A quelques mois de son 82è anniversaire, Bill Fay a donc décidé de passer l'arme à gauche. Lui le londonien, oublié de tous pendant près de trente ans et qui était devenu culte au tournant des années 2000 quand on réédita ses deux - alors seuls - albums publiés en 1970 et 1971 et qu'on en découvrit toute la beauté (notamment 'Time of the Last Persecution', vrai petit chef d’œuvre). Une reconnaissance tardive mais qui va lui permettre de reprendre là où il s'était arrêté, d'abord en publiant un projet avorté (mais enregistré) de troisième album à la fin des années 70 ('Tomorrow, Tomorrow & Tomorrow'), puis de sortir quatre nouveaux et beaux albums entre 2009 et 2020.
Alors plutôt que de choisir une de ses anciennes chansons (et il y en a beaucoup sur 'Time of the Last Persecution' qui auraient fait l'affaire : I Hear You Calling, Inside The Keepers Pantry ou le morceau titre pour n'en citer que trois), rendons hommage à Bill Fay avec une de ses plus récentes, la période la plus productive de sa carrière qui plus est. Et partons sur World of Life, avant-dernier morceau de son 'Who Is the Sender?' de 2015,
peut-être mon préféré de ses derniers albums. Un titre qui résonne
comme une chanson d'adieu tant elle est ample, belle, mélancolique, ouvragée, et qui semble détenir à elle seule toute l'éternité du monde. Bon voyage monsieur Fay.
A l’opposé d’un Aidan Baker qui sort plus de disques en une année que n’importe qui, prenons Ola Fløttum, seul désormais aux manettes de The White Birch, dont le retour en 2015 nous avait permis d’avoir droit à un sublime 'The Weight of Spring', sans doute le plus beau disque de cette année là.
Deux ans ont passé, aucun nouvel album n'est annoncé du côté de The White Birch. Pour autant, Ola Fløttum continue de faire vivre 'The Weight of Spring' ; comme s’il ne pouvait pas le lâcher. Ou comme s’il voulait à tout prix que le plus grand nombre l’écoute. Le saint homme.
The White Birch a donc fait paraitre à l’automne dernier un nouveau clip, très simple et très beau, de la chanson The Weight of Spring, douceur langoureuse et mélancolique à se damner.
Et il est donc l'excuse pour se replonger dans l'album du même nom. Alors oui, il a trois ans, mais il mérite qu’on y retourne le temps de 6mns, pour réécouter ou découvrir ce bien beau morceau, caché au milieu d’autres délicates, évanescentes, éthérées et cotonneuses petites douceurs.
Album : The Weight of Spring Année : 2015 Label : Glitterhouse Acheter
En plus des playlists Spotify et Deezer (colonne de gauche de ce blog), The Weight of Spring de The White Birch est à écouter et aussi à voir via le clip ci-dessous :
Et pour ceux qui voudraient se contenter de la musique uniquement, le titre est aussi disponible là :
Dans la lignée d'une Courtney Barnett dont le premier album vient de sortir (et sur lequel on reviendra sûrement vu qu'il semble réussi si l'on en croit les premiers retours), voilà Jen Cloher qui comme sa compatriote (elles sont toutes les deux australiennes) aiment les guitares.
Pourtant, contrairement à Courtney, la carrière de Jen Cloher a débuté il y a bien longtemps, en 2005, lorsqu'elle officiait dans un groupe qui portait son nom, Jen Cloher and the Endless Sea ; groupe avec lequel elle sortira trois albums.
De retour en 2013, et en solo, la voilà qui signe chez Milk! Records, le label de Courtney Barnett, pour un album remarqué de l'autre côté du globe ('In Blood Memory').
En 2015, Jen Clohen sort un split 7" avec Courtney Barnett, qu'elle ouvre même avec Needle in the Hay, chanson à guitares et Pavement jusqu'au bout des ongles (et pas que dans le chant).
Une belle occasion pour Jen Cloher de profiter de la nouvelle aura indie de sa boss de label, surtout que Needle in the Hay est une belle chanson.
