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mercredi 5 février 2025

[Track of The Day] P:ano - Leaving The Salon

P:ano : voilà un groupe à l'orthographe bizarre revenu d'entre les morts. Un quatuor canadien originaire de Vancouver que je ne croyais pas un jour revoir faire des disques vu que ma dernière interaction avec eux datait de 2005, à la sortie de 'Brigadoon', leur très réussi ultime album (alors).

Dix-neuf ans plus tard, à la surprise générale mais sans que cela émeuve le Landerneau de la musique, même indépendante, P:ano s'est rassemblé, est reparti en studio pour publier en septembre dernier le simplement nommé 'Ba Ba Ba'. Au casting, les même quatre membres (Nicholas Krgovich, Julia Chirka, Justin Kellam et Larissa Loyva) et l'indie-pop toujours bien accrochée au cœur. Sauf que celle-ci (à quelques exceptions près) est beaucoup plus apaisée, plus langoureuse, mélancolique que par le passé.

Sur la fin de 'Ba Ba Ba', on trouve Leaving The Salon (en écoute aujourd'hui). Une longue chanson, aux airs de Belle & Sebastian des débuts, qui démarre comme une simple mélopée doucereuse que mène une guitare presque discrète. Mais dès le deuxième couplet, P:ano rajoute une très légère rythmique, qui se fait rapidement beaucoup plus présente. Dès le troisième, une batterie et un piano très lumineux se mêlent à la fête, avant que trompette, cordes et clarinette les rejoignent, chacun à leur tour, pour mieux envoyer Leaving The Salon vers une sorte d'apothéose instrumentale de plus de trois minutes. Un morceau pop-folk absolument renversant de la part d'un groupe disparu et oublié de beaucoup, mais qui n'a rien perdu de son talent.

Album : Ba Ba Ba
Année : 2024
Label : C.O.Q. Records

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lundi 3 février 2025

[Track of The Day] Fat Dog - Peace Song

Pour beaucoup sensation de 2024, j'avoue ne pas avoir accroché au dance-punk-electro-survitaminé et aux chansons ultra boostées de Fat Dog, quintet anglais originaire de Londres, et à leur premier album 'WOOF.'. Un disque court mais épuisant, sans grande nuance, qui faisait tout dans l'excès en mettant tous les potards dans le rouge.

Pourtant, leur dernier single en date, Peace Song, sorti en novembre dernier, m'incite fortement à ne pas cataloguer ce groupe d'emblée et à lui coller une étiquette trop rapidement. Et bien que rien ne soit annoncé à ce jour, j'ai du mal à croire qu'une telle chanson ne se retrouve pas sur le deuxième album de Fat Dog que j'imagine à venir très rapidement (j'ai comme dans l'idée que ces jeunes gens vont essayer de battre le fer tant qu'il est chaud et de surfer sur la vague de hype qui les porte depuis des mois, notamment pour leurs prestations live qu'on dit dantesques). Car si elle porte mal son nom tant elle est échevelée et ne sonne pas comme une chanson pour la paix, Peace Song montre un petit virage de la part des anglais. Un morceau synth-pop en forme de tube (et un sacré d'ailleurs), endiablé et intense comme jamais, qui a le bon goût de laisser la surenchère et les outrances au vestiaire pour mieux mettre la mélodie au centre de tout. Et ça change tout.

Album : -
Année : 2024
Label : Domino Records

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Le clip de Peace Song de Fat Dog :

mardi 21 janvier 2025

[Track of The Day] Wild Pink - Sprinter Brain

Toujours croisé sans vraiment m'arrêter très longtemps à écouter leurs différentes productions, Wild Pink n'est pas un groupe qui m'a jamais renversé. Si leur cinquième album, 'Dulling The Horns', publié au début de l'automne dernier, n'est pas celui qui va contester cet état de fait, on y trouve tout de même Sprinter Brain. Planquée au milieu du disque, cette chanson a une immédiateté et une énergie à revendre qui la rende imparable, portée qu'elle est par un piano furieux et qui ne s'en laisse pas compter quand guitares et batterie se battent pour montrer celle qui y mettra le plus d'ardeur. D'aucuns diront que c'est du déjà entendu - et ils auront sans doute raison - mais il serait dommage de passer à côté : en ces temps où les nuages semblent toujours un peu plus bas chaque jour et où l'avenir n'a jamais été aussi incertain, l'enthousiasme de Sprinter Brain est essentiel.

Album : Dulling The Horns
Année : 2024
Label : Fire Talk Records

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Le clip/paroles de Sprinter Brain de Wild Pink :

lundi 20 janvier 2025

[Track of The Day] Van Houten - I Let You

Je m'étais déjà fait la réflexion il y a quelques années de cela et le constat s'est depuis plus que vérifié : Leeds n'est pas une cité à prendre à la légère dès que l'on parle de rock anglais. English Teacher, Yard Act, Treeboy & Arc, Lumer ou Mush, pour ne citer qu'eux, tous sont originaires de cette ville qui commença en 1992 à écrire la légende d'Eric Cantona outre-manche (« I love you, I don't know why, but I love you »).

