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vendredi 15 novembre 2024

[Track of The Day] Flower Face - Biblical Love

Derrière ce visage d'ange, presque poupon, et à qui on donnerait le bon Dieu sans confession se cache Ruby McKinnon, une canadienne de 26 ans qui se produit sous le nom de Flower Face. Toutefois, à bien y regarder, on se rend compte que la jeune femme ne sourit pas vraiment. Qu'elle semble essayer mais sans y arriver. Et il y a ces yeux rougis et ces quelques traces de larmes que l'on décèle sur ses joues.

Cette pochette est l'incarnation parfaite du sixième album de Flower Face, 'Girl Prometheus'. Un disque remarquable, écrit à la suite d'une très douloureuse rupture amoureuse et qui retranscrit très bien (Flower Face est une sacrée compositrice) tous les affres par lesquels on passe lors d'une séparation : monde qui s'effondre, incapacité à repartir de l'avant et à croire en des lendemains heureux, douleur incommensurable, tristesse infinie, colère sourde.

'Girl Prometheus' s'ouvre par Biblical Love (en écoute aujourd'hui), une chanson bouleversante dès la première écoute. Un titre qui raconte l'histoire d'une jeune femme qui veut retrouver la pureté de son enfance (« I want to be faithless and pure, I want to be quiet and sober, I want to be untouched and clean »), qui cherche quelque-chose de plus fort et dont la puissance textuelle est dévastatrice tant on peut lui trouver des interprétations différentes.
Musicalement, c'est aussi fort. Biblical Love débute comme une chanson folk joliment banale avant qu'un « But it feels like I'm climbing fucking mountains to get to you » déclenche une explosion sonore aussi inattendue qu'assourdissante, et fasse partir le morceau vers des horizons goth et encore plus torturés (ce chant en soutien du principal, plein de cris, de rage et de désespoir !).

Les anglais ont une expression que j'aime beaucoup et dont le sens est plus puissant chez eux que chez nous : breathtaking, à couper le souffle. Je ne suis pas sûr qu'il y ait de mot plus adéquat pour définir Biblical Love de Flower Face : une chanson breathtaking au possible.

NB : Pour en savoir plus sur Flower Face et 'Girl Prometheus', la lecture de cette très longue et excellente interview chez Stereogum est plus que conseillée.

Album : Girl Prometheus
Année : 2024
Label : -

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Biblical Love de Flower Face est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de 'Girl Prometheus' de Flower Face, voilà Cordelia :

Le clip très goth de Biblical Love de Flower Face, chanson d'ouverture de 'Girl Prometheus' :

lundi 4 novembre 2024

[Track of The Day] Quivers - Apparition

Derrière le nom curieux de Quivers (enfin curieux, pas tant que ça au final vu qu'il signifie « tremblements » en anglais) se cache un groupe originaire d'Hobart, la capitale de l'état de Tasmanie en Australie, la ville qui se trouve quasiment au confluent des océans Pacifique et Indien. Mais au-delà de toutes ces informations géographiques, Quivers est surtout un quatuor très paritaire vu qu'il est composé de deux femmes (Bella Quinlan à la basse, Holly Thomas à la batterie) et deux hommes (Sam Nicholson à la guitare et aux claviers, Michael Panton, à la guitare également et aux effets).

'Oyster Cuts' est leur quatrième album en six ans et le premier pour Merge Records. Et au contraire d'autres d'Australiens (coucou Girl and Girl), le passage de Quivers sur une si imposante structure est une réussite. Moins jangle ou indie-pop que par le passé (en tout cas comme le laisse croire une écoute très rapide de leurs précédents albums), 'Oyster Cuts' est un disque solide, qui se cherche un peu à partir dans tous les sens et qui, certes, perd de son éclat dans la seconde partie, mais qui a ce que tout amoureux de pop et de guitare peut chercher : des mélodies marquantes, des voix qui participent toutes au chant ou aux chœurs, des gimmicks qui vous rentrent par une oreille pour ne pas en ressortir et quelques chansons qui donnent envie de les fredonner à tue-tête (Pink Smoke, Apparition, en écoute aujourd'hui).

