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mercredi 21 octobre 2026

[Track of The Day] Asher White - Nightingale Version (Sailor's Moon)

Will Toledo commença son aventure Car Seat Headrest au fond de sa voiture, laquelle donna un nom à son projet, devint studio d'enregistrement de ses premiers albums qu'il publia à son compte avant d'être repéré et signé par Matador - avec le bonheur que l'on sait.

L'histoire de Asher White est un peu la même. Originaire de Evanston dans la banlieue de Chicago, elle n'a aujourd'hui que 25 ans et pourtant une discographie longue comme une artiste de 65 ans (sauf si vous êtes Aidan Baker ou Robert Pollard) : vingt-trois albums (certains sous le nom de melting wax body), dont les deux derniers sont sortis cette année, tous deux chez Joyful Noise, sa nouvelle maison. 'Jessica Pratt' en février, où, pochette comprise, elle revisite - très bien d'ailleurs - le tout premier album de Jessica Pratt. 
Et 'Love Aggregates' en aout dernier, sans doute moins réussi, qui se traine un peu en longueur, que quelques arrangements de cuivres essaient, sans grand succès, de relever, mais qui trouve une belle affirmation en plein cœur du disque, sur deux chansons, The eagle is no omen et Nightingale Version (Sailor's Moon) (en écoute aujourd'hui), bedroom pop de belle tenue, charmante au possible, qui n'est pas sans rappeler autant Man at War que We Are Catchers.

Album : Love Aggregates
Année : 2026
Label : Joyful Noise Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Nightingale Version (Sailor's Moon) de Asher White est également en écoute ci-dessous :

Histoire de bien faire les choses, voilà The eagle is no omen, l'autre chanson tout à fait remarquable de 'Love Aggregates', le dernier album en date de Asher White :

mardi 20 octobre 2026

[Track of The Day] School Fair - Nervous in the Service

Il y a d'un côté le nom du groupe, School Fair. De l'autre, le nom de son dernier album en date, 'Unexpected Violence'. Avouez qu'on ne pouvait pas faire mieux pour coller à l'actualité française du moment. School Fair donc. Un quatuor néo-zélandais, originaire de la ville de Dunedin (pour les passionnés de géographie, c'est au sud-est de l'île du sud), pas vraiment nouveau sur la scène down-under vu que 'Unexpected Violence' est déjà leur troisième album.

Un disque sorti au milieu du printemps dernier chez nous, mais en plein hiver chez eux, ce qui explique peut-être la pochette avec ce pull en laine - à laver à très haute température donc. Avec au programme, art-rock, noise rock, post-punk, élans grunge et disto, qui a beaucoup de Bar Italia en lui (et un peu de leurs parents éloignés Sonic Youth, version apaisée) avec ses belles guitares, sa jolie basse et son micro qui passe de l'un à l'autre. De la belle ouvrage dont on pourra ressortir pas mal de titres (Old Wound Open, Gussied Up) et dont le point d'orgue est sans conteste Nervous in the Service (en écoute aujourd'hui)

Album : Unexpected Violence
Année : 2026
Label : Mutual Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Nervous in the Service de School Fair est également en écoute ci-dessous :

Old Wound Open, autre chanson remarquable de 'Unexpected Violence' de School Fair :

Le clip de Gussied Up, une des excellentes chansons de 'Unexpected Violence', le troisième de School Fair :

lundi 19 octobre 2026

[Track of The Day] Swans - The End of Forgetting (Live)

39'07". Trente-neuf minutes et sept secondes. Voilà la durée de The End of Forgetting, la chanson du jour, évidemment - et de très très (très) loin - la plus longue jamais publiée dans les pages de ce blog en quasiment vingt ans d'existence. 39'07", c'est beaucoup, surtout pour une playlist plus habituée à des titres de trois à cinq minutes, mais elle le mérite, car elle est grandiose, tout comme le disque qui l'entoure d'ailleurs.

Ce disque, c'est 'Newly Sentient Being', le tout dernier album live des Swans de Michael Gira. Cinq morceaux avec trois inédits (dont The End of Forgetting, en écoute aujourd'hui) et deux versions revisitées de The Merge ('Birthing' en 2025) et Paradise Is Mine ('The Beggar' en 2023), pour deux heures quarante de musique. Un live gargantuesque, impressionnant de puissance comme de justesse, et qui s'ouvre par The End of Forgetting (en écoute aujourd'hui), chanson à plusieurs phases, qui rappelle à bien des égards Godspeed You ! Black Emperor - à son meilleur - et qui est absolument phénoménale, renversante, prodigieuse, pharamineuse (je vous laisse le choix de l'adjectif). 

