jeudi 9 octobre 2014

[Track of The Day] Fear of Men - Descent

Quatuor de Brighton, Fear of Men son deuxième album 'Loom'. Groupe à côté duquel j'étais passé l'année dernière. Et que j'aurais aimé découvrir sur scène lors de la première soirée de 'Heart of Glass, Heart of Glass' il y a quelques semaines de cela si un périphérique lyonnais embouteillé comme rarement m'en avait laissé la possibilité.

Fear of Men fait dans l'indie-pop pleine de guitare, mais qui a une chose que les autres n'ont pas : Jessica Weiss ; et surtout sa voix. Sa particularité ? Elle rappelle étrangement celle de Trish Keenan, chanteuse de Broadcast, disparue il y a bientôt quatre ans. D'ailleurs, Fear of Men, et cette similarité dans la voix aidant, me fait penser à un Broadcast pop, avec ce souci évident pour la mélodie, avec une rythmique d'une grande force, une production aux oignons et des guitares ne tombant jamais dans la surenchère. Sur certains passages, on jurerait presque entendre un croisement entre The Magnetic Fields et Broadcast (America).

Mieux, sur Atla, la toute dernière chanson de 'Loom', tout en acoustique, il y a ce côté anti-folk, comme si une version féminine de Jeffrey Lewis avait fricoté avec Kimya Dawson. Décidément, ces jeunes anglais ont tout pour plaire.

Album : Loom
Année : 2014
Label : Kanine

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Descent est également en écoute sur le soundcloud des Fear of Men et ci-dessous :




America, la chanson qui me fait penser à une rencontre entre les Magnetic Fields et Broadcast :



Luna, une des chansons de 'Loom', a également sa version française. Objectivement, on ne comprend pas grand chose à ce qu'elle peut raconter, mais c'est très mignon :


Enfin, Fear of Men s'est osé à une reprise de Ty Segall sur la face-b de leur single Tephra :



mercredi 8 octobre 2014

[Track of The Day] NehruvianDoom - Great Things

Depuis combien de temps n'avais-je pas écouté un album sorti des usines de Lex Records ? Je ne me souviens même plus. Pourtant, Lex était un des labels de hip-hop les plus enthousiasmants qui soit à sa création, tout accroché qu'il était (au départ) à Warp Records.
Des albums remarquables (le 'Hope' des Non Prophets, le 'Sleep No More' de Dj Signify), essentiels (le 'Ghetto Pop Life' de Danger Mouse and Gemini, le Hymie's Basement) en passant par quelques singles épatant (ne serait ce que le New New York de Tes). Et puis... plus rien. Pour ainsi dire que je ne sais même plus pourquoi j'ai arrêté de les suivre (peut-être pour la même raison que j'ai considérablement réduit mes découvertes hip-hop) alors que j'ai gardé mon amour pour Stones Throw.

Bref, tout cela pour dire qu'en plus d'avoir lâché Lex Records, j'ai également un peu délaissé MF Doom, devenu avec le temps peu emballant dans des collaborations pas forcément dingues. Mais je continue à avoir toujours de l'affection pour ce gars, parce qu'il a du talent, parce que ses premiers albums sont toujours aussi formidables. Et parce que je ne désespère pas un jour de voir enfin paraitre un Madvillain II (à ce propos, il faut lire absolument l'excellent reportage de pitchfork sur l'album qui vient de fêter ses 10 ans "Searching for Tomorrow: The Story of Madlib and DOOM's Madvillainy").

D'ailleurs, celui-ci pourrait (notez le conditionnel) ne plus être très loin. La preuve avec son nouveau projet qu'il vient de sortir avec un jeune rappeur pas encore majeur, Bishop Nehru, sous le nom de NehruvianDoom (un grand classique chez lui : DOOMStarks, DangerDOOM, JJ DOOM, MaDOOM, et j'en oublie sûrement).