Pas dit que beaucoup d'européens se procurent ce disque, tant le prix est élevé (et je ne compte pas les frais de port). Mais l'essentiel est ailleurs : l'Australie a lancé la relève. Elle est à guitare. Et féminine.
Album : Needle In The Hay / Swan Street Swagger Split 7" Année : 2015 Label : Milk! Records Acheter
Needle in the Hay, face-A de ce single de Jen Cloher sorti avec Courtney Barnett, est également en écoute ci-dessous :
Le split 'Needle In The Hay / Swan Street Swagger Split 7"' est quant à lui en écoute complète (et à l'achat) ci-dessous :
Après l'annonce et son court teaser, place à du concret. Voilà donc Samira n'y croit plus, le premier single du nouvel (et troisième) album d'Alexander Faem, 'O Cangaceiro'.
Le guitariste de Gulcher continue sa carrière solo après les remarqués 'L'Agent 238' (2009) et 'Bataille Royale' (2012). Ici, moins de violons, de cinémascope et de romanesque que sur ses deux albums précédents, mais plus de guitares et l'ombre de Jacno jamais très loin, comme le prouve ce premier extrait.
Samira n'y croit plus est à écouter dans le lecteur grooveshark ci-contre mais également ci-dessous :
Énième artiste sorti des mes radars personnels après un disque fameux ('Awfully Deep' en 2005), Rodney Hylton Smith, aka Roots Manuva, rappeur anglais dont l’accointance avec le reggae, le ragga et le dub n'a jamais été cachée, revient dans mes oreilles.
C'est d'ailleurs sans doute pour cela que j'ai lâché ses aventures discographiques, tant ce style de musique ne me parle pas (mes anciens colocs qui n'écoutaient que cela à longueur de journée y sont sûrement pour quelque-chose).
A en croire son cv, Roots Manuva n'a rien sorti d'officiel depuis 2011. 'Facety 2:11 12"' est donc son retour sur la scène internationale. Et quoi de mieux que de faire produire son single par Four Tet, qui n'a de cesse d'explorer d'autres genres musicaux (même s'il se perd un peu voire beaucoup dans ses recherches) et dont les qualités touche à touche semble lui permettre de produire quoi et qui que ce soit ?
'Facety 2:11 12"' (4 titres, 2 morceaux + les 2 instrumentaux) est un titre court, très répétitif et heurté, où la voix du rappeur fait écho aux boucles et aux beats de Kieran Hebden. Anecdotique à la première écoute, finalement épatant rapidement cette petite affaire.
Album : Facety 2:11 12" Année : 2015 Label : Big Dada
Retour dans le passé : nous sommes en 1999, j'achète encore Les Inrockuptibles, et voilà t'y pas que la rédaction de l'hebdomadaire s'emballe pour 'Ordinary Man', le premier album d'un groupe de Bristol, alors centre du monde musical - un disque sorti sur Melancolik, le label de Massive Attack. Produit par Mario Caldato Jr (qui a bossé notamment sur les albums des Beastie Boys) et comptant un titre fort (I'm Doing Fine), le groupe voit son trip-pop slammé et aux faux airs de Eels se faire encenser un peu partout.
Huit ans plus tard, le duo Day One fait à nouveau surface. Nous sommes en 2007, le duo rappelle Caldato Jr., signe chez One Little Indian, le label de Björk, et sort 'Probably Art', album dont je ne me souviens pas avoir écouté la moindre note.
2015, à nouveau 8 ans plus tard, Day One annonce la sortie prochaine d'un troisième album, toujours produit par Mario Caldato Jr, en dévoilant Fuel For Fire, un premier extrait, très bien foutu, très actuel. L'album sortira quand ? Chez qui ? Mystère jusque là.
Le seul changement pour le moment, en tout cas à en croire leur page Facebook et l'artwork très laid (et digital, aucune sortie physique n'est pour le moment prévue) qui accompagne Fuel For Fire, c'est qu'il semblerait que Day One soit devenu DayOne.
Bref, en résumé, le Day One de ma fin d'adolescence existe toujours. Sort un disque tous les 8 ans. S'appellerait maintenant DayOne.