Mais au-delà d'être un énième album live (le onzième) de Swans, 'Newly Sentient Being' est surtout l'épitaphe (ou le chant du cygne si vous aimez les bons mots) du groupe dans sa version actuelle, celle ouverte en 2010 avec la reformation et la publication de 'My Father Will Guide Me Up a Rope to the Sky'. Mieux, ce que l'on entend sur 'Newly Sentient Being' est l'enregistrement de l'ultime concert donné par le groupe, le 28 novembre 2025 à Berlin. Où, comme le dit sacrément bien Gira lui même, « l'apothéose de 15 ans d'expressionnisme sonore cosmique, tour à tour céleste et dépravé, viscéral et transcendant ». 

Quant à la suite, le taulier prévoit de se lancer dans des aventures plus sobres et plus intimistes. Si elles sont aussi passionnantes que celles des quinze dernières années, j'en suis. Swans est mort, vive Swans !

Album : Newly Sentient Being
Année : 2026
Label : Young Gods Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, The End of Forgetting (Live) de Swans est également en écoute ci-dessous :
 

vendredi 16 octobre 2026

[Track of The Day] Persica 3 - That Life

La musique est pleine de trilogies - souvent mythiques - qui ont rythmé son histoire : l'électrique de Bob Dylan, la berlinoise de David Bowie, celle de The Cure (étalée quasiment vingt ans), la "no-synth" de The Magnetic Fields (dont il a souvent été question dans ces pages à l'époque, voir ici et là) et j'en oublie évidemment.

L'écho de celle que vient de construire Persica 3 ne rivalise sans doute pas (et n'aura jamais l'impact) que celles précitées, pourtant elle mérite d'être écoutée, choyée, aimée. Vous me direz, rien ne prouve que 'Cardinal' est le point final d'une trilogie commencée en 2022 avec 'Tangerine' et magnifiée avec 'Beauty in the Noise' en 2025. Mais à son écoute, il en ressort comme une évidence : toujours publié chez Hidden Bay Records, toujours avec une pochette au style iconographique très identifiable (comme les deux précédents, l'album est disponible uniquement aux formats cassette et numérique), toujours avec un mélange de pop et de psychédélisme très sixties, où si l'ombre de Brian Wilson n'est jamais très loin, celle de Panda Bear s'impose encore un peu plus.

Mais cette fois, pour 'Cardinal', Persica 3 a changé son mode de composition : il est allé fouiller dans les années 60 et 70 pour trouver et chiper des samples sur lesquels construire ses chansons. En résulte un disque solaire, ouaté à souhait, aux textures nombreuses, fourmillant de détails discrets qui ne cessent de se dévoiler au fil des écoutes. Pop psyché aux harmonies vocales aussi généreuses que lumineuses, 'Cardinal' se termine par deux petits bijoux : la chanson titre, où le piaillement d'un cardinal rouge fait office de métronome, et That Life (en écoute aujourd'hui), à la mélodie ample et superbe, que Persica construit autour de trois morceaux américains de la fin des années 60 : Yours Is The Life de Paul Martin, Our Love de The Grasshoppers et I'm a Little Boy de Jerry Solomon. Intemporelle pour le moins.

NB : Tous les samples utilisés sur 'Cardinal' sont à retrouver sur le bandcamp de Persica 3

Album : Cardinal
Année : 2026
Label : Hidden Bay Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, That Life de Persica 3 est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de ce nouvel album de Persica 3, la chanson titre, Cardinal :

mardi 13 octobre 2026

[Track of The Day] Jake Xerxes Fussell - Early Early in the Spring

Souvent croisé, rarement écouté, Jake Xerxes Fussell vient de se révéler à moi via son tout dernier album 'The Old Beloved Path', récemment publié chez Fat Possum. Et ce pour deux raisons : déjà parce qu'il ramène un peu de folk dans mon quotidien. Surtout, il me permet de découvrir un artiste au songwriting singulier. Car Jake Xerxes Fussell, au contraire de l'immense majorité de ses contemporains (ou non d'ailleurs), ne compose pas les morceaux qu'il chante. Ou disons, pas vraiment. Il va piocher dans l'immense répertoire de la musique folklorique des chansons qui ont traversé, si ce n'est les âges, au moins quelques générations, prend tout ou partie des paroles, puis les habille de mélodies bien à lui, toujours folk, toujours soignées.

