de Matthieu Gandin de Random Songs

Cinquante chansons donc. Un quintet totalement féminin (ou quasiment). De l'électro par un pape du genre, de la pop échevelée, du jazz venu d’Égypte, une reprise parmi les plus belles que j'ai pu écouter, une des meilleures chansons par un groupe ô combien essentiel, du post-punk tu en veux, t'en as, de la pop achalandée comme il faut, des chansons touchantes comme jamais, du blues délectable, des chansons pop jazzy à faire fondre le coeur le plus endurci, des morceaux à hurler à tue-tête, un banger absolu en première position, j'en passe et sans doute des meilleures. Tout est à découvrir ci-dessous.

Et évidemment, un top singles n'aurait aucun sens s'il ne pouvait pouvait pas être écouté. Donc, forcément, au bas de ce billet, trois players pour écouter les cinquante chansons en question : un YouTube, un Spotify et un Deezer. Bonne écoute !



 
 
50. Jana Horn - The Way It Was
49. Shame - All The People
48. Loverman - Who’s Going to Love You
47. Caleb Nichols - The Absolute Boy
46. Hot Chip - Fire of Mercy (feat. Yunè Pinku)

45. Angel Olsen - Nothing’s Free
44. Orval Carlos Sibelius - Vinyle
43. Death Cab For Cutie - The Plan (Low cover)
42. Juan Wauters - Milanesa al Pan (feat. Zoe Gotusso)
41. Animal Collective - Stride Rite

40. Hayden - On a Beach (feat. Feist)
39. English Teacher - Nearly Daffodils
38. Miley Cyrus - Flowers
37. Danger Mouse & Jemini - Brooklyn Bazquiat
36. Ulrika Spacek - The Sheer Drop

35. Do Nothing - Happy Feet
34. Benny Sings - Pyjamas (feat. Remi Wolf)
33. Gaz Coombes - Don't Say It's Over
32. Treeboy & Arc - Human Catastrophe
31. Protomartyr - We Know The Rats

30. The Lemon Twigs - What Happens to a Heart
29. Squid - Swing (In a Dream)
28. boygenius - Not Strong Enough
27. The Murder Capital - Return My Head
26. Guided By Voices - The Race Is On, The King is Dead

25. Team Me - Return to the Riverside
24. Pynch - Maybe
23. Kieran Hebden / William Tyler - Darkness, Darkness
22. Sufjan Stevens - Will Anybody Ever Love Me?
21. Califone - Ox-Eye

20. The Mountain Goats - Clean Slate
19. It It Anita - Don’t Bend (My Friend)
18. Laurent Garnier - In Your Phase (feat. 22Carbone)
17. Le Cri du Caire - Sadiya (Purple Feather)
16. Jonathan Wilson - The Village is Dead

15. The Tubs - Wretched Lie
14. FACS - When You Say
13. Mull Historical Society - 1952
12. Jay-Jay Johanson - Finally
11. Young Fathers - I Saw

10. Lucas Santtana - La Biosphère
09. Girl and Girl - All I See
08. Tele Novella - Eggs in one Basket
07. RVG - Nothing Really Changes
06. Pascal Comelade / Lionel Limiñana / Marie Limiñana - Fin Du Monde

05. Róisín Murphy - You Knew
04. Melenas - Bang
03. Jessie Ware - Freak Me Now (feat. Róisín Murphy)
02. Isolde Lasoen - Douce Mélancolie (feat. Bertrand Burgalat)
01. En Attendant Ana - Wonder


Il va de soi qu'un top 50 chansons ou singles sans pouvoir écouter les dits morceaux n'auraient pas beaucoup d'intérêt. Alors comme promis, ci-dessous trois lecteurs, selon vos préférences et/ou vos abonnements : un player YouTube, un player Spotify et un player Deezer. Bonne écoute !

 

lundi 23 octobre 2023

[Track of The Day] English Teacher - Nearly Daffodils

English Teacher, quatuor venu de Leeds et faisant dans le post-punk (on ne se refait pas) au programme de ce début de semaine. Aujourd'hui signé chez Island Records, ces anglais ne viennent pourtant pas de nulle part. A l'instar de leurs compatriotes de Sports Team, ils ont fait leurs armes chez Nice Swan Records et Speedy Wunderground, deux des meilleurs labels anglais de ces dernières années. Avant de partir sous des cieux plus rémunérateurs.

Pour l'instant, pas d'album annoncé pour les English Teacher mais un nouveau single, le second de l'année pour la major fondée Chris Blackwell. Il s'appelle Nearly Daffodils, ne parle pas de jonquilles à proprement parler, et est une superbe chanson post-punk à la construction pas loin d'être parfaite, à l'immédiateté indéniable. Une sorte de Dry Cleaning, entre spoken word et chant mais qui mettrait plus de pop dans ses compositions. Une belle découverte en somme, à nouveau venue d'outre-Manche. Foutus anglais, c'est pas comme s'ils manquaient de nouveaux groupes prêts à renverser la table...

Album : -
Année : 2023
Label : Island Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Nearly Daffodils de English Teacher est également en écoute :
 

Le clip/paroles de Nearly Daffodils de English Teacher :