Quel gâchis. Quel immense gâchis...
Hier soir, L'Épicerie Moderne. La meilleure salle de Lyon accueille un groupe mythique, Shellac. Shellac, c'est le trio formé par Todd Trainer, Bob Weston et Steve Albini (le producteur le plus important des 20 dernières, faut il le rappeler). Dont le principal but est de se faire plaisir et de s'évader de leurs vies professionnelles respectives. Une sorte de soupape de décompression en gros - qui explique le peu d'albums sortis à ce jour (cinq en 16 ans, dont au moins deux essentiels).
Signé chez Morr Music, le premier album de Seabear 'The Ghost That Carried Us Away' était une jolie découverte en 2007. Une sorte d'Iron & Wine, la barbe en moins, les geysers islandais en plus.
Au départ était Jason Webley, musicien américain qui jouait de l'accordéon dans les rues de Seattle à la recherche d'un penny ou deux pour s'acheter le début d'un panini. A la fin, il reste une belle découverte: celle d'un artiste qui a le sens de la mélodie et qui navigue entre folk, punk et airs à la Kusturica. Beau. Bien. Bon. Franche et grande réussite. Si ce disque était sorti en 2008 (il a seulement été réédité cette année par Eleven Records), il aurait terminé dans mon top 20 de l'année.
Les deux anciens acolytes des Libertines se retrouvent en studio pour enregistrer une reprise assez (très?) convenue (mais pas risible) de A Day In The Life, un des titres majeurs des Beatles, à l'occasion des quarante ans de 'Sgt. Pepper's Lonely Heart Club Band' l'an passé. La BBC paye les petits fours. Les autres rendent hommage au Fab Four. Classe. Surtout avec ce titre qui se termine par un hello des quatre fantastiques.
En 2005, pour le charity album 'Help: A Day In The Life', Radiohead enregistre ce I Want None of This, tout au piano, avec quelques choeurs derrière, histoire de. Un titre somptueux, comme ils savent en écrire. Mais pourquoi dieu s'entêtent-ils à sortir des albums chiants comme la pluie depuis bientôt cinq ans?
En Ecosse, il fait froid. Il pleut. Mais il y a la pop qui respire à chaque coin de rue. Les Camera Obscura ne sont peut-être pas les plus célèbres du lot. Ils laissent ça aux grands frères Belle & Sebastian. Mais s'engouffrent dans la même brèche, de l'indie pop classieuse comme tout, avec corde et tout le toutim. Stuart Murdoch, de Belle & Seb, produit le disque. Et ça se sent. 'Biggest Bluest Hi-fi' est toujours aujourd'hui le chef d'œuvre du groupe. Et il s'ouvre par ce splendide Happy New Year.
En parallèle avec la chronique du 'Madvillainy 2: The Madlib Remix' de jeudi, réécoutons avec ce plaisir non feint, un morceau 'Vaudeville Villain', l'album de 2003 de Viktor Vaughn (aka MF Doom) et notamment ce tuant A Dead Mouse. Bon, évidemment, perdu au milieu de toute cette pop... mais bon, rien que pour la prod...
L'autre jour, je faisais les bacs à soldes. Et je tombe sur ce disque, d'occasion. La pochette était belle et je croyais me souvenir en avoir lu du bien sur quelques forums internet. Bien m'en a pris, car ce disque est très beau. Entre The Veils et Coldplay. La preuve avec le titre éponyme, Thirst For Romance. Un jeudi pop pop quoi.
Il y a quelques jours, sur un forum musical, on pouvait lire les diverses réactions des fans au contact du nouveau The Dears, 'Missiles'. Et tout le monde de briser sans grande raison le précédent, 'Gang of Losers'. Un disque qu'il faut réhabiliter. Donc à défaut d'un titre du nouvel album, voilà un des grands morceaux de ce 3è album, Bandwagoneers, injustement critiqué et franchement toujours aussi bon.
Reprenons un peu de Florent Marchet, le mec qui avait sorti cet album merveilleux qu'est 'Rio Baril' l'an passé. Avec un extrait de son premier disque, 'Gargilesse', ou l'ami Miossec vient poser sa voix. Toujours aussi attachant, beau, parlant.
Quelques semaines avant sa mort, George Harrison avait écrit et enregistré ce Horse to The Water, pour son ami Jools Holland, musicien émérite et présentateur d'un show live à la télé anglaise comme on n'a jamais su en faire chez nous. Un titre (le dernier de sa carrière) d'une vigueur et d'une classe folle, alors même que le crabe finissait d'aiguiser ses pinces autour du corps du grand George.
