jeudi 26 février 2026

By Storm - My Ghosts Go Ghost [deadAir]

En février 1980, alors qu'AC/DC vient de publier Highway to Hell, son plus grand single, et devient un mastodonte du rock'n'roll, Bon Scott s'étouffe dans son vomi et meurt à l'âge de 33 ans. Moins de six mois plus tard, le groupe des frères Young a un nouveau chanteur, Brian Johnson, et publie 'Back In Black', le deuxième album le plus vendu de l'histoire.

En mai 1980, Ian Curtis, jeune homme torturé s'il en est, se pend dans sa cuisine à seulement 23 ans. Incapables de continuer sous le nom Joy Division, Peter Hook, Bernard Sumner et Stephen Morris  partent fonder un nouveau groupe, New Order, en se réinventant à coups de new-wave et de synth-pop dansantes, au succès planétaire.

En octobre 1991, un jour seulement après l'avoir annoncé, Freddie Mercury meurt du SIDA. Pendant quelques temps, les rumeurs circulent sur la possibilité pour Brian May, Roger Taylor et John Deacon de continuer l'aventure Queen avec un nouveau chanteur (George Michael et Axl Rose étaient évoqués dans les cours de récréation) mais le trio n'en fera rien, préférant annoncer la fin d'un des plus grands groupes du monde et capitaliser sur leur discographie gargantuesque : une telle voix et une telle personnalité sont irremplaçables.

Trois exemples, parmi beaucoup d'autres, trois façons de rebondir après la mort d'un des membres de son groupe. Trois manières, pas meilleures ou pires qu'une autre, pour savoir quoi faire après. Continuer ? S'arrêter ? Rebooter ?

Les américains d'Injury Reserve ont eu à trancher ce débat en juin 2020. Ce trio établi à Phoenix au début des années 2010, auteur de mixtapes remarquées et d'un album remarquable, a du faire face au décès soudain de Stepa J. Groggs, un des deux MC du groupe. Que faire pour RiTchie et Parker Corey, les deux membres survivants ? D'abord terminer le second album qu'Injury Reserve était en train d'enregistrer à l'époque, puis le publier quelques mois plus tard sous le nom de 'By the Time I Get to Phoenix'. Avant de se mettre en retrait, réfléchir à la meilleure manière de donner une suite à l'aventure et honorer leur ancien compère.

Il aura fallu deux ans à RiTchie et Parker Corey pour trouver la solution. Exit le nom Injury Reserve, trop lié à Stepa J. Groggs, et bonjour à By Storm. Un nom venu de la dernière chanson de 'By the Time I Get to Phoenix', Bye Storm. Pour symboliser cette transition, le désormais duo publie en août 2023 une vidéo de plus de dix minutes, présentant deux clips : celui de Bye Storm, plein d'archives vidéos de Stepa J. Groggs, puis, dans la continuité, celui de Double Trio, le premier vrai single de ce nouveau projet. Et puis plus rien pendant dix-huit mois, jusqu'en février 2025 : By Storm publie alors une nouvelle chanson, Zig Zag, prémices d'un premier album sous cette nouvelle entité, le bien nommé 'My Ghosts Go Ghost'.

Dans ce disque, il est en effet question de fantômes. Celui des productions passées d'Injury Reserve pour commencer. Car si le hip-hop de By Storm est toujours abstrackt et expérimental, le tempo est plus lent, construit sur des arpèges de guitares aux atours folktronica et indus, où glitch et beats se la jouent minimalistes, pendant que soul et jazz passent une tête de temps à autre.

D'autres fantômes traversent 'My Ghosts Go Ghost'. Ceux de la vie passée de RiTchie, qui raconte qu'il est sur le point de devenir papa, et tout ce que cela signifie : ces concessions, cette vie moins contraignante qui lui échappe, voire cette jalousie pour ce futur enfant à naître (Can I Have You For Myself?) ; ceux d'une industrie musicale qui a totalement périclité et qui ne permet plus aux artistes talentueux de s'en sortir, de vivre de l'art, obligés qu'ils sont de cumuler scène et petit boulot pour subvenir aux besoins de leur famille.

