jeudi 28 février 2008

The Sleeping Years – We're Becoming Islands One by One [Talitres]

Je ne sais pas ce que j’ai en ce moment, mais je suis d’humeur mélancolique. C’est la saison qui veut ça. « Et pourtant il fait beau » me direz-vous. Oui, va comprendre Jacky. Quoiqu’il en soit, la période veut que j’aime les chansons belles, qui mouillent les yeux et qui font renifler plus que de raisons.

Et dans le genre mélancolique, quelle belle découverte que voilà. The Sleeping Years, nouveau projet de Dale Grundle, ancien leader de The Catchers (dont j’avoue ici mon ignorance totale les concernant). Pour l’affaire, il a emmené avec lui Michelle So et Tom Page avec lui.

L’idée ? Pondre un album de folk – lorgnant vers la pop par moments – lumineux, acoustique, qui sonne merveilleusement et qui fait vibrer les cordes les plus sensibles de notre être, souvent enfouies au plus profond de nous. Et vous savez quoi ? Il y arrive. Et de quelle façon !

A la base, le projet de The Sleeping Years a débuté via trois Ep, en éditions limitées, dont beaucoup de morceaux écrits à l’époque se retrouvent dans le tracklisting de ce ‘We're Becoming Islands One by One’, mais dans de nouvelles versions. Trois Eps – dont le premier est déjà épuisé – que beaucoup considèrent comme très bons (je ne me prononcerais pas sur le sujet n’ayant eu l’occasion de les écouter que trop rarement).

L’album était donc une suite logique. Et elle est réussie. ‘We're Becoming Islands One by One’ présente un trio dégageant une harmonie et une cohérence folle. Tous les morceaux de The Sleeping Years sont basés sur la guitare électrique de Dave Grundle et la batterie de Tom Page. Mais à chaque fois, Michelle So vient se mêler au duo, apportant tantôt son piano, tantôt son violoncelle. Et cette touche là sublime des compositions déjà d’excellentes factures. Et quand les deux instruments sont présents sur le même morceau, au même moment, comme sur Dressed for Rain (voir plus bas), il ne reste plus qu’à s’arrêter de bouger et de prier pour que les frissons qui parcourent notre échine durent, durent, durent…

Ce disque est grand. Ce disque est beau. Ce disque respire la classe à dix kilomètres. Ce disque sort chez Talitres, dans la plus pure tradition de ce bonheur de label français (et bordelais). Une entité sur laquelle The Sleeping Years croiseront des groupes au talent rare, de Dakota Suite à Idaho en passant par Wedding Present. Bref, un tel alliage ne pouvait donner que de l’or. S’ils continuent, on va finir par les appeler Midas. (sortie: 17 mars 2008)

Son :
Myspace (5 morceaux dont 2 de
‘We're Becoming Islands One by One’)
Site Officiel (dont, notamment, les paroles des morceaux. Et comme celles-ci sont de qualités, on aurait tort de s’en priver)

Deux titres au programme. Le choix a été difficile mais j’ai décidé de m’arrêter sur deux bijoux,
Setting Fire to Sleepy Towns et Dressed For Rain. A pleurer. (malheureusement, plus en écoute).

mardi 26 février 2008

Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band – 13 Blues for Thirteen Moons [Constellation]

Désolé. Mais je n’y arrive pas. J’ai beau essayer de les détester, de leurs trouver des défauts, de ne pas aimer leurs nouvelles compositions, de regretter le passé et de m’appesantir sur ce que le groupe est devenu, je ne peux pas. C’est impossible. Non. J’aime Thee Silver Mount Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band (With Choir ou non) - ou A Silver Mount Zion, c'est selon, l’ex-croissance la plus brillante de feu-Godspeed You ! Black Emperor, menée par l’icône la plus rock de ce début de millénaire, Efrim Menuck. Un point c’est tout.

Et ce n’est pas avec leur tout nouveau ‘13 Blues for Thirteen Moons’ que je vais changer d’avis et cracher sur leurs longues mélopées enflammées. Non, bien au contraire car ce disque, s’il suit la ligne directrice du groupe depuis (plus ou moins) ses débuts, se pare d’une couleur noire assez saisissante. Il faut entendre le titre éponyme pour s’en rendre compte : la batterie de Eric Craven (ex-Hanged Up) y est lourde (j’y trouve même un côté Bohren und der Club of Gore, c’est dire), les guitares sont aiguisées et attaquent comme jamais chacune des secondes des 16 minutes 47 du morceau, proposant même un déferlement assourdissant de noise en fin de titre, tandis que la production balade une tension à couper au couteau tout au long du titre. Du grand art, définitivement.