Si vous le voulez bien, ajoutons à cette liste un nouveau nom : Van Houten. Derrière ce patronyme très néerlandais et qui sent bon le cacao en poudre, se cache un sextet anglais (donc), qui fait dans le rock (donc) mais aussi dans le shoegaze et qui aime mettre des ambiances atmosphériques dans ses compositions. Comme dans I Let You (en écoute aujourd’hui), chanson de clôture de leur solide premier album 'The Tallest Room' (leur 'Van Houten' de 2019, présenté comme un album à la base ne semble plus être qu'un Ep vu que leur label parle de « debut album » pour celui-ci). Une sorte de rêverie de plus de huit minutes, impeccablement menée par une batterie métronomique, une voix effacée puis presque plaintive et surtout par une guitare qui monte et qui descend, qui descend et qui monte, avant qu'une autre ne rejoigne tout ce beau monde, se prenne pour un violon électrique très mélancolique sur la fin et l'étire à l'infini, de superbe marnière. Somptueuse et très grande chanson, I Let You est aussi un autre raté et oubli de 2024, heureusement désormais comblé.

Album : The Tallest Room
Année : 2024
Label : Clue Records / EMI North

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vendredi 17 janvier 2025

[Track of The Day] Library Card - Well, Actually

Ces prochains jours dans ces pages, il va être beaucoup question de toutes ces chansons et/ou albums à côté desquels je suis passé l'an passé et sur lesquels je suis tombé après la publication de mon bilan 2024. Et autant vous dire que la liste est longue, comme de qualité.

A tout seigneur tout honneur, commençons par Well Actually, une chanson de Library Card, groupe qui n'est pas anglais comme son nom pourrait le laisser croire mais néerlandais. Originaire de Rotterdam, le quatuor a composé là un des tous meilleurs morceaux de 2024, et je pèse mes mots. Extrait du tout premier Ep de Library Card 'Nothing, Interesting', Well, Actually est une chanson absolument impeccable, furieusement emballante et à la rage riffeuse aussi contenue qu'éclatante. Se voulant une réponse autant au male-gaze environnant qu'au patriarcat, le morceau énumère tous ces conseils idiots que les gens vous assènent dès lors que vous êtes une femme ou que vous êtes jeunes (« You'd be way prettier if you smiled more », « Your bass player's alright, but your drummer kind of sounds off sometimes (...) No, I don't make music myself I'll just take up all this space because I can, 'cause I'm a man », « Oh now I'm the bad guy, It's not right") sur fond de riffs rageurs, d'une basse répétitive et d'un spoken-word moqueur et qui vise très juste à chaque fois.

Well, Actually est une superbe chanson rock, pertinente autant qu'incroyablement addictive, pleine de rage et de morgue. Nul doute que si je n'étais pas passé à côté il y a un an de ça, celle-ci aurait finit dans le Top 5 de mes chansons de l'année. Et pas cinquième si vous voyez ce que je veux dire. Autant vous le dire tout de suite : Library Card est un groupe à suivre de très très près.

Album : Nothing, Interesting Ep
Année : 2024
Label : At Ease Records

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En écoute dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog

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lundi 13 janvier 2025

[Track of The Day] Hello Emerson - Church

Pour ceux qui me connaissent, voir en Une de ce blog, qui plus est pour la reprise après la période des fêtes et des bilans de fin d'année, une chanson nommée Church a de quoi surprendre. Car bien que baptisé, premier communié et professé de foi (je n'ai pas confirmé), j'ai depuis bien longtemps pris mes distances (et chaque jour un peu plus d'ailleurs) avec la religion, notamment catholique.

Pourtant, la chanson est de circonstance tant elle est dédiée à une personne qui, elle, eut la religion ancrée jusqu'au plus profond de son âme pendant toute sa vie. Elle que j'ai accompagné gamin et adolescent des centaines de fois à l'église (et pas que le dimanche tant son rendez-vous avec Dieu était quotidien), prêt à chanter textes et cantiques, à réciter le Notre Père et le Je Vous Salue Marie et à recevoir les bises et l'affection de tous ceux qui croisaient mon regard et le sien.

Pendant longtemps, j'ai cru en Dieu. Ou en tout cas, j'ai suivi ce en quoi on m'avait dit de croire. C'était grâce à elle et il ne me serait pas venu à l'idée de remettre en cause cette croyance tant je l'aimais, elle, plus que tout. Puis, à l'âge adulte, quand mon côté cartésien a repris le dessus, je me suis peu a peu éloigné de Dieu, sans pour autant jamais lui avouer tant j'avais peur de la blesser, elle pour qui Il était tout - ou presque.