Évidemment, le fantôme le plus marquant de 'My Ghosts Go Ghost' est bien celui de Stepa J. Groggs. Mais n'attendez pas que By Storm fasse dans l'évocation pompière ou vienne étaler son chagrin à la face de son auditoire. Non, le duo rend hommage à son ami avec touché et pudeur, évoquant lui ou sa disparition au détour d'allusions sibyllines, métaphoriques voire cryptiques. Et son absence se cristallise merveilleusement sur le morceau In My Town. Une chanson de sept minutes, faite d'une ambiance assez ténébreuse, où RiTchie rappe, percutant et ciselé, son texte fustigeant l'industrie musicale, Live Nation et la difficulté de joindre les deux bouts ; en contrechamp une voix aérienne, comme évanescente, répète et psalmodie quelques uns de ses vers. Et alors que le refrain vient de se terminer, alors que le deuxième couplet devrait prendre la suite... rien. Personne au micro. La voix en arrière-plan se tait, la chanson laisse dérouler sa mélodie, sans qu'une rime ne vienne la perturber. Comme si By Storm avait conscience que cette seconde partie aurait du appartenir à Stepa J. Groggs et qu'en son absence, il valait mieux laisser la musique continuer seule, sans ses mots.

'In My Town' est l'apogée de 'My Ghosts Go Ghost', qui pourtant ne manque pas de grandes chansons : And I Dance, qui transpire de mélancolie mais a tout d'un tube, le lumineux GGG en conclusion, le curieux mais si addictif Zig Zag, Dead Weight et ses boucles hypnotiques, la formidable ouverture Can I Have You For Myself?Grapefruit et son beat répétitif et obsédant, le taiseux et embrumé Best Interest sur lequel vient rapper sur un couplet Billy Woods, seul invité de l'album, ou Double Trio 2, suite de leur tout premier single, presque grandiloquent. 

'My Ghosts Go Ghost' est un disque impressionnant de la part de By Storm, comme construit sur plusieurs niveaux musicaux, plein de strates qui se superposent ou s'emboitent, le tout produit avec une justesse folle par Parker Corey. Un album de hip-hop d'avant-garde, d'une écriture, d'une beauté et d'une finesse renversantes. Un disque de catharsis aussi. Et un merveilleux hommage à leur meilleur ami. La mort, c'est de la merde. Mais ça débouche parfois sur des miracles. (Sortie : 30 janvier 2026) 

Plus :
'My Ghosts Go Ghost' de By Storm est en écoute sur le bandcamp du groupe
'My Ghosts Go Ghost' de By Storm est à l'achat sur le bandcamp du groupe
'My Ghosts Go Ghost' de By Storm est en écoute un peu de partout ici
'My Ghosts Go Ghost' de By Storm est à l'achat sur le site de deadAir, en version vinyle ET cd

Trois chansons de 'My Ghosts Go Ghost' de By Storm en écoute aujourd'hui. A tout seigneur, tout honneur, In My Town pour débuter (en écoute également dans les playlists Spotify, Deezer, Tidal, YouTube et dans la colonne de gauche du blog). Puis And I Dance, à la mélancolie superbe et à ses atours de tube. Et enfin, GGG, la chanson de conclusion, presque pop :


A ce jour, quatre clips ont été tirés de 'My Ghosts Go Ghost' de By Storm. En voilà deux, l'immense In My Town et And I Dance. En bonus, la vidéo qui a fait la transition entre Injury Reserve et By Storm. Un clip de dix minutes avec une première partie consacrée à Bye Storm, la dernière chanson de 'By The Time I Get To Phoenix', dont la vidéo rend hommage à Stepa J. Groggs, et une seconde, enchainée avec Double Trio, le premier morceau composé par By Storm : 

mardi 24 février 2026

[Track of The Day] IST IST - Encouragement

Derrière ce nom de IST IST se cache non pas un groupe allemand mais un quatuor originaire d'Angleterre. Et plus précisément de Manchester, ce qui n'est sans doute pas anodin vu la musique qu'ils déroulent sur 'Dagger', leur cinquième album en six ans. Un disque de trente-deux minutes au compteur pour dix chansons, faites de post-punk plein de dark-wave, new-wave et synthpop, aussi sombre qu’exubérant, emballé qu'il est dans une production massive et qui ne fait pas dans le détail. Avec quelques chansons très efficaces (Encouragement, en écoute aujourd'hui, Makes No Difference et son côté pompier assez irrésistible, pour ne citer qu'elles), rappelant Editors plus souvent qu'à son tour, 'Dagger' est un tout cas un disque aux mélodies sacrément accrocheuses, que d'aucuns trouveront trop faciles, qui reprend tous les codes du genre (même la voix profonde), ne révolutionne rien mais le fait au final plutôt bien.