Quant à leur premier album, pour ainsi dire, je n'en ai pas beaucoup de souvenir, tant je me souviens avoir été déçu que le disque ne tienne pas les promesses de I'm Doing Fine. Il faudrait que je le réécoute un jour de désœuvrement. Ça fait quand même 16 ans qu'il prend la poussière.
Avant, ils s'appelaient les Goodbye Juliet. Mais ça c'était avant. Car le trio nantais a décidé, au moment de sortir son premier Ep, de changer de nom. De devenir parisien et surtout L'An2000 (sans espace).
'Strangers Ep' est donc la toute première sortie officielle pour un groupe qui se définit lui même comme faisant « de la pop retrofuturiste, et influencé par Joy Division, The Cure ou encore Orchestral Manoeuvre in the Dark ». Et il y a de cela pour ainsi dire.
Les deux pieds plantés dans les années 80, L'An2000 propose en effet sur ces quatre titres de la pop aux contours très new-wave ; et qui aime aussi beaucoup aller s'acoquiner avec la cold-wave.
Des quatre chansons présentes, Strangers est la plus marquante, la plus chatoyante et la plus rythmée. Mais ne laissez pas de côté les trois autres chansons, qui voit le groupe asséner son talent mélodique comme si de rien n'était (mention spéciale pour La Route).
Extrêmement bien produit, arrivant à créer une ambiance forte et pesante, la musique de L'An2000 a beau avoir 30 ans, elle semble très actuelle. Attention, talent.
Album : Strangers Ep Année : 2015 Label : - Acheter
Strangers, chanson titre de cet Ep de L'An 2000, est également à l'écoute ci-dessous :
Autre extrait de 'Strangers Ep', La Route, sa voix profonde et qui :
Enfin, le beau clip de Strangers, la chanson du jour donc :
Découvert grâce au toujours de très bons conseils Joseph G, place à Neøv, groupe finlandais au rond barré mais à la pop pleine de guitares toutes rondes.
'Dominique' est leur deuxième album - après un 'Orange Morning' en 2013 dont je ne sais rien. Un disque sympathique, notamment dans sa première partie avec Aurora comme chanson phare (et qui ouvre le tout), où les guitares côtoient les cuivres, pour ce qui va être la meilleure partie de l'album.
Car le reste est à l'avenant. Gentillet, inoffensif, Neøv ennuie plus qu'il n'emballe. Les guitares, très shoegaze par moment, sont pourtant bien présentes ; mais quelques chansons parfois interminables dans une deuxième partie très longue, gâchent un peu l'ensemble.
Pas dit qu'on se retournera souvent sur cet album de Neøv, mais il y a quand même ici quelques chansons réussies qu'on sifflotera à l'envie. Tous les groupes ne peuvent pas en dire autant.
En plus d'Aurora (la meilleure chanson de 'Dominique'), en écoute dans le lecteur grooveshark bleu, deux autres chansons sont à écouter ci-dessous. Laketown est ses sifflements tout d'abord. (malheureusement plus en écoute)
Et Dominique I. (malheureusement plus en écoute)
Pour finir, voilà le clip de Woolen Pumpkin Shirt, le nouveau single de ce 'Dominique' de Neøv :
I'm From Barcelona fait partie de cette kyrielle de groupes des années 2000 qui ont connu le succès (au moins au niveau indépendant) grâce à un joli premier album et qui ont progressivement disparu des radars médiatiques.
C'est d'autant plus dur pour les suédois que leur second album, 'Who killed Harry Houdini?', très sombre et loin des airs enjoués de leur premier disque, était très réussi. Mais la hype, vous savez, ça va ça vient.
'Growing Up Is For Trees' (à sortir le 25 mars) est leur cinquième album, le premier en quatre ans. Et quand bien même le leader de cette joyeuse bande Emanuel Lundgren a « passé beaucoup de temps à étudier les synthétiseurs vintage en allant sur des sites internet allemands » (c'est lui qui le dit), la formule d'I'm From Barcelona ne change guère.