Quelques jours après être allé assister à une messe en son hommage, assis au deuxième rang, juste derrière le siège qu'elle occupait depuis des années et que nous avions laissé vide, j'y suis retourné une seconde fois. Pour les adieux, eux, définitifs. Avec à l'esprit ce Church des américains d'Hello Emerson, dont la mélodie et les paroles trottaient depuis une semaine dans un coin de ma tête. Je ne suis pas sûr qu'elle aurait aimé la chanson, elle qui était plus Berthe Sylva, mais le sens lui aurait plu.

Ce fut une belle messe, qu'elle avait prévue de A à Z. C'est peut-être pour cela que je connaissais encore tous les textes et tous les chants. Il faut croire que la religion, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas. Sur la fin, j'ai même prié et demandé au grand ordonnateur en qui elle croyait tant de l'accueillir comme il se doit, et même de lui donner si possible un coupe-fil, elle l'avait bien mérité.

Une semaine plus tôt, quand elle avait eu ce coup de fatigue dont elle ne se remettrait pas et qu'un respirateur la maintenait en vie, tout à fait consciente, le temps de quelques heures afin que tous ses enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants puissent venir lui dire au-revoir, je m'étais approché d'elle dans la pénombre de la chambre : « Tu sais, si tu voulais tous nous réunir, il y avait sans doute plus simple quand même ». Ces quelques mots l'ont fait rire. Je lui ai pris la main, elle l'a serrée et je me suis mis à pleurer comme je n'avais pas pleuré depuis des années, peut-être comme je n'avais jamais pleuré tout court. Et aussi belle que fut cette messe, ce sont évidemment ces derniers moments qui vont rester. Partagés entre une peine insondable et le bonheur de la savoir sur la route d'un ailleurs qu'elle avait construit toute sa vie, avec une foi inébranlable et inaltérable.

Album : To Keep Him Here
Année : 2024
Label : Anyway Records / K&F Records / Hometown Caravan

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Le clip de Church d'Hello Emerson :

mardi 24 décembre 2024

[Track of The Day] Ben Folds - You Don’t Have to be a Santa Claus (The Mills Brothers cover)

24 décembre oblige, place à une chanson de Noël. Tirée, histoire de bien faire les choses, d'un album de Noël. Le disque s'appelle 'Sleigher', est l’œuvre de l'américain Ben Folds, et est paru au milieu de l'automne dernier. 

A la toute dernière plage de l'album, on trouve You Don’t Have to be a Santa Claus. Une reprise de The Mills Brothers, quatuor vocal jazz/pop des années 1930/1950, notamment connu pour avoir été le premier groupe afro-américain à avoir son show à la radio nationale.

You Don’t Have to be a Santa Claus est une chanson de Noël comme l'entendent les américains, que Ben Folds et ses comparses ne révolutionnent en mettant leur pas dans ceux de The Mills Brothers, mais qu'ils dépoussièrent grandement en lui donnant un vrai coup de frais et en accentuant son côté jazzy. Et à l'écoute, on l'imaginerait bien habiller la fin d'un d'une comédie de Noël, où un couple heureux danserait langoureusement, serré l'un contre l'autre, devant un feu de cheminée, avec la caméra qui agrandirait peu à peu son angle pour mieux reculer, s'échapper et les laisser à leur intimité.

Une très belle reprise qui conclue donc une année de 'Track of The Day' très fournie dans ces pages (cent-trente et une tout de même, sans doute le plus gros total depuis 2008 ou 2009). Place désormais au bilan de l'année, en quatre parties comme le veut la tradition, dès jeudi, avant un retour aux affaires courantes début janvier. Mais d'ici là, il y a Noël donc. Que je vous souhaite le plus joyeux du monde.

Album : Sleigher
Année : 2024
Label : New West Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, la reprise de You Don’t Have to be a Santa Claus de The Mills Brothers par Ben Folds est également en écoute ci-dessous :
 

La version originale de You Don't Have to Be a Santa Claus (When Christmas Comes Around) de The Mills Brothers : 

 

lundi 23 décembre 2024

[Track of The Day] Ella Thompson - Let There Be Nothing

Pour l'avant-dernière 'Track of The Day' de l'année publiée dans ces pages avant les traditionnels bilans (que voulez-vous, on ne se refait pas), voyons les choses, si ce n'est en grand, au moins en beau, avec Let There Be Nothing, la chanson qui ouvre 'Ripple On The Wing', le troisième et nouvel album de l'australienne Ella Thompson.

Un soupçon de jazz, un rien de trip-hop mais une tonalité générale très soul sixties, Let There Be Nothing, inspirée par la série The Sopranos, est une chanson smooth au possible, aux belles rondeurs mais à l'ambiance sombre et hantée (la flûte traversière n'y étant pas pour rien), portée par une orchestration et des arrangements très soignés (cette basse, ces cuivres mélancoliques dans la seconde partie) dans lesquels la voix d'Ella Thompson, juste et n'en faisant jamais trop (alors que tout s'y prête), vient se lover et pleurer. Un véritable petit bijou, aussi doux que noir.