Album : Dagger
Année : 2026
Label : Kind Violence Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Encouragement de IST IST est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson réussie de 'Dagger' de IST IST, voilà The Echo :

lundi 23 février 2026

[Track of The Day] Midding - .44

On aurait pu croire que les gallois de Midding, après un premier Ep réussi l'an passé, passerait au long format. Mais il semble que le quintette venu de Cardiff n'en est pas encore là et qu'il veut continuer à faire ses armes. Alors va pour un deuxième Ep, '.44'. Un nom, pour l'anecdote, en référence à David Berkowitz, tueur en série américain des années 70 surnommé le fils de Sam, et son arme fétiche, un calibre 44. Une référence qui se ressent dans l'atmosphère pesante qui traverse tout le disque, de cinq chansons lui aussi, qui confirme les promesses plus qu'entrevues sur 'Nowhere Near Today Ep'

Sans délaisser ses premières amours, Midding met un peu de côté sa partie shoegaze pour mieux totalement embrasser un psychédélisme et un noise-rock qui lui vont décidément bien au teint. Enregistré avec une vraie batterie, '.44 Ep' est tout à fait remarquable, peut-être même supérieur au précédent, de la doublette All For You (impeccable en ouverture) et Nuisance, à l'incroyable For A Little While, chanson à deux visages, tordue, saturée et presque expérimentale, en passant par la pop mélancolique et abrasive de Sunshine, en terminant par la chanson titre .44 (en écoute aujourd'hui), magnifique balade de sept minutes, longue digression noise et psyché, aux guitares qui fuzzent et au chant habité. De la très belle ouvrage.

Album : .44 EP
Année : 2026
Label : Tough Love Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, .44 de Midding est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson de '.44 Ep' de Midding, voilà All For You, la chanson d'ouverture :

Le clip de Nuisance, un des deux singles extraits de '.44 Ep' de Midding :

jeudi 19 février 2026

[Track of The Day] Juni Habel - Stand So Still

Trois ans après un 'Carvings' majestueux qui avait accompagné beaucoup de mes nuits de 2023 - et qui continue régulièrement d'ailleurs d'habiller mes fins de soirée, la norvégienne Juni Habel est de retour avec un troisième album, 'Evergreen In Your Mind'. Prévu pour le 10 avril prochain, toujours chez Basin Rock, il promet déjà beaucoup, lui qui s'annonce par deux premiers morceaux, la chanson titre et Stand So Still (en écoute aujourd'hui), le tout dernier en date. Une balade folk d'une remarquable simplicité mais qui prend peu à peu une ampleur qu'on n'aurait pas imaginé, tout en retenue et en justesse, que la production, particulièrement soignée, sublime. Une chanson comme aérienne, à la mélodie mélancolique et magnifique, que Juni Habel chante d'une voix délicate qui ne semble être destinée qu'à nous.

Album : Evergreen In Your Mind
Année : 2026
Label : Basin Rock / Koke Plate

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Stand So Still de Juni Habel est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Stand So Still de Juni Habel, second extrait de 'Evergreen In Your Mind' :

mercredi 18 février 2026

[Track of The Day] Pan American / Chelsea Bridge - Another Blue

L'année de 2025 de Pan American fut collaborative avant tout. Vous me direz, c'est un peu ce qui représente Mark Nelson depuis qu'il a lancé son aventure solo, mais tout même : deux albums, l'un, 'New World, Lonely Ride', avec Michael Grigoni, l'autre, 'Interior of an Edifice Under the Sea' avec Kramer. Mais également 'Tender Things', un Ep passé encore plus inaperçu que les deux disques précités, aussi court que beau, que l'ancien Labradford a publié en février 2025 avec une certaine Chelsea Bridge (Mallory Linehan de son vrai nom), artiste américaine qui fait dans l'ambient et l'expérimental (et tout ce que cela recouvre), avec une prédominance pour le violon, elle qui a eu une formation de violoniste au conservatoire de Chicago.