Pire que Jimi Hendrix, le travail de Jeff Buckley a été violé, mis en lambeaux par une mère avide d'argent et de gloire. Et si les premières sorties posthume de Buckley fils ont de la gueule (ce 'Mystery White Boy Tour', le 'Live @ Sin-é'), le reste franchement rire. Ou pleurer. Reste des versions comme celle-ci, un Hallejlujah couplé à quelques strophes de I Know It's Over des Smiths, enregistré en 1995 à Seatlle.
Aujourd'hui, j'ai deux très bons amis qui se passent la bague au doigt. En leur honneur, la plus belle chanson d'amour française qui soit, écrite par Georges Brassens, reprise avec un brio fou par Miossec: La Non-Demande en Mariage. Mes meilleurs vœux!
Les Clinic enchaînent les disques depuis quelques années. Et force est de constater que ce sont souvent le même genre de disque. Mais vu qu'ils le font bien, on ne va pas bouder notre plaisir à l'écoute ce 'Do It!'. Qui plus est à l'écouter de ce The Witch, aux faux-airs de Sympathy For The Devil des Rolling Stones.
Enfin! Après un très bon 'Garden Ruin', qui s'échappait de la routine dans laquelle le groupe s'était (un peu) enfermé, Calexico revient avec un nouvel album, 'Carried to Dust', le 9 septembre prochain. Histoire de patienter, Touch & Go propose en téléchargement gratuit un premier titre, Two Silver Trees (clique droit et enregistre sous l'ami(e)). Un titre tronqué certes (il manque une dizaine de secondes. Pas fou le label!), mais annonciateur d'un grand cru une nouvelle fois. Miam miam miam!
Premier album solo pour cette Américaine. Et première réussite. Car son 'Santogold' est un disque bourré de tubes jusqu'à la lie, entre pop, rock, hip-hop et ragga (oui oui, rien que ça). Ça sonne comme du M.I.A, ça a l'air d'être du M.I.A, c'est plus accessible que du M.I.A. Putassier et efficace, cet album est une sucrerie dont on va se délecter longtemps. Et sans crier "Pull Up" pour autant.
Ouch! Ce quatrième album des ricains de Against Me! est un "in your face Twist" magistral. Sorti en 2007, réédité cette année par Fargo, ce disque est un concentré qui se veut punk mais qui est résolument rock. Produit par Butch Vig (le mec derrière 'Nevermind' et membre de Garbage) avec ce son si particulier qui est le sien, 'New Wave' est un concentré d'énergie et d'hymnes essentiels. Ce Borne on the FM Waves of the Heart (avec Tegan Quin de Tegan and Sara) est peut-être le titre le plus pop de cet album jouissif comme jamais.
Tom McRae était triste. Déprimé. Au fond du trou. Pour sauver sa peau, il avait composé 'Tom McRae', un premier disque somptueux de noirceur. Plus tard, Tom McRae est devenu un peu plus - puis totalement - heureux. Et il m'a ennuyé. Profondément. Une des grosses déceptions de ces dernières années. Entre albums sans intérêt et chansons ineptes, il avait perdu "le truc". Reste quelques titres à sauver, comme ce Bright Lights sur son 'King of Cards' de l'an passé, entêtant par son piano, même si super formaté et limite vulgos.
En 2004, j'avais fait du 'The Blue Notebooks' de Max Richter mon album de l'année. Pour la simple raison qu'il m'avait fait pleurer lors des premières écoutes. Et qu'il m'avait totalement bouleversé. Je me souviens très bien de la première écoute, couché et me relever d'un coup, les yeux tous mouillés, me demandant ce que c'était que ce disque de musique de chambre. J'avais commencé à craquer sur ce titre là, On the Nature of Daylight. A votre tour...
En 1979, à la fin de 'Life of Brian' (clairement le film le plus drôle de l'histoire du cinéma), les Monthy Python sortent une bluette hilarante et se mettent tous à siffler, perché sur des croix (une scène à revoir en cliquant là). Trente ans plus tard, ce titre est toujours à se tordre. Et est plus que jamais une philosophie de vie.
Responsable d'un seul et unique album (le duo splittera la veille de la sortie de ce dernier, 'Summer Storm'), Pellumair a été un groupe complètement évincé de la moindre visibilité promotionnelle en 2005. Et pourtant, il y aurait beaucoup à dire sur cet album en tous points beau et bon dans lequel j'aime me replonger régulièrement. Postcards restera peut-être leur plus beaux morceaux: deux voix à la douceur incroyable, posées sur un riff discret et répétitif. Ces deux là auraient mérité d'aller plus haut. Dommage. Et snif.