Album : Ripple On The Wing
Année : 2024
Label : Hopestreet Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Let There Be Nothing d'Ella Thompson est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Let There Be Nothing d'Ella Thompson, chanson d'ouverture de 'Ripple On The Wing' :

vendredi 20 décembre 2024

[Track of The Day] Willi Carlisle - The Arrangements

Finissons cette semaine consacrée aux albums « must listen » de 2024 en évoquant 'Critterland', le troisième album de Willi Carlisle, un américain de 35 ans au chapeau de cowboy bien vissé sur la tête (notre homme vient du Kansas et habite dans l'Arizona, alors forcément). Un disque généreux de country-folk, à l'ancienne, avec du bluesgrass par ci et de l'americana par là, du banjo, de l’accordéon, du violon grinçant, de l'harmonica qui couine et de l'acoustique, rien que de l'acoustique (ou presque).

Un très bel album qui s'ouvre par Critterland, parfaite pour donner le ton et qui se referme par un morceau de spoken word (The Money Grows on Trees). Mais la chanson la plus belle et la plus marquante de 'Critterland', c'est The Arrangements. Une chanson folk au possible, qui déroule dans un très simple appareil (il y a bien une guitare qui slice au fond mais c'est bien peu) ; mais surtout un titre très personnel (ou en tout cas, on peut l'imaginer). L'histoire d'un homme qui voit son père mourir alors qu'il le détestait (« He was dead inside my head long before he died ») à cause de sa violence, de son alcoolisme. Et bien que ce sentiment lui ait permis de ne pas perdre de temps à essayer de le sauver de sa maladie (« So making the arrangements felt natural, felt nice, no medicine for saving him from cigs and booze and salt. Feels pretty nice to say, I thought his sadness was my fault »), le narrateur ne peut s'empêcher de ressentir de la tristesse pour sa disparition (« It's still sad when bad men die »). Peut-être parce qu'il ne peut s'empêcher de voir dans ses échecs ses propres défaillances (« So don't ask about blame or forgiveness, It's still sad when bad love dies. Oh, I'm full of shit and you're over it, take the last word in my pride ») et de se rendre compte à quel point il est la propre image détestable de son père (« I'm my father's spitting image and I spit upon the mirror I see the old man's still here (...) I'm my own father now  »).

Bien que sonnant très personnelle, est-ce que cette chanson est inspirée de la propre vie de Willi Carlisle ? Je n'en ai aucune idée. Et à dire vrai, je m'en fiche un peu. Car si comme l'américain le dit lui-même (voir clip plus bas), The Arrangements est une chanson pour les mauvais pères, elle raconte surtout une tranche de vie, avec autant de justesse que de sincérité, et nous interroge sur qui nous étions, qui nous sommes, qui nous serons. Du folk sublime dans sa plus pure tradition.

Album : Critterland
Année : 2024
Label : Signature Sounds

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Autre très belle chanson de 'Critterland' de Willi Carlisle, voilà Higher Lonesome :

Une version live de The Arrangements de Willi Carlisle :

jeudi 19 décembre 2024

[Track of The Day] Sam Lee - Bushes and Briars

Après 'Thesis' de Godfather Don et 'A Lover Was Born' de Kelly Finnigan, continuons sur notre lancée et évoquons pour cette - véritable - dernière semaine de 2024 un autre grand album qui aura fait mon année et à propos duquel je n'avais pas encore écrit quelques mots. Et faisons le par le prisme de sa magnifique chanson d'ouverture Bushes and Briars.

Le disque s'appelle 'songdreaming' et est paru en mars dernier. Il est le quatrième album en douze ans d'un certain Sam Lee, un anglais de bientôt 45 ans. Bushes and Briars (en écoute aujourd'hui) résume à elle seule ce qu'on trouve dans cet album : une (avant-)folk très onirique, habillée de cordes plaintives qu'on dirait sorties d'un quartet néo-classique, qui planent au-dessus de guitares sèches et discrètes et d'un piano presque joueur mais essentiel, avant que des guitares électriques plus nerveuses et profondes s'invitent à la fête et ferment le ban.

Bushes and Briars est une chanson superbe, pleine de mélancolie enrobée de douceur, qui sonne comme la rencontre mélodieuse entre Richard Dawson et Lankum. Elle est donc surtout la rampe de lancement parfaite de 'songdreaming', disque poétique à bien des égards, centré sur la nature et tout ce que nous sommes en train de lui faire subir sans jamais ciller, et qui est notamment porté par Trans Voices, une chorale transgenre londonienne dont ce sont les débuts ici. Un album évanescent, qui sait respirer et prendre son temps comme être sujet à quelques poussées de fièvre irrésistibles. Et qui est aussi enchanteur que touchant.