Fort de ce premier disque, Pan American et Chelsea Bridge ont également publié à la toute fin de 2025 Another Green, vieille chanson que Mark Nelson avait dans ses tiroirs depuis quelques années, et Another Blue. Deux morceaux intimement liés, le second étant une relecture du premier. Car si Another Green est plein d'une ambiance vaporeuse et évanescente, où électronique et violon se tournent autour et se complètent, Another Blue (en écoute aujourd'hui) est le même morceau duquel la partie électronique a été supprimée, et toutes les pistes de violons (elles sont au nombre de quatre) ont été remixées et amplifiées. Et le résultat est stupéfiant, très néo-classique dans l'esprit, magnifiquement cinématographique, mélancolique à souhait et beau comme jamais.

Si Pan American et Chelsea Bridge devraient se retrouver sur 'Fly The Ocean In A Silver Plane', le prochain album du premier prévu pour le 20 mars prochain, cela serait heureux de les voir continuer leur dé/reconstruction d'Another Green : il y a tout un spectre de couleurs à leur disposition, prêt à être imaginé.

Album : -
Année : 2025
Label : Northern Spy Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Another Blue de Pan American et Chelsea Bridge est également en écoute ci-dessous :

En bonus, voilà Another Green, la matrice qui donnera ensuite Another Blue de Pan American et Chelsea Bridge :

mardi 17 février 2026

[Track of The Day] Tessa Rose Jackson - Fear Bangs The Drum

Et vous, qu'est-ce qui vous effraie ? Quelles sont vos peurs les plus irrationnelles ? La perte d'un être cher ? La vue d'une araignée ? Le vide qui vous saisit quand vos rêves vous emmènent en haut de la plus haute tour du monde et que vous n'avez pas d'autres choix que de descendre, en sachant bien que le moindre faux pas vous fera glisser et tomber ? Voir le monde courir à sa perte en refusant de regarder l'urgence climatique en face, qui nous entraine inexorablement vers le fond de l'abîme ?

La néerlandaise Tessa Rose Jackson a des peurs plein sa besace, qui l'ont longtemps paralysée. Mais elle a commencé à se débattre avec elles, à les accepter, et, si ce n'est à les vaincre, au moins à les mettre en sourdine. Et elle l'exprime de belle façon sur son nouvel album, 'The Lighthouse' - disque enregistré au Pays basque français, plutôt soporifique dans ses moments les plus calmes mais bien plus enthousiasmant dès que le rythme et la mélodie s'emballent - via la chanson Fear Bangs The Drum (en écoute aujourd'hui), pleine de groove, à l'ambiance pop et presque jazzy dans l'esprit, que Tessa Rose Jackson chante divinement bien sur fond de basse superbe, de cuivres emballants sur le refrain et même d'un petit gimmick à la guitare qui rappelle La Californie de Julien Clerc. 

Album : The Lighthouse
Année : 2026
Label : Tiny Tiger Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Fear Bangs The Drum de Tessa Rose Jackson est également en écoute ci-dessous :

Le clip de Fear Bangs The Drum de Tessa Rose Jackson, un des singles extrait de 'The Lighthouse' :

lundi 16 février 2026

[Track of The Day] Amanda Bergman - grasp

Il fut un temps, bien avant qu'elle se lance en solo sous son propre nom, en parallèle de ses activités de chanteuses au sein des synth-pop Amason, Amanda Bergman se produisait sous le nom d'Idiot Wind. Un nom curieux et osé, car tiré d'une des plus belles mais surtout cruelles chansons de Bob Dylan. C'était il y a quinze ans, et elle avait publié sous cet alias un Ep et un single qui, à défaut de bouleverser le monde, l'avait introduite au sein du grand cirque musical.

Quinze ans ont passé depuis et, donc, Amanda Bergman a monté Amason et s'est lancé en solo, sous son propre nom. En résulte trois albums, dont le dernier en date, 'embraced for a second as we die', est sorti en janvier dernier. Un disque ronronnant mais plutôt joli de soft-rock à la patine eighties (il y a même quelques gimmicks à la guitare qui rappellent des musiques de séries américaines des années 80), à la production ronde comme une balle, d'où s'échappe notamment grasp (en écoute aujourd'hui), une chanson pleine de groove, d'ambiance ouatée et à la langueur superbe, où l'on peut entendre sur le refrain ces mots « Blood in the seas, Blood on their sunny beaches, Blood in their tracks ». Bob Dylan n'est décidément jamais très loin avec Amanda Bergman.