Album : Oyster Cuts
Année : 2024
Label : Merge Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Apparition de Quivers est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très recommandable de 'Oyster Cuts' de Quivers, voilà Never Be Lonely :

Le clip d'Apparition, un des singles extraits de 'Oyster Cuts' de Quivers :

jeudi 28 mars 2024

[Track of The Day] Girl and Girl - Mother

Et la mochette de l'année est décernée à... Girl and Girl ! Car convenons-en, s'il y a sans doute quelques concurrents de haut niveau qui vont pointer le bout de leur nez, il n'est pas dit qu'on arrive à dépasser ce niveau de laideur en 2024. Mais qui (malheureusement) se soucie encore des pochettes à notre époque - je veux dire, à part moi ? Sans doute pas grand monde.

Alors parlons plutôt de Mother (en écoute aujourd'hui), nouveau single extrait de 'Call A Doctor', premier album pour l'écurie Sub Pop de ce quatuor australien mené par Kai James (c'est lui sur la pochette) et au sein duquel on retrouve sa tante Liss (!), Jayden Williams et Fraser Bell. Une chanson qui n'a peut-être pas la fougue de All I See (leur premier single pour le label américain publié au printemps dernier, et accessoirement un des tous meilleurs de mon année 2023) mais qui ne manque ni d'urgence, ni d'efficacité. Que ce soit par sa mélodie, son rythme, ses guitares, ce riff qu'on a l'impression d'avoir entendu mille fois mais que les Girl and Girl font leur, et ce chant tout en émotion. Un ensemble enthousiasmant au possible et qui fait de ce 'Call A Doctor', mochette ou pas, un des albums les plus attendus de ce premier semestre par chez moi.

Album : Call A Doctor
Année : 2024
Label : Sub Pop

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, Mother de Girl and Girl est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Mother de Girl and Girl, second extrait de leur nouvel album à sortir, 'Call A Doctor' :

lundi 1 janvier 2024

Bilan 2023 : Top 50 « Chansons »


Ca y est : 2024. Mon moi de 2005 n'y croit toujours pas. 2024. C'est quand même dingue quand on y pense. C'est donc vrai : la veillesse n'est donc pas que l'apanage des autres. Très bien, c'est noté. Alors faisons style de rien. Après le top listant les 45-tours et autres compilations de l'année, après le top album en deux parties (ici et ), voilà donc, pour fêter la nouvelle année, les cinquante chansons qui n'auront pas arrêté de tourner chez moi. Peut-être pas les meilleures (ça je n'en sais rien, c'est à vous de juger) mais en tout cas, celles qui m'auront le plus marqué. Le tout en ayant une pensée pour tous ces disques trop vite écoutés, trop vite catalogués « ratés » ou « pas intéressants » et qui à un autre moment se seraient peut-être révélés comme essentiels.

Mais avant de dévoiler ce Top 50 traditionnel, allons visiter les voisins. Et cette fois, pas cinq mais pas moins de dix liens à découvrir. Au cas où vous manqueriez de chansons à écouter !
- La playlist 2023 du toujours de très bon goût La Discothèque de l’Amateur (à retrouver ici ou )
- Les 75 chansons de 2023 selon The Quietus
- Les 50 chansons de Barlch (qu’on retrouve ici ou )
- Le traditionnel mix « Rewind » de Starsky
- Le mix 2023 de Rom
- Le traditionnel et toujours indispensable Top 100 chansons de Said The Gramophone
- Les 100 titres essentiels de l'année selon Stars Are Underground
- La playlist 2023 de la globetrotteuse Beatrix (à retrouver ici ou )
- L'année vue par les invités "VIP" de Pop News
- Le mix 2023 de Matthieu Gandin de Random Songs

Cinquante chansons donc. Un quintet totalement féminin (ou quasiment). De l'électro par un pape du genre, de la pop échevelée, du jazz venu d’Égypte, une reprise parmi les plus belles que j'ai pu écouter, une des meilleures chansons par un groupe ô combien essentiel, du post-punk tu en veux, t'en as, de la pop achalandée comme il faut, des chansons touchantes comme jamais, du blues délectable, des chansons pop jazzy à faire fondre le coeur le plus endurci, des morceaux à hurler à tue-tête, un banger absolu en première position, j'en passe et sans doute des meilleures. Tout est à découvrir ci-dessous.