Nouvel album de la bande à Gibbard et première vraie déception de leur discographie. Poussif, sans génie, ce 'Narrow Stairs' n'est pas une franche réussite. Et pourtant, tout démarre bien avec ce titre d'ouverture, Bixby Canyon Bridge, dans l'esprit de leur précédent 'Plans'. Après, l'ennui s'approprie l'écoute. Dommage.
Deuxième album d'Electric President (groupe derrière lequel on retrouve Ben Cooper aka Radical Face), grande réussite une fois de plus. Ce It's Like a Heartbeat, Only It Isn't en est la meilleure preuve. Pop-rock, mais dans le bon sens du terme.
Le grand Sufjan Stevens l'an dernier avait, à l'occasion d'un album Tribute à Joni Mitchell, sorti sa version de Free Man in Paris. Une reprise réussie, très Sufjanienne (depuis 'Come on Feel The Illinoise', le gus a vraiment un son à lui) et qui rend bien hommage à cette grande dame qu'est Joni Mitchell.
Alors que je viens d'apprendre que le grand Micah P. Hinson revient en septembre prochain avec un nouvel album ('Micah P. Hinson & the Red Empire Orchestra'), retour sur une de ses merveilles (ce mec là en a trop), A Dream of Her. Tremblez poils de mes bras, tremblez!
Retour des vétérans du post-punk, cinq ans après leur dernier album en date. On reviendra sur le disque plus précisément quand les écoutes se seront accumulées dans mes oreilles. Sachez toutefois que ce 'Object 47' se termine par ce All Fours dément. Fan le -Twist-, fan!
Ce n'est pas un nouveau venu sur la scène électro française mais parions qu'il va exploser cette année. Ses sets sont déments (il faut être clair, net et précis), son premier album sort chez Different et son premier single Slave of My Mind est juste magique. Neuf minutes pour devenir esclave de Kiko. Oh yeah!
Comme quoi, il faut un peu de temps pour peaufiner un titre. Prenons MGMT, révélation (et album?) de l'année qui avant de fignoler son Time to Pretend - qui aurait été en d'autres temps un hymne générationnel - avait sorti une première version beaucoup plus discrète et electro, dénudée de ses atours percutants de 2008. Il en reste quand même une version à découvrir et loin d'être désagréable.
Quand, en 2001, Jagjaguwar avait réédité le premier album de 1995 du groupe, un forumeur de La Caverne (ah, quelle communauté c'était!) me l'avait (à moi et à d'autres) fortement conseillé. Et en effet, Nagisa Ni Te, un groupe japonais chantant en japonais et faisant de la pop-folk, a de la gueule. J'avais même eu un vrai coup de foudre pour ce titre là, Me, On The Beach, à la mélodie particulièrement entêtante.
A tout ceux qui cherchent un palliatif à Postal Service et leur electro-cheap, ce groupe est fait pour vous. Le disque est une très grande réussite. Et ce Bright Red Helmet encore plus. On y revient dans quelques jours.
Reformation d'un des bons groupes de la fin des années 80 et des nineties. Pop comme jamais, le retour sur le devant de la scène de James est une excellente nouvelle. Encore plus à l'écoute de ce 'Hey Ma', excellent nouvel album, qui s'ouvre par ce bonheur de plus de cinq minutes qu'est Bubbles. J'y reviendrais plus en détail si on m'en laisse le temps.
Ce groupe aurait sorti un premier album a priori juste génial et un second tout pourri. Votre serviteur arrive après la bataille et pour leur troisième album. Un disque rock et nerveux, jouissif comme ce The Beginning of The Twist. Bandant.
Ils auraient monté leur groupe dans les années 80 que ca serait pareil. De la prod aux voix, ce disque des souris dansantes Ecossaise est loin, très loin d'être passionnant. Mais parmi les quelques bons moments qu'on peut déceler, il y a ce It's Abnormal, totalement dans l'esprit.
Les auteurs de Mr Jones (une de mes madeleines, comme indiqué ici) sortent leur cinquième album (seulement!) en quinze ans. Un disque pas renversant mais pas franchement désagréable. 1492 est la première chanson de ce 'Saturday Nights & Sunday Mornings' qui en compte quatorze. Le titre le plus nerveux de l'album qui envoie le tout sur les chapeaux de roues.
