mardi 29 juin 2010

Max Richter - infra [130701]

Il est tard. Pas loin de minuit. Tout autour de vous est sombre. A peine reste t-il quelques braises qui brûlent dans un feu un peu plus loin.
Vous êtes là, assis dans un fauteuil. Dehors. Il y a un vent léger qui vient vous chatouiller le visage. Vous avez un verre de vin blanc bien frais dans la main gauche, une cigarette dans la droite. Et autour de vous, il n'y a que le silence.

Vous lancez alors 'infra' de Max Richter dans la chaine. Vous remplissez votre verre à nouveau, rallumez une nouvelle cigarette. Et vous partez pour un voyage des plus beaux et des plus oniriques, où chaque note de violoncelles vous emmène un peu plus haut, où chaque violon est épanouissant et où entre musique de chambre et grésillements radiophoniques tout n'est que mariage du beau.

Une fois de plus Max Richter envoie nos esprits dans un monde mélancolique, beau à pleurer - ce piano si parfait, ces cordes si légères - avec un touché et une maîtrise dingue. Et sa musique se conjugue dans une infinie justesse avec tout ce qui vous entoure: le ciel nuit, les étoiles, les feuilles qui frémissent.

Alors il faudrait vous dire qu''infra' est la bande son d'un ballet - qui a vu le jour voilà deux ans au Royal Opera House de Londres - créé par le chorégraphe Wayne McGregor et l'artiste Julian Opie, qui se sont entichés du travail de Max Richter; que 'infra' est la première bande originale" jamais sortie chez Fat Cat ou son label «symphonique» 130701; que 'infra' est peut-être l'album le plus touchant de Max Richter depuis 'The Blue Notebooks'; que je porte en très haute estime tout le travail de ce compositeur allemand.

Mais au final, quel intérêt? A dire vrai, aucun.

Car les 40 mns viennent de passer. Et 'infra' de se terminer. Max Richter a rangé ses cordes et sa radio perdue. Votre verre est vide, votre main droite aussi. Il fait toujours bon dehors. Vous êtes toujours confortablement assis dans votre fauteuil. Et pourtant, vos bras sont sujets à la chaire de poule et votre œil gauche est un peu humide. Et vous êtes bien. C'est beau un disque la nuit. (Sortie: 19 juillet 2010)

A noter que l'album est disponible sur le site de Fat Cat et à des prix peu élevés. Ici.


Son:
Myspace (sûrement quelques morceaux d''infra' en écoute mais le myspace de Max Richter connait des buggs actuellement)
Site officiel

Deux titres en écoute et qui se suivent dans l'album. Infra 5 où les cordent font la loi et Infra 6 où le piano prend le relai (malheureusement plus en écoute).

lundi 28 juin 2010

[Track of The Day] A Weather - Third of Life

Comme pour leur premier album 'Cove', les A Weather ont soigné l'artwork.
Comme pour leur premier album, les A Weather ont fait appel au même producteur Adam Selzer (M. Ward, The Decemberists, ce genre de types).
Et comme leur premier album, les A Weather réussissent dans leur entreprise de sortir un disque charmant.

'Everyday Balloons' est un disque de pop déprimée et délicate, mené par la guitare d'Aaron Gerber et la belle voix de Sarah Winchester. Un album qui n'a rien d'inoubliable (comme son prédécesseur), qui a des défauts (52 minutes, c'est trop long pour un album comme celui-là, une batterie qui vient parfois gâcher quelques jolies idées) mais qui a dans le même temps énormément de qualité: des mélodies travaillées, des compositions toujours armées du même désir du beau et une grande chanson, Third of Life, qui ouvre l'album de façon superbe avec notamment une seconde moitié où les voix de Aaron et Sarah se succèdent dans une montée mélodique des plus réjouissantes.

'Everyday Balloons' n'a rien d'essentiel. Mais après chaque écoute, on se surprend à fredonner, sans raison, la mélodie d'un Third of Life, d'un Giant Stairs ou d'un Lay Me Down. Le signe d'un disque qui compte un peu finalement. 