Et évidemment, un top singles n'aurait aucun sens s'il ne pouvait pouvait pas être écouté. Donc, forcément, au bas de ce billet, trois players pour écouter les cinquante chansons en question : un YouTube, un Spotify et un Deezer. Bonne écoute !



 
 
50. Jana Horn - The Way It Was
49. Shame - All The People
48. Loverman - Who’s Going to Love You
47. Caleb Nichols - The Absolute Boy
46. Hot Chip - Fire of Mercy (feat. Yunè Pinku)

45. Angel Olsen - Nothing’s Free
44. Orval Carlos Sibelius - Vinyle
43. Death Cab For Cutie - The Plan (Low cover)
42. Juan Wauters - Milanesa al Pan (feat. Zoe Gotusso)
41. Animal Collective - Stride Rite

40. Hayden - On a Beach (feat. Feist)
39. English Teacher - Nearly Daffodils
38. Miley Cyrus - Flowers
37. Danger Mouse & Jemini - Brooklyn Bazquiat
36. Ulrika Spacek - The Sheer Drop

35. Do Nothing - Happy Feet
34. Benny Sings - Pyjamas (feat. Remi Wolf)
33. Gaz Coombes - Don't Say It's Over
32. Treeboy & Arc - Human Catastrophe
31. Protomartyr - We Know The Rats

30. The Lemon Twigs - What Happens to a Heart
29. Squid - Swing (In a Dream)
28. boygenius - Not Strong Enough
27. The Murder Capital - Return My Head
26. Guided By Voices - The Race Is On, The King is Dead

25. Team Me - Return to the Riverside
24. Pynch - Maybe
23. Kieran Hebden / William Tyler - Darkness, Darkness
22. Sufjan Stevens - Will Anybody Ever Love Me?
21. Califone - Ox-Eye

20. The Mountain Goats - Clean Slate
19. It It Anita - Don’t Bend (My Friend)
18. Laurent Garnier - In Your Phase (feat. 22Carbone)
17. Le Cri du Caire - Sadiya (Purple Feather)
16. Jonathan Wilson - The Village is Dead

15. The Tubs - Wretched Lie
14. FACS - When You Say
13. Mull Historical Society - 1952
12. Jay-Jay Johanson - Finally
11. Young Fathers - I Saw

10. Lucas Santtana - La Biosphère
09. Girl and Girl - All I See
08. Tele Novella - Eggs in one Basket
07. RVG - Nothing Really Changes
06. Pascal Comelade / Lionel Limiñana / Marie Limiñana - Fin Du Monde

05. Róisín Murphy - You Knew
04. Melenas - Bang
03. Jessie Ware - Freak Me Now (feat. Róisín Murphy)
02. Isolde Lasoen - Douce Mélancolie (feat. Bertrand Burgalat)
01. En Attendant Ana - Wonder


Il va de soi qu'un top 50 chansons ou singles sans pouvoir écouter les dits morceaux n'auraient pas beaucoup d'intérêt. Alors comme promis, ci-dessous trois lecteurs, selon vos préférences et/ou vos abonnements : un player YouTube, un player Spotify et un player Deezer. Bonne écoute !

 

mercredi 1 novembre 2023

Deeper - Careful! [Sub Pop Records]

Au grand désespoir de certains (on est underground ou on ne l'est pas) et à la joie de beaucoup (dont je suis), Sub Pop Records continue chaque année de faire ses petites emplettes dans le monde indé (et ils ne sont pas les seuls) pour aller chercher des groupes au potentiel artistique (et commercial, c'est un business) certain et qui en ont assez sous la pédale pour devenir des groupes reconnus et respectés. Les exemples sont légions, les citer tous n'auraient donc pas vraiment de sens (et ils sont d'ailleurs souvent relayés dans ces pages), donc mentionnons-en juste trois parmi les plus récents : Sweeping Promises, Girl and Girl et Kiwi Jr..