Dans le genre bon gros tube qui fait mouche au premier passage, ce Paper Planes de la grande M.I.A se pose là. Alors ok, il a sûrement du squatter les ondes radios dans tous les sens, mais je n'en sais fichtre rien. Et j'avais envie depuis quelques temps de le voir squatter ces pages là. Ragga-hip-hop ultra efficace. Bang Bang. T'es mort.
Fan de Diabologum et de Non-Stop, ce (bon) disque de rock français est fait pour vous. Chant susurré, guitares affutées: des paroles au son, tout est bon. Evident. Juste. Une de mes belles découvertes de 2007.
Oh, The Weepies ne renversera jamais l'histoire de la musique. On les aura peut-être oublié dans deux ans. Pourtant, leurs folk-pop songs ont la douceur de ces matins d'été, où le soleil pointe timidement le bout de son nez et où une petite brise vous caresse le cou. C'est simple. Beau. Charmant. Je pourrais passer des heures à les écouter en rêvant d'avoir un peu d'herbe sous la nuque.
Ça ressemble à Tunng, c'est signé sur le même label que Tunng, y a des gens de Tunng dans l'affaire, mais ce n'est pas Tunng. Ça y ressemble pourtant: folk-pop mélodieux (mais pas organique), plutôt sympathique sans être extraordinaire, mais qui contient de beaux moments comme ce délicieux Time & Space.
Le Def Jam de Jay-Z offrait il y a deux ans un bien bel endroit aux Roots pour sortir leur nouvel album. Entre pochette engagée, hommage vibrant à Jay Dee et prods à tomber, leur 'Game Theory' tombait sous le sens. Comme son titre étendard, l'excellent Don't Feel Right.
Les Sons and Daughters, sur la face B de Gilt Complex, premier single extrait de leur tout dernier album 'The Gift' (où il y a à boire et à manger, comme souvent), reprennent le cultissime Killer d'Adamski et de Seal. Leur version sur-vitaminée est un petit bonheur jouissif. A écouter bien fort.
A la fin de 2009, à l'heure du bilan sur la première décennie du nouveau millénaire, on reparlera de cet album, grand disque rock par un grand groupe, fan de Georges Best. Et l'on réécoutera ce Interstate 5, bonheur continu de huit minutes, avec un énorme plaisir, le réévaluant sans cesse. On pari?
Promoe, tête de proue de Looptroop, en 2004 sortait, sans crier gare le tube de la dite année. These Walls Don't Lie donc, petit moment magique de hip-pop enregistré en Jamaïque , d'une efficacité sans borne qui rentre dans la tête pour ne plus en ressortir. Tout le monde est passé à côté. Et je me demande encore comment...
La France a donc choisi Sebastien Tellier pour la représenter à l'Eurovision. On se fout de cette compétition à deux sous certes, mais ça fait quand même plutôt plaisir de voir un gars comme lui sur le devant de la scène. Histoire donc de célébrer l'évènement (et parce que je n'ai toujours pas écouté son tout nouveau 'Sexuality'), replongeons nous dans sa Ritournelle qui l'a rendu (presque) célèbre. Toujours aussi délicieux.
Sur leur nouvel album, 'Midnight Boom', The Kills y sont surprenant et s'écartent de ce qui a fait leur succès avec leur deux premiers opus. Il n'empêche que Alison Mosshart (dit VV) et Jamie Hince (aka Hotel) y sont très convaincants. La preuve avec ce Black Balloon, tout en douceur.
Alors que le trio est toujours en studio, ce premier titre du prochain album (prévu pour cette année) vient de faire son apparition sur le net. Un Miss You nerveux et concis, tubesque à mort, qui devrait enfin faire de Feeder un des groupes à succès des prochains mois.
En 2005, The Herbaliser rendait hommage à Serge Gainsbourg avec ce titre sobrement intitulé Serge, sur lequel Katerine vient poser sa voix dans un déluge de cordes à la Melody Nelson. Grand moment.
Premier album à faire éclater le talent dingue de Danger Mouse, le 'Ghetto Pop Life' avec Jemini (ce dernier au flow, lui à la prod) s'imposera à la fin de la décennie comme un des meilleurs disques hip-hop de son temps. Fin, pas gling-gling pour un sou, encore moins vulgaire: juste énormément bon.
Les Stéphanois de la Dub Incorporation invitent Tiken Jah Fakoly sur leur premier album. En résulte ce duo reggae-mais-pas-que Life d'une efficacité sans borne, entre accents africains et chants kabyles.
La belle Keren Ann reprend le Hallelujah de Leonard Cohen (ou plutôt la version de John Cale, à peine différente de l'originale) et la pond à sa sauce. Intimiste, charmante. Comme elle.