Album: Everyday Balloons 
Année: 2010 
Label: Team Love

vendredi 25 juin 2010

[Track of The Day] The Kinks - Dead End Street


Il était un des british invaders qui déboulèrent aux États-Unis au milieu des années 60. Il était le bassiste préféré de John Entwistle des Who. Il est un des fondateurs d'un des groupes les plus cultes du Royaume. Il s'appelait Pete Quaife, allait sur ses 67 ans et Dead End Street était une de ses chansons préférées des Kinks, groupe dont il était le bassiste original.

jeudi 24 juin 2010

[Track of The Day] Aloe Blacc - Femme Fatale (The Velvet Underground cover)

La chronique du premier album d'Aloe Blacc, 'Good Things', est disponible ici (ainsi que deux chansons en écoute).

Aloe Blacc
est un homme de gout. Après son I Need a Dollar entre soul et r'n'b marqué du sceau des années 70, après que cette chanson a été sélectionnée par HBO comme générique de sa nouvelle série 'How To Make It in America', voilà que le père Aloe Blacc se permet de reprendre une des chansons les plus célèbres du répertoire du Velvet Underground - groupe essentiel s'il en est - Femme Fatale.

Ici, Femme Fatale est beaucoup plus sombre, plus noire que dans la version originale chantée par Nico. Et Aloe Blacc rend une copie parfaite. Sa reprise soul est tout bonnement magistrale, d'une très belle tenue, rappelant le grand Al Green.

Mieux, sa voix suave et sensuelle glisse sur la rythmique parfaite du groupe qui lui sert de backing-band (sûrement le même que sur I Need a Dollar), et qui semble savoir mieux que quiconque faire vibrer ses cuivres sans les emmener dans le rouge, le tout avec une dextérité et une intelligence rare aujourd'hui. Classe.

Femme Fatale (aujourd'hui distribué en 7", voir plus bas) sera présente sur le prochain album d'Aloe Blacc 'Good Things', dont on attend toujours la date de sortie. Plus les chansons se découvrent et plus on se dit qu'on devrait avoir à faire avec un petit bijou de disque.

Album: Femme Fatale 7"
Année: 2010
Label: Stones Throw


Le Femme Fatale d'Aloe Blacc est disponible gratuitement et légalement sur le site de Stones Throw, ici même.
Mais mieux, on peut acheter le 7" qui contient cette reprise du Velvet Underground, là encore sur le site de Stones Throw, en cliquant là.

mardi 22 juin 2010

[Track of The Day] Tyler Hilton - Sunset Blvd.

Que celui qui n'a pas passé au moins une fois un dimanche après-midi larvé dans son canapé à mater des séries sur TF1 me jette la première pierre!
Car si tel est le cas, vous avez déjà croisé Tyler Hilton. C'était dans 'Les Frères Scott' (One Tree Hill en vo), la petite sœur de Dawson - où tous les jeunes héros ont tout le temps des problèmes (familiaux, de cœur, de cours, de vie, de voiture, de père qui veut les tuer, de demi-frères qui vous haïssent, etc), une série où Tyler Hilton jouait le rôle d'un artiste bellâtre et arrogant du nom de Chris Keller.

Mais la réalité rejoint la fiction vu que Tyler Hilton est donc avant tout un singer-songwriter comme ils disent, auteur d'efforts qui m'étaient inconnus jusque là. Découvert via 'Ladies and Gentlemen Ep', dernière sortie en date avant son nouvel album, 'The Storms We Share' à venir cet été, j'ai beaucoup écouté ce disque de six chansons pop-rock-country fmisante rappelant (seulement) régulièrement Shawn Mullins.

Tyler Hilton est le genre d'artiste que les États-Unis produisent à la chaîne. Ils n'ont pas forcément grand chose de renversant. Mais pour peu que l'on ne soit pas trop exigeants et que l'on aime un certain côté pompier, leurs albums contiennent toujours quelques chansons ou mélodies accrocheuses et à retirer. Ce 'Ladies and Gentlemen Ep' fait partie de ces disques. 

Album: Ladies and Gentlemen Ep 
Année: 2010 
Label: Warner Bros