Album : songdreaming
Année : 2024
Label : Cooking Vinyl

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Bushes and Briars de Sam Lee est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson de grande qualité de 'songdreaming' de Sam Lee, voilà Meeting Is A Pleasant Place (avec la participation de la chorale Trans Voices) :

Le clip de Bushes and Briars de Sam Lee, chanson d'ouverture de 'songdreaming' : 

vendredi 13 décembre 2024

[Track of The Day] Oneida - Reason to Hide

Malgré une continuité et une discographie tout à fait remarquable, on oublie souvent de parler des incroyables Oneida. Un groupe qui déçoit rarement et dont le nouvel album 'Expensive Air' (le dix-septième disent-ils alors que j'en aurais donné deux de plus) est une nouvelle fois plus que recommandable à bien des égards : pour la qualité de son rock impétueux, que les new-yorkais trimballent un peu dans toutes leurs sphères d'influences : du psyché bien sûr, du grunge-pop à la Weird Nightmare, du noise, du kraut, du garage et quelques éclats punk ; pour la classe de ses compositions et de ses mélodies, qui ne tombent jamais dans la facilité (les Oneida sont intransigeants, ce n'est pas nouveau) mais qui font mouche à chaque fois ; pour avoir su être concis et aller droit au but (huit morceaux, trente-quatre minutes).

Et puis aussi et surtout pour Reason to Hide, sa chanson d'entrée majestueuse de plus de sept minutes (dont quatre totalement instrumentales et enragées). Un morceau du genre à vous prendre par le colbac et à vous enfoncer dans le mur à grands coups d'un noise-rock psyché qu'on dirait motorik, où les guitares s'en donnent à cœur joie à se passer et repasser dessus, où un clavier lui donnerait presque le tournis, avant qu'un chant (puis des voix) furieux vienne enfin prendre part à la fête en se mettant au diapason. Sans doute le morceau d'ouverture de mon année 2024. Ébouriffant.

Album : Expensive Air
Année : 2024
Label : Joyful Noise Recordings

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Reason to Hide d'Oneida est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson marquante de 'Expensive Air' d'Oneida, voilà Here It Comes :

Le clip de Reason to Hide d'Oneida, chanson d'ouverture de 'Expensive Air' :

mercredi 11 décembre 2024

[Track of The Day] The Hard Quartet - Killed By Death

Stephen Malkmus, Matt Sweeney, Emmett Kelly et Jim White. Quatre artistes au passé plus ou moins doré, mais qui sont des noms de la musique des trente-cinq dernières années et qui, surtout, se connaissent vu qu'ils ont tous un jour ou l'autre collaboré ensemble. Et ces quatre compères se sont dit que ce serait une belle idée de former un super groupe, le simplement nommé The Hard Quartet.

En général, les super groupes, ça va, ça vient. Ça a son petit buzz à l'annonce, sur le papier, ça promet toujours beaucoup et au final ça ne marche jamais vraiment. Sans doute parce que la plupart du temps, on est sur des artistes qui se mettent ensemble quand le succès qu'ils ont connu plus jeune ou avec leurs formations précédentes s'est étiolé (ce qui est le cas ici). Mais surtout parce que l'alchimie ne prend jamais vraiment et qu'on ressort toujours de ces disques là avec le sentiment d'avoir écouté un disque d'un des membres, qui prend forcément l'ascendant sur ses nouveaux camarades.

S'il n'est pas renversant (ses quinze morceaux pour cinquante-deux minutes n'y sont pas pour rien) et pas attrayant pour un sou (cette pochette banale au possible, pour ne pas dire laide, quelle idée), 'The Hard Quartet' (pourquoi faire compliqué etc) est un album plutôt séduisant. Nos quatre amis s'y partagent le micro, les instruments (Malkmus, Sweeney et Kelly guitares et basse, Jim White restant évidemment dévolu à la batterie) et composent là quelques chansons pas dénuées d'intérêt et même souvent inspirées. Certes, l'ombre de Pavement plane plus que toute autre ici (et la voix de Stephen Malkmus n'y est pas étrangère) mais l'album passe par tellement d'états qu'il est difficile de ne retenir que ça.

Des quinze morceaux de 'The Hard Quartet', on en retiendra deux particulièrement : la superbe balade très Pavement Hey (chantée par un Stephen Malkmus à son meilleur) et Killed By Death (en écoute aujourd'hui), chanson peut-être la moins représentative de l'album mais sans doute celle où l'alchimie entre les quatre artistes est la plus évidente, de cette mélodie mélancolique aux accents country-folk à ses guitares acérées, langoureuses et délicieuses du refrain en passant par la voix tout en retenue de Matt Sweeney.