Les trois autres titres – aussi longs – sont déjà des classiques de Thee Silver Mount Zion. Découvert à l’occasion de leur dernière tournée (il y a presque un an), Blindblindblind (voir plus bas) et 1,000,000 Died To Make This Sound sont deux bijoux. Le premier est peut-être un des tous meilleurs titres du groupe, celui qui lui ressemble le plus avec une guitare qui rythme une lente montée de cordes avant que les voix et quelques riffs ne viennent envoyer le tout au septième ciel de la chaire de poule.
Quant au second, il est un des nouveaux titres incontournables sur scène : cette noirceur dans la musicalité, ces voix qui s’entremêlent, qui se répondent, qui canonnent ensemble tout du long, lui confèrent une puissance assez rare.
Et que dire de Black Waters Blowed/Engine Broke Blues, titre rock et puissant, à la construction alambiquée, mais à la puissance évocatrice, porté par la voix bouleversante d'Efrim.

Le 23 avril 2007, lors de leur passage au Rail Théâtre/Grrrnd Zero de Lyon-Vaise, leur prestation avait été exceptionnelle, proposant un show époustouflant, comme souvent, et présentant des nouveaux morceaux étonnant. J’étais impatient d’en écouter une version studio, enregistrés comme il faut au fameux Hotel2Tango (LE studio d’enregistrement du label Constellation).
Cette version, un an plus tard, je l’ai dans les oreilles. Et elle vaut vraiment le détour. Comme à son habitude, Efrim et ses amis du Silver Mount sont loin, très loin de me décevoir. Et c’est avec une indéfectible envie que je me rendrais dans quelques semaines à Vaise pour les voir à nouveau. Ça sera la quatrième fois. Et pas la dernière s’ils continuent à composer des albums comme ce '13 Blues for Thirteen Moons' (à l’artwork une nouvelle fois splendide. Le genre qui vous donne envie de continuer plus que jamais à dire « oui » au produit physique), aussi noir qu’indispensable en cette année 2008. (sortie : 10 mars 2008)

Nb : Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band sera donc en tournée très prochainement dans toute la France. Et, pour ceux qui n’auraient jamais eu la chance de les voir, allez-y, même si votre connaissance du groupe se limite au titre en écoute plus bas. Vous ne le regretterez pas :
12 avril 2008: La Maroquinerie, Paris (19.8€)
13 avril 2008: La Maroquinerie, Paris (19.8€)
18 avril 2008: Rail Théâtre/Grrrnd Zero, Lyon (prix pas communiqué pour le moment, mais ça ne devrait pas dépasser les 15€).

Son :
Site Officiel de Constellation Records

Et un titre donc. Et quel titre ! Blindblindblind, merveille de 13 minutes, un des sommets du groupe. A vos frissons ? Prêt ? Partez ! (malheureusement plus en écoute).

lundi 25 février 2008

Track of The Day (19-25 février 2008)

Pas mal de nouveautés cette semaine, quelques trésors cachés, une vieillerie qui n'a toujours pas pris une ride et un bonheur de version française. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, à droite).

Lundi 25 février 2008:
* Tunng - Bullets (French Version) [Full Time Hobby]
Tunng s'amuse à sortir une version « française » de son magnifique Bullets, tout simplement un des titres les plus vibrants de 2007. Et rend le tout absolument adorable. Ah mon dieu, cet accent, ces paroles... Tout est merveilleux. 'On chope des balles avec les dents'...
(disponible sur Une Rentrée 2007 - Les Inrockuptibles - Vol. 2, 2007)

Dimanche 24 février 2008:
* I Am Kloot - Hey Little Bird [I Am Kloot Records]
Nouvel album pour les Mancuniens, attachants au possible. Un joli disque que ce 'Play Moolah Rouge' sur lequel je reviendrais si j'en trouve le temps. Mais avant ça, petite mise en bouche avec ce délicat Hey Little Bird, beau comme tout.
(disponible sur Play Moolah Rouge, 2008)


Samedi 23 février 2008:
* Alive In Wild Paint - Forecasting [Ceilings]
De la pop FM entendue 1000 fois. Alive In Wild Paint, c'est un peu 'Coldplay meets Snow Patrol' (ce qui chez moi est tout sauf une mauvaise chose vu que j'aime beaucoup les deux groupes). Mais en ce lendemain de cuite, alors que le whisky s'amuse à continuer à narguer mes veines, ce Forecasting est juste le morceau parfait.
(disponible sur Ceilings, 2008)