Une des dernières signatures en date de Sub Pop vient de Chicago. Originellement trio auteur de deux premiers albums semble-t-il remarqués (mais pas dans ces pages, que voulez-vous ma bonne dame, on fait c'qu'on peut avec c'qu'on a, on ne peut pas avoir les oreilles de partout), Deeper est devenu quatuor en arrivant sur le label de Seattle (Nic Gohl, Shiraz Bhatti et Drew McBride étant rejoints par Kevin Fairbairn).

Et c'est peu de dire que Sub Pop a eu du nez. Car ce 'Careful!' est une réussite de chaque instant. Plein de guitares racées (c'est le mot) et qui claquent, de basses profondes, de synthés dansant et d'une voix aux contours eighties (et mixée fort à propos), cet album de Deeper navigue dans les eaux troubles d'un post-punk circa-1980 et de wave qui ne veulent pas dire leurs noms. Un disque qui part dans beaucoup de sens tout en gardant une unité impeccable.

Il faut dire aussi que 'Careful!' s'ouvre sur Build a Bridge. Le genre de chansons qui vous agrippent l'oreille instantanément pour ne plus la lâcher. Un titre majuscule qui donne le la sur lequel le reste de l'album va s'appuyer. Mais à peine a-t-on le temps de fredonner ce premier morceau que déjà Glare et son post-punk mélancolique sous le bras déboule sans crier gare ; à peint terminé, voilà que Tele, dont on jurerait qu'elle vient tout droit de 1984, prend la suite et dévoile une nouvelle facette de Deeper.

On pourrait comme ça passer en revue toutes les chansons de 'Careful!'. Évoquer la superbe basse de Bite. Parler du désaxé Fame et son saxophone ivre. De l'instrumental impromptu devil-loc. Ou du langoureux Pressure aux atours Strokes-iens. On pourrait oui. Mais on va plutôt relancer l'écoute et dire en guise de synthèse, histoire de gagner du temps, que 'Careful!' de Deeper est une magnifique découverte et un des disques du genre les plus réussis de l'année en cours. (Sortie : 8 septembre 2023)

Plus :
'Careful!' de Deeper est en écoute sur leur page bandcamp
'Careful!' de Deeper est à l'achat sur leur page bandcamp
'Careful!' de Deeper est disponible un peu de partout

Trois chansons de 'Careful!' de Deeper en écoute aujourd'hui. Build a Bridge, superbe chanson d'ouverture (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis Tele, aux forts accents eighties. Et enfin Glare, à la mélancolie certaine.

Histoire d'être le plus complet possible, voilà trois clips tirés de 'Careful!' de Deeper. Ceux de Build a Bridge, Tele et Sub :

jeudi 8 juin 2023

[Track of The Day] Girl and Girl - All I See

Cela ne surprendra personne mais elle a encore frappé. Une fois de plus. Et toujours pas une fois de trop. Elle, c'est l'Australie qui continue avec une incroyable régularité de balancer à la face du monde toute une génération de jeunes artistes et groupes tous plus talentueux les uns et que les autres. Dernière découverte en date, les Girl and Girl, quatuor venu du Queensland et formés, entre autre de Kai James (chanteur et guitariste) et de sa... tante Liss à la batterie (ce qui vous en conviendrez, n'est pas courant).

Auteurs de quelques singles et de deux Ep (dont 'Divorce' l'an passé), les Girl and Girl viennent de signer chez Sub Pop, plutôt doué pour ramener dans son roster quelques projets prometteurs. Et prometteurs, les Girl and Girl le sont, et l'écoute de leur premier single pour l'écurie américaine confirmera mes dires. Le titre s'appelle All I See, fait dans le garage-pop avec des guitares tendues et une voix comme sous speed, et est très enthousiasmant.