En tout cas sur le premier extrait de ce nouvel album à venir, Violins. De la pop music vitaminée, des chœurs nombreux (forcément ils sont de 16 à 32 membres à composer le groupe, même s'il est toujours difficile de savoir précisément combien), des clappings de partout et toujours cette envie folle d'emmener son monde danser.
Est-ce que cela sera suffisant pour que 'Growing Up Is For Trees' ne sorte pas dans un anonymat général (et quasi-certain) ? C'est à voir. D'ailleurs, il n'est pas dit, si l'on en croit les dernières livraisons d'I'm From Barcelona qu'il mérite plus que ça. Mais laissons lui sa chance. La pochette est réussie. Le titre est bien trouvé. Violins a de beaux airs de petit tube de printemps. Et ils seront en tournée en France, dont le 4 mai à Lyon. Raison de plus.
Album : Growing Up Is For Trees Année : 2015 Label : Telegram Records Acheter
Violins est également en écoute sur le soundcloud ci-dessous :
Violins, premier extrait de 'Growing Up Is For Trees', cinquième album d'I'm From Barcelona a également son clip :
The Leisure Society est un groupe bizarre. Le genre que je devrais aimer à en mourir, dont je devrais guetter les rares venues en France. Mais pour des raisons inconnues, je n'ai jamais (su ?) accroché plus que ça à cette bande de Brighton, menée par Nick Hemming.
Comprenons-nous bien : les chansons de The Leisure Society ne sont pas mauvaises, loin de là, mais comme je l'expliquais à l'annonce de la sortie de leur troisième album, 'Alone Aboard The Ark', elles ne m'ont jamais plus touché que ce qu'elles auraient du, en tout cas sur la longueur d'un album.
Car il y a toujours de belles choses à picorer chez eux. Je ne doute pas un instant que leur quatrième album (en 6 ans) comportera ce qu'il faut de beaux moments. Car ces The Leisure Society savent écrire de jolies ritournelles pop, souvent bien ouvragées. Il leur manque juste ce je ne sais quoi pour passer au niveau supérieur, et en tout cas m'enthousiasmer. Peut-être que finalement, leur nom « société du loisirs » est une explication à tout cela.
On verra si grâce à 'The Fine Art of Hanging On' (leur quatrième album), The Leisure Society arrivera à me prendre totalement dans ses filets. Basé sur une guitare acoustique avant que petit à petit, le groupe amène une orchestration de haute volée, le premier extrait, Tall Black Cabins, est en tout cas (mais comme à chaque fois) fois prometteur. La voix rappelle régulièrement un - calme - Colin Meloy (de The Decemberists) et les premières notes de la chanson m'ont immédiatement fait penser à El Sereno de PALM, chanson qui ouvrait le très bel Ep du même nom en 2013.
Difficile de savoir si pour une fois l'album tiendra (à mes oreilles en tout cas la route), mais ces prémisses là peuvent faire espérer de belles choses. Croisons les doigts comme on dit.
Album : The Fine Art of Hanging On Année : 2015 Label : Full Time Hobby
Oublions quelques minutes la frénésie
des sorties qui s'accumulent heures après heures, jours après jours,
sans même que les week-end ne viennent nous laisser respirer. Dans une
course toujours plus folle vers la nouveauté, où il est de bon ton
d'oublier l'après-midi ce que l'on a aimé le matin, prenons un peu de
recul.
Et replongeons quand un des meilleurs disques sortis depuis le
début de l'année, le 'Poverty' de Motorama. Troisième album des russes,
après le fameux et (indie)-encensé 'Calendar'.
Un album qui
reprend le post-punk là où Motarama l'avait laissé sur l'ouvrage en
2012. Mais en étant beaucoup plus sombre. Malgré la clarté des guitares,
malgré les chansons au rythme rapide, l'ambiance est en effet plus
pesante. Peut-être, et plus que jamais, à cause de cette production si
typée années 80 (et ce clavier toujours plus présent). Peut-être à cause de cette voix - toujours - cachée derrière une étouffante reverb. Peut-être à cause de ces paroles (Impractical Advice et ses « I don't need you no more » est un bon exemple). Sûrement à cause de cette basse profonde.