Album : The Hard Quartet
Année : 2024
Label : Matador

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Killed By Death de The Hard Quartet est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très réussie de ce premier album de The Hard Quartet, voilà la très belle balade Hey : 

mercredi 4 décembre 2024

[Track of The Day] Tramhaus - Worthwhile

Si les anglo-saxons n'ont pas l'apanage du post-punk, il faut quand même avouer qu'il reste les tauliers du genre. En tout cas dans ces pages. Car après une rapide recherche dans l'historique de ce blog à la vie déjà bien (trop ?) longue, les groupes qui font dans le post-punk mais qui ne sont pas nord-américains, britanniques ou océaniens ne sont pas légions. Tout juste ai-je pu lister les (feu) Action Dead Mouse, les ex Sloy de 69, les belges de Guernica ou les russes de Motorama. J'en oublie sans doute certains mais il faut admettre que ce n'est pas bezef.

Essayons de commencer à rétablir l'équilibre en ajoutant un groupe à la liste : Tramhaus. Un quintet originaire de Rotterdam qui a publié à la fin de l'été 'The Next Exit', un premier album du genre super avec sa vibe Frank Black (plus que Pixies), son côté de Iceage/Bambara par-ci voire Swans (le pont de The Cause, le très grand morceau d'ouverture). Puissant, inspiré, carré, ce disque court (neuf chansons pour trente-trois minutes), extrêmement cohérent, enchaine les grandes chansons (le faussement langoureux Worthwhile, électrique et furieux, en écoute aujourd'hui, Past Me ou A Necessity) avec toujours cette férocité sous-jacente qui semble pouvoir éclater à tout moment. Un très grand cru, venu de l'autre pays du fromage. C'est bien, ça (me) change.

Album : The First Exit
Année : 2024
Label : Subroutine Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Worthwhile de Tramhaus est également en écoute ci-dessous :

Autre grande chanson de 'The First Exit', voilà The Cause, le morceau de ce premier album de Tramhaus :

lundi 2 décembre 2024

[Track of The Day] Nia Archives - So Tell Me...

Alors qu'on attaque la dernière ligne droite de 2024, les bilans annuels sont déjà légions. Mais trente-un jours dans une année, ce n'est pas rien, surtout quand on voit le nombre de disques toujours plus grand qui sortent chaque jour (une étude qui vient de paraître estime même qu'en 2023, plus de chansons ont été publiées en une journée que dans toute l'année 1989 !). Alors avant de tirer le bilan de 2024, attachons-nous à essayer d'en conter encore l'histoire.

Comme celle de Nia Archives, jeune anglaise originaire du West Yorkshire, dont le premier album 'Silence Is Loud' accompagne beaucoup de mes journées depuis sa sortie en avril dernier. Un disque qu'on pourrait résumer à un sorte de mélange entre Ms. Dynamite, britpop et breakbeat des 90. Pour le dire autrement, 'Silence Is Loud' est un album de jungle/drum'n'bass qui aurait pu n'être qu'un disque de genre si l'on n'y avait pas insufflé beaucoup de pop, de r'n'b et même d'indietronica (la chanson de clôture So Tell Me..., très Postal Service) pour lui donner une épaisseur toute autre.

Écrit et produit par Nia Archives (avec l'aide notamment d'une vieille connaissance de ces pages, Ethan P. Flynn), 'Silence Is Loud' est un disque remarquable de bout en bout, dans lequel l'anglaise à l'incisive aux couleurs de l'Union Jack passe par beaucoup d'émotions, le beat toujours surexcité en bandoulière, aussi prête à emballer les foules (la chanson titre en ouverture, F.A.M.I.L.Y, Unfinished Business) qu'à toucher son monde (Blind Devotion, So Tell Me... en écoute aujourd'hui). Pas étonnant que Nia Archives ait été nommée au Mercury Prize 2024 (finalement remporté par l'épatant 'This Could Be Texas' d'English Teacher) : 'Silence Is Loud' est un des grands albums, et pas qu'anglais, de l'année.

Album : Silence Is Loud
Année : 2024
Label : Island Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, So Tell Me de Nia Archives est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable extraite de 'Silence Is Loud' de Nia Archives, voilà Tell Me What It’s Like? :

Le clip d'un des tubes évidents de 'Silence Is Loud' de Nia Archives, Unfinished Business :

mercredi 27 novembre 2024

[Track of The Day] Kid Loco - The Crown (feat. Louise Quinn)

Une fois n'est pas coutume, évoquons aujourd'hui une chanson d'un genre qui, sorti de quelques albums mythiques qui ont marqué leur temps et l'histoire de la musique, ne m'a jamais bouleversé : le trip hop. Le morceau en question s'appelle The Crown et est issu de 'Concrete Islands, Lies & Vanités', le nouvel album du français Jean-Yves Prieur, plus connu sous le nom de Kid Loco. Un artiste dont je ne crois pas connaître l’œuvre ni une chanson en particulier mais dont le nom revient de temps à autre, ici et là, depuis plus de 25 ans déjà (le premier album de notre homme date de 1997, époque bénie du genre).