Album : embraced for a second as we die
Année : 2026
Label : The Satchi Six

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, grasp d'Amanda Bergman est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson notable de 'embraced for a second as we die' d'Amanda Bergman, voilà groby :

Le clip de grasp, le premier single extrait de 'embraced for a second as we die' d'Amanda Bergman :

vendredi 13 février 2026

[Track of The Day] Sorry - Alone in Cologne

Alors que leur dernier album en date vient tout juste de fêter ses trois mois (le très conseillé 'Cosplay'), les anglais de Sorry offrent déjà la suite avec un nouveau double-single composé de Billy Elliot et Alone In Cologne, sans doute mises de côté lors de l'enregistrement de 'Cosplay' l'an passé. Et on comprend pourquoi. Car si la - belle - pochette de cette sorte de 45-tours digital reprend les codes de leur troisième album, les deux chansons sont elles plus torturées, moins évidentes et immédiates que les dernières en date. Pourtant elles ne manquent pas de cachet, surtout la face-B (appelons là comme ça) Alone In Cologne (en écoute aujourd'hui), morceau remarquablement produit, lancinant et presque de guingois, qui essaie de s'écarter de la ligne mélodique générale, pour mieux se recentrer sur chaque refrain et emballer son monde.

Album : Billy Elliot / Alone In Cologne
Année : 2026
Label : Domino Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Alone in Cologne de Sorry est également en écoute ci-dessous :

jeudi 12 février 2026

[Track of The Day] Ratboys - What’s Right?

Une note de 8.4 et un tampon "Best New Music" chez Pitchfork, des critiques dithyrambiques un peu partout (Stereogum, Paste Magazine, DIY Magazine, Under The Radar) : 'Singin’ to an Empty Chair' de Ratboys est sans doute le premier album estampillé indie-rock à faire l'unanimité autour de lui depuis le début de l'année. En tout cas chez nos voisins d'outre-Atlantique et d'outre-Manche, pas avares de louanges sur ce groupe originaire de l'Indiana, qui a fait ses classes à Chicago, qui a déjà plus de dix ans au compteur et dont 'Singin’ to an Empty Chair' est le sixième album - le premier pour une grosse structure, New West, après avoir passé toute sa carrière chez les précieux Topshelf.

Jusque là, Ratboys était un groupe inconnu à mes oreilles. Et pour ainsi dire, à entendre leur nom, je m'attendais à découvrir un groupe un peu « sale », « méchant ». L'écoute de 'Singin’ to an Empty Chair' dit plutôt tout le contraire. Moins indie-rock que les critiques américaines veulent bien le dire, plus d'indie-pop/power-pop et teinté d'alternative country, ce disque se montre sous un jour très propre sur lui, parfois même lisse le temps d'une face-A sympathique mais au final assez quelconque, avant d'affirmer une vraie personnalité sur la face-B le temps notamment d'un triptyque, entre balade noire de plus de huit minutes à la fin héroïque (Just Want You to Know the Truth), What's Right? (indie-pop pleine d'envie aux accents d'americana, en écoute aujourd'hui) et Burn It Down (chanson qui joue habilement du chaud et du froid, du calme et de la tempête, qu'un solo gargantuesque en plein milieu envoie dans des flammes ardentes). Trois morceaux de haute volée qui valent à eux seuls l'écoute de ce 'Singin’ to an Empty Chair'. Ça n'en fait pas l'album de l'année, mais c'est déjà mieux que beaucoup.

Album : Singin’ to an Empty Chair
Année : 2026
Label : New West Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, What’s Right? de Ratboys est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson remarquable de 'Singin’ to an Empty Chair' de Ratboys, voilà Burn It Down, qui aurait fait une très belle chanson de clôture :

Le clip/paroles de What's Right? de Ratboys :

mercredi 11 février 2026

[Track of The Day] Isolde Lasoen - My Kind of Drama

Découverte au début de l'année 2023 avec la chanson Douce Mélancolie qu'elle partageait avec Bertrand Burgalat, bonbon délicieux et savoureux, à l'orchestration sublime - si belle que j'en avais fait une des mes chansons de l'année -, la belge Isolde Lasoen change de braquet avec My Kind of Drama son nouveau single ; le premier d'un nouvel album prévu pour l'année qui vient de s'ouvrir, toujours chez Mayway Records.