Album : -
Année : 2023
Label : Sub Pop

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, All I See de Girl and Girl est également en écoute ci-dessous :

Le clip de All I See de Girl and Girl :

vendredi 30 décembre 2022

Bilan 2022 : « Albums » (20-01)


Il y en avait vingt. Et voilà les vingt autres. La crème de la crème pour mes oreilles en cette année 2022. Loin de moi l'idée de dire qu'il s'agit là des meilleurs albums de l'année et que cette sentence est irrévocable. Car ce sont uniquement les albums que j'ai le plus écoutés de l'année. Ceux qui m'auront émerveillés, émus, enthousiasmés plus que de raison.

Mais avant d'aller plus loin dans l'exposé des disques en question, continuons notre traditionnel tour pour voir ce qui est ressorti de l'année 2022 chez les voisins - plus ou moins proches :
- Le bilan 2022 de Marc d’Esprits Critiques
- Les 50 meilleurs albums de 2022 selon The Revue
- Des artistes, des réalisateurs, des écrivains donnent leur bilan 2022 : c'est le très cool "Année des VIP" de Pop News
- Le best of 2022 de la rédaction de Stars Are Underground
- Le bilan de la rédaction d'Another Whisky For Mister Bukowski

Ils sont donc vingt à composer cette deuxième partie de mes albums de l'année. Vingt albums entre pop à chanter à plein poumons, mélancolie à tous les étages, folk bien ouvragé, rock et post-punk épatants, pop en équilibre précaire, quand elle ne voyage pas dans un expérimental cristallin, hip-hop sans frontière, chansons ethérées et vaporeuses, légende du néo-folk, garage à la sauce pop et en haut, tout en haut, un disque à la simplicité folle mais tellement puissant.
Et comme à chaque fois, au bas de ce papier se trouvent deux lecteurs Deezer et Spotify dans lesquels vous trouverez une chanson de chacun des albums cités ci-dessous, ainsi qu'un lecteur bandcamp pour le seul morceau absent des plateformes de streaming. Bonne lecture, bonne(s) écoute(s) et à dimanche pour le Top 50 singles (et la bonne année aussi).


 