Construit autour de la voix de l'écossaise Louise Quinn, de quelques discrets scratchs et de cordes synthétiques, The Crown est la smoothitude incarnée. Du cool à qui on aurait instillé un peu de spleen. Une chanson qui sonne comme une relecture du Roads de Portishead (l'inspiration est évidente) qui devient encore plus belle, entêtante et délicieuse à chaque nouvelle écoute, et où Louise Quinn, si elle n'a pas le timbre de Beth Gibbons (mais qui l'a ?), fait merveille.

Album : Concrete Islands, Lies & Vanités
Année : 2024
Label : Balagan Music / Wagram Music

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, The Crown de Kid Loco et Louise Quinn est également en écoute ci-dessous :

lundi 18 novembre 2024

[Track of The Day] James Blake - Like The End

Vous voyez cette planche de bande-dessinée qui représente un chien assis à une table, prêt à boire son café alors que sa maison brûle tout autour de lui, et qui dit simplement, serein, « This is fine » ? Créé par l'artiste KC Green en 2013, ce dessin, devenu depuis un des mèmes les plus célèbres au monde, aurait pu être la pochette du nouveau single de James Blake, Like The End. Gageons d'ailleurs qu'il a influencé l'anglais dans la création de son propre visuel, qui dit exactement la même chose mais en plus sophistiqué.

Une pochette qui illustre bien le propos de James Blake sur ce nouveau titre. Sans nul doute écrite en réponse à l'élection de Donald Trump il y a deux semaines de cela, Like The End sonne une - fausse - berceuse à la mélodie presque agressive qu'on croirait avoir été écrite par Radiohead. Une chanson désabusée, pour ne pas dire désespérée (« But doesn't it feel like the end? Something's coming for us, I think we're not prepared that this might only be day one »), au tempo lancinant, mais pour le moins très réussie.

Album : -
Année : 2024
Label : CMYK

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vendredi 15 novembre 2024

[Track of The Day] Flower Face - Biblical Love

Derrière ce visage d'ange, presque poupon, et à qui on donnerait le bon Dieu sans confession se cache Ruby McKinnon, une canadienne de 26 ans qui se produit sous le nom de Flower Face. Toutefois, à bien y regarder, on se rend compte que la jeune femme ne sourit pas vraiment. Qu'elle semble essayer mais sans y arriver. Et il y a ces yeux rougis et ces quelques traces de larmes que l'on décèle sur ses joues.

Cette pochette est l'incarnation parfaite du sixième album de Flower Face, 'Girl Prometheus'. Un disque remarquable, écrit à la suite d'une très douloureuse rupture amoureuse et qui retranscrit très bien (Flower Face est une sacrée compositrice) tous les affres par lesquels on passe lors d'une séparation : monde qui s'effondre, incapacité à repartir de l'avant et à croire en des lendemains heureux, douleur incommensurable, tristesse infinie, colère sourde.

'Girl Prometheus' s'ouvre par Biblical Love (en écoute aujourd'hui), une chanson bouleversante dès la première écoute. Un titre qui raconte l'histoire d'une jeune femme qui veut retrouver la pureté de son enfance (« I want to be faithless and pure, I want to be quiet and sober, I want to be untouched and clean »), qui cherche quelque-chose de plus fort et dont la puissance textuelle est dévastatrice tant on peut lui trouver des interprétations différentes.
Musicalement, c'est aussi fort. Biblical Love débute comme une chanson folk joliment banale avant qu'un « But it feels like I'm climbing fucking mountains to get to you » déclenche une explosion sonore aussi inattendue qu'assourdissante, et fasse partir le morceau vers des horizons goth et encore plus torturés (ce chant en soutien du principal, plein de cris, de rage et de désespoir !).

Les anglais ont une expression que j'aime beaucoup et dont le sens est plus puissant chez eux que chez nous : breathtaking, à couper le souffle. Je ne suis pas sûr qu'il y ait de mot plus adéquat pour définir Biblical Love de Flower Face : une chanson breathtaking au possible.

NB : Pour en savoir plus sur Flower Face et 'Girl Prometheus', la lecture de cette très longue et excellente interview chez Stereogum est plus que conseillée.

Album : Girl Prometheus
Année : 2024
Label : -

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Biblical Love de Flower Face est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de 'Girl Prometheus' de Flower Face, voilà Cordelia :

Le clip très goth de Biblical Love de Flower Face, chanson d'ouverture de 'Girl Prometheus' :

jeudi 14 novembre 2024

[Track of The Day] Myriam Gendron - Long Way Home

On ne peut pas dire qu'en tant que lyonnais, on ait à se plaindre niveau programmation musicale. Il faut dire que depuis une vingtaine d'années et, notamment, l'émergence de l'association Grrrnd Zero qui a revitalisé une ville passablement somnolente, l'offre concerts entre Saône et Rhône n'a jamais cessé de progresser et d'être foisonnante, avec des salles de toutes les tailles et de tous les formats (je ne vais pas les lister, elles sont bien trop nombreuses)

Pourtant, tout ceci ne m'empêche pas d'être grognon. La faute à ce vendredi 15 novembre 2024, frustrant au possible pour le lyonnais que je suis. Ce soir là sont programmés deux groupes que je tiens en haute estime et que j'aurais aimé pouvoir revoir sur scène une nouvelle fois. D'un côté, les Beak> de Geoff Barrow qui se produiront à L’Épicerie Moderne. De l'autre, la québécoise Myriam Gendron qui elle sera sur la scène du Sonic.