Un morceau disco-electro-pop, chanté - à nouveau - en français avec un joli accent flamand, à la production clinquante, à la mélodie impeccable, au rythme percutant, à la construction maline faite de respirations et de montées progressives pour mieux hameçonner l'auditeur. En quelques mots comme en cent, My Kind of Drama d'Isolde Lasoen est une chanson d'une redoutable efficacité. Un tube quoi.

Album : tba
Année : 2025
Label : Mayway Records

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, My Kind of Drama de Isolde Lasoen est également en écoute via son clip :

mardi 10 février 2026

[Track of The Day] Ulrika Spacek - I Could Just Do It

Après avoir publié leurs trois premiers albums chez Tough Love Records, les anglais de Ulrika Spacek changent de structure et filent chez Full Time Hobby pour leur quatrième, 'EXPO', sorti au grand jour vendredi dernier. Un disque plus électronique que par le passé, aux tournures trip-hop, mais toujours psychédélique, aux guitares reconnaissables entre mille et qui, malgré son côté un peu retors, ne manque pas de charme. 

'EXPO' est un album réussi, aux chansons notables (Weights & Measures, genre de générique de James Bond sous acide, l'obsédant Picto) et qui s'épanouit réellement sur trois morceaux : Expo qui sonne comme du Chad VanGaalen, la belle Incomplete Symphony en clôture et surtout I Could Just Do It (en écoute aujourd'hui), sorte de petite sœur The Sheer Drop, la chanson d'ouverture de leur précédent album 'Compact Trauma' : du post-punk las, synthétique et répétitif, au gimmick tout à fait exquis, mené par une rythmique incroyable, qui prend une ampleur insoupçonnable, Ulrika Spacek ajoutant motifs sur motifs à sa mélodie, et qui se termine par une montée progressive indus réjouissante.

Album : EXPO
Année : 2025
Label : Full Time Hobby

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, I Could Just Do It de Ulrika Spacek est également en écoute ci-dessous :

Autre chanson très recommandée de ce nouvel album de Ulrika Spacek, voilà la chanson titre Expo :

Le clip de Picto, un des singles extraits de 'EXPO', ce quatrième album de Ulrika Spacek :

lundi 9 février 2026

[Track of The Day] Buck Meek - Ring Of Fire (feat. Adrianne Lenker)

Si elle est évidemment la tête de proue du projet Big Thief, Adrianne Lenker n'est pas la seule à s'offrir des escapades solo : les deux compères (car oui, ils ne sont plus que trois) de l'auteure de ce chef d’œuvre qu'est 'Bright Future' ne sont pas en reste. Aussi bien le batteur James Krivchenia que le guitariste Buck Meek, dont il avait déjà été question dans ces pages il y a six ans de cela (Roll Back Your Clocks, balade automnale de belle tenue).

C'est ce dernier qui nous intéresse aujourd'hui, lui qui s'apprête à publier le 27 février prochain 'The Mirror', son quatrième album (et son deuxième pour 4AD). Un disque qui s'annonce par deux premiers singles, Gasoline et surtout, Ring Of Fire (en écoute aujourd'hui). Une chanson qui n'est pas, précisons le tout de suite, une reprise du standard de Johnny Cash, mais qui elle aussi a une belle aura. D'où vient-elle ? Peut-être de sa rythmique qui vous embarque tout de go. Du chant de Buck Meek, très bien mis en avant, qui ne perd pas son temps en s'élevant dès la première seconde et qui capte d'emblée l'attention. A moins que ce soit les chœurs discrets mais bien présents d'Adrianne Lenker (qui sera sur tous les morceaux de 'The Mirror') ; cette production envoûtante autant que chaleureuse, confiée aux bons soins de James Krivchenia ; ces petites touches synthétiques/électroniques parsemées ici et là ; ou le fait que les trois Big Thief soient de la partie. C'est sans doute un peu tout cela à la fois qui rend ce Ring Of Fire si beau, si touchant.

Album : The Mirror
Année : 2026
Label : 4AD

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En plus des playlists Spotify, Deezer, Tidal et YouTube, Ring Of Fire de Buck Meek, avec Adrianne Lenker aux chœurs, est également en écoute ci-dessous :