20. Courting - Guitar Music [Pias Recordings]
Non, Courting n’est pas un énième groupe lambda de post-punk. Comme le laissaient présager leurs premiers singles, ils sont plus que cela. Car 'Guitar Music', son post-punk aux quelques échappées belles vers un rock marqué 90s et sa production maligne, cinglante et métallique, a tout pour leur permettre de s'inviter à la table de la nouvelle génération anglaise.
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19. Cloud Cult - Metamorphosis [Earthology Records]
Six ans après 'The Seeker', Craig Minowa et ses Cloud Cult ont fait leur retour. Et avec ce qu’ils savent faire le mieux : des chansons qui respirent la pop par tous les pores, les mélodies attachantes, les orchestrations qui s’emballent. Et la mélancolie, toujours cette mélancolie qui s’immisce, s’étend et vous étreint.
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18. Micah P. Hinson - I Lie to You [Ponderosa]
Micah P. Hinson a toujours l’air aussi malheureux, mais dieu sait qu’il connaît l’art de la belle composition comme personne. 'I Lie to You' est sans doute un de ses albums les plus aboutis de toute sa discographie, un disque très beau où les chansons amples côtoient des titres plus simplement folk - et pas les moins réussis d’ailleurs.
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17. Marmalade Mountain - Strange Angels [Magic Nothing]
Découvert l’an passé avec un 'Ditties' purement folk, Zack Fischmann sous son alias Marmalade Mountain prend ses aises sur 'Strange Angels' son nouvel album. Un disque bien plus orchestré et produit que le précédent, qu’il n’aborde pas seul et où ses chansons folk sont magnifiées par une joyeuse bande de troubadours autour de lui.
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16. Surf Curse - Magic Hour [Atlantic Records]
En signant chez les pas vraiment indie Atlantic Records, le duo Surf Curse est devenu un quatuor. Et le résultat est imposant. Porté par quelques titres ébouriffants (Lost Honor ou Fear City notamment), une production qui sait mettre en valeur autant leurs mélodies que l’énergie de leurs compositions, 'Magic Hour' s’avère vite être un de ces petits bonheurs du quotidien, avec sa pop riffeuse, énervée et un rien slacker.
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15. Pumice - Phylis [Soft Abuse]
Amateurs de pop en équilibre précaire, le trentième album de Pumice est fait pour vous. Avec sa voix étouffée, ses instruments qui flemmardent sans jamais s'ennuyer, grincent sans jamais agacer, enivrent sans jamais étourdir, Pumice crée ici des structures faites de plusieurs strates et divers niveaux d'écoute pour un ensemble cohérent dans son instabilité.
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14. Porridge Radio - Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky [Secretly Canadian]
'Waterslide, Diving Board, Ladder To The Sky' est le disque qui aurait du faire exploser Porridge Radio. Ce n’est pas encore vraiment le cas (la faute à l’absence d’un titre aussi puissant que Long ?) et pourtant, plus consistant que son prédécesseur (pourtant déjà très réussi), il est un disque d’une grande qualité, plein de passion et de rage, très bien écrit, avec pour tête de proue Dana Margolin, femme aussi incroyable sur disque que sur scène et une future star assurément.
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13. Tomberlin - I don’t know who needs to hear this... [Saddle Creek]
Merveilleusement produit, 'I don’t know who needs to hear this...' est un disque délicat et touchant, aussi aérien que vaporeux, langoureux et gracile, où la voix de Tomberlin coule, comme lovée dans l'air, sur des mélodies qui semblent sur le point de s'évaporer. « Je ne sais pas qui a besoin d'écouter ça... » se demande-t-elle en une de ce disque. Beaucoup de monde Sarah Beth. Le plus de monde possible.
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12. Little Simz - No Thank You [Age 101 Music]
Ce qui frappe d'emblée à l'écoute de 'No Thank You', c'est qu'il semble transpirer de colère. Une colère froide, sourde, que Little Simz contient du mieux qu'elle peut pour éviter qu'elle n'explose, mais qu'elle n'hésite pas à afficher clairement dans des textes pugnaces et qui ne transigent pas. Et puis il y a les productions d'Inflo chiadées, les compositions solides et ce flow inimitable. Dix chanson et cinquante minutes qui oscillent en rap, hip-hop, soul/neo-soul qu'elle agrémente de chœurs gospel à faire frissonner le plus sévère des hommes. Si 'Sometimes I Might Be Introvert' était le côté pile de Little Simz, 'No Thank You' semble être son côté face. A la chaleur des compositions du premier, il y a un sentiment plus froid, plus sombre sur le second. A l'image de la pochette : extravagante et pleine de couleur d'un côté, sérieuse et aux tons noir et blanc de l'autre. Mais dans les deux cas, une grande œuvre d'une artiste qui compte. Qui fait ce qu'elle veut. Comme elle le veut. Quand elle le veut.
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11. Pascal Comelade - Le non-sens du rythme [Because Music]
Sur 'Le non-sens du rythme', Pascal Comelade fait avancer puis reculer (et l'inverse est aussi vrai) ses mélodies, les détourne pour mieux les pousser dans quelques retranchements, leur faire faire un pas de côté pour mieux les voir prendre de longs raccourcis, quand il ne leur fait pas faire la grande traversée. Tout à la fois pop, rock, psyché, il intrigue, épate et parfois même émeut, que ce soit par la constructions de ses morceaux, pleins de couches et sous-couches qui s'empilent, s'emboitent, se répondent et se complètent, ou par ses mélodies sublimes. Le tout sans jamais perdre une seconde l'auditeur. Du grand Art.
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10. Richard Dawson - The Ruby Cord [Weird World]
Sur 'Peasant', Richard Dawson posait ses valises dans l’Angleterre du Moyen-Âge. Sur '2020', dans la même Angleterre mais à l’époque actuelle. Avec 'The Ruby Cord', il clôt son triptyque en se projetant dans un futur lointain. Et comme à chaque album, il le fait avec un incroyable sens de la composition folk, qu’elle soit longue et torturée (le premier titre fait plus de 40 mns !), ou qu'il s’engage dans des territoires plus orchestrés - qui rappelleraient presque par moment Sufjan Stevens - et aux choeurs majestueux. Une trilogie monumentale.
 