Pourquoi donc un peu d'espoir ? Parce que Madlib est impliqué sur au moins un morceau de cet album, même si l'ensemble est produit par MF Doom lui-même. Mieux, on parle d'une production de Madvillain. C'est peu mais déjà ça.

Quant à l'album 'NehruvianDoom' (à la pochette plus gentillette que ce à quoi nous a habitué MF Doom), il est très court (31 mns, 9 morceaux dont 1 intro), où Doom enchaîne les productions comme à la belle époque des 'Special Herbs' (d'aucuns parleront de sonorités resucées), avec des sons soignés (très jazzy et soul) et des samples de voix d'un autre âge qu'il a toujours affectionnés. C'est Bishop Nehru qui tient le micro quasiment tout du long et il est d'ailleurs plutôt convaincant avec une voix loin de celle d'un adolescent et un flow sûr de lui. Mais les meilleurs passages restent tout de même quand les deux rappent ensemble.

Aucune chance que ce disque vienne titiller la Sainte Trinité - solo - de MF Doom ('Operation: Doomsday', 'Vaudeville Villain' et 'Take Me to Your Leader') mais si l'ensemble est un peu trop bavard (les samples évoqués sont presque le troisième emcee de l'album) pour un disque de cette durée là, le tout tient la route, est plus que plaisant et s'avère finalement de meilleure facture à chaque nouvelle écoute grâce notamment à une très belle partie finale (dont ce Great Things en écoute aujourd'hui).

Album : NehruvianDOOM
Année : 2014
Label : Lex Records

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En plus de Great Things, trois autres morceaux en écoute. Attention, ces trois morceaux sont amputés des parties samples de la fin, d'où une durée bien moindre que sur l'album 'NehruvianDOOM'.

Commençons par Caskets où MF Doom contrôle la situation avant que Bishop Nehru finisse le travail sur une production dans une grande tradition Doom-ienne :




Puis Disastrous, produit par Madlib et fignolé par MF Doom :



Pour finir, OM où les voix se répondent plus qu'ailleurs sur l'album :


mardi 7 octobre 2014

[Track of The Day] MONO - Recoil, Ignite

Quand les japonais de Mono reviennent aux affaires, ils ne font vraiment pas dans la demi-mesure. Deux albums, rien que ca sortiront le même jour : 'The Last Dawn' et 'Rays of Darkness'.
Deux pochettes proches mais à en croire les deux premiers extraits (un pour chaque disque) pas d'opposition Yin/Yang. Pas de calme/tempête. Non. Que ce soit Where We Begin ou Recoil, Ignite, les guitares et les fûts martelés sont de sortie.

La seule différence notable se jouerait sur l'utilisation ou non de sonorités plus orchestrales. A priori, 'Rays of Darkness' en sera dépourvu, une première depuis 15 ans. D'ailleurs, des deux albums, c'est celui-ci qui titille le plus ma curiosité.

Le premier extrait Recoil, Ignite est en effet monstrueux et le groupe annonce même « 'Rays of Darkness' it's MONO's blackest album ever », ce qui veut promet vu que le groupe n'est pas spécialement connu pour son « Jo' le rigolo ». Si l'on ajoute à cela la présence de Tetsuya Fukagawa, leader d'Envy, vous imaginez bien qu'on devrait être en présence d'un album très sombre. Tant mieux, c'est comme cela qu'on a toujours aimé MONO.

Album : The Last Dawn / Rays of Darkness
Année : 2014
Label : Pelagic (UE) / Temporary Residence (US) / Magniph (Japon)

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Recoil, Ignite, premier extrait de 'Rays of Darkness' est également en écoute sur le soundcloud de MONO :



En écoute également Where We Begin, premier extrait du premier album 'The Last Dawn' :

lundi 6 octobre 2014

[Track of The Day] Sophia - It's Easy to be Lonely

Le week-end fut bon ? Le sourire que vous affichez ce matin en partant recommencer une énième semaine de travail n'est pas feint ? Vous êtes heureux ? Tout va bien dans votre vie ?  Alors un conseil : quittez ce blog immédiatement et n'écoutez pas la chanson du jour.