Avec du fingerpicking par ci, quelques réminiscences de Johnny Cash par là, et de jolis arrangements (le groupe qui l'accompagne est particulièrement doué), 'The Old Beloved Path' se révèle épatant, souvent sublime, et même touchant. Parce qu'il prouve que ces chansons, souvent sans auteur connu, étaient de sacrées compositions. Et que redonner corps et vie à des morceaux écrits il y a parfois plus de trois cent ans (Early Early in the Spring, en écoute aujourd'hui, folksong anglaise dont on remonte la création autour de 1690 et que Jake Xerxes Fussell reprend dans une version écourtée, à la mélancolie superbe) n'est pas la moindre des choses quand on y pense. Et n'est pas donné à tout le monde.

Album : The Old Beloved Path
Année : 2026
Label : Fat Possum Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Early Early in the Spring de Jake Xerxes Fussell est également en écoute ci-dessous :

Autre extrait de 'The Old Beloved Path' de Jake Xerxes Fussell, voilà Rosin Some :

lundi 5 octobre 2026

[Track of The Day] James Yorkston - Hard Times Of Old Edinburgh

Quoiqu'en dise sa si belle voix que le temps n'a pas altéré, James Yorkston fête cette année ses vingt-cinq ans de carrière chez Domino Records, label de toujours, qui avait publié en 2002 'Moving Up Country' et qui était encore là l'an passé pour le joli 'Songs for Nina and Johanna'. Domino qui a publié toutes les itérations de James Yorkston : sous son nom seul, avec ses Athletes ('Just Beyond the River' forever), avec le contrebassiste anglais de jazz Jon Thorne et l’indien Suhail Yusuf Khan (Yorkston/Thorne/Khan) et plus récemment sa renaissance avec The Second Hand Orchestra (sublime 'The Wide, Wide River') et sa prolongation avec Nina Persson et Johanna Söderberg.

Cette compilation, joliment nommée 'La Magnifica' est prévue pour le 27 novembre prochain. Double, elle comptera dix-neuf morceaux, qui traversent toute la discographie de notre homme, et se conclura par deux inédits, The Time Was Short, But I Was Happy et Hard Times Of Old Edinburgh (en écoute aujourd'hui), chanson lumineuse, comme souvent avec James Yorkston, enregistrée une nuit lors des sessions pour 'Songs for Nina and Johanna' et qui évoque son adolescence et son arrivée à Édimbourg, il y a désormais bien longtemps... 

Album : La Magnifica
Année : 2026
Label : Domino Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, l'inédit Hard Times Of Old Edinburgh de James Yorkston est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Hard Times Of Old Edinburgh, un des deux inédits présents sur la compilation 'La Magnifica' célébrant les 25 ans chez Domino Records de James Yorkston :

mardi 29 septembre 2026

[Track of The Day] untitled (halo) - easy rider

Histoire de clarifier la moindre méprise, indiquons tout de suite que untitled (halo) est un groupe qui existe, qu'il est même un trio devenu quatuor sur les derniers mois, et qu'il s'apprête à publier son premier album éponyme chez Dirty Hit Records le 6 novembre prochain. Précision à mon sens utile, car à l'heure où l'on devient suspicieux sur chaque nouveau groupe, sur chaque nouvelle chanson ou sur chaque nouvel auteur, le clip de leur dernier single en date, easy rider, pourrait nous en faire douter. Propre sur lui, très beau, léché, sans doute trop pour être honnête, où chacun des quatre membres (plus un cinquième larron inconnu au bataillon) ne semble pas spécialement à l'aise, comme figé, il y a quelque-chose de factice qui s'en dégage. 