Mais
sur 'Poverty', Motorama gagne en cohérence. Sans tube évident (au
contraire de 'Calendar' et le fameux During The Years, même si Old ici fait très bien le job) le disque a de
nombreuses chansons de haute volée, une belle logique et un tracklisting très intelligent.
Pas forcément
évident aux premières écoutes, 'Poverty' est un disque qui devient vite
entêtant, attachant et est l'exemple type du grower, comme on dit. Motorama ne révolutionnera pas l'histoire de la musique avec ce
nouvel album. Mais il aura assurément marqué mon année 2015. Déjà.
Album : Poverty Année : 2015 Label : Talitres Acheter
En plus de Old, voilà deux autres chansons de 'Poverty', troisième album de Motorama. La première est Dispersed Energy :
Pour finir, écoutons donc, Heay Wave, l'autre chanson marquante de ce 'Poverty'. « Forever alone, forever alone » comme ils disent :
Nouveaux chouchous de ces pages depuis leurs 'Rebounder Ep' et leur 'In The Mirror 7"' de l'an passé, les new-yorkais de Public Access T.V. sont de retour après quelques petits mois de silence avec un nouvel Ep, qu'ils sont en train de promouvoir sur scène, eux qui ouvrent ces derniers temps pour Gang of Four.
Un disque qui ne sortira pas chez Gudrun Records (comme précédemment) mais chez Terrible Records. Une première chanson a d'ores et déjà fuité (évidemment volontairement) : Metropolis. Une chanson où les Public Access T.V. expliquent qu'ils n'échangeraient pas leur belle ville de New-York pour tout le soleil californien du monde. Un morceau assez loin des envolées rock et tubesques des deux premiers singles Rebounder et In The Mirror, mais plus dans l'esprit des autres chansons déjà parues, avec en plus une belle basse très groovy.
Plutôt de bonne augure donc pour ce nouvel Ep, dont on ne sait pas grand chose pour le moment, à part qu'il pourrait (notez le conditionnel) s'appeler 'Public Access T.V.'. La date, le nombre de titres, ça par contre... Mais l'essentiel est ailleurs : les new-yorkais sont de retour, c'est bien là le principal.
Album : Public Access T.V. Année : 2015 Label : Terrible Records
Metropolis, premier extrait de ce deuxième Ep des Public Access T.V., est également en écoute ci-dessous :
Le groupe vient de sortir son nouvel album, le troisième, 'Nieuport|Nieuwpoort'. Un disque de huit chansons, qui évolue sur une base rock mais qui est très loin de se cantonner à ce style. Il faut écouter ce saxophone sur Nieuport|Nieuwpoort, l'atmosphère analogique et pesante de Courtermisme II (qui rappelle Cheveu), le math rock de Soucis & saucisses & sosies ou la balade-pop Pas de Styx.
Parlé plus que chanté, porté par des textes délirants et renversants (car sachez le, ce disque parle, et ce n'est pas moi qui le dit mais les dylan Municipal eux-mêmes, de « vengeance, d’atome et de saumons nageant dans le Styx en écoutant du hip hop, entre autres »), 'Nieuport|Nieuwpoort' est un disque épatant, qui n'hésite pas à citer aussi bien Kanye West, LL Cool J que le Thaï Nana de Kazero tout en intégrant en toute fin d'album quelques notes du Carmen de Bizet.
Et comme si ça ne suffisait pas, 'Nieuport|Nieuwpoort'est à l'achat pour 6€ seulement sur le bandcamp des dylan Municipal. M'est avis qu'on devrait entendre parler beaucoup de ces jeunes gens. Espérons le en tout cas.