Vendredi 22 février 2008:
* Lightspeed Champion - Dry Lips [Domino]
Buzz médiatique de ce début 2008, Dev Hynes (aka Lightspeed Champion) change sa guitare d'épaule et pond un album pop classique mais efficace. Surtout, il fait montre d'un vrai talent pour faire, avec un rien, d'une chanson innocente un grand morceau de bravoure. Comme ce Dry Lips par exemple, qui n'aurait d'ailleurs pas dépareillé dans le top 6 'Break-Up Songs' de la semaine dernière.
(disponible sur Falling Off The Lavender Bridge, 2008)

Jeudi 21 février 2008:
* Jacob Golden - On a Saturday [Sawtooth Recordings]
Songwriter de talent, tout en douceur, Jacob Golden a mis au monde l'an passé son second album, 'Revenge Songs'. Un joli disque, avec des petites sucreries même pas cachées. Et en haut du gâteau, ce On a Saturday savoureux.
(disponible Revenge Songs, 2007)


Mercredi 20 février 2008:
* Nina Nastasia - Jimmy's Rose Tatoo [Socialist]
La plus que talentueuse Nina Nastasia s'apprête à débarquer chez nous dans les semaines qui viennent. Retour donc sur une discographie sans faille avec le toujours magnifique Jimmy's Rose Tatoo, sortit à l'époque de 'Dogs'.
(disponible sur Dogs, 2000)


Mardi 19 février 2008:
* Jay-Jay Johanson - As Good as It Gets [Labels]
En 2007, le Suédois Jay-Jay s'est enfin mis dans la tête que "plus c'est simple, plus c'est beau". Et son 'The Long Term Physical Effects Are Not' est perclu de jolies chansons, aux airs jazzy des plus recommandables. Comme ce As Good as It Gets classieux comme tout.
(disponible sur The Long Term Physical Effects Are Not, 2007)

jeudi 21 février 2008

The Duke Spirit – Neptune [You Are Here]

Quatre jeunes brundinet sont dans un bateau. A la barre, une belle blonde aux allures de Nico, l’égérie d’Andy Warhol et d’Alain Delon. Personne ne tombe à l’eau. Qui est-ce qui reste ? Les Duke Spirit mon capitaine. Un combo anglais rock. Et, si j’osais, le meilleur – actuellement – de la perfide Albion. Oui oui, rien que ça.

Un groupe qui vient de donner officiellement naissance au petit frère du nerveux ‘Cuts Across The Land’ de 2005 et de la ribambelle de singles et autres Ep disséminés ici et là depuis la création du groupe, à la sortie d’une école d’art au début des années 2000.

Nouvel album donc, ‘Neptune’ le bien nommé. Trois-quarts d’heure de rock, moins garage que par le passé mais tout aussi efficace. Passé le titre d’introduction, les Duke Spirit envoient le bois : si Send a Little Love Token (voir plus bas) ne fait pas danser la planète entière dans les soirées indie des mois qui viennent, ce n’est à n’y rien comprendre. Et je pèse mes mots.
Dans la même catégorie, on placera aussi Into The Fold, inspiré et porté comme jamais par la voix de Liela Moss, la blondinette du début. Cette rage, cette fougue, cette envie, c’est juste un appel à la folie. On retrouve d’ailleurs (clin d’œil de la part de Chris Goss qui produit le disque, ancien comparse de route des Queens of The Stone Age ?) un passage qui rappelle énormément le break de No One Knows des potes de Josh Homme.

D’ailleurs, ces derniers ne sont pas les seuls à revenir toquer à la porte des souvenirs à l’écoute de ce ‘Neptune’. Un autre grand groupe s’invite : Sonic Youth, période Goo, sur You Really Wake Up The Love In Me (l’intro du morceau est plus qu’hommage). Rien que ça.

Mais ce qui est bien avec les Duke Spirit, c’est qu’ils ne se contentent pas d’enquiller les titres rock et les références. Car avant tout, ils ont un son bien à eux. Et comme ce sont des gens de goût et bien élevés qui aiment les plages de respirations pour faire retomber la folie, ils parsèment ce ‘Neptune’ – et comme sur leur premier disque - de balades, tantôt sombres, langoureuses et soul (The Step and The Walk, This Ship Was Built to Last) tantôt très pop (My Sunken Treasure avec un piano très en avant, Sovereign), mais toujours acérées par des riffs bien tendus et des paroles bien senties.