Et ce d'autant plus qu'il y a un grand décalage avec la chanson qu'il habille. Car avec son intro qui rappelle 1979 des Smashing Pumpinks, son shoegaze d'un fort bon aloi, noisy comme il faut, ses guitares qui fuzzent, son côté malin (ces voix masculines, comme métal, qui répondent à celle, plus éthérée, de Ariana Mamnoon), easy rider a un côté plus sale et nerveux que son clip très lisse, qu'on dirait créé par IA, ne le laisse suggérer. Et quand bien même sa production massive et presque trop parfaite, cette chanson est une sacrée réussite de la part d'untitled (halo), groupe au nom certes bizarre mais qui existe bien, et n'est pas une création venue d'un quelconque prompt écrit par un nerd en mal d'occupation.

Album : untitled (halo)
Année : 2026
Label : Dirty Hit

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, easy rider de untitled (halo) est également en écoute ci-dessous :

Le clip de easy rider, un des singles du premier album de untitled (halo) :

lundi 28 septembre 2026

[Track of The Day] Francis of Delirium - Higher

Quasiment vingt ans pour ce blog et pourtant, il n'avait jamais été question jusque là d'un groupe basé au Luxembourg. Pas étonnant me direz-vous vu la taille du pays (2500 km2, 700 000 habitants) mais tout de même. Le groupe en question se nomme Francis of Delirium et est le projet d'une certaine Jana Bahrich, jeune femme née au début du siècle en Belgique et qui a pas mal vadrouillé avant de s'installer avec sa famille au Grand Duché. Pourtant, si sa culture est européenne, sa musique l'est moins à l'écoute de son deuxième album 'Run, Run Pure Beauty'.
 
D'inspiration nineties, ce disque a des effluves de grunge (dont on la dit friande) et surtout d'indie-rock à la sauce américaine (ne vous étonnez pas si ses chansons vous rappellent parfois Lucy Dacus et ses copines de boygenius), le tout chanté d'une jolie voix, qui navigue sur toute la gamme et n'hésite pas à monter dans les hauteurs de belle façon. Et le résultat est tout à fait épatant, car très bien construit, ambitieux même par moments, pas avare de grandes chansons (Higher, en écoute aujourd'hui, pour ne citer qu'elle, sans doute la plus marquante et immédiate de 'Run, Run Pure Beauty') et bien plus consistant que beaucoup de disques d'outre-Atlantique récents qui singent plus qu'ils ne réinventent les années 90. Un album très réussi donc et dont la découverte me permet de compléter ma carte de pays évoqués par ce blog. Ça ne sert à rien mais ça fait toujours plaisir.

Album : Run, Run Pure Beauty
Année : 2026
Label : Dalliance Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Higher de Francis of Delirium est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson tout à fait remarquable de 'Run, Run Pure Beauty' de Francis of Delirium, voilà It's a Beautiful Life, qui clôt l'album : 

Le clip de Higher, un des singles extraits de l'album 'Run, Run Pure Beauty' de Francis of Delirium :

mardi 22 septembre 2026

[Track of The Day] Emma Ruth Rundle - Catherine Wheel

Je l'ai déjà dit dans ces pages : je vois des sosies partout. Oh, rassurez-vous, rien à voir avec un quelconque syndrome de Capgras (et heureusement d'ailleurs). Non, juste une sorte d'habitude, d'aucuns diront déviance, à trouver beaucoup de ressemblance dans à peu près tout le monde. Des sosies surtout « à peu près » vous diront mes amis - et ils n'auront sans doute pas tort.

Et si cela se concentre essentiellement au niveau du physique, cela m'arrive régulièrement au niveau musical : une mélodie me fait penser à telle autre (du genre j'entends un peu de Nuit Magique de Catherine Lara sur les quelques premières notes de Untitled 1, le morceau qui ouvre '( )' de Sigur Ros, oui oui), une ligne de basse rappelle un titre vieux de quarante (je l'avoue, c'est souvent New Order), quelques riffs qui me renvoient à de vieux disques. Plus rarement par contre, une voix me fait énormément penser à une autre. Et cela vient tout juste de m'arriver à l'écoute d'un album sorti vendredi dernier, et c'est assez saisissant pour dire le moins.