Album : Nieuport|Nieuwpoort Année : 2015 Label : piloTTi records Acheter
Mein telex de dylan Municipal est également en écoute ci-dessous :
Une autre chanson de ce 'Nieuport|Nieuwpoort', Pas de Styx, qui invite le Carmen de Bizet :
Les Venera 4 aiment les langues étrangères. Prenez leur nom Venera 4. Après recherche et sauf coïncidence troublante, c'est avant tout le nom d'une sonde spatiale soviétique lancée en juin 1967 et qui « fut le premier engin à réussir une transmission de données pendant sa descente en parachute » (merci wikipédia, vous faites ce que vous voulez de cette information).
Prenez maintenant le nom de leur premier album 'Eidôlon'. Celui-ci signifie « fantôme » en grec. Vous me direz, pas sûr que les parisiens aient choisi ce nom pour cette raison (les choix sont nombreux tant le terme eidôlon a inspiré beaucoup d'artistes dans des styles très divers).
Plus prosaïquement, c'est dans la Grande-Bretagne des années 80 que les Venera 4 sont allés chercher leur inspiration pour ce premier long-format, fort d'un 12" très prometteur en 2013, un disque dans la continuité de leur effort précédent.
Sans se départir de leur base sonore, les Venera 4 proposent ici un disque shoegaze, pop même par moment (formidable chanson titre aux faux-airs de The Cure), mais surtout noisy. Difficile à l'écoute de ne pas penser à toute la scène qui a émergée au milieu/fin des années 80, des Jesus and The Mary Chain à My Bloody Valentine. Et avec pour résultat un disque à la belle consistance et au tracklisting intelligent (mélange habile de chansons endiablées et d'autres plus mélancoliques, et qui se termine par le sublime et presque langoureux Metal Shells de près de 6 mns), rempli de guitares bouillonnantes.
'Eidôlon' est également (et cela ne gâche rien) le premier album sorti par le label parisien Requiem Pour Un Twister. En langage musical, on traduit ça par « avoir le nez creux ».
Album : Eidôlon Année : 2015 Label : Requiem Pour Un Twister Acheter
Eidôlon est également en écoute sur via le clip ci-dessous :
Beaucoup plus rentre dedans que Eidôlon,Some Girls est en écoute également :
Enfin, Colored Fields, une des chansons de cet album, où la voix masculine, qui prend ici le pas sur le chant féminin quasi-exclusif de l'album, fait merveille :
Et Conor O'Brien décida de revenir à ses premières amours. En tout cas si l'on en croit les deux premiers extraits déjà parus de 'Darling Arithmetic', troisième album à venir le 13 avril prochain.
Car après un album plus pop et enlevé ('{Awayland}' et son, notamment, superbe Nothing Arrived), celui qui mène le groupe Villagers semble repartir vers des horizons musicaux plus folk et surtout plus proche de 'Becoming a Jackal', son premier album.
Et que dire si ce n'est que ceci lui va très bien. Courage, le premier extrait (en écoute plus bas) était déjà une bien belle chanson, mais le second, Hot Scary Summer est bien plus que cela.
La définition type d'une folk-song, quasi-nue, où une guitare folk n'est accompagnée que d'une simple et métronomique batterie et d'un orgue discret. Une splendeur qu'on a l'impression déjà de connaître par cœur et qui semble vouloir dire beaucoup pour Conor O'Brien, et qu'il chante une nouvelle fois extrêmement distinctement (sans que ça soit forcé ou nuise à l'ensemble) de sa voix touchante. Ce disque sera beau.
Album : Darling Arithmetic Année : 2015 Label : Domino
Il y a trois gros domaines musicaux où mon inculture est particulièrement criante : le jazz (je ne connais que quelques grands classiques de John Coltrane, Miles Davis et autres Thelonious Monk), le reggae (cette musique ne m'a jamais vraiment intéressé, sûrement parce qu'on ne m'a jamais donné une vraie porte d'entrée, Bob Marley étant bien plus que cela à mon sens) et la musique classique.
De musique classique, il en est question aujourd'hui avec 'The Chopin Project', projet d'Ólafur Arnalds, islandais adoré dans ces pages, et Alice Sara Ott, jeune pianiste allemande d'origine japonaise.