Un peu garage, très rock, bluesy mais soul aussi, rappelant les Pixies et tout le rock indé des années 90, ‘Neptune’ est un coup de pied bien senti dans les noix de la fourmilière rock qui a tendance depuis quelques années à se regarder jouer plutôt qu’à être inspirée. Énergique, énergisant, euphorisant, cohérent et vivifiant, c’est même un vrai petit régal et une des grandes œuvres de 2008. (sortie : 4 février 2008)

Son :
Myspace (Six morceaux en écoute)
Officiel
 

Deux titres en écoute, deux facettes de cet album. L’explosif Send a Little Love Token et le lascif Wooden Heart (malheureusement plus en écoute).


Et pour finir, le clip de Lassoo avec ses trompettes tonitruantes (malheureusement plus disponible).

lundi 18 février 2008

Track of The Day (12-18 février 2008)

Une semaine éclectique entre grands classiques et belle reprise. (et toujours en écoute dans le lecteur deezer, à droite).


Lundi 18 février 2008:
* Subtle - Falling (feat. Why?) [Lex]
Depuis leur merveilleux 'A New White', Subtle (combo mené par Doseone et Jel) me déçoit. L'intimisme qui faisait la force de leur premier album a disparu. C'est très très loin d'être mauvais. C'est juste moins bien. Mais à chaque fois, on peut ressortir de grands moments, comme ce Falling auquel le coquin Why? vient prêter sa voix de canard sous LSD. Chic.
(disponible sur Yell & Ice, 2007)

Dimanche 17 février 2008:
* Jesse Sykes & The Sweet Hereafter - Hard Not To Believe [Barsuk]
La ténébreuse Jesse Sykes est revenue l'an passé avec un disque particulièrement beau, d'une grande richesse, entre country, rock et folk. Hard Not To Believe est l'exemple même de ce qui se trouve sur cet album: des morceaux touchants et bouleversés.
(disponible sur Like, Love, Lust & The Open Halls of the Soul, 2007)

Samedi 16 février 2008:
* Etienne Daho - Le Brasier [Virgin]
J'aurais bien mis en écoute un des titres du dernier album de Daho. Mais 'L'invitation' n'étant pas (encore?) référencé sur deezer et ce dernier interdisant (quelle idée!) le partage de morceaux uploadés, réécoutons donc ce joli Brasier, plein d'espoir, aux grands airs mélodiques rappelant le célèbre Angel de Robbie Williams.
(disponible sur Corps & Armes, 2000)

Vendredi 15 février 2008:
* Ellen Allien - Sehnsucht [BPitch Control]
Chaque année (ou presque) la grande pretresse de l'électro allemande sort ses disques toujours avec une qualité jamais niée. Son meilleur restera sans doute son 'Berlinette' de 2003 d'où il est dur de ressortir un titre. Mais puisqu'il faut bien, allez, va pour Sehnsucht tiens.
(disponible sur Berlinette, 2003)

Jeudi 14 février 2008:
* Emiliana Torrini - If You Go Away [One Little Indian]
La belle Emiliana Torrini reprend le Ne Me Quitte Pas de Jacques Brel dans la langue de Shakespeare et sort une chanson qui navigue entre noirceur profonde (couplets) et semblant d'optimisme (refrains). Classe.
(disponible sur To Be Free Ep (Pt. 1), 1999)

Mercredi 13 février 2008:
* Hood - Any Hopeful Thoughts Arrive [Domino]
Si leur 'Cold House' avec le Anticon Crew avait séduit bon nombre de critiques en 2001, leur 'Outside Closer' de 2005 était passé totalement inaperçu. Et pourtant, il était lui aussi très bon. Comme le prouve ce Any Hopeful Thoughts Arrive, folktronica du meilleur effet, tout en montée, sur la brèche tout du long. Qui a dit splendeur?
(disponible sur Outside, Closer, 2005)

Mardi 12 février 2008:
* Neil Young - Philadelphia [Sony]
Manquant d'inspiration ces dernières semaines, je n'avais même pas l'once d'une bonne idée pour le titre du jour. Et puis je suis tombé ce soir sur la fin de Philadephia à la télé. Et donc sur le morceau du même nom de Neil Young. Splendeur parmi les splendeurs. Certes, j'ai déjà mis du Loner y a quelques jours. Mais bon, faut avouer que ce titre pour commencer un mardi, on a vu pire non?
(disponible sur Philadelphia OST, 1993)