Le disque en question est 'These Killing Times', le dernier en date de Emma Ruth Rundle, qui commence à faire parler de lui. A raison parce que, si ce n'est le meilleur de l'américaine à ce jour (j'ai toujours beaucoup d'affection pour son 'Marked for Death' de 2016), c'est sans doute le plus « beau », le mieux encapsulé surtout et le mieux produit. Un disque réussi donc mais dont le chant d'Emma Ruth Rundle me fait énormément penser ici à... Alanis Morissette. Oui, l'autrice de 'Jagged Little Pill' (accessoirement un des disques de ma vie et qui a profondément marqué mon adolescence) dont j'entends les inflexions vocales un peu de partout (et pas que dans le « Sing Hallelujah » qu'elle chante au début du second couplet de Catherine Wheel, la chanson du jour) mais aussi dans l'ambiance générale qui, bien que plus sombre et slowcore évidemment, à ce je ne sais quoi de la canadienne aux 75 millions de disques vendus. Et si cela en fera rire beaucoup, si cela n'est sans doute à nouveau qu'un sosie « à peu près », vocal celui-là, il n'empêche que depuis vendredi, plus les écoutes défilent (car répétons le, 'These Killing Times' est un très bel album), plus l'impression demeure, et commence sérieusement à s'enraciner.

Album : These Killing Times
Année : 2026
Label : Errant Child Recordings

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Autre chanson remarquable de nouvel album d'Emma Ruth Rundle, voilà Powerless, qui ouvre 'These Killing Times' :

lundi 21 septembre 2026

[Track of The Day] Ganser - Futuretripping

Si votre rentrée manque de lignes de basse de qualité, alors précipitez vous sur le nouveau single des chicagoans de Ganser, vous allez être servis. Il s'appelle Futuretripping, n'est - pour l'instant en tout cas - rattaché à aucun futur nouvel album (il faut dire que leur précédent, 'Animal Hospital', ne date que de l'année dernière), et, tout au plus est une façon de célébrer leur départ en tournée avec les Bikini Kill. Mais tout ça n'a pas bien d'importance tant l'essentiel est ailleurs.

Car Futuretripping est une sacrée chanson de la part du groupe d'Alicia Gaines et Brian Cundiff, portée - donc - par une basse fantastique qui vous martèle la tête, par des guitares moins noisy que par le passé chez eux, des claviers euphorisants et des paroles bien dans leur époque (« You can borrow tomorrow / I know a guy / He's got a connection / but he’s hard to find »). Un super single de la part de Ganser, saisissant, endiablé, percutant et dansant à souhait.

Album : -
Année : 2026
Label : Felte Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Futuretripping de Ganser est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Futuretripping, nouveau single de Ganser :

vendredi 18 septembre 2026

[Track of The Day] Personal Trainer - Bone

Direction les Pays-Bas et Amsterdam aujourd'hui avec Personal Trainer et son nouvel album, 'Human Assholes' (la pochette est à l'avenant) - le troisième pour être précis, prouvant par la même que s'il est une découverte, Willem Smit, l'homme derrière ce projet, n'est en rien un nouveau venu. Un disque qui alterne indie-pop (surtout) et indie-rock, qu'ils soient des années 90 comme des années 2000/2010 et rappelle autant Eels, Grandaddy, moins Pavement que Stephen Malkmus, ainsi que toute une tripotée de groupes qui aiment la pop soignée et joliment ouvragée. 

Assez banal de prime abord, 'Human Assholes' se révèle finalement - et assez vite - tout à fait charmant, peu exempt qu'il est de belles mélodies bien travaillées, souvent traversées par une jolie mélancolie (superbe Barely Guillaume). Et si l'on regrettera qu'il se traîne un peu en longueur, on saluera avant tout la qualité de cet album de Personal Trainer et de bon nombre de compositions, à commencer par Bone (en écoute aujourd'hui), très belle chanson qui, dans sa deuxième partie, n'est pas sans rappeler une esthétique propre à dEUS.

Album : Human Assholes
Année : 2026
Label : Bella Union

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Bone de Personal Trainer est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson notable de 'Human Assholes' de Personal Trainer, voilà Barely Guillaume :

Pour finir, le clip de Moping, un des singles extraits de 'Human Assholes' de Personal Trainer, chanson qui a beaucoup de Eels en elle :

mercredi 16 septembre 2026

[Track of The Day] Nia Archives - This Could Be...

On avait quitté 'Silence Is Loud' avec une Nia Archives photographiée en gros plan, pleine face, avec comme un début de grimace sur le visage, la bouche ouverte sur une dent en or, une autre aux motifs de l'Union Jack et un piercing au nez au premier plan. Et on la retrouve dix-huit mois plus tard sur la pochette de son deuxième album 'Emotional Junglist', couchée à l'intérieur d'un canapé, comme tentant de se protéger dont ne sait quoi avec les coussins du sofa, les yeux dans le vague, les cheveux noirs de jais et lissés, avec pour seuls bijoux des bagues moins clinquantes que fantaisies.