09. Freundliche Kreisel - Freundliche Kreisel [Stroom]
Très bien construit, évitant la redite et tenant son auditoire par des mélodies souvent cristallines que la voix de Karie Rich habille à merveille, voilà un album souvent minimaliste, plein de langueur et empreint d'expérimentations légères de la part d’un trio pour qui la scène expérimentale, ambiante et d’avant-garde n’a pas de secret. Un disque somptueux, captivant et enchanteur, à l’immédiateté assez folle.
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08. Team Me - Something In The Making [Propeller Recordings]

Avec Into The Wild et surtout Song For a Drummer lancés en éclaireurs l’an passé, il était presque sûr que les Team Me, de retour aux affaires, allaient satisfaire tous les amoureux de pop qui se respectent. Et de fait, avec ses mélodies en pagaille, ses refrains chantés à chœur plein et sa mélancolie doucereuse, 'Something In The Making' a souvent été un refuge pop ensoleillée tout au long de cette année 2022 pleine de grisaille. Un grand album dont il n’est pas facile de se passer.
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07. Panda Bear & Sonic Boom - Reset [Domino Records]

Entre titres de leurs compositions et samples à foison (Randy & The Rainbows, Everly Brothers, Eddie Cochran), Panda Bear et Sonic Boom plongent dans la pop et le rock de la fin des années 50 et du début des années 60, où trames répétitives, reverb, loops, clappings et autres touches synthétiques se tutoient, se mélangent, se complètent ou s'évitent tout à la fois, toujours avec justesse, sans que cela ne semble jamais forcé. Avec toujours cette ombre de Brian Wilson qui plane sur les élans vocaux de Panda Bear, en un peu moins de quarante minutes, le duo réussit sa première grande collaboration. 'Reset' est un disque qu'on qualifiera de pudiquement formidable, rétro dans ses fondations mais actuel dans ses finitions. Un album simple, lumineux à bien des égards, superbement produit - et sans doute le plus facile d'accès de la discographie de Panda Bear.
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06. Billy Woods - Aethiopes [Backwoodz Studioz]

Avec Preservation derrière la console qui amène autant de boucles répétitives, de samples que de productions venues de tous les continents sans que cela ne soit un frein à l'unité du disque, ramenant en studio quelques invités de prestige ne tirant jamais la couverture à eux (El-P, Quelle Chris), 'Aethiopes' de Billy Woods se révèle vite être un disque de hip-hop, souvent abstract, à la finesse et l'écriture impeccables. Très grand album.
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05. CMAT - If My Wife New I'd Be Dead [AWAL Recordings]

Souvent doo-wop, un rien cheesy, rappelant ces girl band des années 60, et avec une voix qui sait monter dans de belles hauteurs, l'Irlandaise CMAT (pour les initiales de son nom: Ciara Mary-Alice Thompson) aura été une des révélations de mon année. Avec son canevas country pop, elle alterne ici tubes, balades country et petites douceurs mélancoliques, avec de belles orchestrations qu'elle agence joliment en y cachant moult détails, des textes bien écrits, pas dénués d'humour (grinçant) et où se cachent souvent beaucoup de souffrances passées.
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04. Current 93 - If A City Is Set Upon A Hill [HomAleph]
Perdu de vue depuis 2014 et un 'I Am the Last of All the Field That Fell' sombrement beau et qui m’avait enchanté, Current 93 et David Tibet auront fait un retour remarqué dans mes oreilles en 2022. 'If A City Is Set Upon A Hill' est un disque somptueux, qui a les atours d’un disque neo-folk mais qui est bien plus que ça, et où ses mélodies lumineuses sur lesquelles David Tibet vient raconter ses histoires, font merveille.
 
 

03. Weird Nightmare - Weird Nightmare [Sub Pop]
Projet solo du leader de METZ, Alex Edkins, Weird Nightmare aura été un des disques qui aura le plus tourné cette année. Loin de la fureur de son groupe d’origine, on est ici entre garage-rock et indie où la pop a son mot à dire. Des compositions soignées, de la guitare en veux-tu, en voilà, des hymnes à chanter à tue-tête (Lusitania), ce premier album est impeccable de bout en bout. Immense coup de coeur.
 