Pourquoi un tel projet ? Ólafur Arnalds l'explique dans le trailer de l'album (à voir plus bas) : « Grand fan de Chopin, je me suis toujours demandé pourquoi ses morceaux étaient toujours enregistrés de la même façon. Donc je me suis dit que j'allais le faire à ma manière ».
Les connaisseurs jugeront de cet album, mais pour le moment, bien qu'il soit difficile de savoir si c'est l’œuvre de Chopin, le jeu
d'Ólafur Arnalds et de Alice Sara Ott, ou le mélange des deux, ces premiers extraits me mettent en émoi, tant par la beauté de la mélodie que l'ambiance, très Arnalds-ienne, qui s'en dégage. En deux mots comme en cent, c'est très beau.
Le dernier projet de ce type que j'ai écouté était le 'Recomposed : Vivaldi - The Four Seasons' de Max Richter. Et comme cela reste un des plus beaux disques (à mes oreilles) de ces 5 dernières années, voyez-vous, je suis plutôt confiant.
Album : The Chopin Project Année : 2015 Label : Mercury Classics Acheter
Reminiscence de Ólafur Arnalds et Alice Sara Ott est également en écoute via le clip ci-dessous :
Un autre extrait de 'The Chopin Project', Verses, est également en écoute ci-desous :
Enfin, le trailer de 'The Chopin Project', qui explique le pourquoi de ce projet. Et qui montre qu'Alice Sarah Ott est également très douée avec un rubik's cube dans les mains :
Auteur d'un solide premier album en 2013, les londoniens de Palma Violets sont de retour. Ce second album s'appellera 'Danger in the Club',
a déjà un premier extrait qui porte le même nom, et verra le jour le 4 mai prochain.
Une chanson presque à
tiroirs, qui change de facettes assez régulièrement, à l'image du clip
(voir plus bas). Une sorte de montagne russe, à la production nerveuse et agressive, presque bordélique par moments, mais qui n'est pas sans leur aller bien au teint.
Une production qui n'est plus dans les mains de Steve Mackey mais de John Leckie, producteur notamment de, et excusez du
peu, premier album des Stone Roses, du premier album des XTC, 'White Music' ou du 'Travelogue' des Human League, entre (beaucoup d') autres.
Et si l'on en croit ce premier extrait Danger in the Club, l'alchimie fonctionne plutôt bien. Tout ceci est donc prometteur donc. Et la pochette aux faux-airs Buzzcocks n'est pas le moindre des indices.
Album : Danger in the Club Année : 2015 Label : Rough Trade
Non content d'avoir sorti un des albums de 2014 avec 'I Remember Everything' (et qui vient d'être d'ailleurs édité en cd), Rivulets continue ses pérégrinations discographiques. Mais cette fois sans utiliser son alias mais son vrai nom : Nathan Amundson.
'Western Songs' est un disque disponible uniquement au format vinyle (et dépêchez vous si vous voulez une copie, il en reste très peu) et composé de deux morceaux, un par face, dépassant chacun les 15 mns.
Deux titres instrumentaux aux guitares sombres et répétitives, évoquant, selon les propres termes de Nathan Amundson « les vastes et arides paysages de son Colorado natal ».
Que ce soit sur Horses on the Plain ou More Horses, ces deux titres, en mode longue jam (mais cadré) slowcore, sont hypnotiques à souhait. Et à l'image de la magnifique (le mot est faible) pochette, il y a dans de la brume qui s'échappe de ces riffs répétitifs.
Album : Western Songs 12" Année : 2015 Label : Silentes Acheter
Horses on the Plain, qui ouvre ce 'Western Songs 12"' est également en écoute ci-dessous :
Il y a quelque chose de frustrant avec la dématérialisation à outrance et la chute sans fin de l'industrie musicale, c'est que petit à petit, les labels - et les artistes avec eux - abandonnent les sorties physiques d'Ep et de singles au profit de sortie uniquement digitale, plus rentables et moins risquées. Stuart Murdoch, chanteur et leader de Belle and Sebastian, l'explique bien dans son interview dans le Magic de janvier 2015. Un discours assez triste, qui plus est quand on connait la fan base sur laquelle peut s'appuyer le groupe :
« Dans les nineties, nous ne sortions jamais, nous passions notre temps entre quatre murs à enregistrer des chanson. Nous allions finir par devenir les ABBA de l'indie pop ! De plus, à l'époque, les gens achetaient encore des disques. Nous sommes devenus plus populaires et le label ne s'en plaignait pas. Nous avons publié deux albums très rapidement et avions toujours des chansons en rab', c'est pourquoi nous publiions des EP. C'était génial, nous aimerions évidemment recommencer, mais nous n'en avons pas le loisir. Car les disques ne se vendent plus et nous devons aussi nous produire sur scène pour gagner notre vie ».