Que s'est-il passé entre ces deux pochettes ? L'amour, évidemment, le thème le plus central de l'histoire de la musique (et de la vie en général d’ailleurs). Sur 'Emotional Junglist', Nia Archives y raconte un coup de coeur, l'euphorie des débuts, la construction d'une histoire, puis, forcément, la rupture, les tourments et la tristesse qui vont avec, avant de parvenir à faire le deuil de cette relation, de vouloir de rebondir et de s'extraire de cette situation.

Est-ce tout ceci qui explique que la jeune anglaise, si elle se nourrit toujours autant de jungle, s'ouvre plus à d'autres styles et leur donne une place de choix ? Sans doute. Car ce deuxième album a beaucoup de pop et d'indie-rock en son sein et sans doute moins de beats furieux que par le passé. A nouveau produit en grande partie par Ethan P. Flynn, 'Emotional Junglist' est un disque qui, s'il ne manque pas de morceaux nerveux, enflammés et dansant (surtout dans une première partie, remarquable par ailleurs), est plus apaisé que par le passé sans pour autant tomber dans un sentimentalisme ou une mélancolie facile qu'auraient pu lui dicter son thème général. Et si l'on regrettera que l'album se perde un peu en longueur, voire se répète parfois, il a assez de bonnes chansons pour ne pas faire la fine bouche. Comme This Could Be... (en écoute aujourd'hui), morceau pop que Nia Archives chante merveilleusement bien et dont les nappes du refrains me font invariablement penser aux Cure.

Album : Emotional Junglist
Année : 2026
Label : Island Records

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Autre chanson extraite de 'Emotional Junglist' de Nia Archives, voilà Around Tha Bend :

lundi 14 septembre 2026

[Track of The Day] TVOD - Bottomless Pit

A chaque début de septembre son concert de rentrée. Pour 2026, le titre revient aux new-yorkais de TVOD (pour Television Overdose) venus présenter sur la scène du Sonic leur deuxième album 'The Farm', prévu pour début octobre. Un sextet tout foufou, souriant, enthousiaste et à l'énergie communicative, au punk et post-punk efficaces, joués dans une cale surchauffée autant par l'ambiance que par l'ultime soirée de la sixième canicule lyonnaise de l'été (ce qui fera dire au leader du groupe Tyler Wright « you don't know AC in France ? » alors que le groupe transpirait sur scène et que la climatisation suait à grosses gouttes au milieu de la salle).

Au programme de ce set court (quarante minutes, rappel compris) de TVOD, beaucoup de générosité, de super moments (Party Time de leur premier album) et, évidemment, quelques singles de ce 'The Farm' à venir dont Bottomless Pit (en écoute aujourd'hui), punk brut et bruyant, et Meetings, plus post-punk dans l'âme. Deux chansons qui ne réinventent ni le rock, ni le punk, ni le post-punk, mais qui le font bien, de la part d'un groupe à suivre et qui était sans doute le parfait candidat pour lancer comme il se doit cette saison musicale 2026-2027 entre Rhône et Saône.

Album :
The Farm
Année : 2026
Label : Mothland / Get Better Records

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Autre single extrait de 'The Farm' de TVOD, voilà Meetings :

Le clip de Bottomless Pit, un des singles extraits de 'The Farm' de TVOD :

vendredi 11 septembre 2026

[Track of The Day] pyncher - One Day

Sans aucun lien avec des londoniens de Pynch, pyncher est également un quatuor, lui aussi anglais mais originaire de Manchester. Un groupe à la discographie famélique jusque là (un seul album au compteur, publié l'an passé) mais dont la dernière sortie en date, 'I Really Mean It This Time Ep', mérite qu'on leur accorde un intérêt plus que certain. La faute notamment à One Day (en écoute aujourd'hui), chanson d'ouverture de l'EP et qui fait montre d'un vrai talent chez pyncher pour composer des titres accrocheurs, endiablés et auxquels il est difficile de résister. Car One Day, sa nervosité, ses riffs tendus, son énergie et sa mélodie efficace en bandoulière, est de cet acabit. Pour tout dire, je suis à deux doigts de qualifier cette chanson de tube. Allez, oublions les deux doigts : One Day EST un tube.