Car aujourd'hui dans ces pages, il est question de Sophia. Sophia ou le groupe le plus dépressif du monde, avec ses chansons pleines de mélancolie et de paroles tristes.

Vendredi, de passage chez mes parents, je suis retombé sur un stock de vinyles que je croyais avoir perdu à jamais dans un de mes nombreux déménagements récents. Le genre de surprise agréable.

Dans le lot, il y avait le LP de 'There Are No Goodbyes' de Sophia, sorti en 2009 et dernier album en date du groupe de Robin Proper-Sheppard (cinq ans déjà !). Un disque dans la lignée de ce qu'a toujours sorti le groupe. A la réécoute, le temps n'a pas altéré la beauté de cet album. Ni la tristesse insondable qui s'en dégage, faite de cœurs brisés, de ruptures et d'amours perdus.

Histoire de continuer dans la même lignée, j'ai voulu en savoir plus sur l'actualité de Sophia. Il s'avère que le groupe a sorti un nouveau single en février dernier. Une chanson dont rien que le titre vous fait comprendre que Sophia n'a pas changé : It's Easy to be Lonely. Tout un programme.

Musicalement, It's Easy to be Lonely est une chanson d'une longue montée, où les chœurs et les guitares finales envoient l'ensemble de bien belles sphères. Mais mieux qu'un long discours, lisons plutôt Robin Proper-Sheppard, car c'est lui qui en parle mieux que quiconque : « It's Easy to be Lonely has sad lyrics (but somehow strangely positive and uplifting), lots of guitars, strings, french horn, group "choir" vocals... basically it's pure Sophia...» Voilà tout est dit : du Sophia comme on l'aime.

Alors ce n'est pas joyeux certes. Mais n'oubliez jamais : les plus belles chansons sont toujours les plus tristes. Toujours.

Album : -
Année : 2014
Label : -

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It's Easy to be Lonely est également en écoute sur le bandcamp de Sophia et ci-dessous.  (malheureusement plus en écoute)

vendredi 3 octobre 2014

[Track of The Day] Ólafur Arnalds - Epilogue

Après quatre chansons résolument entrainantes, place à la douceur et au calme afin de rentrer tranquillement dans le week-end qui arrive.
Ólafur Arnalds vient de publier sur son soundcloud 'The Invisible Front Ep', trois chansons qui sont la bande originale d'un documentaire consacrée à la résistance armée (dans les pays de l'Est) contre l'Union Soviétique, de 1940 à la chute du bloc.

A en croire IMDb, ce documentaire est à voir (note de 8.5/10). Et j'ose croire que la musique d'Ólafur Arnalds n'y est pas pour rien. Car la musique de chambre qu'il égrène sur les 12 mns de ces trois morceaux est magnifique. Elle l'est à tel point qu'elle me rappelle énormément Max Richter et son chef d’œuvre (qui fête d'ailleurs ses 10 ans ces jours-ci) 'The Blue Notebooks'.
On sent bien que les cordes qui font vivre 'The Invisible Front Ep' n'habillent pas des images de joie et de grâce, mais la délicatesse avec laquelle elles sont jouées les font flotter et planer. Et que dire de ce piano caressé sur Epilogue, le titre en écoute aujourd'hui...

Alors oui, Ólafur Arnalds ne change pas son fusil d'épaule. Mais il continue à faire chavirer les âmes (en tout cas la mienne) et à mettre tous les poils de mes bras au garde à vous. Et rien que pour ça, j'ai envie de lui envoyer pleins de cœurs avec les doigts...

Album : The Invisible Front Ep
Année : 2014
Label : -


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Epilogue, le troisième et dernier morceau de 'The Invisible Front Ep' est également en écoute ci-dessous :




Mieux, tout 'The Invisible Front Ep' est en écoute sur le soundcloud d'Ólafur Arnalds (et ci-dessous) mais également en téléchargement gratuit (la petite flèche noire là, à droite) :