Mieux, désormais, pour beaucoup, la norme est de produire des 45-tours «collector », tirés à des quantités ridicules et à des prix exorbitant, alors même que la demande des fans est là.
Dernier exemple en date, No Shade in the Shadow of the Cross, premier single du prochain Sufjan Stevens 'Carrie & Lowell', sorti non pas chez Asthmatic Kitty mais (pour une raison que j'ignore) chez Joyful Noise Records. Un 45-tours tiré à 100 exemplaires uniquement, vendu au prix délirant de 25$ (et je vous fais grâce des frais de port !) et que les fans (dont je fais partie) ont tenté de s'arracher en quelques minutes, en faisant planter le site internet du label. Bref 100 clampins fanfaronnent, des milliers sont frustrés. Pendant ce temps là, l'industrie musicale continue de se casser la gueule. On marche sur la tête.
Autre exemple : Fat Cat Records et les Twilight Sad. Après Last January à la fin de l'année dernière, c'est au tour de I Could Give You All That You Don't Want de passer par la case single de leur dernier album en date, très réussi, 'Nobody Wants To Be Here and Nobody Wants To Leave'. Un disque qui sera produit en 45-tours picture disque (à l'artwork très classe une nouvelle fois), mais qui ne sera disponible que... sur leur tournée américaine. Ni sur le site de Fat Cat, ni en magasin. Non, uniquement au merch de leurs concerts américains. Pour ceux qui ne vivent pas aux Etats-Unis ou ne pourront se rendre sur la tournée, il faudra se contenter de la froide version digitale.
Bref, une stratégie un brin stupide, d'autant plus que ces deux titres méritent plus d'une écoute. Premièrement parce que I Could Give You All That You Don't Want est une des meilleures chansons de leur dernier album en date. Et parce que The Airport, face-b inédite, est dans son genre une belle balade électrique et mélancolique. Une chanson qui aurait presque méritée de finir sur l'album dont elle a été exclue. Et que j'aurais bien écouté autre part que sur mon ordinateur. Mais que voulez-vous ma bonne dame, quand on fait n'importe quoi, autant y aller à fond.
Album : I Could Give You All That You Don't Want Année : 2015 Label : Fat Cat Acheter
The Airport, face-b de ce single des Twilight Sad, est également en écoute ci-dessous :
I Could Give You All That You Don't Want, face-A et single officiel, est quant à lui en écoute ci-dessous via son clip :
Séparé en 2004, reformé en 2012, revenu dans nos oreilles en 2013 (le 2 titres 'Ta Lumière Particulière Ep'), Autour de Lucie sait prendre son temps.
Le groupe mené par Valérie Leulliot, célèbre pour son album pour son album 'Faux Mouvement' duquel est extrait son tube Je Reviens, et auquel il serait bien trop facile de les résumer, semble avoir enfin de la suite dans les idées.
Détache est donc le premier extrait d'un nouvel album à venir (ou que l'on espère), et à propos duquel il est assez difficile d'avoir des informations. Quoiqu'il en soit, Détache s'impose assez rapidement comme un tube en puissance, punchy, pop et légèrement électronique, loin des titres ouvragés qui ont fait leur renommée, mais avec toujours cette voix pleine de douceur de Valérie Leulliot qui vient surfer sur une mélodie efficace. Clairement, en tout cas pour l'auteur de ces lignes, une des premières chansons marquantes de 2015.
Album : Détache Single Année : 2015 Label : PBOX Music