02. Black Country, New Road - Ants From Up There [Ninja Tune]
Février 2022 ou « vie et mort d'un groupe ». Voilà ce qui pourrait être épitaphe de ce 'Ants From Up There' de Black Country, New Road, deuxième album mais le dernier avec son chanteur Isaac Wood qui, peu de temps après sa sortie, décidait pour des raisons de santé psychologiques de quitter ses six amis. Un choc tant sa voix en forme de montagnes russes, qui rappelle Bowie par moment, se marrie tellement bien avec ces compositions qui ici délaissent les guitares de 'For The First Time' (leur premier album) pour mieux exposer un côté folk-pop, aussi arty, orchestral que post-rock. Disque ambitieux et superbement composé, 'Ants From Up There' est en tout cas la mort d’un groupe. Son épitaphe. A lui de trouver leur nouvelle route pour ses aventures futures.
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01. Nina Nastasia - Riderless Horse [Temporary Residence]
 

C'est par quelques simples mots que Nina Nastasia est revenue aux affaires en avril dernier. Un texte pas loin d'être poignant qui explique les raisons de son absence pendant douze longues années. Elle y revient sur ses malheurs et sa très longue relation avec son producteur et compagnon qui n'a fait que de se détériorer au fil des ans, devenir malsaine, la coupant du monde, pour se terminer dans le drame, Nina Nastasia décidant finalement de le quitter, lui, préférant dans la foulée mettre un terme à ses jours.
Deux ans après les faits, l'américaine publie 'Riderless Horse', son septième album, et celui de mon année. Un disque très simple (elle est seule avec sa guitare) mais aux textes aussi touchants que durs, joyeux, tristes, bouleversants à bien des égards ; qui reviennent sur sa vie d'avant autant que sur ce qui s'ouvre devant elle. Comme elle le dit elle même : « Riderless Horse documents the grief, but it also marks moments of empowerment and a real happiness in discovering my own capability »
Produit par son ami de toujours Steve Albini, enregistré dans le plus simple appareil dans un phare, 'Riderless Horse' est l'album le plus dépouillé et à la fois le plus puissant de l'année. Sur Afterwards, le morceau qui clôt l'album, elle finit par ces mots : « Oh, how I wanna live ». Oh oui, vous pouvez madame. Vous devez même. Votre retour est une bénédiction. Bon retour à la vie Nina.
 
 
 
 
Comme promis, vous trouverez une chanson de chacun des disques présentés dans les lecteurs Spotify et Deezer et ci-dessous, avec également un lecteur bandcamp pour le morceau extrait de l'album de Current 93, absent des plateformes de streaming (de la place 01 à 20) :
 
 
 

lundi 3 mai 2021

[Track of The Day] girl in red - you stupid bitch

Après deux Ep de haute volée, réunis en une compilation 'Beginnings' en 2019, Marie Ulven, sous son alias girl in red (toujours en minuscule) passe donc à l'étape de l'album avec 'if i could make it go quiet'. Un disque dans la lignée de ses premiers efforts, mais avec une production plus importante voire imposante, mais qui n'abime ni ne réduit en rien la qualité des ses compositions.

Ouvert par un Serotonin classieux à souhait dans son mélange de pop à l'ancienne et de triturages actuels, girl in red déroule en un peu plus de trente minutes ses envies, ses espoirs et surtout ses souffrances. Car si en deux ans la norvégienne a vu son statut changer et son audience grandir, ses questionnements restent les mêmes. Et you stupid bitch (en écoute aujourd'hui) en est l'exemple même : « Don't bite your lip or grit your teeth, just count to ten and try to breathe. You stupid bitch, can't you see the perfect one for you is me? » dit-elle sur cette chanson aux airs d'hymne indie, genre de bad idea! 2.0 et tube évident d'un album attendu et qui ne déçoit pas.

Album : if i could make it go quiet
Année : 2021
Label : AWAL Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer et YouTube, you stupid bitch de girl in red est en écoute ci-dessous :

Le clip de serotonin, la chanson qui ouvre 'if i could make it go quiet' de girl in red :