Album : I Really Mean It This Time Ep
Année : 2026
Label : Heist or Hit

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, One Day de pyncher est également en écoute ci-dessous :

Le clip de One Day, la chanson d'ouverture de 'I Really Mean It This Time Ep' de pyncher :

jeudi 10 septembre 2026

[Track of The Day] Ned Collette - Nothing Rare

De Ned Collette, je me souviens de la première écoute de 'Old Chestnut', son album de 2018. Un long voyage folk, bouleversant, renversant et hypnotisant. Un choc beau et puissant et la révélation de cette année là (deuxième de mon bilan 2018, ce qui est tout à fait anecdotique j'en conviens mais qui à mes oreilles veut dire quelque chose).

Huit ans et un album en 2024 (le bien joli 'Our Other History') plus tard, l'australien est de retour avec 'Mixed Light', un disque qui porte bien son nom tant il brille de différents feux. Et qui saute d'état en état avec une facilité confondante, aidé parfois par quelques interludes de passages. D'un socle contemporary et progressive folk (Bonnie Prince Billy est même de la partie le temps du court In the Kitchen) proposant quelques petites merveilles du genre (Sleep Song à la basse à tomber, Curious Thing), qui s'égare même le temps d'un magnifique Mammon dans l'acid-folk, Ned Collette ajoute à son œuvre quelques essences de jazz subtiles et parfois étourdissantes (le superbe Paper Night et sa seconde partie délicieusement psyché) un peu d'indie-pop aux contours eighties (sublime Commandeered Parade) voire ivres (The Light Is Growing Old), et termine son aventure par un beau et contemplatif Miami Shadows.
 
Mais l'acmé de ce très bel album est à trouver sur Nothing Rare (en écoute aujourd'hui), longue chanson de plus de cinq minutes de pop comme de guingois qui se pare peu à peu de shoegaze nerveux et bruyant. De la belle ouvrage pour le berlinois d'adoption. Une nouvelle fois. Une énième fois.

NB : Notons que 'Mixed Light' de Ned Collette est disponible en France chez Microcultures en cliquant ici 

Album : Mixed Light
Année : 2026
Label : It Records / Feeding Tube Records / Open Square

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Nothing Rare de Ned Collette est également en écoute ci-dessous :

Autre remarquable chanson tirée de 'Mixed Light' de Ned Collette, voilà Paper Night :

lundi 7 septembre 2026

[Track of The Day] The Jayhawks - Keeping Our Heads Above Water

Si mes souvenirs d'adolescents me remontent une critique dithyrambique de leur 'Hollywood Town Hall' dans Rock&Folk - disque que je n'avais pourtant pas acheté (10 francs d'argent de poche hebdomadaire obligeaient à faire des choix), ma vraie rencontre avec The Jayhawks date de leur 'Rainy Day Music', disque majeur de mon année 2003, et pas uniquement pour Save It For A Rainy Day. A l'époque, le groupe de Minneapolis avait déjà vingt ans de carrière dans les pattes. En 2026, il en a vingt-trois de plus - et des changements de line-up nombreux dont je vous fais grâce.

Pourtant, à l'écoute de 'Sanctuary Park' leur tout nouveau et tout frais nouvel album, cela ne s'entend pas. Loin d'être mémorable, ce disque reste tout à fait charmant. Les harmonies vocales sont belles, les mélodies joliment troussées, et Bob Erzin, derrière la console, met tout cela en boite sans flonflon, avec doigté. Du pur easy-listening pop, qui tend certes parfois vers un rock à la grand-papa (mais plutôt bien fait), entre éclats lumineux de pop (superbe Keeping Our Heads Above Water en ouverture et en écoute aujourd'hui), americana chiadée (pas avares de bons riffs longs en bouche) et country-folk de bon aloi. Rien de bouleversant mais ce 'Sanctuary Park' est un disque élégant de The Jayhawks et qui sied bien aux matinées compliquées pleines et de cerveaux embrumés.

Album : Sanctuary Park
Année : 2026
Label : Sham / Thirty Tigers

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Keeping Our Heads Above Water de The Jayhawks est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson notable de ce nouvel album de The Jayhawks, voilà la chanson titre Sanctuary Park :