Deux atmosphères et deux ambiances distinctes. Mais pas moins de talent. Car si Beak> fait évidemment plus parler de lui (Geoff Barrow est « l'autre » de Portishead et il vient d'annoncer qu'il quitterait le groupe à l'issue de cette tournée), Myriam Gendron a elle aussi du talent à revendre. Elle vient sur Lyon pour présenter son troisième album 'Mayday', le successeur du merveilleux 'Ma délire - Songs of Love, Lost & Found' en 2021.

'Mayday', qui se pare d'atours verts, est un très bel album, peut-être pas aussi marquant que son prédécesseur rouge (véritable chef d'œuvre de son temps) mais remplis de petites douceurs, délicates ou électriques (superbe Berceuse), intime, où Myriam Gendron raconte ses histoires en français ou en anglais, le tout saupoudré parfois d'un peu field recordings ici et là. Un disque beau comme tout dont il n'est pas à douter une seconde que les chansons prendront une belle ampleur sur la scène du Sonic ce vendredi soir où le temps devrait se suspendre durant une bonne heure.


NB : Myriam Gendron sera également en concert à Rouen (14/11), Mouans-Sartoux (16/11), Paris (17 et 18/11) et Bruxelles (19/11)


Album : Mayday
Année : 2024
Label : Feeding Tube Records / Thrill Jockey

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Autre superbe chanson de 'Mayday' de Myriam Gendron, voilà l'électrique Berceuse :

Le clip de Long Way Home de Myriam Gendron :

mardi 12 novembre 2024

[Track of The Day] Molly Drag - Dogfight

Derrière ce nom féminin de Molly Drag se cache Michael Charles Hansford, canadien qui a ressemble à un David Harbour (le shérif de la série 'Stranger Things') plus jeune, moins massif et qui ne porterait que la moustache. 'Mammoth' est le septième album de Molly Drag. Et une des plus belles découvertes de mon année 2024.

Entre bedroom et chamber pop, avec le piano comme pièce central et majeure (mais qui n'est pas seul, loin de là), plein de mélancolie et de désenchantement que Hansford chante d'une voix d'ange, cet album de Molly Drag est porté par quelques sublimes chansons, de Dogfight en ouverture qui vous happe dès les premières notes de sa mélodie irrésistible (en écoute aujourd'hui) à sa suivante Wild Life et son riff langoureux du refrain en passant par le single Hell Raiser ou le morceau de clôture Knife In The Mud et ses guitares voluptueuses.

Court (trente-deux minutes au compteur), intime et absolument superbe, sorte de rencontre entre Radical Face et Fog Lake (il n'est d'ailleurs pas étonnant de voir ce dernier donner de la voix sur la chanson titre) ou son projet Soft Water, 'Mammoth' est un album d'une beauté implacable, qui tient les mélodies pleines de spleen en haute estime.

Album : Mammoth
Année : 2024
Label : I’m Into Life Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Dogfight de Molly Drag est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de 'Mammoth' de Molly Drag, voilà la chanson de clôture Knife In The Mud :

Le clip de Hell Raiser, le single extrait de 'Mammoth' de Molly Drag :

lundi 11 novembre 2024

[Track of The Day] Amyl and the Sniffers - Bailing On Me

Sur 'Comfort To Me', Amyl and The Sniffers n'y allait pas par quatre chemins : en ligne droite, à fond tout du long, aussi punk que garage, avec du gabba gabba hey dans l'esprit. Trois ans après l'album de la révélation (des tubes comme Hertz aident il faut dire), les australiens reviennent avec un troisième album, 'Cartoon Darkness', toujours aussi punk dans l'âme (et au cas où vous en doutiez, la crétine pochette est là pour le rappeler), mais avec quelque-chose en plus : deux balades. Enfin « balade »... Pour Amyl and The Sniffers s'entend. Disons si vous préférez qu'ils ralentissent le tempo. Et que cela leur va - très - bien.

Si Big Dreams a de faux-airs de Fontaines D.C. des débuts et fait poindre une fureur contenue, c'est surtout Bailing On Me (en écoute aujourd'hui) qui est la plus intéressante. Une chanson aux effluves plus pop que punk (c'est sans doute la plus pop de leur répertoire d'ailleurs) où Amy Taylor chante tout en retenue et désinvolture, avec de la mélancolie dans la voix (est-ce que ce cœur brisé est le sien ?) avant d'être suppléée par quelques sifflements du meilleur effet. On ne peut plus charmant.

Album : Cartoon Darkness
Année : 2024
Label : Rough Trade Records

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